‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 104 sur 304 · BOIS · texte numérisé non relu

BOIS

Bois et pierre ponce......., +.

ces défauts sont légers et n'influent pas beaucoup sur les résultats généraux : par exemple, on s'aperceyra aisément que le rapport du zinc au plomb, étant de 10000 à 6051, celui du zinc à l’étain deyrait être moindre de 6000 , tandis qu'il se trouve dans la table de 6777. Il en est de même de celui de l'argent au bismuth, qui devrait être moindre que 6308 ; et encore de celui du plomb à la glaise, qui devrait être de plus de 8000, et qui ne se trouve être dans la table que de 7878; mais cela provient de ce que les boulets de plomb et de bismuth n'ont pas toujours été les mêmes : ils se sont fondus aussi-bien que ceux d'’étain et d’antimoine ; ce qui n'a pu manquer de produire des variations, dont les plus grandes sont les trois que je viens de remarquer. Il nem'a pas été possible de faire mieux : les différents boulets de plomb, d'étain , de bismuth et d'antimoine, dont je me suis successivement servi , étaient faitss à la vérité , sur le même calibre; mais la matière de chacun pouvait être un peu différente, selon la quantité d'alliage du plomb et 4 ’étain ; car je n'ai Taéonte DE LA TERRE. Z'ome IT.

boulets :

une petite ca ces petites causes suflisent pour produire les petites différences qu’on pourra remarquer dans ma table.

Il en est de même du rapport de l’étain à l'ocre , qui devrait être de plus de 6000, et qui ne se trouve dans la table que de 5882, parce que l’ocre étant une matière friable qui diminue-par le frottement, j'ai été obligé de changer trois ou quatre fois les boulets d'ocre. J'avoue qu'en donnant à ces expériences le double du très-long temps que j'y

urs, il reste assez souvent

‘aiemployé, j'aurais pu parvenir à un plus

grand degré de précision ; mais je me flatte qu'il y en a suflisamment pour qu'on soit convaincu de la vérité des résultats que l'on peut en tirer. Il n'y a guère que les personnes accoutumées à faire des expériences qui sachent combien il est dificile de constater

un seul fait de la nature par tous les moyens L

que l'art peut nous fournir : ibfaut joindr la patience au génie , et souvent cela ne

fit pas encore ; il faut quelquefois renonce malgré soi, au degré de précision que l'on désirerait, parce que cette précision en exigerait une tout aussi grande dans toutes les mains dont on se sert, et demanderait eu même tempsune parfaite égalité dans toutes les matières que l'on emploie : aussi, tout ce que l'on peut faire en physique expérimentale ne peut pas nous donner des résultats rigoureusement exacts, et ne peut aboutir qu'à des approximations plus ou moins grandes; et quand l'ordre général de ces approximations ne se dément que par de légères variations , on doit être satisfait.

Au reste, pour tirer de ces nombreuses expériences tout le fruit que l'on doit en attendre;il faut diviser les matières qui en font l'objet en quatre classes ougenres différents : 1° les métaux ; 2° les demi-métaux et minéraux métalliques ; 3° les substances vitrées et vitrescibles ; 4° les substances calcaires et calcinables : comparer ensuite les matières de chaque genre entre elles , pour tâcher te

reconnaître la cause ou les causes de l'ordre

que suit le progrès de la chaleur dans cha+ cune ; et enfin comparer 1 dat même entre eux, pour essayer d'en déduire quelques résultats généraux.

. L'ordre des six métaux , suivant leur densité, est : étain, fer, cuivre, argent, pla ,

é dans ces boulets fondus,et

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ie. ét GX M. Lo car. “Éd + , « dd + y 170 INTROD. À L'HIST.

+ , or ; tandis que l'ordre dans lequel ces métaux recoivent et perdent la chale st : étain, plomb, argent , or, euivre , fer, dans lequel

sil n'y a que l’étain qui conserve sa place.

Le progrès et la durée de la chaleur dans les métaux ne suit donc pas l'ordre de leur densité , si ce n’est pour l'étain, qui , étant le moins dense de tous, est en même temps celui qui perd le plus tôt sa chaleur : mais l'ordre des cinq autres métaux nous démontre que c'est dans le rapport de, leur fusibilité que tous reçoivent et perdent la chaleur ; car le fer est plus diflicile à fondre que le

cuivre , le cuivre l'est plus que l'or, l'or plus

que l'argent, l'argent plus que le plomb ;et le plomb plus que l'étain : on doit donc en conclure que ce n’est qu'un hasard si la densité et la fusibilité de l'étain se trouvent ici réunies pour le placer au dernier rang.

Cependant rait trop s’avancer que de prétendre qu'on doit tout attribuer à la fusibilité, et rien du tout à la densité ; la nature se déponi jamais d'une de ses propriéen faveur d'une autre, d’une manière ab- ‘sôlue , c'est-à-dire de façon que la première n'influe en rien sur la seconde : ainsi, la densité peut cg r Pr meurs ser s le progrès de la chaleur ; mais a ms pra prononcer aflirmativement que, dans les six métaux ; elle n'y fait que très-peu, au lieu que la fusibilité y fait

resque le tout. ” : ; P Cet remière vérité n'était connue ni

Cene-2 SL. 7.

des chimistes ni des physiciens : on n'aurait pas même imaginé que l'or, qui est plus de deux ois et demie plus dense que le fer, perd néanmoins : sa chaleur un demi-tiers plus vite. Il en est de même du plomb, de l'argent et du cuivre, qui tous sont plus denses que le fer, et qui, comme l'or, s'échauffent et se refroidissent plus promptement; car, quoiqu'il ne soit question que du refroidissement dans ce second Mémoire, les expériences du Mémoire qui précède celui-ci démontrent, à n'en pouvoir douter, qu'il en est de l'entrée de la chaleur dans les corps comme de sa sortie, et que ceux qui lareçoivent le plus vite sont en même temps

x qui la perdent le plus tôt.

