PARTIE EXPÉRIMENTALE
l'eau les grains de mine ;etlors ue par hasard ils se trouvent mélangé t que le hasard a fait qu'on a brûlé d ds A de bois, ou qu'on a .. des .
charbon sur le terrain qui renferme “y Ep nes , et que ce sablon ferrugineux , Qu n est que le détriment, du m fer que l'eau ne peut ni rouiller ni dissoudre ; à pénétré, par la filtration des eaux, aupres des lits de mine en grains , qui souvent ne sont qu'à deux ou trois pieds de profondeur. On à vu, dans le Mémoire précédent , que ce sablon ferrugineux qui provient du mâchefer des végétaux, ou, sillon veut, du fer brûlé autant qu'il ut l'être , parait être le même à tous égards e celui qui se tro ns la platine.
Le fer le plus parfait est celui qui n’a presque point de ai, à qui est entièrement
d'un nerf de cendré : le fer à nerf noir est encore très-bon , et peut-être est-il préférable au premier pour tous les usages où il faut chauffer plus d'une fois ce métal avant de l'employer : le fer de la troisième qualité, et qui est moitié nerf et moitié grain ; est le fer par excellence pour le commerce ; parce qu'on peut le chauffer deux ou trois fois sans le dénaturer : er.sans nerf, ge à grain fin, sert aussi pour beaucoup d’usages; mais les fers sans nerf et à gros grain devraient être proscrits et font le ds grand tort dans la société , parce que malheureusement ils y sont cent foissplus communs que les autres.
ji ne faut qu'un coup d'œil à un homme exercé pour connaître la bonne ou la mauvaise qualité du fer ; mais les gens quile font employer ; soit dans leurs bâtiments ; soit à leurs équipages ; ne s'y connaissent ou n'y regardent pas ; et paient souvent, comme très-bon, du fer que le fardeau fait rompre ou que la rouille détruit en peu de temps.
Autant les chaudes vives et poussées Jusqu'au blanc détériorent le fer, autant les chaudes douces, où l'on ne le rougit que couleur cerise, semblent l'améliorer : c'est ar cette raison que les fers destinés à passer à la fenderie ou à la batterie ne demandent as à être fabriqués avec autant de soin que ceux qu'on appelle fers marchands ; qui doivent avoir toute leur qualité. Le fer de tirerie fait une classe à part : il ne peut être trop pur; S'il contenait des parties hétérogènes , il deviendrait très-cassant aux dernières filières. Or, iln’y a d'autre moyen de le rendre pur que de le faire bien suer enle chauffant la première fois jusqu'au blanc ; ct le marte- Jant avec autant de force que de précaution; THÉORIE DE LA TERRE. Tome II.
et ensuite, en le faisant encore chauffer à blanc, afin d'achever de le à sous le martinet en l’alongeant pour en faire de la verge crénelée. Mais les fers destinés à être refendus pour en faire de la verge ordinaire, des fers aplatis , des languettes pour la tôle, tous les fers, en un mot , qu'on doit passer sous les cylindres, n’exigent pas le même degré de perfec parce qu'ils s’améliorentau four de la fenderie, où l'on n'emploie que du bois , et dans lequel tous ces fers ne prennent une chaleur que du second degré , d'un rouge couleur de feu , qui est suflisant pour les amollir , et leur permet de s’aplatir et de s'étendre sous les cylindres , et de se fendre ensuite sous les taillants. Néanmoins, .si l’on veut avoir de la verge bien douce, comme celle qui est nécessaire pour les clous à maréchal; si l'on veut des fers aplatis qui aient beaucoup de nerf, comme doivent être ceux qu'on emploie pour les roues , et particulièrement les bandages qu'on fait d’une seule pièce, dans lesquels il faut au moins un tiers de nerf; les fers qu'on livre à la fenderie doivent être de bonne qualité , c'est-àdire avoir au moins un tiers de nerf: car j'ai observé que le feu doux du four et la forte compression des cylindres rendent , à la vérité , le grain du fer un peu plus fin , et donnent même du nerf à celui qui n'avait que du grain très-fin; mais ils ne convertissent jamais en nerf le gros grain des fers communs; en sorte qu'avec du mauvais fer à gros grain on pourra faire de la verge et des fers aplatis , dont le grain sera moins gros , mais qui seront toujours trop cassants pour être employés aux usages dont jeviens de parler.
