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34 NOTES 4 rentes de celles de l'éléphant. M. Croghatf®
* du nord; ainsi l'on ne peut douter de la grande quantité de ces dépouilles d'éléphants en Sibérie et en Russie.
M. Pallas, savant naturaliste, a trouvé dans son voyage en Sibérie, ces années dernières ; une grande quantité d'ossements d'éléphants, et un squelette entier de rhinocéros, qui n’était enfoui qu’à quelques pieds de profondeur.
« On vient de découvrir des os mons-
trueux d’éléphants à Swijatoki , à dix-sept
verstes de Pétersbourg ; on les a tirés d’un terrain inondé depuis long-temps. On ne
» peut donc plus douter de la prodigieuse
» révolution qui a changé le climat, les
» productions et les animaux de toutes les
__» contrées de la terre. Ces médailles natu-
» relles prouvent que les pays dévastés au- » jourd'hui par la rigueur du froid ont eu » autrefois tous les avantages du midi. »
(Journal de politique et de littérature, 5 janvier 1776, article de Pétersbourg. )
La découverte de squelettes et de défenses d’éléphants dans le Canada est assez récente, et j'en ai été informé des premiers par une lettre de feu M. Collinson , membre de la Société royale de Londres. Voici la traduction de cette lettre:
« M. George Croghan nous a assuré que,
dans le cours de ses voyages en 1765 et 1766, dans les contrées voisines de la rivière d'Ohio, environ à 4 milles sud-est de cette rivière, éloignée de 640 milles du fort de Quesne ( que nous appelons maintenant Pitsburg), il a vu, aux environs d’un grand marais salé, où les animaux sauvages s’assemblent en certains temps de l'année, de grands os et de grosses dents, et qu'ayant examiné cette place avec soin, il a découvert ; Sur un banc élevé du côté du marais , un nombre prodigieux d'os de très-grands animaux , et que par la longueur et la forme de ces os et de ces défenses, on doit conclure que ce sont des os d'éléphants.
» Mais les grosses dents que je vous envoie, monsieur, ont été trouvées avec ces défenses; d’autres encore plus grandes que celles-ci, paraissent indiquer et même démontrer qu'elles n’appartiennent pas à des éléphants. Comment concilier ce paradoxe? Ne pourrait-on pas supposer qu'il à existé autrefois un grand animal » qui avait les défenses de l'éléphant et les » mâchelières de l'hippopotame? car des » grosses dents mâchelières sont très-diffé-
L'ÉLAENL ES ns au
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» pense, d’après la grande quantité de ces » différentes sortes de dents, c’est-à-dire » des défenses et des dents molaires qu'il a » observées dans cet endroit, qu'il y avait ” au moins trente de ces animaux. Cepen- » dant les éléphants n'étaient point connus » €n Amérique, et probablement ils n'ont » pu y être apportés d'Asie : l'impossibilité » qu'ils ont à vivre dans ces contrées, à » cause de la rigueur des hivers ,; et où ce- » pendant on trouve une si grande quantité » de leurs os , fait encore un paradoxe que » votre éminente sagacité doit déterminer.
» M. Croghan a envoyé à Londres, au mois de février 1767, les os et les dents qu'il avait rassemblés dans les années 1765 et 1766 :
» À mylord Shelburne, 10 deux grandes défenses, dont une était bien entière et avait près de 7 pieds de long (6 pieds 7 pouces de France); l’épaissenr était Comme celle d'une défense ordinaire d’un éléphant qui aurait cette longueur.
» 20. Une mâchoire avec deux dents mâ- » chelières qui y tenaient, et outre cela » plusieurs très-grosses dents mâchelières » séparées.
» Au docteur Franklin, 10 trois défen- » ses d’éléphants, dont une, d'environ 7 » pieds de long, était cassée par la moitié, » gâtée on rongée au centre ; et semblable » à de la craie; les autres étaient très-sai- »
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nes, le bout de l’une des deux était ai-
guisé en pointe et d'un très-bel ivoire.
» 29. Une petite défense d'environ 3 pieds » de long, grosse comme le bras , avec les » alvéoles qui reçoivent les muscles et les » tendons, qui étaient d’une couleur mar- » ron luisante, lesquelles avaient l'air aussi » frais que,si on venait de la tirer de la tête » de l'animal.
