‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 209 sur 304 · REC NET · texte numérisé non relu

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le détruire. Ses «feuilles commencèrent

jaunir du côté du midi, et bientôt jaunirent entièrement, séchèrent et tombèrent ; de sorte qu’au 26 août il ne lui en restait pas une. Je le fis abattre le 30 du même mois, J'étais présent : il était devenu si dur, que la Cognée avait peine à entrer, et qu'elle:

CaSSa Sans que la maladresse du bûcheron me parût y avoir part ; l’aubier semblait être plus dur que le cœur du bois, qui était enne. humide et plein de séve.

elui de mes arbres qui dans le temps de l'écorcement n’était pas plus en séve que le précédent ; ne tarda guère à le suivre : ses feuilles commencèrent à changer de couleur au 13 de juillet et il s’en défit entièrement avant le 10 4 septembre. Comme je crai-

gnaïs d’avoir fait abattre trop tôt le premier,

et que l'humidité que j'avais remarquée audedans indiquait encore quelque reste de vie, je fis réserver celui-ci, pour voir s’il Pousserait des feuilles au printemps suivant. $ quatre autres chènes résistèrent Vi- Soureusement , ils ne quittèrent leurs feuilles que quelques Jours avant le teraps ordinaire ; et même l’un des quatre , dont la têté était légère et peu chargée de branches , ne les quitta qu’au temps juste de ledr chute naturelle ; mais je remarquai que les feuilles, et même quelques rejetons de tous quatre 1 s'étaient desséchés, du côté du midi, plusieurs Jours auparavant, Au Printemps suivant » lous ces arbres ancèrent les autres , et n’attendirent pas

accroissement fust assez Prompt , mais bientôt arrêté faute de nourriture Suflisante ; cependant elles vécurent , mais celui de mes

arbres qui, l'année précédente, s'était dé-

pouillé le premier ; sentit aussi le premicæ tout l'effet de l'étatd’inanition et de sécheresse où il était réduit ; ses feuilles se fanèrent bientôt et tombèrent pendant les chaleurs de juillet 1734. Je le fis abattre le 30 août, c'est-à-dire une année après celui qui l'avait précédé ; je j ugeaï qu’il était au moins aussi dur que l’autre , et beaucoup plus dur dans le cœur du bois qui était à peine encore un peu humide : je le fis conduire sous un hangar , ouautré était déjà avec les six arbres dans leur écorce > auxquels je voulais les comparer,

Trois des.quatre arbres qui me restaient quittèrent leurs fétilles au commencement de septembre ; mais le chêne à tête légère

* les conserva plus long-temps, et il ne s’en

défit entièrement qu'au 22 du même mois.

Je le fis réserver pour l’année suivante, avec celui des trois at au me parut le moins malade, et je fis abattre leS deux plus faibles en octobre 1734. Je laissai deux de ces arbres exposés à l’air et aux injures du temps , et je fis conduire l'autre sous le hangar : ils furent trouvés très-durs à la cognée , et le cœur du bois était presque sec.

Au printemps 1735, le plus vigoureux de mes deux arbres réservés donna encore quel-

pe signes de vie; les boutons se gonflè-

ent , mais les feuilles ne purent se déve= lopper. L'autre me parut tout-à-fait mort; en effet , l'ayant fait abattre au mois dé mai je reconnus qu'il n'avait plus d'humide radical, et je le trouyai d’une très-grande dureté , tant en dehors qu’en dedans. Je fis abattre le dernier quelque temps après, ct Je les fis conduiré tous deux au hangar , pour être mis avec les autres à un nouveau genre d’épreuve. jé Pour mieux comparer la force du bois des arbres écorcés avec celle du bois ordinaire , J'eus soin de mettre ensemble chacun des six chênes que j'avais fait amener en grume, avec un chêne écorcé, de même grosseur à peu près ; car J'avais déjà reconnu , par expérience, que le bois dans un arbre d’une certaine grosseur était plus pesant et plus fort que le bois d'un arbre plus petit , quoique de même âge. Je fis scier tous mes arbres par pièces de quatorze pieds de longueur ; j'en marquai les centres au-dessus et au-dessous ; je fis tracer, aux deux bouts de

chaque pièce, un quarré de 6 pouces }, et je

fis scier et enlever les quatre faces , de sorte qu'il ne me resta, de chacune de ces pièces, qu'une solive de 14 pieds de longueur sur G Pouces très-juste d'équarrissage. Je les fis travailler à la varlope , et réduire avec beaucoup de précaution à cette mesure dans toute. leur longueur , et j'en fis rompre quatre de chaque espèce , afin de reconnaître: leur force , et d'être bien assuré de la grande différence que j'y trouvai d'abord.

La solive tirée du corps de l'arbre qui avait

péri le premier après l’écorcement pesait.

. 242 livres ; elle se trouva la moins forte de

toutes , et rompit sous 7940 livres.

Celle de l'arbre en écorce que je lui com- €

parai pesait 234 livres ; livres. TT ‘

La solive du second arbre écorcé pesait 249 livres ; elle plia plus que la première ,et rompit sous la charge de 8362 livres.

Celle de l'arbre orce que je lui comparai pesait 236 “elle rompit sous Ja charge de 7385 livres. — |

La solive de l'arbre écorcé et laissé aux injures du temps pesait 258 livres ; elle plia encore plus que la seconde, et ne rompit que sous 8926 livres. Ko

Celle de l'arbre en écorce que je lui comparai pesait 239 livres, et rompit sous 7420 #78 la solive de Ni à pe lé-

se ue j'avais toujours jugé e meilleur , Re FA effet peser 263 livres » et porta avant que de rompre , 9046 livres: x L

L'arbre que je lui comparai pesait 238 ivres , et rompit sous 7500 livres. |

Les deux autres arbres écorcés se trouvèrent défectueux dans leur milieu , où il se trouva quelques nœuds , de sorte que je ne voulus pas les faire rompre : mais les épreuves’ ci-dessus suflisent pour faire voir que le bois écorcé et séché sur pied est toujours plus pesant, et considérablement plus fort que le bois gardé dans sôn écorce. Ce que

pit sous 7320

je vais rapporter ne laissera aucun doute sur

it. | ë: sr haut de la tige de mon arbrè écorcé

et laissé aux injures de l'air, j'ai fait tirer une solive de G pieds de longueur et fm pouces d'équarrissage ; il se trouva qu'à l'une des faces il y avait un petit shrewvoir , Mais qui ne pénétrait guère que d’un es et à la face opposée une tache large d’un pouce, d’un bois plus brun que F reste.

Comme ces défauts ne me parurent Aer sidérables , je la fis peser et charger " elle pesait 75 livres ; on la chargea , en une heure cinq minutes, de 8500 livres, après pa, elle craqua assez violemment ; Je crus qu’e e allait casser quelque temps après api craqué, comme cela arrivait toujours à mais , ayant eu la patience d'attendre nr etvoyant qu'elle ne baissait ni ne pliai à je continuai à la faire charger, et au qu d'une autre heure elle rompit enfin, après avoir craqué pendant une demi-heure sous

‘la charge de 12745 livres. Je n'ai rapporté

le détail de cette épreuve, que pour faire voir que cette solive aurait porté crane sans les petits défauts qu'elle ayait à deux L ses faces. à ,

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