‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 109 sur 304 · RU · texte numérisé non relu

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fendre de la rouille depuis des siècles qu’elles sont exposées à l'humidité de la terre; enfin, comment ce fer très-magnétique pouvait avoir été produit dans des veines de mines qui ne le sont point du tout. J'ai appelé l'expérience à mon secours, etje me suis assez éclairé sur tous ces points pour être satisfait: Je savais, par un grand nombre d observations, qu'aucune de nos mines de fer en grains n’est attirable par l'aimant: j'étais bien perstadé , comme je le suis encore, que togies les mines de fer qui sont magnétiques n'ont acquis cette propriétéque par l’action du feu; que les mines du nord, qui sont assez magnétiques pour qu'on les cherche avec la boussole , doivent leur origine à l'élément du feu,

tandis que toutes nos mines en grains, qui, la couleur et même l’aigre du fer,

ne sont point du tout magnétiques , n'ont Jamais subi l’action du feu, et n'ont été formées que par le moyen ou l'intermède de l'eau. Je pensai donc que ce sablon ferrugi-

. reux et magnétique , que je trouvais en pe-

tite quantité dans mes mines de fer , devait son origine au feu; et ayant examiné le local, je me confirmai dans cette idée. Le terrain où se tronve ce sablon magnétique est en bois, de temps immémorial; on y a fait trèsanciennement , etôn y faittous les jours, des fourneaux de. charbon: il est aussi plus que probable qu'il y a eu dans ces bois des incendies considérables. Le charbon et le bois brûlé , sürtout en grande quantité , produisent du mâchefer, et ce mâchefer renferme la partie la plus fixe du fer que contiennent les végétaux: c'est ce fer fixe qui forme le sablon dont il est question, lorsque lemächefer se décompose par l'action de l'air, du soleil et des pluies ; car alors ces particules de fer pur , qui ne sont point sujettes à la rouille ni à aucune autre espèce d’altération, se laissent entrainer par l'eau, et pénètrent dans la terre avec elle à quelques pieds de profonss deur. On pourra vérifier ce que j'avance ici, en faisant broyer du mâchefer bien brûlé; on y trouvera toujours. une petite quantité de cé fer pur, qui. ayant résisté à l'action du feu, résiste également à celle des dissolvants, et ne donne point de prise à la rouille (1).

(1) J'ai reconnu ; dans le Cabinet d'histoire naturelle, des sablons ferrugineux de même espèce que ‘celui de mes mines, qui m'ont été envoyés de différehts endroits; et qui sont également magnétiques. On en trouve à Quimper cn Bretagne, en Danemarck, en Sibérie, à Saint-Domingue; et les ayant tous comparés, j'ai vu que le sablon f:rrugineux de Quimper

Mu, dns à La, di , hs, LE re 2 : SN L 0 Ru ba : tu : Fa É mÿ | | Pr. , INTROD. A L'HIST. DES MINÉRAUX,

M'étant satisfait sur ce point, et « près avoir comparé le sablon tiré de mes mi

de fer et du mâchefer avec celui de la p assez pour ne pouvoir douter de leur ic tité, je ne fus pas long-temps à penser , V& la pesanteur spécifique de la platine , quest cessablon de fer pur, provenant de 1e composition du mâchefer, au lieu d’être dans une mine de fer, se trouvait dans le wo 1 nage d’une mine d’or, il aurait, en su Is sant à ce dernier métal , formé un alliage«

serait absolument de la même nature quel platine. On sait que l’or et le fer ont un gr alu degré d’aflinité; on säit que la plupart di mines de fer contiennent une petite qua tité d’or ; on sait donner à l'or la teinture

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faisant fondre ensemble : on emploie €: »t © couleur de fer sur différents bijoux d'or pour en varier les couleurs ; et cetors nêl de fer , est plus ou moins gris, et p 6 moins aigre, suivant la quantité dé entre dansle mélange. J'en ai vu d'un absolument semblable à la couleur de la pl tine. Ayant demandé à un orfèvre quell était la proportion de l'or et du fer d ns mélange ; qui élait de la couleur de la pla tine, il me dit que l'or de 24 karats n'éta plus qu'à 18 karats, et qu'il y en quart de fer, On verra que c'est à peu la proportion qui se trouve dans la platin naturelle , si l'on en juge par la pes nteux spécifique. Cet or , mêlé de fer, est plus | Lx $ plus aïgre et spécifiquement moins pe 70 que l'or pur : toutes ces convenancesstt

tes ces qualités communes avec-la plat

m'ont persuadé que ce prétendu métal nie

dans le vrai, qu’un alliage d’or et de fer, € non pas une substance L ; un més tal nouveau , parfait , et différent de tous les autres métaux l'or

> Comme les chimistes avancé.

