‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 28 sur 304 · EL · texte numérisé non relu

EL

» » de montagnes n'étaient pas anciennement »

» sait de l’histoire de ée pays touchant le » peuple qui l'habitait anciennement (/ Page 19, col. 2 , ligne 8. Car, malgrëce qu'en ont dit lestRusses, il est très-douteux qu'ils aient doublé la pointe septentrionale de l'Asie. M. Engel, qui regarde comme impossible le passage au nord-ouest par les baies de Hudson et de Baflin , parait au contraire persuadé qu’on trouvera un passage plus court et plus sûr par le nord-est; et il ajoute aux raisons assez faibles qu'il en donne , un passage de M. Gmelin , qui, parlant des tentatives faites par les Russes pour trouver ce passage au nord-est, dit que La manière dont on a procédé à ces découvertes Jera en son temps Le sujet du plus grand étonnement de tout le monde , lorsqu'on en aura la relation authentique ; ce qui dépend uniquement, ajoute-t-il, de La haute volonté de l'Impératrice. « Quel sera donc , dit » M.Engel, ce sujetd'étonnement, si ce n’est » d'apprendre que le passage regardé jus- » qu’à présent comme impossible , est trèspraticable ? Voilà Le seul fait , ajoute-t-il, » qui puisse surprendre ceux qu'on a tâché » d'effrayer par des relations publiées à dessein de rebuter les navigateurs (5). »

Je remarque d’abord qu'il faudrait être bien assuré des choses , avant de faire à la nation russe cette imputation : en second lieu, elle me paraît mal fondée, et les paroles de M. Gmelin pourraient bien signifier tout le contraire de l'interprétation que leur donne M. Engel, c’est-à-dire qu’on sera fort étonné lorsque l'on saura qu'il n'existe point de passage praticable au nord-est ; et ce qui

(3) Jbidem , pag. 13 et 14.

(4) Ibidem , pag. 62 et 63.

(5) Histoire générale des Voyages , tome 19 pages 415 et suiv.

» C'est que les Russes eux-mêmes n'ont nouvellement tenté des découvertes qu’en remontant de Kamtschatka , et point, du tout en descendant de la pointe de l'Asie. Les capitaines Béring et Tschirikow ont , en 1741, reconnu des parties de côte de l'Amérique jusqu'au 59% degré; et ni l’un ni l’autre ne sont venus par la mer du Nord le long des côtes de l’Asie. Cela prouve assez que le passage n’est pas aussi praticable que le suppose M. Engel, ou, pour mieux dire, cela prouve que les Russes savent qu'il n'est pas pra e; sans quoi ils eussent préféré d’énv eurs navigateurs par cette rate , plutôt que de les faire partir de

tschatka , pour “ra découverte de l'Amérique occidentale.

M. Muller, envoyé avec M. Gmelin par l'Impératrice en Sibérie , est d’un avis bien différent de M. Engel : après avoir comparé toutes les relations, M. Muller conclut par dire qu'il n’y a qu’une très-petite séparation entre l’Asie et l'Amérique, et que ce détroit offre une ou plusieurs îles qui servent de route ou de stations communes aux habitants des deux continents. Je crois cette opinion bien fondée, et M. Muller rassemble un grand nombre de faits pour l’appuyer.

Dans les demeures souterraines des habitants de l'ile Karaga, on voit des poutres faites de grands arbres de sapin, que cette île ne produit point, non plus que les terres de Kamtschatka , dont elle est très-voisine : les habitants disent que ce boïs leur vient par un vent d’est qui l'amène sur leurs côtes : celles, du Kamtschatka recoivent du même côté des glaces que la mer orientale y pousse en hiver , deux à trois jours de suite. On y voit en certains temps des vols d'oiseaux,

qui, après un séjour de quelques mois, re-

tournent à l’est, d’où ifs étaient arrivés. Le continent opposé à celui de l'Asie vers le nord, descend donc jusqu’à la latitude du Kamtschatka : ce continent doit être celui de l'Amérique occidentale. M. Muller (1), après avoir donné le précis de cinq ou six voyages tentés par la mer du Nord pour doubler la pointe septentrionale de l'Asie , finit par dire que tout annonce l'impossibilité de cette navigation, et il le prouve par les raisons suivantes. Cette navigation devrait se

(1) Histoire générale des Voyages, tome 18, page 484.

nent des raisons générales que j'en ai

ngel à l'Oby , et de ce fleuve au Jénisca,

emande une belle saison tout entière.