Si l'on réfléchit sur les principes réels de la densité et sur la cause de la fusibilité, on sentira que la densité dépend absolument de la quantité de matière que la nâture place dans un espace donné ; que plus elle peut y en faire entrer, plus il y a de densité; et que de est, à cet égard, la substance qui

DES MINÉRAUX

de toutes contient le plus de matière relat Yement à son volume. C’est pour cette rai que l'on avait cru jusqu'ici qu’il fallait p de temps pour échauffer ou refroidir les autres métaux : il est en effet assez ua rel de penser que, contenant sous de mê] volume le double ou le triple de matière si & faudrait le double ou le triple du temps pour la pénétrer de chaleur ; et cela sérait vrai si, dans toutes les substances , les par= ties constituantes étaient de la même fig are ; et, en conséquence, toutes sarrangées de même. Mais, dans les unes commé dans les plus denses , les molécules de la ma jèr sont probablement de figure assez régulière pour ne pas laisser entre elles de très-e l espaces vides; dans d’autres moins dense s , leurs figures plus irrégulières laissent de vides plus nombreux ebplus grands ; € les plus légères, les molécules étant en pe nombre ét probablement de figure très-irrés gulière , il se trouve mille et mille fois p L s de vide que de plein ; car on peut déme Ê trer, par autres expériences, que le volüm de la substance même Ja plus dense conti encore beaucoup plus d'espace vide que dt matière pleine. 17 Or, la principale cause de la fusibilité est la facilité que les particules de la cha eut trouvent à séparer les unes des autres ces mi lécules de la matière pleine : que la somme des vides en soit plus où moins grande , ce qui fait la densité ou la légèreté, céla 6% indifférent à la séparation des molécules qu constituent le pléin, et la plus où moi grande fusibilité dépend en entier de la foree de cohérence qui tient unies ces parties m:

sives et s'oppose plus ou moins à leur sépæ ration. La dilatation du volume total est premier degré de l’action dé la chaleur; e dans les différents métaux elle se fait da le même ordre que la fusion de la masse , s'opère par un plus grand degré de chaleu ou de feu. L’étain , qui de tous se fc 1d le plus promptement , est aussi celui qui se dilate le plus vite; et le fer, qui est de tous 16 plus difficile à fondre , est de inème celu

dont la dilatation est la plus lente, 2:

qui « ax “ E

D'après ces notions générales , sent claires , précises et fondées sur des*expériences que rien ne peut démenti, on serait porté à croire que la ductilité doit sui vre l'ordre de la fusibilité, parce que la plus. où moins grande ductilité semble dépenc re … de la plus ou moins grande adhésion des par-

ties dans chaque métal ; cependant, ect or. | ” PLAN

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autant de rapport à Yordre de la densi

tiers qu'il est en raison composée des deux autres , mais ce n'esi que par estime et par une présomption qui m'est peut-être pas assez fondée; car il n'est pas aussi facile de déterminer au juste les différents degrés de la fusibilité qu x de la densité ; et, comme la duc articipe des deux, et qu'elle varie suivant les circonstances , nous n'avons pas encore acquis les connaissances nécessaires pour prononcer aflirmativement sur ce sujet, qui est d’une assez grande im-

qu'à celui de leur fusibilité. Je dirais volon= le même qué celui de leur fusib;}; très-peu ou point du sr À ka

rtance pour mériter des recherches par

ticulières. Le même métal traité à froid ou à chaud donne des résultats tout différents : la malléabilité est le premier indice de la ductilité ; mais elle ne nous donne néanmoins qu'une notion assez imparfaite du point auquel la ductilité peut s'étendre. Le plomb , le plus souple, le plus malléable des métaux, ne peut se tirer à la filière en fils aussi fins que l'or, où mê e le fer qui, de tous , est le moins m . D'ail-

leurs il faut aider la ductilité des métaux par

l'addition du feu , sans quoi ils s'écrouissent et devi assants ; le fer même, quoique le plus : de tous , s’'écrouit comme

les autres. Ainsi la ductilité d'un métal et l'étendue de continuité qu'il peut supporter dépendent non-seulement de sa densité et de sa fusibilité, mais encore de la manière dont on le traite , de la percussion plus lente ou plus prompte, et de l'addition de chaleur ou de feu qu'on lui donne à propos.

Maintenant si nous comparons les substan:

es qu'on appelle demi-métaux et minéraux métalliques qui manquent de ductilité , nous verrons que l’ordre de leur densité est :

éméril, Zinc, antimoine, bismuth, et que celui dans lequel ils reçoivent et perdent la chaleur est: antimoine, bismuth , zinc , éméril; ce qui ne suit en aucune façon l'ordre de leur densité , mais plutôt celui de leur fusibilité. L'’émérik, qui est un minéral ferrugineux ; quoic e fois moins dense que le bismuth, conserve la chaleur une fois plus long-temps ; le zine, plus léger que Fantimoine et le bismuth , conserve aussi la chaleur beaucoup plus long-temps ;. 1 antimoine et le bismuth la recoivent et la gardent à peu près également. Il ex est donc des demimétaux et des minéraux métalliques comme

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