NOPE SUR LA CINQUIÈME ÉPOQUE
Tome 2, page 6, col. 2 , ligne 52. I y a des animaux, et même des hommes, si bruts, qu'ils préfèrent de languir dans leur ingrate terre natale à la peine qu'il faudrait prendre pour se giter plus commodément ail.
leurs. Je puis en citer un exemple frappant : les Maillés , petite nation sauvage de la Guyane, à peu de distance de l'embouchure de la rivière Ouassa , n'ont pas d'autre domicile que les arbres , au-dessus desquels ils se tiennent toute l'année, parce que leur terrain est toujours plus ou moins couvert d’eau ; ils ne descendent de ces arbres que pour aller en canots chercher leur subsistance Voilà un singulier exemple du stupide attachement à la terre natale; car il ne tiendrait qu'à ces Sauvages d'aller cemme les autres habiter sur la terre, eu s'éloi-
gnant de quelques lieues des savanes noyées, où ils ont pris naissance et où ils veulent mourir. Ce fait, cité par quelques voyageurs (1), m'a été confirmé par plusieurs témoins qui ont vu récemment cette petite nation , composée de trois ou quatre cents Sauvages : ils se tiennent en effet sur les arbres au-dessas de l'eau, ils y demeurent toute l’année : leur terrain est une grande nappe d'eau pendant les huit ou neuf mois de pluie; et, pendant les quatre mois d'été,
la terre n’est qu'une boue fangeuse , sur la-
quelle il se forme une petite croûte de cinq ou six pouces d'épaisseur, composée d'herbes plutôt que de terre, et sous lesquelles on trouve une grande épaisseur d’eau croupissante et fort infecte.