PARTIE EXPÉRIMENTALE
fait semer à un pied de profondeur , il n'en parut pas un , quoique ; dans un autre endroit où j'en avais fait mettre à neuf pouces, ilen eût levé plusieurs. Ceux qui avaient été trempés pendant huit jours dans a lie de vin et dans l'égout du fumier , sortirent de terre plutôt que les autres. Presque tous. les arbres, gros et petits, que j'avais fait tirer de mes taillis, ont péri à la première ou à la seconde année , tandis que ceux que j'avais tirés de mes pépinières ont presque tous réussi. Mais ce qui me donna le plus de satisfaction, ce fut le canton où } avais fait planter au printemps les glands que j avais fait auparavant germer dans de la terre ; il n’en avait presque point manqué ; à la vérité, ils ont levé plus tard que les autres, ce que j'attribue à ce qu'en les transportant ainsi tout germés, on cassa la radicule de plusieurs s glands.
Au D suivantes n'ont apporté aucun changement à ce qui s'est annoncé dès la première année. Les jeunes chênes du canton labouré trois fois, sont demeurés toujours un peu au-dessous des autres ; ainsi Je crois pouvoir assurer que, pour semer une terre forte et glaiseuse , il faut conserver le d dant l'hiver dans la terre , en faisant un lit de deux pouces de glands sur un lit de terre d'un demi-pied ; puis un lit de terre et un lit de glands , toujours alternativement, et enfin en couvrant le magasin d'un pied de terre pour que la gelée ne puisse y énétrer. On en tirera le gland au commencement de mars, et on le plantera à un pied de distance. Ces glands , qui ont germé, sont déjà autant de jeunes chênes, et le succès d’une plantaïion faite de cette, façon n'est pas douteux ; la dépense mème n’est pas considérable , car il ne faut qu’un seul labour, Si l'on pouvait se garantir des mulots et des oiseaux, On réussirait tout de même et sans aucune dépense, en mettant en automne le gland sous l'herbe , car il perce et s'enfonce de lui-même , et réussit à merveille sans aucune culture dans les friches dont le gazon est fin , serré et bien garni , ce qui indique presque toujours un terrain ferme et glaiseux. | Comme je pense que la meilleure façon de semer du bois dans un terrain fort et mêlé de glaise, est de faire germer les glands dans la terre , il est bon de rassurer sur le petit inconvénient dont j'ai parlé. On transporte le gland germé dans des mannequins » des corbeilles , des paniers , et on ne peut éviter
de rompre la radicule de plusieurs de ces glands, mais cela ne leur fait d'autre mal que de retarder leur sortie de terre de quinze Jours ou rois semaines , ce qui même n'est pas un mal , parce qu'on évite par à celui que la gelée des matinées de mai fait aux graines qui ont levé de bonne heure, et qui est bien plus considérable, J'ai pris des glands germés auxquels j'ai coupé le tiers, la moitié , les trois quarts, et même toute la radicule ; je les ai semés dans um jardin où je pouvais les observer à toute heure , ils ont tous levé , mais les plus mutilés ont levé les derniers. J'ai semé d’autres glands germés auxquels, outre la radicule, j'avais encore Ôté l'un des lobes , ils ont encore levé; mais si on retranche les deux lobes ou si l’on coupe la plume , qui est la partie essentielle de l'embryon végétal, ils périssent égale-
Dans l'autre moitié de mon terrain ; dont Je n'ai pas encore parlé, il y a un canton dont la terre est bien moins forte que celle que j'ai décrite , et où elle est même mélée de quelques pierres à un pied de profondeur ; c'était un champ qui rapportait beaucoup de grain , et qui ayait été bien cultivé. Je le fis labourer avant l'hiver ; et aux mois de novembre, décembre et février, j'y plantai une collection nombreuse de toutes les espèces d'arbres des forêts , que je fis arracher dans mes bois taillis de toute grandeur, depuis trois pieds jusqu’à dix et douze de hauteur.
Une grande partie de ces arbres n’a pas repris, et de ceux qui ont poussé à la première séve, un grand nombre a péri pendant les chaleurs du mois d'août, plusieurs ont péri à la seconde, et encore d’autres la troisième et la quatrième année ; de sorte que de tous ces arbres , quoique plantés et arrachés avec soin, et même avec des précautions peu communes , il ne m'est resté que des cerisiers, des alisiers , des cormiers , des frênes et des ormes ; encore les alisiers et les frênes sontils languissants, ils n’ont pas augmenté d'un pied de hauteur en cinq ans; les cormiers sont plus vigoureux, mais les merisiers et les ormes sont ceux qui de tous ont le mieux réussi. Cette terre se couvrit pendant l'été d'une prodigieuse quantité de mauvaises herbes, dont les racines détruisirent plusieurs de mes arbres. Je fis semer aussi dans ce canton des glands germés , les mauvaises herbes en étouflèrent une grande partie ; ainsi Je crois que, dans les bons terrains qui sont d’une nature moyenne , entre les terres
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fortes et les terres légères , il convient de semer de l’avoine avec les glands, pour pgévenir la naissance des mauvaises herbes, dont la plupart sont vivaces, et qui font beaucoup plus de tort aux jeunes chênes que l'avoine qui cesse de pousser des racines au mois de juillet. Cette observation est sûre, car dans le même terrain les glands que j'avais fait semer avec l'avoine avaient mieux réussi que les autres. Dans le reste de mon terrain , j'ai fait planter de Jeunes chênes , dé l'ormille et d’autres jeunes plants , tirés de mes pépinières, qui ont bien réussi ; ainsi je crois pouvoir conclure, avec connaissance de cause , que c'est perdre de l'argent et du temps , que de faire arracher des jeunes arbres dans lés” bois, pour les transplanter dans”"des endroits où on est obligé de les abandonner.et de les laisser sans culture, et que, quand on veut faire des plantations considéräbles d'autres arbres que de chène où de hêtre ; dont les graines sont fortes ; et stxmontént presque tous les obstacles , il fañt des pépinières où l’on puisse élever et soigner les jeunes arbres pendant les deux premières années , après quoi on les pourra planter avec succès pour faire du bois.
