‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 284 sur 304 · DES ARGILES ET DES GLAISES · texte numérisé non relu

DES ARGILES ET DES GLAISES

L'ARGILE , comme nous venons de l’ayan- j cer, doit son origine à la décomposition des

matières vitreuses qui, par l'impression des éléments humides , se sont divisées , altéuuéés et réduites en terre. Cetle vérité est démontrée par les faits : Lo si l'on examine les cailloux les plus durs, et les autres matières vitreuses exposées depuis long-temps à l’air, on verra que leur surface a blanchi, et qué dans cette partie extérieure le caillou s’est ramolli et décomposé , tandis que l’intérieur a conservé sa dureté sa sécheresse et sa couleur; si l’on recueille cette matière blanche en la raclant , et qu'on la détrempe avec de l'eau , l'on verra que c'est une matière qui a déjà pris le caractère d’une terre spongieuse et ductile , et qui appreche de la nature de l'argile ; 2e les laves des volcans et tous nos vertes factices de quelque qualité qu'ils soïent, se convertissent en terre argileuse (1); 30 nous voyons les sables des gradé ñ ; dl L

(1) « Une partie des laves-de Ja Solfatare (près de

» Naples) est convertie en argile; ily a des morceaux

» dont une partie estercore lave et l'autre partie est

» changée en argile... . On y voit encore des schorls » blancs en forme de grenat, dont quelques-uns sont

» également convertis en argile..., Ce changement

» des matières vitreuses en argile par l'intermède de

» l'acide sulfureux (ou vitriolique) , qui les a péné- » trées;"en quelque facon dissoutes, est sans doute » un phénomère remarquable et très-intéressant » pour l'histoire naturelle. » (Lettres. de M. Ferber, sur la Minéralogie, page 259.) +

Nota. M. Ferber ajoute qu'une partie de cette argile est molle comme une terre, et que l'autre est dure, 'pierreuse et assez semblable à une pierre à Chaux blanche ; c'est vraisemblablement cette fausse Apparence qui a fait dire à M de Fougeroux de Bondaroy (Mémoires de l'Académie des sciences, année 1765), que les pierres de la Solfatare étaient calcaires, M. Hamilton a fait la méme méprise ; mais il paraît certain , dit le savant traducteur des Lettres de Ferber , que le plancher de la Solfatare et les col-

engrains, nous devons examiner Mine les matières en grandes masses qui en tiréhe leur origine et qui en sont les détriments #4 térieurs, tels quê les argiles, les schistes etles ardoises qui ne diffèrent des sables vi treux que par une plus grande décompositi de‘leurs parties intégrantes, mais qui pour Je premier fonds de leur substance sont dé même nature.

nites et des grès, les paillettes du mice. même les jaspes et les cailloux les plus da r se rnobil) blanchir par l'impression de l'ai et prendre à leur surface tous les Lx de cette terre; et l'argile Pénétrée par les pluies , et mêlée avec le limon des Gr avec les débris des végétaux, devient bientôt une terre féconde.

Tous les micas , toutes les exfoliations dn quartz, du jaspe, du feld-spath et du schorl : tous les détriments des porphyres , des pie nites et des grès, perdent peu à peu leur sécheresse et leur dureté ; ils s’atténuent et se ramollissent par l'humidité, et leurs molécules deviennent à la fin Spongieuses et ductiles par la même impression des éléments humides. Cet effet qui se Passe en petit sous nos yeux nous représente l'ancienne et : grande formation-des angiles après Ja première chute des eaux sur la surface du globe : ce nouvel élément saisit alors toutes dres des verres primitifs ; et c'est dans ce temps que se fit la combinaison qui produisit l'acide universel par l'action du feu, dont la terre et l’eau étaient également pénétrées; A ALU UN re. Mon trepeein 0 7 lines qui l'environnent, ne sont composées que de produits volcaniques convertis par les Yapeurs du soufre en lerre argileuse : « Je possède moi-même , » ajoute M. le baron de Diétrich , un de ces morceaux » moitié lave et moitié argile; et cette argile étant » travaillée a souffert les mêmes épreuves de l'argile » ordinaire. + On trouve dans Ja montagne de Po- » ligny, à deux lieues de Rennes en Bretagne, une » terre argileuse blanche ou colorée , qui ne diffère » en rien de celle de la Solfatare ; on la nommie mal »

Caractères

les pou-

à propos craie dans le pays... Aux endroits où les vapeurs sulfureuses sortent encore » cette argile est aussi molle que de la farine ; on peut y enfoncer, un bâton sans trouver de fond , et à mesure » que l'on s'éloigne de l'endroit des vapeurs, la terre » est plus raflermie. » (Note de M. le baron dé Di trich, page 257 des Lettres de M. Ferber.)

