‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 281 sur 304 · DU GRÈS · texte numérisé non relu

DU GRÈS

- Le grès lorsqu'il est pur est d'une grande dureté, quoiqu'il ne soit composé que des débris du quartz réduits en pen kw

. 8e sont agglntinés par l'intermède de l'eau ; ce grès, comme le quartz, étincelle sous le choc de l'acier; il est également réfractaire à l'action du feu le plus violent ; les détriments du quartz ne formaient d’abord que des sa-

bles qui ont pris corps en se réunissant par

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après le sable, ce qu'il y a de plus frappant... ils fe minent dans la plupart des wrrains qui ont ds ca 5

loux, c'est le quartz dans d'autres.:-- Les vi es $ Villages de Pologne, situés dans les droits où 4 surface du terrain n’en est point parsemée , ont qe quefois un pavé de ces cailloux ; tous ceux de la

Prusse ducale en sont pavés. - . -

"La couleur de ces cailloux varie beaucoup ; les uns sont gris-blances et rouges ou couleur de cerise , parsemés de points noirâtres et de verdâtres ; d'autres sontgris-terreux on lie-de-vin avec des points gris ; L le fond de la couleur est dans d'autres vert avec des Points blancs; la plupart sont très-durs , les grains L en sont fins et bien liés, souvent même leur liaison ést telle qu'on ne peut les distinguer les uns des autres; ceux-ci approchent beaucoup des porphyres, s'ils n'en sont pas réellement : beaucoup ont des grains plus gros, mélangés avec des lames quart-

| zeuses de plusieurs lignes de large, d'un blanc plus où moins vif, teint de rouge ou de couleur de cerise ; quelques-uns sont intérieurement colorés de gris-de-fer luisant, ce qui paraît réellement être une matière ferrugineuse ; quelques-uns enfin * tout veinés de couleur de cerise, de noirâtre et de I n'est pas rare de trouver parmi ces cailloux graniteux , d’autres cailloux qui sont de quartz, d'agate Où de jaspez; ceux de quartz sont communément blanes... On en voit de gris, de rouges et de quelques

petits grains qui

leur affinité , et ont ensuite formé les masses solides des grès , dans lesquels on n@voit en effet que ces petits grains quartzeux plus où moins rapprochés, et quelquefois liés par un ciment de même nature qui en remplit les interstices (1). Ce ciment a pu être porté dans le grès de deux manières différentes ; la première par les vapeurs qui s'élèvent de l'intérieur de la terre, et la seconde par la

autres couleurs : les agæes sont assez ordinairement blanches... cependant j'en ai vu de brunes et de blanches, de rougeâtres, de jaunâtres , de roussâtres et de blanc-sale, de grises avec des taches de gris-de-lin pâle, et de plusieurs autres nuances et variétés, Les jaspes ne sont pas moins diversifiés ; il y en a qui sont d'un très-beau rouge , d’autres sont verts, verdâtres , fleuris ou marbrés. (Guettard, Mémoires de l'Académie des sciences, année 1762, pages 241 et suiv.)

(1) Nota. Par ces mots de ciment ou gluten , je n'entends pas, comme. l'on fait ordinairement, une matière qui a la propriété particulière de réunir des substances dissemblables , et, pour ainsi dire , d'une autre nature , en faisant uu seul volume de plusieurs corps isolés ou séparés, comme la colle qui s'emploie pour le bois , le mortier pour Ja pierre , ete. ; l'habitude de cette acception du mot ciment, pourrait en imposer ici. Je dois done avertir que je prends ce mot dans un sens plus général, qui ne suppose ni une matière différente de celle de la masse, ni une force attractive particulière ,ni même la séparation absolue des parties avant l'interposition du ciment , mais qui consiste dans leur wnion encore plus intime, par l'accession des molécules dé même nature , qui augmentent là densité de la masse , en sorte que la seule condition essentielle qui fera distinguer ce ciment des matières, sera plus souvent la différence des temps où ce ciment y sera survenu, et où elles auront acquis par-là leur plus grande solidité.

