‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 183 sur 304 · PARTIE EXPÉRIMENTALE · texte numérisé non relu

PARTIE EXPÉRIMENTALE

res , couille Je l'ai dit ci-devant. Lorsqu'on se sera assuré de cette prop rti n, on saura tout ce qu'il est nécessaire pour fondre ces mines avec succès : par exemple , la mine qui a servi à la première expérience , et qui contenait L gros 55 grains de sable calcaire , sur 3 gros 66 grains de fer en grains , et dont il s'était perdu 59 grains dans les lotions et la dissolution , était par conséquent mélangée d'environ un tiers de castine ou de matière calcaire , sur deux tiers de fer en grains. Cette mine porte donc naturellement sa castine ; et on ne peut que gâter la fonte, si on ajoute encore de la matière calcaire pour la fondre : il faut, au contraire, y mêler des matières vitrescibles, et choisir celles qui se fondent le plus aisément. En mettant un quinzième ou même un seizième de terre vitrescible, qu'on appelle aubue, j'ai fondu cette mine avec un grand succès , et elle m'a donné Jd'excellent fer ; tandis qu’en la fondant avec une addition de castine, comme c'était l'usage dans le pays avant moi, elle ne produisait qu'une mauvaise fonte qui cassait par son propre poids sur les rouleaux , en la conduisant à l’aflinerie. Ainsi, toutes les fois qu’une mine de fer se trouve naturellement surchargée d'une grande quantité de matières calcaires , il faut, au lieu de castine, employer de l'aubuë pour la fondre avec avantage. On doit préférer

cette terre aubuëé à toutes les autres matières

vitrescibles , parce qu'elle fond plus aisément que le caillou, le sable cristallin et les autres matières du genre vitrifiable , qui pourraient faire le même effet, mais qui exigeraient plus de charbon pour se fondre.

D'ailleurs , cette terre aubué se trouve presque partout, et est la terre la plus commune dans nos campagnes. En se fondant, elle saisit les sablons calcaires , les pénètre , les ramollit et les fait couler avec elle plus promptement que né pourrait faire le petit caillou ou le sable vitrescible, auxquels il faut beaucoup plus de feu pour les fondre.

On'est dans l'erreur lorsqu'on croit que la mine de fer ne peut se fondre sans castine : on peut la fondre , non-seulement sans castine , mais même sans aubué et sans aucun autre fondant lorsqu'elle est nette et pure : mais il est vrai qu'alors il se brûle une quantité assez considérable de mire qui tombe en mauvais laitier , et qui diminue le produit de la fonte. IL s’agit donc, pour fondre le plus avantageusement qu'il est possible , de trouyemd'abord quel est le ms 4

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qui convient à la mine, et en$üite dans quelle proportion il faut lui donner ce fondant pour qu'elle se convertisse entièrement en fonte de fer , et qu'elle ne brûle pas avant d'entrer en fusion. Si la mine est mêlée d'un tiers ou d’un quart de matières vitrescibles , et qu'il ne s’y trouve aucune matière calcaire , alors un demi-tiers ou un demi-quart dé matières calcaires suffira pour la fondre ; et si, au contraire, elle se trouve naturellement mélangée d’un tiers ou d’un quart de sable on de gravier calcaire , un quinzième ou un dix-huitième d'aubuë suflira pour la faire couler et la préserver de l’action trop subite du feu , qui ne manquerait pas de la brûler en partie. On pèche presque partout par l'excès de castine qu’on met dans les fourneaux ; il y a même des maîtres de cet art assez peu instruits pour mettre de la castine et de l’aubué tout ensemble ou séparément , suivant qu'ils imaginent que leur mine est trop froide ou trop chaude ; tandis que , dans le réel, toutes les mines de fer , du moïns toutes les mines en grains, sont

également fusibles , et ne diffèrent les unes :

des autres que par les matières dont elles sont mélangées , et point du tout par leurs parties intrinsèques , qui sont absolument les mêmes, et qui m'ont démontré que le fer , comme tout autre métal, est un dans la nature.