- l ut = AE

Le,

T2 y P bs- 24 puisque la terre était encore brülante et Peau … plus que bouillante. :

- … L'acide se trouve en cffet dans toutes les . argiles, et ce premier produit de la combi- — naison du feû, de la terre et de l'eau, indiñe que assez clairement le temps de la chute … des eaux, et fixe l'époque de leur premier travail; car aucune des antiques matieres vitreuses en grandes masses ; telles que les | quartz , les jaspes , ni même les graniles, ne ÿ "contiennent l'acide : par conséquent aucune #2 de cés matières antérieures aux argiles, n'a 4 étértouchée ni travaillée par l'eau, dont le "seul contact eût produit l'acide par la com- - binaison nécessaire de cet élément avec le feu qui embrasait encore la terre (1).

… L'argile serait donc par elle-même une terre très-pure, si peu de temps aprés sa for- - mation, elle n’eñût été mêlée par le mouvement des eaux de tous les débris des produc-

après la retraite des eaux, toutes les argiles dont la surface était découverte, reçurent le dépôt des poussières de l'air et du Jimon des Pluies. 11 n’est donc resté d'argiles pures que celles qui dès-lors se trouvaient POLOUPEFLES par d'autres couches , qui les ont défendues de ces mélanges étrangers. La plus pure de ces argiles est la blanche, c'est la seule terre de cette espèce qui ne soit pas mélangée de matières hétérogènes , c'es un simple détriment du sable quartzeux , qui est ges" fractaire au feu que le quartz même duque à cette argile tire son origine. La belle argile blanche de Limoges, celle de Normandie

RP ur EU AE

(1) Cette origine peut seule expliquer la triple añ- | nité de l'acide avec le feu , la terre et L'esu, el sa | TS formation par la combinaison de ces trois éléments, . J'eau n'ayant pu s'unir à la terre vitreuse, sans se | joindre en même temps à la portion de feu dont œtte : terre était empreinte; j'observerai de plus l'affinité marquée et subsistante entre les matières vitrescibles et l'acide argileux ou vitriolique , qui, de tous les acides, est le seul qui ait quelque prise sur ces gubstances: on a Lenté leur analyse au moyen de cet acide ; . mais cetle analyse ne prouvera rien de plus que la r grande analogie établie entre le principe acide et la " Mérre vitrescible , dès le temps où il fut universelle ment engendré dans eette terre à la première chute des eaux, Ces grandes vues de l'histoire neturelle confirment admirablement les idées de l'illustre tabl, qui, de la seule force des analogies et.du n” sa 2 des combinaisons où il avait vu l'acide vi- "4 triolique se travestir et prendre la forme de presqye tous les autres acides , avait déjà conclu qu'il était le principe salin primitif, principal, universel. (Remarque de M l'abbé Bexon.)

DES MINÉRAUX

tions: qu'elles firent bientôt éclore; ensuite

dont on fait les pipes à fumer, et quelques autres argiles pures, quoiqu’un es ei A et dont on fait les creusets et pots de verre: rie, doivent être regardées comme des argiles pures , et sont à peu près égalément ré. fractaires à l'action du feu ; toutes les autres argiles sont mélangées de diverses matières qui les rendent fusibles , et leur donnent des qualités différentes de celles de l'argile pure ; et ce sont ces argiles mélangées auxquelles on doït donner le nom de glaises.

La nature a suivi pour la formation des argiles les mêmes procédés que pour celle

des grès ; les grès les plus purs et les plus

blancs se sont formés par la simple réunion des sables quartzeux sans mélange, tandis que les grès impurs ont été composés de différentes 7 matières mêlées avec ces sables Me “ee PR éusemble par les eaux. LC méme ile ès et pures ne sont henri rage ya rieurs des sables du quartz, du grès et du mica , dont les molécules très-atténuées dans l'eau , sont devenues spongieuses et ont pris la nature de cette terre ; au lieu que les glaises, Cest-à-dire les argiles impüres , sont composées de plusieurs matières hétérogènes que l'eau y a mêlées , et qu'elle a transportées ensemble pour en former les couches immenses qui recouvrent presque partout la masse intérieure du globe ;: ces glaises servent aussi de fondement et de base aux couches horizontales des pierres calcaires. Et de même qu'on netrouve que peu de grès purs en comparaison des grès mélangés, on ne trouve aussi de rafement des argiles blanches et pures , au lieu que les glaises où argiles impures sont universellement répandues.

