‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 175 sur 304 · PARTIE EXPÉRIMENTALE · texte numérisé non relu

PARTIE EXPÉRIMENTALE

s'égrener , un feu violent, se couvrent d’émail ; il y a d’ailleurs dans presque tous des espèces de clous noirs et ferrugineux qui brûlent dans l'opération. Le seul fait certain que j'ai putirer de sept expériences sur différents morceaux de grès dur, c’est qu'il ne gagne rien au feu , et qu’il n'y perd que trèspeu. J'avais déjà trouvé la même chose par les expériences rapportées dans le premier Mémoire.

De toutes ces expériences , je crois qu’on

. doit conclure :

lo. Que le feu a, comme toute autre matière , une pesanteur réelle, dont on peut connaître le rapport à la balance dans les substances qui , comme le verre , ne peuvent être altérées par son action , et dans lesquelles il ne fait , pour ainsi dire , que passer , sans y rien laisser et sans en rien enlever.

29. Que la quantité du feu nécessaire pour rougir une masse quelconque , et lui donner sa couleur et sa chaleur, pèse 355 Qu, si l’on veut , une six centième partie de-cette ma.se; en sorte que , si elle pèse froide 600 livres, elle pèsera chaude 601 livres lorsqu'elle sera rouge couleur de feu.

3°. Que dans les matières qui, comme le fer , sont susceptibles d’un plus grand degré de feu , et peuvent être chauffées à blane sans se fondre , la quantité de feu dont elles sont alors pénétrées, est environ d’un'sixième plus grande ; en sorte que , sur 500 livres de fer, il se trouve une livre de feu. Nous avons même trouvé plus par les expériences précédentes, puisque leur résultat commun donne 723 à Mais il faut observer que le fer, ainsi que toutes les substances métalliques , se consume un peu en se refroidissant , et qu'il diminue toutes les fois qu’on y applique le feu : cette différence entre = et =

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provient donc de cette diminution ; le fer,

qui perd une quantité très-sensible dans le

feu , continue à perdre un peu tant qu'il en est pénétré , el par conséquent sa masse totale se trouve plus diminuée que celle du verre ; que le feu ne peut consumer , ni brûler, ni volatiliser.

Je viens de dire qu'il en est de toutes les substances métalliques comme du fer, c’està-dire que toutes perdent quelque chose par la longue ou la violente action du feu, et je puis le prouver par des expériences incon testables sur l'or et sur l’argent , qui, de tous les métaux, sont les plus fixes et les moins sujets à être altérés par le feu. J'ai exposé au foyer du miroir ardent des, pla-

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ques d'argent pur, €t des morceaux d'or aussi pur ; je les ai vus fumer abondamment et pendant un très-long temps : il n’est donc pas douteux que ces métaux ne perdent quelque chose de leur substance par l'application du feu ; et j'ai été informé depuis ; que cette matière qui s'échappe de ces métaux et s'élève en fumée n'est autre chose que le métal même volatilisé ; puisqu'on peut dorer ou argenter à cette fumée métallique les corps qui la recoivent. | Le feu , surtout appliqué long-temps , yo latilise donc peu à peu ces métaux, qu il semble ne pouvoir ni brûler ni détruire d'au. cune autre manière ; et, en les volatilisant $ il n’en change pas la nature, puisque cette fumée , qui s'en échappe ; est encore du métal qui conserve toutes ses propriétés. Or , il ne faut pas un feu bien violent pour produire cette fumée métallique ; elle parait à un degré de chaleur au-dessous de celui qui est nécessaire pour la fusion de ces métaux.

C’est de cette même manière que l'or et l'argent se sont sublimés dans Île sein de la terre,

cessive du premier état du globe , où tout était en liquéfaction ; et ensuite la chaleur moins forte, mais constante ; de l'intérieur de la terre les a volatilisés , et a poussé: ces fumées métalliques jusqu'au sommet des plus hautes montagnes , où elles se sont accumulées en grains , ou attachées en vapeurs aux sables et aux autres matières dans lesquelles on les trouve aujourd’hui. Les paillettes d'or que l'eau roule avec les sables tirent leur origine , soit des masses d’or fondues par le feu primitif , soit des surfaces dorées par cette sublimation, desquelles l'action de l'air et de l'eau les détache et les sépare.

Mais, revenons à l’objet immédiat de nos expériences : il me parait qu’elles ne laissent aucun doute sur la pesanteur réelle du feu , __et qu'on peut assurer , En conséquence de leurs résultats , que toute matière solide pénétrée de cet élément , autant qu’elle peut l'être par l'application que nous savons en faire , est au moins d'une six centième partie plus pesante que dans l'état de la température actuelle , et qu'il faut une livre de matière ignée pour donner à 600 livres de toute autre matière l'état d'incandesçence jusqu'au rouge couleur de feu , ét environ une livre sur 500 pour que l'incandescence soit jusqu'au blanc ou jusqu’à la fusion ; en sorte que le fer , chauffé à blanc , ou le verre en fusion , contiennent dans cet état ;— de

ils ont d’abord été fondus par la chaleur ex-°

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DES MINÉRAUX

HQE matière ignée dont leur propre substance r est pénétrée. ; AE Mais , cette grande vérité, qui paraîtra WS nouvelle aux physiciens, et de laquelle O8 pourra tirer des conséquences utiles ; 26, nous apprend pas encore ce qu'il serait Fois Yÿ'e pendant le plus important de savoir ; Je vor dire le rapport de la pesanteur du feu à | pesanteur de l'air, ou de la matière ignée à celle des autres matières. Cette recherche sue. suppose de nouvelles découvertes auxquelles LA je ne suis pas parvenu, et dont je n'ai on que quelques indications dans mon ENS des Éléments. Car ; quoique nous sachions Le par mes expériences, qu'il faut une cinq CeRE tième partie de matière ignée pour donner. à toute autre matière l'état de la plus f e incandescence, nous ne sayons pas à quel point cette matière ignée y est con 2 1 À comprimée, ni même accumulée , parce que nous n'avons jamais pu la saisir dans 1m 1 conslant pour la peser ou la mesurer; ED sorte que nous n'avons point d'unité à las quelle nous puissions rapporter la mesurk … de l’état d'incandescence. Tout ce que j'a donc pu faire à la suite de mes expériences c'est de rechercher combien il fallait com sommer de matière combustible pour faire entrer dans une masse de matière solide cette. quantité de matière ignée qui est la cinq Ce n- 1 tième partie de la masse en incandescet et j'ai trouvé, par des essais réitérés ; qu fallait brûler 300 livres de charbon au ve de deux soufllets de dix pieds de long 1eur pour chauffer à blanc une pièce de fonte fer de 500 livres pesant. Mais , comm mesurer, ni même estimer à peu près s | quantité totale de feu produite par ces 30€ livres de matière combustible ? Comm D pouvoir comparer la quantité de feu qui s perd dans les airs, avec celle qui s'attache la pièce de fer, et qui pénètre dans tou les parties de sa substance ? 11 faudrait p » cela bien d’autres expériences , ou ph faut un art nouveau dans lequel je n'ai p faire que les premiers pas.

Era J'ai fait quelques expériences pour recom … naître combien il faut de temps aux matières … qui sont en fusion pour prendre leur consis= tance , et passer de l’état de fluidité à cela. ! de la solidité ; combien de temps il fautpoure ©! que sa surface prenne sa consistance ÿ A bien il en faut de plus pour produire cette, même consistance à l'intérieur ; et savoir par=

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