… +. mn . 1 stillation des eaux : ces deux causes produi -dans lequel il se forme de même une matière

sent des effets si semblables , qu'il est assez diflicile de les distinguer. Nons allons rap- Porter à ce sujet les observations faites récemment par un de nos plus savants acadé- Mmuiciens, M. de Lassone , qui a examiné avec attention la plupart des grès de Fontainebleau, et qui s'exprime dans les termes sui- Yants : Ée

« Sur les parois extérieures et découvertes » de plusieurs blocs de grès le plus com- » pacte, et presque toujours sur les surfaces » de ceux dont on a enlevé de grandes et » larges pièces en les exploitant, j'ai observé »

un enduit vitreux très-dur ; c’est une lame

» de deux ou trois lignes d'épaisseur, comme » une espèce de: couverte, naturellement » appliquée, intimement inhérente , faisant » corps avec le reste de la masse, et formée » par une matière atténuée et subtile, qui » en se condensant , a pris le caractère pier-

» reux le plus décidé, une consistance sem-"

». blable à celle du silex, et presque à celle » del'agate ; cet enduit vitreux n'est pas bien » long-temps à se démontrer sur les endroits » qu'il revêt. Je l'ai vu établi au bout d’un », an sur les surfaces de certains blocs enta- ». més l'année précédente; on découvre et » on distingue les nuances et la progression » de cette nouvelle formation, et ce qui est ».bien remarquable, tte substance vitrée » ne paraît et ne se trouve que sur les faces * entamées des blocs, encore «engagés par » leur base dans la minière sableuse qui doit re regardée comme leur matrice et le ». vrai lieu de-leur génération (1). »

Cette observation établit, comme l'on voit, l'existence réelle d'un ciment pierreux, qui même forme en s’accumulant un émail silicé d’une épaisseur considérable ; mais je dois remarquer que cet émail se produit non-seulement sur les blocs encore attachés ou enfouis par leur base, comme le dit M. de Lassone , mais même sur ceux qui en sont séparés ; Car on m'a fait voir nouvellement quelques morceaux de grès qui étaient revétus de cet émail sur toutes leurs faces : voila donc le ciment quartzeux ou silicé clairement démontré, soit qu'il ait transsudé de lintérieur de la pierre , soit que l'eau ou les vapeurs aient étendu cette couche à la superficie de ces morceaux de grès. On en a des exemples tout aussi frappa vs sur le quartz ,

(1) Mémoires de l'Académie des sciences, année 1774, pages 209 et suiv.

LA

silicée par la stillation des eaux et par la condensation des yapeurs (2).

tient

(2) M. de Gensanne, savant physicien et minéralogiste très-expérimenté, que j'ai eu souvent océasion de citer avec éloge, a fait des observations que j'ai déjà indiquées , et qui me paraissent ne laisser aucun doute sur cette formation de la matière silicée ou quartzeuse, par la seule condensation des vapeurs de la terre. « Étant descendu, dit-il, dans une galerie de mine (de plomb), de Pont-Pean près de Rennes en Bretagne, dont les travaux étaient abandonnés, je vis au fond de cette galerie toutes les inégalités du roc presque remplies d'une matière très-blanche , semblable à de la céruse délayée, que je reconnus étre un véritable guhr ou sinter.…. C'est une vapeur condensée qui, en se cristallisant, donne un véritable quartz. » M. de Gensanue voulut reconnaître si celte matière provenait de la circulation de l'air dans les travaux , où si elle transpirait au travers du roc sur lequel elle se formait ; pour cela il commença par bien laver la surface du rocher avec une éponge , pour ôter le guhr qui s’y trouvait ; « Ensuite , dit-il, je pris quatre » écuelles neuves de terre vernissée, que j'appliquai » aux endroits du rocher où j'avais aperçu le plus » de gubr, et ayee de la bonne glaise bien pétrie, ic » les cimentai bien tout à l'entour de deux bons » pouces d'épaisseur, après quoi je plaçai des tra- » vers de bois vis-à-vis mes écuelles qui formaient » presque les quatre angles d'un quarré, »