Pour reconnaître par mes yeux dans quel ordre se sont établis les dépôts successifs ct les différentes couches de ces glaises, j'ai fait faire une fouille (2) à cinquante pieds de

(2) La ville de Monthard est située au milieu d'un vallon, sur une montagne isolée de toutes parts, el ce monticule forme entre les deux chaînes de montagnes qui bornent ce vallon dans sa longueur, deux espèces de gorges ; ce fut dans l'une de ces gorges , quiest du côté du midi, qu'au mois d'août 1774 M. de Buffon fit faire une fouille de cinquante pieds de profondeur et de six pieds de large en quarré. Le terrain où l'on creusa est inculle de Lemps immémorial; c'est un espace vague qui sert de pâturage, et quoique ce terrain paraisse à l'œil à peu près au niveau.du vallon , il est cependant plus élevé que la rivière qui l'arrose, d'environ trente-pieds , et de huit

fondeur dans le milieu d'un vallon , surmonté des deux côtés par des collines de termine pieds seulement plus qu'un petit étang qui n’est éloigué de cette fouille que de cinquante pas,

Après qu'on eut enlevé le gazon , on trouva une couche de terre brune d'un pied d'épaisseur, sous Jaquelle était une autre couche de terre grasse, ductile, d'un jaune foncé et rougeâtre, presque sans aucun gravier, qui était épaisse d'environ trois pieds.

L'argile était stratifiée immédiatement sous ses couches limoneuses, et les premiers lits, qui n'avaient que deux ou trois pouces d'épaisseur, étaient formés d'une terre grasse d'un gris bleuâtre, mais marbré d'un jaune foncé, de la eouleur de la couche supérieure ; ces lils paraissaient exactement horizon-

M SR PR TU: 7. à €

même glaise , couronnées de rochers calcaires jusqu’à trois cent cinquante ou quatre ———————— ———————— bre de racines d'arbres aplaties et pourries, dans Jesquelles les. fibres ligneuses étaient encore très-apparentes , quoiqu'il n'y ait point actuellement d'arbres dans ce terrain, et jusque là on n'aperçut dans ces couches, ni sable, ni gravier, ni aucune sorte de terre.

Depuis huit pieds jusqu'à douze , les couches d'argile se trouvèrent encore un peu plus brunes, plus épaisses et plus dures; outre les coquilles des couches supérieures dont on a parlé, il Y avait une grande quantité de petits pétoncles À stries demi-cireulaires, que les naturalistes nomment J'asciati, dont les plus grands n'avaient qu'un pouce de diamètre, et qui

taux, et étaient coupés , comme ceux des carrières , ? étaient parfaitement conservés entres ces couches ; et

par des fentes pe ilaires, qui étaient si près les unes des autres , qu'il n'y avait pas entre les Plus éloignées un demi-pouce de distance : cette terre était très-humide et molle , on y trouva des bélemnites et une très-grande quantité de petits peignes ou coquilles de Saint-Jacques, qui n'avaient guère plus d’épaisseur qu’une feuille de papier, et pas plus de quatre ou cinq lignes de diamètre; ces coquilles étaient cependant toutes très-enlières et bien conservées, et la plus grande partie était adhérente à une matière terreuse qui augmentait leur épaisseur d'environ une ligne ; mais celte croûte terreuse , qui n’était qu'à la partie convexe de la coquille, s'en séparait en se desséchant, et on la distinguait alors facilement de la vraie coquille : on y trouva encore de petits pétoncles de l'espèce de ceux qu'on nomme cuneë, et ces coquilles étaient placées non pas dans les fentes horizontales des couches , mais entre leurs petites stratifications , etelles étaient toutes à plat et dans une si- tuation parallèle aux eouches. IL y avait aussi dans ces mêmes couches, des pyrites vitrioliques ferrugineuses qui étaient aplaties @ terminées irrégulièrement, et qui n'étaient point formées intérieurement par des rayons tendarit au centre comme elles le sont ordinairement; la coupe de ces terres s'étant ensuite desséchée , les couches limoneuses se séparèrent par une grande gerçure des couches argileuses.

À huit pieds de profondeur, on s'aperçut d'une petite source d’eau qui avait son issue du côté de l'étang dont on a parlé, mais qui disparut le lendemain; on remarqua qu’à cette profondeur , les couches commençaient à avoir une plus grande épaisseur , que leur couleur était plus brune, et qu’elles n'étaient plus marbrées de jaune intérieurement comme les premières: celte couleur ne paraissait plus qu’à la superficie, et ne pénétrait dans les couches que de l'épaisseur de quelques lignes , et les fentes perpendiculaires étaient plus éloignées les unes des autres ; la superficie des couches parut à cette profondeur toute parsemée de paillettes brillantes , transparentes et séléniteuses ; ces paillettes , à la chaleur du soleil, devenaient presque dans l'instant blanches et opaques: ces couches contenaient les mêmes espèces de coquillages que les précédentes, et à peu près dans la méme quantité. On y trouva aussi un grand nom-

à dix pieds de profondeur On trouva un lit de pierre très-mince ; coupé par ün grand nombre de fentes Tr CES Ne » semblable à la pluart des pierres argileuses, était F

