‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 270 sur 304 · DU FELD-SP ATH · texte numérisé non relu

DU FELD-SP ATH

Comme nous devons juger de la pureté ou plutôt de la simplicité des substances par la plus grande résistance qu'elles opposent à l’action du feu avant de se réduire en ferre la substance du feld-spath est moins simple que celle du quartz et du jaspe , que nous ne pouvons fondre par aucun moyen , élle est même moins simple que celle du mica qui se fond à un feu très-violent ; car le féld-spath est non-seulement fusible par fl dt sans addition au feu ordinaire de nos fourneaux, mais même il communique la fusibilité au quartz , au jaspe et au mica , ayec lesquels il est intimement lié dans les granites et les porphyres.

Le feld-spath est quelquefois opaque comme le quartz, mais plus souvent il est presque transparent ; les diverses teintes de violet ou de rouge dont ses petites masses en cristaux sont souvent colorées, indiquent une grande proximité entre l’époque de sa formation "et le temps où les sublimations métalliques pénétraient les jaspes et les têignaient de leurs couleurs; cependant les Jaspes quoique plus fortement colorés, résistent à un feu bien supérieur à celui qui met le feld-spath en fusion

n'est pas due aux parties méta! ne l'ont que légèrement coloré, mais au mélange de quelque autre substance. En effet ,

dans le temps où la matière quartzeuse du globe était encore en demi-fusion , les substances salines jusqu'alors reléguées dans l'atmosphère , avec les matières encore plus volatiles ; ont dû tomber les premières; et en se mélangeant avec cette pâte quartzeuse,

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feu dans le verre de borax sans effervescence , avec bien plus de facilité que le quartz : nous ajouterons à ces caractères donnés par M. Bergman , que le feldspath est presque toujours cristallisé en rhombes et composé de lames brillantes appliquées les unes contre les autres ; que de plus sa cassure est spathique, c'est-à-dire par lames longitudinales, brillantes ét

chatoyantes.

elles ont formé le felG-spath et le schor ,

tous deux fusibles, parce que tous deux ne

sont pas des substances simples ; et qu'ils

CN recu dans leur composition cetie maère étrangère.

Et l'on ne doit pas confondrele feld-spath avec les autres spaths auxquels il ne ressemble que par sa cassure lamellée, tandis que par toutes ses autres propriélés , il en est essentiellement différent, car c'est un vrai verre qui se fond au même degré de feu que nos verres factices ; sa forme cristallisée ne doit pas nous empêcher de le regarder comme un véritable verre produit par le feu, puisque la cristallisation peut également s’opérer par le moyen du feu comme par ce lui de l'eau, et que ‘dans toute matière liquide ou liquéfiée , nous verrons qu'il ne faut que du temps, de l'espace et du repos pour

qu'elle se cristallise; ainsi la cristallisation

du feld-spath a pu s'opérer par le feu ; mais quelque similitude qu’il y ait entre ces cristallisations produites par le feu et celles qui se forment par le moyen de l'eau, la différence des deux causes n’en réste pas moins réelle; elle est même frappante dans la comparaison que l'on peut faire de la cristallisation du feld-spath et de celle du cristal de roche; car ilest évident que la cristallisation de celui-ci s'opère par le moyen de l'eau, puisque nous voyons le cristal se former , pour ainsi dire, sous nos yeux, €t que la Plupart des cailloux creux en contiennent des aiguilles naissantes ; au lieu que le feldspath , quoique cristallisé dans la masse des porphyres et des granites, ne se forme pas de nouyeau ni de sous nos yeux , €t pal que ces matières dont

qu'elle e dans certains granites la quantité du quartz; et dans certains porphyres celle du jaspe, qui cependant sont les bases de ces deux matières. Ds

C’est par cette même raison de sa grande quantité qu'on ne peut guère regarder le feld-spath comme un extrait ou une exsudation du quartz ou du jaspe , mais comme une

substance concomitante aussi ancienne que

ces deux premiers verres. D'ailleurs on ne

peut pas nier que le feld-spath n'aitune très-

grande affinité avec les trois autres matières primitives ; car, saisi par le jaspe, il a fait les porphyres ; mêlé avec le quartz, ila formé certaines roches dont nous parlerons sous le nom de pierres de Laponie; et joint au quartz, au schorl et au mica ; il a composé