Il en est de même de la tôle , on ne peut pas employer de trop bonne étoffe pour la faire, et il est bien fâcheux qu'on fasse tout le contraire ; car, presque toutes nos tôles en France se font avec du fer commun : elles se rompent en les pliant, etse brülent ou pourrissent en peu de temps, tandis que de la tôle faite comme celle de Suède ou d'Angleterre , avec du bon fer bien nerveux, se tordra cent fois sans rompre, etdurera peut-être vingt fois plus que les autres. On en fait à mes forges de toute grandeur et de toute épaisseur; on en emploie à Paris pour les casseroles et autres pièces de cuisine qu'on étame , et qu’on a raison de préférer aux casseroles de cuivre. On a fait avec cette même tôle grand nombre de poêles ; de chaineaux, de tuyaux ; et j'ai, depuis quatre ans, l’expérience mille fois réitérée , qu'elle peut du-
rer comme je viens de le dire, soit au feu, soit à l'air, beaucoup plus que les tôles communes: mais, comme elle est un peu plus chère , le débit en est moindre ; et l'on n'en demande que pour de certains usages particuliers , auxquels les autres tôles ne pourraient être employées. Lorsqu'on est au fait, “comme j'y-suis , du commerce des fers > on dirait qu’en France on a fäit un pacte général de ne se servir que “+ qu'il y a de-plus mauvais en ce genre. h Avec du fer nerveux on pourra toujours
faire d'excellente tôle , en faisant passer le fer des languettes sous les cylindres de la fenderie. Ceux qui aplatissent ces languettes ne martinet, après les avoir fait chauffer
a arbon, sont dans un très-mauvais usage :
le feu de charbon ; poussé par les souf-
flets , gâte le fer de ces languettes ; celui du four de la fenderie ne fait que le perfectionner. D'ailleurs , il en coûte plus de moitié moins pour faire les languettes au cylindre que pour les faire au martinet ; ici l'intérêt s'accorde avec la théorie de l'art: il n'y a done que l'ignorance qui puisse entretenir cette pratique, qui néanmoins est la plus générale : car, il y a peut-être, sur toutes les tôles qui se fabriquent en France , plus des trois quarts dont les languettes ont été faites au martinet. Cela ne peut pas être autremént , me dira-t-on ; toutes les batteries n’ont pas à côté d'elles une fenderie et des cylindres montés. Je l'avoue, et c'est ce dont je me plains; on a tort de permettre ces petits ments particuliers qui ne subsisten achetant dans les grosses forges les fers au meilleur marché , c'est-àdire tous pe médiocres , pour les fabriquer ensuite en tôle et'en petits fers de la plus mauvaise qualité. |
Un autre objet fort important sont les fers decharrue; on ne saurait croire combien la mauvaise qualité du fer dont on les fabrique fait de tort aux laboureurs ; on leur livre inhumainement des fers qui Cassent au moindre effort, et qu'ils sont forcés de renouveler presque aussi souvent que leurs cultures :
on leur fait payer bien cher du mauvais acier dont on arme la pointe de ces fers encore plus mauvais, et le tout est perdu ‘pour eux au bout d’un an, et souvent en moins de
temps; tandis qu'en employant pour ces fers
charrue, comme pour la tôle » le fer le
illeur et le plus nerveux , on pourrait les garantir pour un usage de vingt ans + etmême se dispenser d’en aciérer la pointe; car j'ai +
Le
fait faire plusieurs ines de ces fers de charrue dont j'ai fait essayer quelques-uns sans me À ils se sont trouvés d’une étoffe assez fermé pour résister au labour. J'ai fait la mêmeexpérience sur un grand nombre de pioches ; c’est la mauvaise qualité de nos fers qui a établi chez les taillandiers l'usage général de mettre de l'acier à ces instruments de campagne , qui n’en auraient pas besoin s'ils étaient de bon fer fabriqué avec des languettes passées sous les cylindres.
J'avoue qu’il y a de certains usages pour lesquels on pourrait fabriquer du fer aigre , mais encore neffaut-il pas qu'il soit à trop gros grain ni trop cassant : les clous pour les petites lattes à tuiles } broquettes et autres petits clous , plient lorsqu'ils sont faits d'un fer trop doux ; mais, à 1 xception de ce seul emploi, qu’on ne rempliratoujours quetrop, je ne vois pas qu’on doive se servir défer aigre. Et si, dans une bonne manufacture, on en veut faire une certaine quantité , rien n'est plus aisé ; il ne faut qu'augmenter d'îme mesure où d'une iesure et demie de mine au fourneau, et mettre à part les gueuses qui en proviendront; la fonte en sera moins | bonne et plus blanche, On les fera forger à part en ne donnant que deux chaudes à chaque bande , et l'on aura du fer aigre qui se fendra plus aisément que l’autre , et qui donnera de la verge Cassante,
Le meilleur fer, c'est-à-dire celui qui a le plus de nerf, et par conséquent le plus de ténacité, peut éprouver cent et deux cents coups de masse sans se rompre ; et, comme il faut néanmoins le casser Pour tous les usages de la fenderie et de la batterie , et que cela demanderait beaucoup de temps, même en s’aidant du ciseau d'acier, il vaut mieux faire couper sous le marteau de la forge les barres encore chaudes à moitié de leur épaisseur ; cela n’empêche pas le marteleur de les achever , et épargne beaucoup de temps au fendeur et au platineur, Tout le fer que j'ai fait casser à froid et à grands coups de masse , s’'échauffe d'autant plus qu'il est plus fortement et plus souvent frappé ; non-seulement il s’échauffe au point de brûler trèsvivement > Mais il s’aimante comme s’il eût été frotté sur un très-bon aimant. M'étant assuré de 1à constance de cet effet par plusieurs observations successives > je voulus Voir si, sans percussion, je pourrais de même Produire dans le fer la vertu magnétique.
