PARTIE EXPÉRIMENTALE .. we
vent croître , les pins, lés sapins, et peutêtré quelques Mecsaitbcte utiles peuvent y venir. J'ai élevé de graine, et je cultive actuellement une grande quantité de ces arbres; j'ai remarqué qu’ils demandent un terrain semblable à celuique Jefiens de décrire. Je suis donc persuadé qu'il n'y a point de terrain, quelque mauvais, quelque ingrat qu'il paraisse , dont on ne pût tirer parti, même pour planter des bois; il he agirait de connaitre les espèces d'arbres qui endraient aux différents terrains.
ARTICLE IV. é Pere LA CULTURE ET L’EXPLOITATION DES FORÈTS.
que convi
Dans les arts qui sont de nécessité première, tels que l’agriculture , les hommes , même les plus grossiers ; arrivent , à force d'expériences , à des pratiques utiles : la manière de eultiver le blé ; la vigne , les légumes et les autres productions de la terre que l'on recueille tous les ans , est mieux et plus généralement connue. que la facon d'entretenir et cultiver une forêt; et quand même la culture des champs serait défectueuse à plusieurs ‘égards, il est pourtant certain que les usages établis sont fondés sur des expériences continuellement répétées , dont les résultats sont des espèces d approximations du vrai. Le cultivateur, éclairé par im intérêt toujours nouveau z apprend à ne
as se tromper ou du moins à se tromper peu
ur les moyens. de rendre son terrain plus E]
fertile.
Ce même intérêt se trouvant partout , il
serait naturel de penser que les hommes ont donné quelque attention à la culture des bois ; cependant rien n’est moins connu $ rien n'est plus négligé : le de “nt paraît être un présent de la nature, qu il suffit de recevoir tel qu'il sort de ses mains. La nécessité de le faire valoir ne s’est pas fait sentir, et la manière d’en jouir n'étant pas fondée sur des-expériences assez répétées , on ignore jusqu'aux moyens les plus simples de conserver les forêts , et d'augmenter leur produit. Je n'ai garde de vouloir insinuer par là que les recherches et les observations que j'ai faites sur cette matière ;, soient des découvertes admirables; je dois avertir au contraire que ce sont des choses communes , mais que leur utilité peut rendre importantes. J'ai déjà donné, dans l’article précédent, mes vues sur ce sujet; je vais, dans celui-ci, étendre ces vues, en présentant de nouveaux faits. : |
Le produit d’un terrain peut. se mesurer par la culture : plus la terre est travaillée ‘ plus elle rapporte de fruits ; mais cette NA rité ; d’ailleurs si utile; soûlire quelques one ceptions , et, dans les bois, une culture prématurée et mal entendue cause la isette
au Jlieu de produire l'abondance ; par exemple ,
on imagine, et je Fai cru long-temps que la meilleure manière de mettre un terrain en nature de bois, est de nettoyer ce terrain »
et de le bien cultiver avant que de semer le gland ou les autres graines qui doivent un Jour le couvrir de bois , et je n'ai été désabusé de ce préjugé, qui paraît raisonnable, que par une longuesuite d'observations. J'ai fait des semis considérables et des plantations assez vastes , je les ai faites avec précaution, J'ai souvent fait arracher les genièvres ; les bruyères, et jusqu'aux moindres plantes que je regardais comme nuisibles , LC: ARE pour cultiver à fond et par plusieurs labours les terrains que je voulais ensemencer; je ne doutais pas du succès d’un semis fait avec tous ces soins; mais , au bout de quelques années , j'ai reconnu que ces mêmes soins n'avaient servi qu’à retarder l'accroissement de mes jeunes plants, et que cette culture précédente , qui m'avait donné tant 20 rance ; m'avait causé des pertes considérables : ordinairement on dépense pour acquérir, ici la dépense nuit à l'acquisition, Si l'on veut donc rérsir à faire croitre du bois dans un terrain de quelque qualité qu'il soit, il faut imiter la nature, il faut y planter et y semer des épines et des buissons qui puissent rompre la force du vent, diminuer celle de la gelée et s'opposer à l'intempérie des saisons ; ces buissons sont des abris qui ga rantissent les jeunesiplants, et les protègent contre l'ardeur du soleil et la rigueur des frimas. Un terrain couvert, ou plutôt à demi couvert de genièvres, de bruyères , est un bois à moitié fait ; et qui a peut-être dix ans d'avance sur un terrain net et cultivé :
voici les observations qui m'en ont assuré.