Au bout de huit mois, M. de Gensanne leva une de ces écuelles, et il fut fort surpris de voir que le gubr qui s'était formé dessous , avait près d'un demipouce d'épaisseur , et formait un rond sur la surface du rocher de la grandeur de l'écuelle; il était trèsblanc, et avait à peu près la consistance du beurre frais ou de Ha cire molle ; il en prit de la grosseur d'une noix, et remit l'écuelle comme auparavant ; sans toucher les autres... 11 laissa sécher cette matière à l'ombre, elle prit une consistance grenue et friable, et ressemblait parfaitement à une matière semblable, maïs ordinairement tachetée, qu'on trouve dans les filons de différents minéraux, surtout dans ceux de plomb, et à laquelle les mineurs allemands donnent le nom de leten, I y en a quantité daus celui de Pont-Pean, et-le minéral y est répandu par grains , la plupart cubiques, et souvent accompagnés de grains de pyrite. « Toute la différence que je » trouvais, dit M. de Gensanne, entre ma matière et celle du filon, c’est que la matière était trèsblanche, et que celle du filon était parsemée de taches violettes et roussâtres ; je pris de celle du filon qui ne contenait assurément aucun minéral , et la plus blanche que je pus trouver, j'en pris également de la mienne, et fondis poids égal de. ces deux matières , dans deux creusets séparés cLau méme feu ; elles me parurent également fusibles et me donnèrent des scories entièrement semblables. Je soupçonnai dès-lors que ces matières étaient » absolument les mêmes... Quatorze mois se passè-

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DES MINÉRAUX. 1

Mais si nous considérons en général les ciments naturels, il s'en faut bien qu'ils soient toujours , ni partout les mêmes : il faut d’abord en distinguer de deux sortes, l'un qui parait homogène avec la matière dont il remplit les interstices, comme dans les nouveaux quartz et les grès où il est plus apparent à la surface qu’à l'intérieur ; l’autre qu'on peut dire hétérogène , parce qu'il est d’une substance plus ou moins différente de celle dont il remplit les interstices, comme dans les

poudingues et les brèches : ce dernier ciment

est ordinairement moins dur que les, grains qu'il réunit. Nous connaissons d urs plu-

en traiterons dans un article particulier; ces ciments se mêlent et se combinent quelquefois dans la même matière, et souvent,sem blent faire le fond des substances solides.

Mais ces ciments, de quelque nature qu'ils soient, peuvent avoir, Comme nous YERONS de le dire , une double origine; la première est due aux vapeurs ou exhalaisons quis élèvent du fond de la terre au moyen de la chaleurintérieure du globe ; la seconde à l'infiltration des eaux qui détachent avec le tops les parties les plus ténues des masses qu elles

» rent depuis le jour que j'avais visité Ja première » écuelle, jusqu'au temps de mon départ de ces » Aravaux, je fus voir alors mon petit équipage ; » jetrouvai que le guhr n'avait pas sensiblement » augmenté sur la partie du roc qui était à découvert, », ébayant visité l'écuelle que j'avais visitée précédem- » ment , j'aperçus l'endroit où j'avais enlevé le gubr,

m recouvert de la même matière, mais fort mince et

», très-blanche ; au lieu que la partie, que.je m'avais » pas touchée, ainsi que toute la matière qui, était » sous les écuelles que je n'avais pas remuées, était » toute parsemée de taches roussâtres et violettes, et » absolument semblables à celles qu'on trouve dans » le filon de cette mine, avec cette différence que » cette dernière renferme quantité de grains de minede » plomb dispersés dans les taches violettes, et quin a- » vaient pas eu le temps de se former dans la première,

» Il résulte de cette observation ; que les guhrs se » forment par une espèce de transpiration au travers

m des rochers même les plus compactes, et qu'ils

» proviennent de certaines exhalaisons ou vapeurs » qui circulent dans l’intérieur de la terre. et qui se » condensent-et se fixent dans, les endroits où, la ». température et les cavités leur permettent de s’ac- » cumuler... Cette matière est une véritable vapeur » condeñsée qui se trouve dans une infinité d’'en- », droits ; renfermée dans des roches inaccessibles à »% l’eau. Lorsque le guhr est dissous et chassé par » l'eau, il se cristallise très-facilement.et forme un » vrai quartz, » (Histoire naturelle du Languedoc, lome 2 , pages 22 et suiv.)