Je fis prendre pour cela une verge de trois lignes de grosseur de mon fer le plus liant ,
; Pins | PARTIE EXPÉ et que je —.. : tretrès-dificile
à rompre ; et l'ayant fait plie par les mains d’un homme ort ee fois de suite sans pouvoir la rOmpEE JU.
vai le fer très-chaud au point où 07 l'avait plié , et il avait en même temps toute la vertu d'un barreau bien aimanté. J aurai occasion dans la suite de revenir à ce phénomène J qui tient de très-près à la théorie du magnétisme et de électricité , et que Je ne rap-
orte ici que pour démontrer que plus une
matière est Lenace , c'est-à-dire plus il faut
d'efforts pour la diviser, plus elle est près de roduire dela chaleur et tous les autres effets ui peuvent en dép et prouver en même temps que la simple p sion , produisant le frottement des parties intérieures , équivaut à l'effet de la plus violente percussion.
On soude tous les jours le fer avec luimême ou sur lui-même : mais il faut la plus grande précaution pôur qu'il ne se trouve pas un peu plus faible'aüx endroits des soudures ; car, pour réunir et souder les deux bouts d’une barre, on les chauffe jusqu'au blanc le plus vif : le fer, dans cet état, est tout prêt à fotidre; il n'y arrive pas sans
crdre toute sa ténacité , et par” conséquent tout son nerf. Il ne peut donc en reprendre, dans toute cette partie qu'on soude, que par
‘la percussion des marteaux, dont deux ou
trois ouvriers font succéder les coups le plus vite qu'il leur est possible ; mais cette percussion est très-faible, et mème lente en comparaison de celle du marteau de la forge, ou même de celle du martinet. Ainsi l'endroit soudé, quelque bonne que soit l'étoffe, n'aura que peu de nerf, et souvent point du tout, si l'on n'a pas bien saisi l'instant où les deux morceaux sont également chauds , et si le mouvement du marteau n'a pas été assez prompt et assez fort pour les bien réunir. Aussi, quand on a des pièces importantes à souder, on fera bien de le faire sous les martinets les plus prompts. La soudure, dans Jes canons des armes à feu , est une des choses les plus importantes. M. de Montbeillard , dans le Mémoire que j'ai cité ci-dessus, donne de très-bonnes vues sur cet objet, et même des expériences décisives. Je crois avec lui que, comme il faut chauffer à blanc nombre de fois la bande ou maquette pour souder le canon dans toute sa longueur ,il ne faut pas employer du fer qui serait au dernier degré de sa perfection , parce qu'il ne pourrait que $C détériorer par ces fréquentes chaudes vives; qu'il faut, au con-
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traire , choisir le fer qui, n'étant k.. encore aussi épuré qu'il peut l'être, gagnera plutôt de la qualité qu'il n'en perdra par ces nouvelles chaudes. Mais cet article seul demanderait un grand travail, fait et dirigé
un homme aussi éclairé que M. de Montbéillard ; et l'objet en est d’une si grande importance pour la viesdes hommes et pour la sie l'État , arte la plus grande attention.
Le fer se décompose par l'humidité comme par le feu; il attire l'humide de l'air, s'en pénètre et se rouille , c'est-à-dire se convertit en une espèce de terre sans liaison, sans cohérence : cette conversion se fait en assez peu de temps dans les fers qui sont delmauvaise qualité ou mal fabriqués ; ceux dont l'étoffe est bonne , et dont les surfaces sont bien lisses ou polies, se défendent plus longtemps : mais tous sont sujets à cette espèce de mal , qui , de la superficie, gagne assez promptement l'intérieur , et détruit avec le temps le corps entier du fer. Dans Peau , il se conserve beaucoup mieux qu’à Pair , et, quoiqu'on s'aperçoive de son altération par la couleur noire qu'il y ve après un long séjour , il n’est point dénaturé : il peut être forgé ; au lieu que celui qui a été exposé à l'air pendant quelques siècles , et que les ouvriers appellent du fer luné, parce qu'ils s'imaginent que la lane le mange , ne peut ni se forger ni serÿir à rien, à moins qu'on ne le revivifie comme les rouilles et les safrans de mars , ce qui coûte communément plus que le fer ne vaut M en ceci que consiste la différence des deuxdécompositions du fer : dans celle qui se fait par le feu , la plus grande partie du fer se brûle et s’exhale en vapeurs comme les autres matières combustibles ; il ne reste qu'un mâchefer qui contient , comme celui du bois , une petite quantité de matièreftrès-attirable par l'aimant , qui est bien du vrai fer, mais qui m'a paru d'une nature singulière et semblable, comme je l'ai dit, au sablon ferrugineux qui se trouve en si grande quantité dans la platine. La décomposition par l'humidité ne diminue pas à beaucoup près autant que la combustion, la ge -du fer; mais elle en altère toutes les parties au point de leur faire perdre leur vertu ns eméiqe :
leur cohérence et leur couleur métallique, C'est de cette rouille rre de fer que s en grande partie composées les mines € grains : l'eau , après avoir atténué ces particules de rouille et les avôir réduites en mo-