M'étant donc nn peu instruit à mes dépens en faisant cette plantation, j'entrepris, l'année suivante , d’en faire une autre presque aussi considérable, dans un terrain
toût différent ; la t y ést sèche , légère, mêlée de gravier, etle sol n'a pas huit pouces
de profondeur, au-dessous duquel on trouve la pierre. J'y fis aussi un grand nombre d'épreuves , dont je ne rapporterai pas le détail; je mé contenterai d’avertir qu'il faut Habourer ces terrains , et les semer avant l'hiver. Si l'on ne’sème qu'au printemps, la chaleur du soleil fait périr les graines; si on se contente de les jeter oude les placer sur la tétre, comme dans les terrains forts; elles se dessèchent ét périssent, parce que l'herbe qui fait le gazon de ces terres légères , n’est pas assez garnie et assez épaisse pour les garantir de la gelée de l'hiver et de l'ardeur du soleil au printemps. Les jeunés arbres artachés dums les bois, réussissent encore moins dans ces terrains que dans les terres fortes; et sion veut les planter; il faut le faire avant l'hiver avec de jeunes plans pris en pépinière. + À GE Je ne dois pas oublier de rapporter une expérience qui a un rapport immédiat avec hotre sujet. J'avais envie de connaitre les es: pèces de terrains qui sont absolument con-
traires à la végétation, et pour celaj'ai faits
remplir une demi-douzaine de grandes eaisses à mettre des orangers, de matières toutes différentes; la première, de glaise bleue; la seconde , de graviers gros comme des noi selles; la troisième, de glaise couleur d'orange; la quatrième , d'argile blanche; la cinquième, de sable blanc, et la sixième; de fumier de vache bien pourri. J'ai semé dans chacune de ces caisses un nombre égal de glands, de châtaignes et de graines de frè= nes, et j'ai laissé les caisses à l’air sanstles soigner etsans les arroser; la graine de frêne Wa levé dans aucune de ces terres ; les châ= taignes ont levé et ont vécu , mais sans faire de progrès dans la caisse de glaise bleue. A l'égard des glands, il en est levé-une grande quantité dans toutes les caisses à l'exception de celle qui contenait la glaise orangée qui n’a rien produit du tout. J'ai observé que les jeunes chênes qui avaient levé dans la glaise bleue et dans l'argile, quoique uw peu eflilés au sommet, étaient forts etvigou= reux en comparaison des autres; ceux qui étaient dans le fumier pourri ; dans le sables et dans le gravier, étaient faibles, avaient la feuille jaune et paraissaient languissants® En automne, j'en fis enlever deux dans chas que caisse; l’état des racines répondait àtce= lui de la tige; car dans les glaises la ratine
était forte, ét n'était proprement qu'un pis vot gros et ferme, long de trois à quatre |
pouces, qui n'avait qu'une ou déux ramifica= tions. Dans le gravier, au contraire , et dans le sable ; la racine s'était fort-alongée, et s'était prodigieusement divisée; elle ressemblait, si je puis m’exprimer ainsi, à une
longue coupe de cheveux. Dans le fumier,
la racine n'avait guère qu'un poûce ou deux de longueur, et s'était divisée , dèstsa nais-
sance, en deux où trois cornes courteset :
faibles. Il est aisé de donner les raisons de
ces différences, mais je ne veux ici tirer de cette expérience qu'une vérité utile, Cest |
que le gland peut venir dans tous lés Æerrains. Je ne dissimulerai pas cependant [
j'ai vu dans plusieurs provinces de Frances des terrains d’une vaste étendue , couvefts d’une petite espèce de bruyère, où je mai pas vu un chêne, ni aucune autreespèce d'arbres; la terre de ces cantons est légère comme
de la cendre noire; poudreuse, sans aucune
liaison. J'ai fait ultérieurement des expé=
riencessur ces espèces de terres, ea ur +: Que
porterai dans la suite de ce Mémoire , m'ont convaincu que , si les chênes wy pèus