“ lavent ou pénètrent, elles en donc

ces particules détachées ; et es -déposent à

dans les interstices des autres matières : elles forment même des concrétions qui sont trèsdures, telles que les cristaux de roches, et autres stalactites du genre vitreux ; et cette seconde source des extraits ou ciments, pier-

reux, quoique très-abondante, ne l'est peutêtre pas au première qui provient des vapeurs di exre, parce que cette der-

nièré cause agit à tout instant et dans toute l'étendue des couches extérieures du globe ; au lieu que l'autre étant bornée par des cir-

constances locales à des effets particuliers, . sieurs espèces de ciments naturels, et nous, ne peut agir que sur dés masses particulières

de matière. WE" Aie

On doit se rappeler ici que dans le temps de la consolidation du globe , toutes les matières He à durcies et resserrées en se refroidissant , elles n'auront pu faire retraite sur elles-mêmes, sans se séparer etse diviser par des fentes perpendiculaires nn ieurs endroits. Ces fentes, dont quelques-unes descendent à plusieurs centaines de toises , sont les grands soupiraux par où s'échappent les vapeurs grossières chargées de par-

ties denses et métalliques; les émanations D

plus subtiles , telles que celles du ciment silicé, sont les seules qui s’'échappent partout, et qui aient pu pénétrer les masses entières du grès pur; aussi n'entre-t-il que peu ou point de substances métalliques dans leur composition, tandis que les fentes perpendiculaires qui séparent les masses du quartz, des granites et autres rochers vitreux, sont remplies de métaux et de minéraux produits par les exhalaisons les plus, denses , c'est-àdire par les vapeurs chargées de parties métalliques. Ces émanations minérales, qui étaient très-abondantes lors de la grande chaleur de la terre, ne laissent pas de s’élever, mais en moindre quantité, dans son état actuel d’attiédissement ; il peut donc se forwer encore tous les jours des métaux, et ce travail de la nature ne cessera que quand Ia Chaleur intérieure du globe sera si diminuée, qu'elle ne pourra plus enlever ces vapeurs pesantes et métalliques. Ainsi le produit de ce travail , déjà petit aujourd'hui, sera peutêtre nul dans quelques milliers d'années , tandis que les vapeurs plus subtiles et plus légères, qui n’ont besoin que d'une chaleur très-médiocre pour être sublimées , continueront à s'élever et à revêtir li surface, ou même pénétrer l'intérieur des matières qui leur sont analogues,

r + : ; œ >. à HISTOIRE N E +. est pur, il ne contient que

| ». du quartz réduit en grains plus où moins

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enus ; et souvent si petits qu’on ne peut les distinguer qu'à la loupe. Les grès impurs sont au contraire mélangés d'autres substances vitreuses ou métalliques (1), et plus souvent encore de matières calcaires, et ces grès impurs sont d'une formation postérieure à celle des grès purs : en éral, ily a plus de grès mélangés de substance calcaire , que de grès simples et purs (2), et ils sont rare-

(1) 11 y a des grès mélés de mica , et d'autres en plus grand nombre contiennent des petiles mas es rs

ferrugineuses très-dures , que les ouvriers appellent

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ment teints d'autres couleurs métalliques que de celles du fer ; on les trouve par collines,

ar bancs et en très-grandes masses, quelquefois séparées en gros blocs isolés, et seulement environnés du sable qui semble leur servir de matrice (3) ; et comme ces amas ou couches de sable sont dans toute leur épaisseur peérméables à l'eau, les grès sont tou-

jours humectés par ces eaux filtrées ; l'humi-

dité pénètre et réside dans leurs pores, car

tous les grès sont humides au sortir de la

carrière, et ce n’est qu'après avoir été expo-

sés pendant quelques années à l'air, qu'ils

perdent cette humidité dont ils étaient im- [TC

des clous. “ à br 5" Li: + PAS "ar . :