On reconnaîtra par les laitiers si la proportion de la castine ou de l'aubué que Fon jette au fourneau pèche par excès ou par défaut : lorsque les laitiers sont trop légers, spongieux et blancs , presque semblables à la pierre ponce, c’est une preuve certaine qu'il y a trop de matière calcaire ; en diminuant la quantité de cette matière , on verra le laitier prendre plus de solidité , et former

un verre ordinairement de couleur verdâtre Ps

qui file, s'étend et coule lentement au sortir du fourneau. Si au contraire le laitier est trop visqueux , s'il ne coule que très-difficilement , s’il faut l'arracher du sommet de la dame , on peut être sûr qu'il n'y a pas assez de castine , ou peut-être pas assez de charbon proportionnellement à la mine ; la consistance et même la couleur du laitier sont les indices les plus sûrs du bon ou du mauvais état du fourneau , et de la bonne ou mauvaise proportion des matières qu’on y jette : il faut que le laitier coule seul et forme un ruisseau lent sur la pente qui s’étend du sommet de la dame au terrain ; il faut que sa couleur ne soit.pas d’un rouge

trop vif ou trop foncé , mais d'un rouge pâle et blanchâtre ; ct, lorsqu'il est refroidi , on doit trouver un verre solide, transparent et werdâtre , aussi pesant et même plus que le verre ordinaire. Rien ne prouve mieux Île mauvais travail du fourneau, ou la dispropor: tion des mélanges, que les laitiers trop légers, trop pesants , trop obscurs ; et ceux dans les quels on remarque plusieurs petits trous ronds , gros comme les grains de mine, ne sont pas des laitiers proprement dits, mais + de la mine brülée qui ne s’est pas fondue.

Il y a encore plusieurs attentions néces= a saires , et quelques précautions à prendre ; pour fondre les mines de fer avec la plus grande économie. Je suis parvenu , après un sa grand nombre d'essais réitérés , à ne con- 2 sommer qu'une livre sept onces et demie, 0 + tout au plus une livre huit onces de charbôn RON une livre de fonte; car, avec- deux A mille huit cent quatre-vingts livres de chars bon , lorsque mon fourneau est pleinement animé , j'obtiens constamment des gueus ee de dix-huit cent soixante-quinze , dix -n euf cents et dix-neuf cent cinquante Free: ME JOCEOE Re c'est le plus haut point d’éc ss mie auquel on puisse arriver : car M. Ë

bert ;, qui, de tous les maîtres de cet art, peut-être celui q pt

W, par le moyen de lavoir » à le plus épuré ses mines ; Conso!

mait néanmoins une livre dix onces de ch bon pour chaque livre de fonte, et je d que la qualité de ses fontes fût aussi :

faite que celle des miennes; mais cela 4 « . ? L pend, comme je viens de le dire , d’un & nombre d'observations et de préca dont je vais indiquer les principales.

Lo. La cheminée du fourneau ; depuis cuve Jusqu'au gueulard , doit être circulaire et non pas à huit pans , comme était le fourneau de M. Robert, ou quarrée comme le —

sont les cheminées de la plupart des SR neaux en France : il est bien aisé de be

que, dans un quarré, la chal perd dans les angles sans réagir sur T M ro que par conséquent on brûle plus de cha bon pour en fondre la même quantité. TN, 20. L'ouverture du gueulard ne doit être f que de la moitié du diamètre de la largeur — de la cuve du fourneau. J'ai fait des dages avec de très-grands et de très- ve gueulards ; par exemple, de 3 pieds ÉF POTTR diamètre , la cuve n'ayant que 5 pieds de ts

x, ou

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diamètre , ce qui est à peu près la proportion

des fourneaux de Suède ; et j’ai vu que cha- 2

que livre de fonte consommait près de deux °

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