les granites; au lieu qu’on ne le trouve jamais intimement mêlé dans les grès ni dans aucune autre matière de seconde formation ; il n'y existe qu'en petits débris, comme on le voit dans la belle argile blanche de Limoges. Le feld-spath a donc été produit avant ces dernières matières, et semble s'être incorporé avec le jaspe et mêlé avec le quartz dans un temps voisin de leur fusion , puisqu'il se trouve généralement dans toute l’épaisseur des grandes masses vitreuses , qui ont ces matières pour base , et dont la fonte ne peut être attribuée qu'au feu primitif; et que d’autre part il ne contracte aucune union avec toutes les substances formées par l'intermède de l’eau, car on ne le trouve pas cristallisé dans les grès, et s’il y est quelquefois mêlé, ce n’estqu'en petits fragments; le grès pur n’en contient point du tout , et la preuve en est que ce grès est aussi infusible que le quartz , et qu'il serait fusible si sa substance était mêlée de feld-spath ; ilen est de même de l’argile blanche de Limoges, qui est tout aussi réfractaire au feu que le quartz où le grès pur ; et qui par const t n'est pas composée de détriments de feldspath, quoiqu’on y trouve de petits moreeaux isolés de ce spath qui ne s’est pas réduit en poudre comme le quartz dont cette argile paraît être une décomposition.

Le grès pur n'étant formé qué degrains de quartz agglutinés, tous deux nesontqu'une seule et même substance, et ceci semble prouver encore que le feld-spath n'a pu s'unir avec le quartz et le jaspe que dans un état de liquéfaction per le feu , et que quand il est décomposé par l’eau , il ne conserve aucune affinité avee le quartz, et qu'il ne reprend pas dans cet élément la propriété qu'il eut dans le feu de se cristalliser ; puisque nulle part dans le grès on ne trouve ce spath sous une forme distincte ni cristallisée de nouveau, quoiqu'on ne puisse néanmoins

douter que les grès feuilletés et micacés , qui

sont formés des sables graniteux , ne contiennent aussi les détriments du feld-spath en quantité peut-être égale à ceux du quartz.

Et puisque ce spath ne se trouve qu'en très-petit volume et toujoursmêlé par petites masses et comme par doses dans les porphyres et granites, il paraît n’avoir coulé dans ces matières et ne s'être uni à leur substance que comme un alliage additionnel auquel il ne fallait qu'un moindre degré de feu pour demeurer en fusion; et J'on ne doit pas être surpris que dans la vitrification gé-

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DES MINÉRAUX

nérale le feld-spath et le schorl qui se sont formés les derniers , et qui ont recu ‘dans leur composition les parties hétérogènes qui

- tombaient de l'atmosphère, n'aient pris en

Même, temps beaucoup plus de fusibilité que lé trois autres premiers verres dont la substance n’a été que peu ou point mélangée; d’ailleurs ces deux derniers verres sont demeurés plus long-temps liquides que les autres, parce qu'il ne leur fallaitqu’un moindre degré de feu pour les tenir en fusion ; ils ont “donc pu s’allier avec les fragments décrépités et les exfoliations du quartzet du jaspe, Qui étaient déjà à demi consolidés.

"Au reste , le feld-spath, qui n’a été bien commen Europe que dans ces derniers temps, ehitrait néanmoins dans la composition des anciennes porcelaines de la Chine, sous le Hiom de Petuntzé ; et aujourd'hui nous l’employons ‘de même pour nos ar on et Pour faire les émaux blancs des plus belles faïences. pe.

Dans les porphyres et les granités, le feldspath est cristallisé tantôt régulièrement en rhombes , et quelquefois confusément et sans figure déterminée; nous n’en connaissions

Le schorl est le dernier de nos cinq verres primitifs , et comme il a plusieurs caractères communs avec le feld,;spath, nous verrons,

@n les comparant ensemble par leurs ressemblances et par leurs différences, que tous deux ont une origine commune , et qu'ils se sont formés en même temps et par les mémes effets de nature lors de la vitrification générale.

: Le schorl est un verre spathique, c'est-àdire composé de lames longitudinales comme le feld-spath ; il se présente de même en petites masses cristallisées , et ses cristaux sont des prismes surmontés de pyramides, au

lieu que ceux du feld-spath sonten rhombes :

ils sont tous deux également fusibles sans addition ; seulement la fusion du feld-spath

s'opère sans bouillonnement, au lieu que celle du schorl se fait en bouillonnant. Le

schorl blanc donne, comme le feld-spath, un

verre blanc, et le schorl brun ou noirâtre, . donne un verre noir; tous deux étincellent

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