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était celui qui ressemblait le plus au mien, et n'en différait que par un peu plus de pesanteur spé cifique. Celui de Saint-Domingue est plus léger, € lui de Danemarck est moins pur et plus méla si de terre , et celui de Sibérie est en masse’et ent o rceaux gros comme le pouce, solides, pesan Is, € que l'aimant soulève à peu près comme si c'était un masse de fer pur. On peut done présumer que ces & blons magnétiques , provenant du mâchefer, rouvent aussi communément que le mâchefer même.

mais seulement en bien plus petite quantité. L est. rare qu'on en trouve des amas un peu considérables, et c'est par cette raison qu'ils ont échappé po

plupart, aux recherches des minéralogistés, =.

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à 6) rappeler que l'alliage aussi aisément que ceux de la n peut d’ailleurs se gs re il y a, dis qu'au contraire la poudre d'or, dont

aigrit tous les métaux, et qu A pénétration , c'est-à-dire augmentation “va la pesanteur spécifique , l'alliage en est d'autant plus aigre que la pénétration est plus grande, et le mélange deréhu plus intime comme on le reconnait dans l'alliage appelé métal des cloches , quoiqu'il soit composé de deux métaux très-ductiles. Or, rien n'est plus aigre ni plus pesant que la platine : cela seul aurait dû faire soupçonner que ce n’est qu'un alliage fait par la nature , un mélange de fer et d'or, qui doit sa pesanteur spécifique en artie à ce dernier métal, et peut-être aussi en grande partie à la pénétration des deux matières dont il est composé, r Néanmoins , celte pesanteur spécifique de la platine n’est pas aussi grande que nos chimistes l'ont publié: Comme cette matière , traitée seule et sans addition de fondants , est très-difhicile à réduire en masse, qu'on n'en péut obtenir au feu du miroir brülant que de très-petites masses , et que les expériences hydrostatiques faites sur de petits volumes sont si défectueuses, qu'on n’en peut rien conclure , il me paraît qu'on s'est trompé sur l'estimation de la pesanteur spécifique de ce minéral, J'ai mis de la pouidre d'or dans un petit tuyau de plume ; que j'ai esé très-exactement ; j'ai mis dans le même tuyau un égal volume de platine ; il pesait rès d'un dixième de moins ; mais cette poudre d’or était beaucoup trop fine en comparaison de la platine. M. Tillet, qui joint à connaissance approfondie des métaux le

ent rare de faire des expériences avec la grande précision ; a bien voula répéter,

à ma prière, celle de la pesanteur spécifique de à platine parée à L or pur. Pour cela, il s'est servi, comme moi , d un tuyau ti a fait couper à la cisaille de

de 1 ? : * L .

l'or à Darats > Léduit autant qu'il était pos. #4

sible à la grosseur des grains de la platine, et il a trouvé, par huit expériences, que la pesanteur de la platine diférait de celle de l'or pur d’un quinzième à très-peu près ; mais nous avons observé tous deux que les grains d'or, coupés à la cisaille avaient les angles beaucoup plus vifs que la platine. Celle-ci, vue à la loupe ; est à peu près de Ja forme des galets roulés par l'eau ; tous les les sont émoussés , elle est même douce au toucher à au lieu que les grains de cet or coupés à la cisaille avaient des angles vifs et des pointes tranchantes , en sorte qu'ils ne pouvaient pas s'ajuster mi s’'entasser les uns sur les autres Tnéonte DE LA TERRE. Z'ome Il.