TE J'aivu au as des Vosges, dit M. Bexon, des » qu'elles ont une épaisseur et une étendue plus con- » grès mélang ou semés de mica ; ces grès dont on » sidérable... .

» peut suivre la bande tout le long du pied de la

» chaîne dés montagnes , et qui forme comme la der- » nière lisière entre le pays élevé de granite, et le bas- » sin de la plaine calcaire , sont généralement déposés » en couches, dont les plus épaisses fournissent la » pierre de taille du pays, et dont les plus minces, » qui sont feuilletées et se lèvent en tables, telles » qu'on les exploite sur les hauteurs de Plombières, » de Valdajol et ailleurs, serrent À couvrir les toits » des maisons. Chacune de ces feuilles ou tables a sa » surface saupoudrée et brillante de mica ; il paraît » même que c'est à cette poudre de mica semée entre » les tables du grès , que la carrière doit sa structure » en couches feuilletées ; car on peut concevoir qu'à » mesure que les eaux charriaient ensemble le sable ” quartzeux et la poudre de mica mélangés , le sable, v Somme le plus pesant ,- tombait le premier et for- Le mait sa couche, sur laquelle le mica flottant venait » ensuite se déposer , et marquait ainsi le trait d'une » seconde feuille. » (Mémoires sur l'Histoire naturelle de la Lorraine.) + F5 a es (2) « En considérant les bloes de grès à Fontaine- » bleau dans leur disposition naturelle , et tels qu'ils » ont été formés , nous les voyons constamment dis-

17 persés dans le sable où ils sont enfouis, et qui est

» comme leur matrice ; ils y sont solitaires et isolés , » de même que les silex on cailloux le sont dans des » bancs de marne ou dé craie, où ils ont pris nais- » sance : c'est exactement la même disposition, le » même arrangement, et la parité est encore établie » par la forme à peu près arrondie que chaque bloc » affecte ordinairement dans ses contours ; mais ceci » n'a lieu en général que pour les grès purs et homo- » gènes, tels que ceux de Fontaincbleau; car nous Le observons que d'autres qui sont mixles ou mélan- » gés, se comportent différemment à cause sans doute » de leur composition plus compliquée.

» Etméme les grès purs de Fontainebleau, quoique ? formant presque toujours des blocs séparés, pa- » raissent néanmoins en quelques endroits disposés » en bancs ou en masses continues et horizontales, » paree qu'ici les masses sont plus rapprochées, et

» J'ai déjà fait remarquer que les grès de Fontaine- » bleau étaient au rang des plus purs et des plus » homogènes ; à la vue simple et sans être"armée, on » reconnaît et on distingue, malgré leur petitesse et » Jeur ténuité, les grains sableux rapprochés et réu- » nis en une masse compacte, et formant les blocs » d’une matière uniforme : sans doute l’adhérence et » l'union réciproque de ces premières molécules sa- » bleuses , sont procurées par un fluide subtil et af- » finé, qui, en les agglutinant, se condense avecelles; » la subtilité de ce gluten particulier est telle, que » quoique universellement répandu dans la masse , » comme un moyen unissant entre tous les corpuscu- » les, il ne masque et ne fait disparaître que très-fai- » blement l'apparence et la forme des grains sableux ; »"de sorte que l'on jugerait qu'ils n’adhèrent entre #'eux que par le contact immédiat, sans mélange » d'autre matière interposée.

»” Cependant plusieurs remarques semblent établir

» l'existence réelle de ce gluten pierreux, et peu- » vent même servir à délerminer sa nature et son ca- » ractère.