» 30. Quatre mâchelières , dont l’une des » plus grandes avait plus de largeur et un » rang de pointes de plus que celles que je » vousaienvoyées. Vous pouvez être assuré ” que toutes celles qui ont été envoyées à » mylord Shelburne et à M. Franklin étaient » de la même forme et avaient le même » émail que celles que je mets sous vos yeux.
» Le docteur Franklin a diné dernière- * ment avec un officier, qui a rapporté de » cette même place, voisine de la rivière » d'Ohio, une défense plus blanche , plus » luisante , plus unie-que toutes les autres , » et une mâchelière encore plus grande
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#% que toutes celles dont je viens de faire » mention. » ( Lettre de M. Collinson à M. de Buffon , datée de Müll-hill, près de Londres, le 3 juillet 1767.)
Extrait du Journal du Voyage de M. Croghan, J'ait sur la rivière d'Ohio, et envoyé à M. Franklin, au mois de mai 1765.
« Nous avons passé la grande rivière de Miame set le soir nous sommes arrivés à l'endroit où l’on a trouvé des os d’éléphants ; il peut y avoir 640 milles de distance du fort Pitt. Dans la matinée , j'allai voir la grande place marécageuse où les animaux sauvages se rendent dans de certains temps de l’année ; nous arrivâmes à cet endroit par une route battue par les bœufs sauvages (bisons) , éloigné d’environ 4 milles au sud-est du fleuve Ohio.
Nous vimes de nos yeux qu'il se trouve dans ces lieux une grande quantité d'ossements , les uns épars, les autres enterrés à cinq ou six pieds sous terre, que nous vimes dans l'épaisseur du banc de terre qui borde cette espèce de route. Nous trouvämes là deux défenses de 6 pieds de longueur, que nous transportâmes à notre bord, avec d'autres os et des dents; et, l’année suivante , nous reétournâmes au même endroit, prendre encore un plus grand nombre d’autres défenses et d'autres dents. »
« Si M. de Buffon avait des doutes et des » questions à faire sur cela , je le prie, dit » M. Collinson ; de me les envoyer; je fe- » rais passer sa lettre à M, Croghan, homme » très-honnèête et éclairé , qui serait charmé de satisfaire à ses questions. » Ce petit Mémoire était joint à la lettre que je viens de citer, et à laquelle je vais ajouter l'extrait de ce que M. Collinson m'avait écrit auparavant, au sujet de ces mêmes ossements trouvés en Amérique.
« Il y avait à environ un mille et demi » de la rivière d'Ohio six squelettes mons- » trueux enterrés debout , portant des dé- » fenses de einq à six pieds de long, qui » étaient de la forme et dé la substance des » défenses d'éléphants ; elles avaient 30 pou- » ces de circonférence à la racine ; elles al- » laient en s’amincissant jusqu’à la pointe : » mais on ne peut pas bien connaître com- » ment elles étaient jointes à la mâchoire, »
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parce qu'elles étaient brisées en pièces.
Unfémur de ces mêmes animaux futtrouvé bien entier; il pesait cent livres , et avait
4% pieds de long : ces défenses et ces os de la cuisse font voir que l'animal était d'une prodigieuse grandeur. Ces faits ont été confirmés par M. Greenwood, qui, ayant été sur les lieux , a vu les six squedettes dans le marais salé ; il a de plus trouvé dans le même lieu de grosses dents mâchelières , qui ne paraissent pas appartenir à l'éléphant , mais plutôt à l'hippopotame ; et il a rapporté quelques-unes de ees dents à Londres, deux entre autres qui pesaient ensemble G 1 livres. Il dit que l'os de la mâchoire ayait près de 3 pieds de longueur, et qu'il était trop lourd pour être porté par deux hommes :
il avait mesuré l'intervalle entre l'orbite des deux yeux, qui était de L8 pouces.
Une Anglaise faite prisonnière par les Sauvages, et conduite à ce marais salé, pour leur apprendre à faire du sel en faisant évaporer l'eau , a déclaré se souvenir par une circonstance singulière d'avoir » vu ces ossements énormes ; elle racontait » que trois Français qui cassaient des noix, » étaient tous trois assis sur un seul de ces » grands os de la cuisse. »
Quelque temps après m'avoir écrit ces lettres, M. Collinson lut à la Société royale de Londres deux petits Mémoires sur ce