OBSERVATIONS
“' f dr 6 # | EU UT Tout le monde peutavoir remarqué , dans les vergers, des arbres qui s’emportlent , comme disent les er, sur une de leurs branches, c’est-à-dire qu'ils poussent sur cette branche avec vigueur , pendant que les autres restent chétives et languissantes. Si l'on fouille au pied de ces arbres pour examiner leurs racines , on trouvera à peu près la même chose qu’au-dehors de la terre, c'està-dire que du côté de la branche vigoureuse, il y aura de vyigoureuses racines, pendant que celles de l'autre côté seront en mauvais état. À
Qu'un arbre soit planté entre un gazon et une terre façonnée , ordinairement la partie de l'arbre qui est du eôté de la térre labourée , sera plus verte et plus vigoureuse que celle qui répond au gazon.
On voit souvent un arbre perdre subitement une branche, et si l’on fouille au pied, -on trouve le plus ordinairement la cause de cetaccidentdans le mauvais 6 où se trouvent les racines qui répondent à la branche qui a péri.
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Sion coupe une grosseracine à un arbre comme on le fait quelquefois pour mettreun arbre à fruit, ou pour l'empêcher de s'emporter sur une Pé che , on fait lamguir la partie de l'arbre à laquelle cette racine correspondait , mais il n'arrive 2 toujours que ce soit celle qu’on voulait affaiblir, parce qu'on n’est pas toujours assuré à quelle partie de l'arbre une racine porte sa nourriture, et une même racine la porte souvent à plusieurs branches; nous en allons dire quelque chose dans un moment.
Qu'on fende un arbre ; depuis une de ses branches | par son tronc , jusqu’à une de ses racines , on pourra remarquer que les racines, de même que les branches, sont formées - d’un faisceau de fibres , qui sont une conti-
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nuation des fibres longitudinales du tronc de l'arbre. d'hi Toutes ces observations semblent prouver que le tronc des arbres est composé de différents paquets de fibres longitudinales , qui répondent par un bout à une racine, €t par l'autre , quelquefois à une, et d’autres fois à plusieurs branches; en sorte que chaque faisceau de fibres paraît recevoir sa nourriture de la racine dont il est une continuation.
Suivant cela , quand une racine périt, il s'en devrait suivre le dessèchement d’uu faisceau de fibres dans la partie du tronc et dans la branche correspondanté ; mais il faut remarquer : : nue. 7e 10. Que dans ce cas les bränches ne font que languir , et né meurent pas entièrement; 20, Qu'ayant greffé par le milieu sur un sujet vigoureux une branche d’orme assez forte qui était chargée d'autres petites branches , les rameaux 4 étaient sur la partie inférieure de la branche gréffée poussèrent, quoique plus faiblement que ceux du sujet. Et J'ai vu aux Chartreux de Paris, un oranger subsister et grossir en cette situation quatre ou cinq mois sur le sauvageon où il avait été greffé. Ces expériences prouvent que la nourriture qui est portée à une partie d’un arbre, se communique à toutes les autres, et par conséquent la séve a un mouvement de communication latérale. On peut .voir sur cela les expériences de M. Hales ; mais ce mouvement latéral ne nuit pas assez au mouvement t de la séve, pour l'empêcher de se rendre en plus grande abondance à la «partie de l'arbre , et au faisceau même des fibres qui correspond à la racine qui la four. nit, et c'est ce qui fait qu'elle se distribue principalement à unepartie des branches de l'arbre, et qu'on voit ordiñairement la partie de l'arbre où répond uneacine vigoureuse , profiter plus que tout le reste , comme on le peut remarquer sur les arbres des lisières des forêts , ear leurs meilleures racines étant presque toujours du côté du champ, c’est aussi de ce côté que les couches ligneuses sont communément les plus épaisses. £ Ainsi il paraît par les expériences que nous venons de rapporter, que les couches ligneuses sont plus épaisses dans les endroits de l'arbre où la séve a été portée en plus grande abondance , soit que cela viénne des racines ou des branches , car on sait que les unes et les autres agissent de concert pour le mouvement de la séve.
C'est cette même abondance de séve qui.
. celle des vingt-une,
Lo
fait que l’aubier se transforme plus tôt en
bois , c'est d’elle que dépend l'épaisseur re-
lative du bois pafait avec l’aubier dans les différents terrains et dans les diverses espèces; car l’aubier n'est autre chose qu'un bois imparfait , un bois moins dense , qui à besoin que la séve le traverse, et y dépose
des parties fixes pour remplir ses pores, et
le rendre semblable au bois; la partie de l'aubier dans laquelle la séve passera en plus grande abondance, sera donc celle qui se” transformera plus promptement en bois parfait , et cette transformation doit, dans les mêmes espèces , suivre la qualité du terrain.
"M EXPÉRIENCES
. M. de Buffon a fait scier plusieurs chênes à deux ou trois pieds de terre » et ayant fait polir la coupe avec la plane, voici ce qu'il a remarqué :
Un chène, âgé de quarante-six ans environ, avait d'un côté quatorze couches annuelles d’aubier, et du côté opposé il en avait vingt ; cependant les quatorze couches étaient d’un quart plus épaisses que les vingt -de l’autre côté.
Un autre chêne, qui paraissait dû même Âge, avait d’un côté seize couches d’aubier, et du côté opposé il y en avait vingt-deux ; “cependant les seize couches étaient d'un quart plus épaisses que les vingt-deux. ee
Un autre chène, de même âge, avait d'un côté vingt couches d’aubier , et du côté opposé il en avait vingt-quatre ; cependant les vingt couches étaient d'un quart plus épaisses que les vingt-quatre.
. Un autre chêne, de même âge , avait d'un côté dix couches d'aubier , et du côté opposé
-ilen avait quinze ; cependant les dix couches
étaient d'un sixième plus € quinze.
‘Un autre chêne , de même âge, avait d'ün côté quatorze couches d’aubier ; et de l'autre vingt-une; cepéndant les quatorze couches étaient d’une épaisseur presque double-de
paisses que les
dé | * «
Un chène , de même âge ; avait d’un côté onze couches d’aubier, et du côté opposéil en avait dix-sept ; cependant les onze eoûches étaient d’une Ps jar double de celles des dix-sept. a |
nl à fait de semblables observations sur les
trois espèces de chênes qui se trouvent le plus ordinairement dans les forêts ; et il my a point aperçu de différence.
Toutes ces expériences prouvent que l'é-