Le passage du Waïigats a coûté des peines infinies aux Anglais et aux Hollandais : au sortir de ce détroit glacial, on rencontre des îles qui ferment le chemin ; ensuite le continent, qui forme un cap entre les fleuves Piasida et Chatanga , s'avançant au-delà du 76e degré de latitude, est de même bordé

d’une chaîne d’iles , qui laissent difficilement

un passage à la navigation. Si l’on veut s'éloigner des côtes et gagner la haute mer vers le pôle, les montagnes de glace presque immobiles qu’on trouve au Groenland et au

Spitzhberg , n'annoncent-elles pas une conti=. ‘à

nuité de glaces jusqu’au pôle? Si l’on veut longer les côtes, cette navigation est moins aisée qu'elle ne l'était il y a cent ans; Veau de l'Océan y a diminué sensiblement. On voit encore loin des bords que baigne la mer Glaciale , les bois qu'elle a jetés sur des terres qui jadis lui servaient de rivage; ces bords ÿ sont si peu profonds, qu’on ne pourrait y employer que des bateaux très-plats , qui, trop faibles pour résister aux glaces, ne sauraient fournir une longue vigation , ni se charger des provisions qu'ellfexige. Quoique les Russes aient des ressources et des moyens que n'ont pas la plupart des autres nations européennes pour fréquenter ces mers froides , on voit que les voyages tentés

sur la mer Glaciale n’ont pas encore ouvert K.

une route de l’Europe et de l'Asie à l'Amé-

rique ; et ce n’est qu’en partant de Kam-

tschatka, où d’un autre point de l'Asie Ja

plus orientale; qu'on a découvert quelques côtes de l'Amérique occidentale. pe

#" Le. capitaine Béring partit du port d’Awatscha en Kamtschatka le Ajuin 1741. Après

oir couru au sud-est et renionté au nordst, il apercçut, le 18 du mois suivant, le con: tinent de l'Amérique à 589 28’ de latitude ;

deux jours après, il mouilla près d’une île |

enfoncée dans une baie : de là, voyant deux caps , il appela l’un à l’orient Saint-Élie , et l’autre au couchant Saint-Hermogène ; en-

suite il dépêcha Chitrou , l'un de ses ofüi- :

ciers » Pour reconnaître et visiter le golfe où ilvenait d'entrer. On letrouva coupé ou parsemé d'iles : une, entre autres offrit des cabanes désertes ; elles étaient de planches bien unies et même échancrées. On conjectura que cette île pouvait avoir été habitée Par quelques penples du continent de l’A-

mérique. M. Steller , envoyé pour faire des

ose N

ire dans un été ; or, l'intervalle depuis Ar

, coffirme dans cette opinion , se à cn

r # * JT:

wbservations sur ces terres nouvellemen scheneff assure que a grande care gé

e cave où l'on avait miss le de l'empire de Russie, qu’o ane Ar 10 fumé , et laissé des publier cette année 1777, de , s et des ustensiles : plus tement lés côtes de toute l'extrém cordes, des meubles et des "7 \ sy ” s loin il vit fuir des Américains 4 SON aspect. trionale de l'Asie habitée par les Tsc Bientôt on aperçut du feu sur une colline ïldit que cette carte a été dressée | assez éloignée: les Sauvages sans doute s’y les connaissances les plus récentes , acquise étaient retirés; Uu rocher escarpé y couvrait par la dernière expédition da major Paw teur retraite (H)- re y contre ce peuple. « Cette côte, dit D'après l'exposé de ces faits il est aisé de #* M. de Domascheneff , termine la grande juger que ce ne sera jamais qu'en partantde » chaine de montagnes , laquelle sépare Kamischatka ; que les Russes pourront faire » toute la Sibérie de l'Asie méridionale , et te commerce de la Chine et du Japon, et > finit en se partageant entre la chaîne qui “1 leur est aussi difficile, pour ne pas » parcourt le Kamtschatkaet celles quirem : dire impossible, qu'aux autres nations de +» plissent toutes les re entre les fleuves Y'Europe, de passer par les mers du nord-est, » qui coulent à l'est du Lena. Les redont la plus grande partie est entièrement » connues entre les côtes du Kamtschatk: glacée: je ne crains donc pas de répéter que » et celles de d'Amérique ont montagnéule seul passage possible est parle nord-ouest, » ses, ainsi que les côtes de Kamtschatka au fond de la baie de Hudson, et que c'est » et celles du continent de l'Amérique : 1ly l'endroit auquel les navigateurs doivent s’at. » a donc une continuation bien marquée tacher pour trouver ce passage si desiré et » entre les chaînes de montagnes de ces si évidemment utile, » deux continents, dont les interruptions , Comme j'avais déjà livré à l'impression » jadis peut-être moins considérables, peutoutes les feuilles précédentes de ce volume, » vent été élargies par le dépérissement de : J'ai reçu de la part de M. le comte Schou- » la roche , par les courants continuels qui valoff, ce grand homme d'État, que toute » entrent de la mer Glaciale vers la grande l'Europe estime et respecte, j'ai reçu, disje, » mer du Sud, et par les catastrophes da en date du 27 octobre 1777, un excellent » globe."