Lui ur PRE , PARTIE EXPÉRIMENTALE. ra 177

platine ; tan- Se: je me suis servi, était de l'or en Paillettes , telles que les arpailleurs les trouvent dans le sable des rivières. Ces paillettes s’ajustent beaucoup mieux les unes contre les autres, J'ai trouvé environ un dixième de différence entre le poids spécifique de ces paillettes et celui de la platine : néanmoins ces paillettes ne sont pas ordinairement d'or pur, il s’

faut souvent plus de deux ou trois karats ; ce qui en doit diminuer en même rapport la pesanteur spécifique. Ainsi , tout bien considéré et comparé , nous avons cru qu'on Pouvait maintenir le résultat de mes expériences : et assurer que la platine en grains , et telle que la nature la produit, est au moins d'un onzième ou d'un douzième moins pesante que l'or. Il y a toute apparence que cette erreur de fait sur la densité de la platine vient de ce qu'on ne l'aura pas pesée dans son état de nature, mais seulement après l'avoir réduite en masse ; et comme cette fusion ne peut se faire que par Faddition d'autres matières et à un feu bstioleh ce n'est

plus de la line pure , mais un composé dans lequel s née} matières fondantes ; et duquel le feu à'enlevé les parties

les plus légères.

Ainsi la platine , au lieu d'être d’une densité égale ou presque égale à celle de l'or pur, comme l'ont avancé les auteurs qui en ont écrit, n’est que d’une densité moyenne entre celle de Vor ct celle du fer, et seulement plus voisine de celle de ce premier métal que de celle du dernier. Supposant done que le pied cube d'or pèse treize cent vingt-six livres , et celui du fer pur cinq cent Len vingts livres , celui dela platine en grains se trouvera peser environ onze cent quatrevingt-quatorze livres; ce qui supposerait plus € Lroïs quarts d’or sur un quart de fer dans cet alliage ; S'il n'y a pas de pénétration; mais ; Comme on en tire six septièmes à l'aimant, On pourrait croire que le fer y ést en quantité de plus d’un quart, d'autant plas qu'en s’obstinant à cette expérience , je suis persuadé qu'on viendrait à bout mr ; avec un fort aimant , toute la platine jusqu'au dernier grain. Néanmoins , on n’en doit pas conclure que le fer ÿ soit contenu en si grande quantité ; car , lorsqu'on le mêle par fonte avec l'or , la masse qui résulte de cet alliage est attirable par l'aimant, quoique le fer n'y soit qu’en petite quantité. J'ai vu , entre les

mains de M. Beaumé , un bouton de cet al- &.

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liage pesant soixante-six grains, dans lequel il Wétait entré que six grains, c'est-à-dire un onzième de fer; et ce bouton se laissait enlever aisément par un bon aimant. Dèslors la platine pourrait bien ne contenir qu'un onzième de fer sur dix onzièmes d’or ; et donner néanmoins tous les mêmes phénomènes ; c’est-à-dire être attirée en entier par l'aimant ; et cela s’accorderait parfaitement avec la pesanteur spécifique , qui est d’un dixième où d’un douzième moindre que celle de l'or.

Mais ce qui me fait présumer que la platine contient plus d’un onzième de fer sur dix onzièmes d'or, c’est que l’alliage qui resulte de cette proportion est encore couleur d'or et beaucoup plus jaune que ne l'est la platine la plus colorée, et qu'il faut un quart de fer sur trois quarts d’or pour que l’alliage ait précisément la couleur naturelle de la platine. Je suis donc très-porté à croire qu'il pourrait bien y avoir cette quantité d’un quart de fer dans la platine. Nous nous sommes assurés, M. Tillet et moi , par plusieurs expériences, que le sablon de ce fer pur que contient là platine est plus pesant que la limaille de fer ordinaire. Ainsi cette cause , ajoutée à l'effet de la pénétration , suffit pour rendre raison de cette grande quantité de fer conteniie sous le petit volume indiqué par la pesanteur spécifique de la platine.

Au reste, il est très possible que je me trompe dans quelques-unes des conséquences que j'ai cru devoir tirer de mes observations sur cette substance métallique : je n’ai pas été à portée d'en faire un examen aussi approfondi que j'aurais voulu ; ce que j'en dis n'est que ce que j'ai yu , et pourra peut-être seryir à faire voir mieux.

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