» En effet, parmi les différents blocs de ce grès » » ilen est dont les molécules sableuses ont une agré- »gâtioy sensiblement plus dense et plus compacte ; » les fragments de ces blocs les plus durs , laissent À 5 peine apercevoir sur les surfaces de leurs cassures, » les petits grains arénacés qui sont ici beaucoup » plus serrés et plus fins, et comme fondus avec la » matière qui paraît les lier, » (Mémoire sur les grès de Fontainebleau ;, par M. de Lassone , dans ceux de l’Académie des scienees , ‘année 1774.) ; (3) « En examinant les blocs encore enfouis dans leurs minières sableuses, on voit, en les cassant, leur masse intérieure sensiblement imbue et pénétrée d'une humidité qui s’y est insinuée uniformément par toutes les porosités, ..

» Ilest probable que cette humectation intérieure est cause aussi que les grès dans leur minière sont toujours moins durs, et qu’ils n’achèvent de se durcir que quand ils ont sué long-temps en plein air. » (Jdem, ibidem .)

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DES MINÉRAUX

“Les grès les plus purs , c'est-à-dire ceux dont le sable qui les compose n'a été ni transporté ni mélangé, sont entassés en pros blocs isolés; mais il y en a beaucoup d’autres qui sont étendus en bancs continus et même en couches horizontales , à peu près disposées comme celles des pierres calcaires (1). Cette différence de position dans les grandes masses de grès, parait nous indiquer qu'elles ont été formées dans des temps différents, et que la formation des grès qui sont en-bancs horizontaux , est postérieure à la production de ceux qui se am en blocs isolés : car celle-ci ne suppose que la simple agrégation du sable quartzeux , dans le lieu même où il s’est trouvé après la vitrification générale, au lieu que la position des autres grès par couches horizontales, suppose le-transport de ces mêmes sables par le

mouvement des eaux ; et le mélange des matières étrangères qui se trouvent dans ces ge semble prouver aussi qu'ils sont d’une mation moins ancienne que celle des grès

Si l’on voulait douter que l'eau pût former le grès par la seule réunion des molécules duquartz , il serait aisé de le démontrer par la formation du cristal de roche, qui est aussi dur que le grès le plus pur, et qui néanmoins n'est formé que des mêmes molécules par la stillation des eaux; et d'ailleurs on voit un commencement de cette réunion des parti-

quartzeuses dans la consistance que prend le sable lorsqu'il est mouillé ; plus ce sable est sec, et plus il est pulvérulent ; et les lieux où les sables de grès couvrent

la surface du terrain , les,.chemins ne sont Jamais plus praticables que quand il a ucoup plu , parce que l'eau consolide un Peu ces sables en rapprochant leurs grains.

Les grès ne se trouvent communément que près des contrées de quartz, de granite , et d'autres matières vitreuses (2), et rarement

(1) La Bonne-Ville, capitale de Faucigny, parait être assise sur un rocher de grès ; ce rocher quisort déterre, sous la porte de la ville qui regarde Genève ; est formé d'une pierre de sable mélangée de mica , et disposée par bancs inclinés de trente-huit à quarante degrés : ces bancs ne passent point per-dessous les basés des montagnes voisines, ils sont d'une date beaucoup-plus récente. (Saussure, Voyage dans les Alpes, tome ler, page 366.)

(2) « C'est un fait bien important, à ce que je » rois, pour la théorie de la terre, et qui pourtant » n'avait point encore été observé, que sem à » Lonjours entre les dernières couches secondaires et