Mémoire composé par M. de Domaschencefr, président de la Société impériale de Pétersbourg, et auquel l'Impératrice a confié, à juste titre, le département de tout ce qui a rapport aux sciences et aux arts. Cet illustre savant m'a en même temps envoyé une copie faite à la main de 1 rte du pilote Qt cheredin, dans laquelle sont représentées les routes ebt4es découvertes qu'il a fait 1770 et 1773, entre le Kamtschatka etle tinent de l'Amérique ; M. de Domasch observe dans son Mémoire , que cette c

Mais cette chaîne sous-marine ; qui joint les terres du Kamtschatka avec celles de l'Amérique ;, est plus méridionale de sept ou * huit degrés que celle des îles Anadir où An- | drien, qui de temps immémorial ont servi 4 de passage aux Tschutschis pour aller en | Amérique. | M. de Domascheneff dit qu'il est cerkain que cette traversée de la pointe de l'Asie au

continent de l'Amérique se fait à la rame, |

et que ces peuples y vont trafiquer des fer-

du pilote Otcheredin est la plus exacte de Îles quisont sur ce passage sont si fréquentes,

toutes, et que celle qui a été donnée en 1773 par l'Académie de Pétersbourg, doit être réformée en plusieurs points, ét notatn* ment sur la position des îles et le prétendu archipel qu’on y a représenté éntre les iles Aleutes où Aleoutes et celles d'Anadir ; autrement appelées îles d'Andrien. La carte du pilote Otcheredin semble démontrer en effet que ces deux groupes des îles Aleutes et des iles rien sont séparés par une iér libre de plus de cent lieues d'étendue. M. de Do-

a) tfistoire générale des Voyages ; tome 19, prises

371 et suir. | « d * Maéoere DE LA TERME. J'ome 11.

qu'on peut coucher toutes les nuits à terre , et que le continent de l'Amérique où les Tschutschis commercent, est montagneux et couvert de forêts peuplées de renards, de martres et de zibelines , dont ils rapportent

des fourrures de qualités et de couleurs i À Ces :

railles russes avec les Américains; que les | | “ | .

toutes différentes de celles de Sibéxieiles septentrionales situées entre !les deux continents me sont guère conoués que des Tschutsehis: elles forment une ebaine entre la pointe la pius orientale de l'Asie et le continent dé l'Amérique, sous le 64e degré ; et cette cliaine ‘est séparée par une mer ouveite délarseconde chaine plus méridionale 4 7 Le , « +

* ste fréquentent pour la chasse SR "t rines et des renards noirs, fou |

ont fous vénons de parler , située sous é entre le Kamtschatka et l'Amé ont les iles de cette seconde chaîne a et les habitants de Kam-

s lout1l

ures sont très-précieus naissance de ces iles, même tales dans cette dernière cha née 1750 : l'une de ces îles porte a commandeur Béring , une autre assez voisine s'appelle l'ile Medenoi; ensuite on trouve les quatre îles Aleutes ou Aleoutes, les deux premières situées un peu au-dessus et les dernières un -dessous du 55e degré ; ite on Le environ au 56e degré khou et Amlaïgh, qui sont les pre-

es de la chaine des Les Renards, laquelle s'étenders le nord- stjusqu'au Gle degré de latitude : le nom de ces îles est venu du nombre prodigieux de renards qu'on y a trouvés. Les deux îles du commandeur Béring et de Medenoi étaient inhabitées lorsqu'on en fit la découverte : mais on a trouvé dans les iles Aleutes, quoique plus avancées vers l'orient, plus d'une soixantaine défamilles ; dont la langue ne se rapporte , ni à celle de Kamtschatka ni à aucune de celles de l'Asie orientale , et n’est qu'un dialecte de la langue que l’on parle dans les autres iles voisines de l'Amérique; ce qui semblerait indiquer qu’elles ont été peuplées par les Américains, et nôn par les Asiati-

es nommées par l'équipage de Bé- ' ‘ile Saint-Julien, Saint- Théodore,

Saint-Abraham , sont les mêmes que celles

de e l'ile de CRE de Saint- Dolmat , indiquées par c

nards.

« La grande distance, dit M. de Domascheneff, et la mer ouverte et profonde qui se trouve entre les iles Aleutes et les îles aux Renards, joint au gisemént différent de ces dernières , peuvent faire présumer que ces îles ne forment pas une chaine marine continue; mais que les premières, » avec celles de Medeénoi et de Béring , font » une chaîne marine qui vient du Kam- » atka, et que les îles aux Renards en re- ’ pri une autre issue de l'Amérique ; » que l’une et l'autre de ces chaines vont » généralement se perdre dans la profon- » deur de la grande mer, et sont des pro-

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neue ujourd'hui les îles Aleutes ; at

navigateur, font partie de celles qu’on appelle iles aux Re-

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