‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 16 sur 304 · ET EL · texte numérisé non relu

ET EL

vivants , ou qu’on trouve dans les forêts avec les squelettes récents de ces animaux; et ils donnent le nom d'ivoire cuit à celui qu'on tire de la terre , et dont la qualité se dénature plus ou moins par un plus ou moins long séjour , ou par la qualité plus ou moins active des terres où il a été renfermé. La plupart des défenses qui nous sont venues du nord, sont encore d’un ivoire très-solide, dont on pourrait faire de beaux ouvrages :

les plus grosses nous ont été envoyées par M. del'Isle, astronome, de l'Académie royale des sciences ; il les a recueillies dans son voyage en Sibérie. Il n'y avait dans tous les magasins de Paris qu’une seule défense d'ivoire cru qui eût [9 pouces de circonférence ; toutes les autres étaient plus menues : cette grosse défense avait six pieds un pouce de longueur, et il paraît que celles qui sont au Cabinet du Roi, et qui ont été trouvées en Sibérie, avaient plus de six pieds + lorsqu'elles étaient entières ; mais, comme les extrémités en sont tronquées , on ne peut en juger qu’à peu près.

Et si l’on compare les os fémurs trouvés de même dans les terres du nord , on s’assurera qu'ils sont au moins aussi longs et considérablement plus épais que ceux des éléphants actuels.

Au reste, nous avons , comme je l'ai dit, comparé exactement les os et les défenses qui nous sont venus de Sibérie, aux os et aux défenses d’un squelette d’éléphant, et nous avons reconnu évidemment que tous ces ossements sont des dépouilles de ces animaux.

Les défenses venues de Sibérie, ont nonseulement la figure, mais aussi la vraie structare de l’ivoire de l'éléphant, dont M. Daubenton doune la description dans les termes suivants :

« Lorsqu'une défense d'éléphant est coupée transyersalement, on voit au centre, » où à peu près au centre, un point noir » qui estappelé le cœur ; mais , si la défense » a été coùpée à l'endroit de sa cavité, il » n’y a au centre qu’un trou rond ou ovale :

» on aperçoit des lignes courbes qui s’éten- » dent en sens contraires , depuis le centre » à la circonférence, et qui, se croisant , » forment de petits losanges; il y a ordi- » nairement à la circonférence une bande » étroite et circulaire : les lignes courbes » se ramifient à mesure qu'elles s'éloignent » du centre; et le nombre de ces lignes est » d'autant plus grand, qu'elles approchent » plus de la circonférence ; ainsi la grandeur THÉORIE DE LA TERRE. Z'ome Il.

» des losanges est presque partout à peu » près la même : leurs côtés, ou au moins » leurs angles, ont une couleur plus vive » que l’aire, sans doute parce que leur sub- » stance est plus compacte : la bande de » la circonférence est quelquefois composée » de fibres droites et transversales, qui abou- » tiraient au centre si elles étaient prolon- » gées; c’est l'apparence de ces lignes et de ces points que l'on regarde comme le grain de l’ivoire : on l’aperçoit dans tous les ivoires , mais il est plus ou moins sensible dans les différentes défenses; et, parmi les ivoires dont le grain est assez apparent pour qu'on leur donne le nom d'ivoire grenu , il y en a que l'on appelle ivoire à gros grain , pour le distinguer de l’ivoire dont le grain est fin.» (Voyez dans cette Histoire Naturelle l’article de l’éléphant , et les Mémoires de l'Académie des sciences, année 1762.)

Ibid. , ligne 16. Le seul état de captivité aurait réduit ces éléphants au quart ou au tiers de leur grandeur. Cela nous est démontré par la comparaison que nous avons faite du squelette entier d'um éléphant qui est au Cabinet du Roi, et qui avait vécu seize ans dans la ménagerie de Versailles, avec les défenses des autres éléphants dans leur pays natal; ce squelette et ces défenses , quoique considérables par la grandeur , sont cartainement de moitié plus petits pour le volume que ne le sont les défenses et les squelettes de ceux qui vivent en liberté, soit dans l'Asie , soit en Afrique, et en même temps ils sont au moins de deux tiers plus petits que les ossements de ces mêmes animaux trouvés en Sibérie.

Page 433, col. 1, ligne 6. On trouve des défenses et des ossements d'éléphants , nonseulement er. Sibérie, en Russie et au Canada , mais encore en Pologne , en Allemagne, en France , en Italie .Indépendamment de-tous les morceaux qui nous ont été envoyés de Russie et de Sibérie , et que nous conservons au Cabinet du Roi , il y en a plusieurs autres dans les cabinets des partieuliers de Paris ; il y en a un grand nombre dans le Museum de Pétersbourg , comme on peut le voir dans le Stalogue qui en a été imprimé dès l'année 1742: il yena de même dans le Museum de Londres , dans celui de Copenhague, et dans quelques autres collections, en Angleterre, en Allemagne et en lie; on a même fait plusieurs ouvrages de tour avec cet ivoire trouvé dans les terres

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