J'ai deux pièces de terres d'environ quarante arpents chacune, semées en bois depuis neuf ans; ces deux pièces sont environnées de tous côtés de bois taillis; l'une était un champ cultivé ; on a semé également et en même temps plusieurs cantons dans cette pièce , les uns dans le milieu de la pièce , les autres le long des*bois taillis : tous les cantons du milieu sont dépeuplés; tous ceux qui avoisinent les bois sont bien garnis : cette différence n'était pas sensible à la première
année ; pas même à la seconde , mais je me suis aperçu, à la troisième année, d'une petite diminution dans le nombre des jeunes plants du canton du milieu ; et les ayant observés exactement, j'ai vu qu'à chaque été et à chaque hiver des années suivantes , il en a péri considérablement et les fortes gelées de 1740 ont achevé de désoler ces cantons, tandis que tout est florissant dans les parties qui s'étendent le long des bois taillis, les jeunes arbres y sont verts, vigoureux, plantés tous les uns contre les autres, et ils se sont élevés sans aucune culture à quatre où cinq pieds de hauteur : il est évident qu’ils doivent leur accroissement au bois voisin qui leur a servi d’abri contre les injurés des saisons. Cette pièce de quarante arpents est actuellement environnée d'une lisière de largeur d’un boïs naissant qui donne les plus belles espérances ; à mesure qu'on s’éloigne pour gagner le milieu , le terrain est moins garni, et, quand on arrive à douze ou quinze perches de distance des bois taillis, à peine s’aperçoit-on qu'il ait été planté ; l'exposition trop découverte est la seule cause de cette différence , car le terrain est absolament le même au milieu} de la pièce et le long du bois ; ces terrains avaient en même temps reçu les mêmes cultures , ils avaient été semés de la même façon et avec les mêmes graines. J'ai eu occasion de répéter cette observation dans dessemis encore plus vastes; où j'ai reconnu que le milieu des pièces est toujours dégarni et que, quelque attention qu'on ait à resemer cette partie du terrain tous les ans , élle ne peut se couvrir de boïs, et reste en pure perte au proprié-
Pour remédier à cet inconvénient, j'ai fait faire deux fossés qui se coupent à angles droits dans le milieu de ces pièces , et j'ai pe nd des épines ; du peuplier et d'au-
“bois blanes tout le long de ces fossés ; cet abri, quoique léger, a sufli pour garantir les jeunes plants voisins du fossé; et par cette petite dépense j'ai prévenu la perte totale de la plus grande partie de ma plantation.
L'autre pièce de quarante arpents , dont J'ai parlé, était, avant la plantation ;, composée de vingt arpents d’an terrain net et bien cultivé, et de vingt autres arpents en friche et recouverts d’un grand nombre de genièvres et d’épines; j'ai fait semer en même temps la-plus grande partie de ces deux terrains; mais comme on ne pouvait pas cul-
tiver celui qui était couvert de gemièvres ;je me suis contenté d'y faire jeter des glands à la main sous les genièvres , et j'ai fait mettre , dans les places découvertes, le gland sons le gazon au moyen d’un seul coup de pioche ; on y avait même épargné la graine dans l'incertitude du succès , et je l'avais fait prodiguer dans le terrain cultivé. L'événement a été tout différent de ce que j'avais pensé, le terrain découvert et cultivé se couvrit à la première année d’une grande quantité de jeunes chènes , mais peu à peu cette quantité a diminué, et elle serait aujourd'hui presque réduite à rien , sans les soins que je mé suis donnés pour en conserver le resté:
Le terrain, au contraire , qui était eouvert d’épines et de genièvres , est devenu en ans un petit bois, où les jeunes chènes.se sont élevés à cinq à six pieds de hauteut.
Cette observation prouve , encore mieux que la première ; combien l'abri est nécéssaire à la conservation et à l'accroissement des jeunes plants; car je n'ai conservé ceux qui étaient dans le terrain trop découvert qu'em plantant au printemps des boutures de peupliers et des épines » qui j après avoir pris racine ; ont fait un peu de couvert, etont défendu les jeunes chênes trop faibles pour résister par eux-mêmes à la rigueur dés saisons. a Pour convertir en bois un champ , ou tout autre terrain cultivé, le plus diflicile est donc de faire du couvert, Si l’on abandonne un champ , il faut vingt ou trente ansà la nature pour y faire croître des épines et des bruyères ; ici il faut une culture qui, dans un an ou deux, puisse mettre le terrain am même état où il se trouve après unie no culture de vingt ans. +." J'ai fait à ce sujet différentes tentatives, j'ai fait semer de l’épine , du genièvre et plu-
sieurs autres graines avec le gland, mais il |
faut trop de temps à ces graines pour lever et s'élever ; la plupart demeurent en terre
pendant deux ans , et j'ai aussi inutilement
essayé des graines qui me paraissaientplus hâtives , il n’y a que la graine de marseau qui réussisse el qui croisse assez promptement sans culture: mais je n'ai rien trouvé de mieux, pour faire du couvert, que de planter des boutures de peuplier, où quelques pieds de tremble en même temps qu'on sème le gland dans un terrain humide, et ; dans des terrains secs , des épines, du sureau et quelques pieds de sumac de Virginie; ce dernier arbre surtout, qui est à peine commu
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