? 423 ra milieu des ete ds il y a des marbres s es pierres calcaires ou des FR dant le grès , quoique voisin re MSG granite par sa situation , en diffère trop par sa Composition, pour qu’on puisse leur appliquer quelque dénomination commune 2 et plusieurs observateurs sout tombés dans l'erreur en appelant granite, du grès à gros grains : la compo de ces deux matières est différente, en ce que, dans ces grès composés des détriments du granite, jamais les molécules du feld-spath n’ont repris une cristallisation distincte, ni celles du quartz un empâtement commun avec elles > non plus qu'avec les particules du mica ; ces dernières sont comme semées sur les autres, et toute la couche par sa disposition comme par sa tex- "ture, ne montre qu'un amas de sables grossièrement agglutinés, par une voie bien diffé. rente de la fusion intime des grandes masses vitreuses ; et l'on peut encore remarque que ces grès composés de plusieurs espèces de sables, sont généralement plus grossiers , moins compactes, et d’un grain plus gros que le grès pur , qui toujours est plus solide et plus dur, et dont le grain plus fin porte évidemment tous les caractères d'une poudre de quartz. UE Le grès pur est donc le produit immédiat des détriments du quartz, et lorsqu'il se trouve réduit en poudre impalpable , cette poudre quartzeuse est si subtile , qu'elle pénètre les autres matières solides, et même l'on prétend s'être assuré qu'elle passe à travers le verre. MM. le Blanc et Clozier ayant placé une bouteille de verre vide et‘bien bouchée dans une carrière de grès des environs d'Étampes ils s’apercurent au bout de quelques mois qu'il y avait au-dedans de cette bouteille une espèce de poussière , qui était un sable très-fin de la même nature que la poudre de grès (3).

Il n'y a peut-être aucune matière vitreuse, dont les qualités apparentes varient autant que celles des grès. « On en rencontre de si » tendres, dit M. de Lassone , que leurs » grains à peine liés, se séparent aisément

TN ET PT ET ETS ES » les premières primitives, on trouve des banes de

» grès ou de poudingues : j'ai observé ce phéno- » mène, non-seulement danse un grand nombre de » montagnes des Alpes, mais encore dans les Vos- » ges, dans les montagnes des Cévennes, de la

» Bourgogne et du Forez. » (Saussure , Voyage |

dans les Alpes, tome 1er, page 528.)

(3) Histoire de l'Académie de Dijon, tome 2,

page 29.

a. à simple compression et deviennent pulvérulents ; d’autres, dont la concrétion est plus ferme, et qui commencent à résister davantage aux coups redoublés des instruments de fer; d'autres enfin dont la masse plus dure et plus lisse, est comime sonore et né se casse que très-diflicilemerÿ ; et ces variétés Ont plusieurs degrés intermédiaires (1). » F

Le grès que les ouvriers appellent grisar, est si dur ét si difficile à travailler, qu'ils le rebutent même pour n'en faire que des pavés , tandis qu'il y a d'autres grès si tendres et si poreux , que l’eau crible aisément à travérs leurs masses ; ce sont ceux dont on sert pour faire des pierres à filtrer. IL ÿ en a de si grossiers et de si terreux , qu'au lieu de se durcir à l'air , ils s'y décomposent en assez peu de temps ; en général les grès les plus purs et les plus durables, sont aussi ceux qui ont le grain le plus fin et le tissu le plus serré. -

Les grès qu'emploient les paveurs à Paris sont, après le grès grisar, les plus durs de tous ; les grès dont on se sert pour aiguiser où donner du tranchant au fer et à l'acier, sont d’un grain fin, mais moins durs que les premiers , et néanmoins ils jettent de même des étincelles, en faisant tourner à sec ces meules de grès contre le fer et l'acier (2); le grès de Turquie qu'on appelle pierre à rasoir, à laquelle on donne sa qualité en la tenant pendant quelques mois dans l'huile , et qui sert à repasser et afliler les rasoirs et autres instruments très-tranchants, n’a qu'un certain degré de dureté , quoique le grain en soit très-fin et la substance très-uniforme et sans mélange d'aucune matière étrangère.

Au reste, le grès pur n'étant composé que des détriments du quartz, il en a toutes les propriétés ; il est aussi réfractaire au feu ; il résiste de même à l’action de tous les acides, et quelquefois il acquiert le même degré de dureté ; enfin le quartz où le grès réduits en sable , servent également de basé à tous nos

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