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les espèces de pétrifications qu'on a trouvées jusqu’à présent dans le sein de la terre; et cette science n’est pas encore fort avancée : Cependant nous sommes assurés qu'il y a plusieurs de ces espèces, telles que les cornes d'Ammon, les orthocératites, les pierres lenticulaires ou numismales, les bélemnites, les pierres judaïques, les anthropomorphites, etc. , qu’on ne peut rapporter à aucune espèce actuellement subsistante. Nous avons vu des cornes d’Ammon pétrifiées, de deux ettrois pieds de diamètre, et nous avons été assurés, par des témoins dignes de foi, qu'on en a trouvé une en Champagne plus grande qu’une meule de moulin, puisqu'elle avait 8 pieds de diamètre sur un pied d'épaisseur ; on m'a même offert dans le temps de me l'envoyer; mais l'énormité du poids de cette masse , qui est d'environ huit milliers, et la grande distance de Paris, m'ont empêché d'accepter cette offre. On ne connaît pas plus les espèces d'animaux auxquels ont appartenu les dépouilles dont nous venons d’indiquer les noms; mais ces exemples, et plusieurs autres que je pourrais citer, suflisent Pour prouver qu’il existait autrefois dans la mer plusieurs espèces de coquillages et de
crustacées qui ne subsistent plus. Il en est de .
même de quelques poissons à écailles ; la plupart de ceux qu'on trouve dans les ardoises et dans certains schistes > ne ressemblent pas assez aux poissons qui nous sont connus, pour qu'on puisse dire qu'ils sont de telle ou telle espèce; ceux qui sont au Cabinet du Roi, parfaitement conservés dans des masses de pierre , ne peuvent de même se rapporter précisément à nos espèces connues : il paraît donc que , dans tous les genres, la mer a autrefois nourri des animaux dont les espèces n'existent plus.
Mais , comme nous l'avons dit, nous n’avous jusqu'à présent qu'un seul exemple d’une espèce perdue dans les animaux terrestres, et il paraît que c'était la plus grande de toutes, sans même en excepter l'éléphant.
Et, puisque les exemples des espèces perdues dans les animaux terrestres sont bien plus rares que dans les animaux marins, cela ne semble-t-il pas prouver encore que la formation des premiers est postérieure à celle de ces derniers ? |
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