ë d'un Le PA 2 Do ae mn 5/56 -À la profondeur de douze pieds jusqu'à seize, largile était à peu près de la même qualité ; mais il y avait plus d'humidité dans les fentes horizontales , et la superficie était hérissée de petits grains un peu alongés ; brillants et transparents , qui, dans un cer” tain sens, s’exfoliaient comme le gypse, et qui, vus à la loupe, paraissaient avoir six faces, comme les aiguilles de cristal de roche ; Mais dont les extrémités étaient coupées obliquement et dans le même sens : après avoir lavé une certaine quantité de ces concrétions et leur avoir fait éprouver une chaleur modérée, elles devinrent très-blanches ; broyées et détrempées dans l’eau, elles se durcirent promptement comme le plâtre, et on recomut évidemment que cette matière était de véritable pierre spéculaire, le germe , pour ainsi dire, de Ja Pierre à plâtre, Comme j'examinais un jour les différentes matières qu'on tirait de cette fouille ,un troupeau de cochons que le pâtre ramenait de la Campagne , passa près de là , et je ne fus pas peu surpris de voir tout à coup ces animaux se jeter brusquement sur la terre de cette fouille la plus nouvellement tirée et et la dévorer avec avidité ; ce qui présence plusieurs fois de suite. Outre les coquillages des premières couches, celle-ci contenait des limas de mer lisses , d'autres limus hérissés de petits tubercules , des tellines, des cornes d'Ammon de la plus petite espèce, et quelques autres plus grandes qui avaient environ quatre pouces de diamètre: elles étaient toutes extrémement minces et aplaties , ét cependant très-entières malgré leur extrême délicatesse , il y avait surtout une grande quantité de bélemnites tou tes conoïdes, dont les plus grandes avaient jusqu'à sept et huit pouces de longueur ; elles étaient poinlues comme un dard à l’une des extrémités , et l’extrémité opposée à leur base, était terminée irrégulièrement et aplatie comme si elle eût été écrasée : elles étaient brunes au-dehors et au-dedans, et formées d'une matière disposée intérieurement en forme de stries transversales ou rayons qui se réunissaient à

Ja plus molle, arriva encore en ma

mos bons observateurs en ce genre de tenir

l'axe de la bélemnite. Cet axe était dans toutes un peu excentrique, et marqué d’une extrémité à l’autre par une ligne blanche presque imperceptible , et lorsque la bélemnite était d’une certaine grosseur , la base rénfermait un petitcône plus ou moins long, composé d'alvéoles en forme de plateaux, emboîtés les uns dans les autres comme les nautiles, au sommet duquel se terminait alors la ligne blanche : ce petit cône était revêtu dans toute sa longueur, d'une pellicule crustacée , jaunâtre et très-mince ; quoique formée de plusieurs petites couches , et le corps de la bélemnite, disposé en rayons qui recouvrait Je tout , deye- | nait d'autant plus mince que le petit cône acquérait un plus grand diamètre ; telles étaient à peu près toutes les bélemnites que l'on trouva éparses dans la terre que l'on avait tirée de la fouille, ce qui est commun à toutes celles de cette espèce.

Pour savoir dans quelle situation ces bélemufites étaient placées dans les couches de la terre, on en f délita plusieurs morceaux avec précaution , et on re- <onnut qu'elles étaient toutes couchées à plat et parallèlement aux différents lits ; mais ce qui nous sur- |. af prit, et ce qui n'a pasencore été observé, c'est qu où | Û s'apereut alors que l'extrémité de la base de toutes | * ces bélemnites, était toujours adhérente à une sorte A . d'appendice de couleur jaunâtre, d'une substance semblable à celle des coquilles ; et qui avait Ja forme de la partie évasée d'un entonnoir qui aurait été aplatie, dont plusieurs avaient près de deux pouces de longueur, un pouce de largeur à la partie supé-. | rieure , et environ six lignes à l'endroit où ils étaient adhérents à la base de la bélemnite; et en examinant - de près ce prolongement testacée ou crustacée qui est si fragile , qu'on ne peut presque le toucher sans le rompre , je remarquai que celle partie de la bélemnite qu'on n'a pas jusqu'ici connue, n’est autre chose que La continuation de la coquille mince ou du têt qui couvre le petit cône chambré dont j'ai parlé, en sorte qu'on peut dire que toutes les bélemaites qui sont actuellement dans les cabinets d'histoire natu- relle ne sont point entières, et que ce que LT à en connaît n'est en quelque façon que l'étui ou l'enveloppe d’une partie de la coquille ; ou du têt qui renfermait autrefois l'animal. œ Jusqu'à présent , les auteurs n'ont pu se concilier sur la nature des bélemuites; les uns, tels que Woodward (Histoire naturelle de la Terre), les ont regardées comme une matière minérale, du genre des tales: M: Bourguet (Lettres philosophiques) a prétendu qu'elles n'étaient autre chose que des dents de ces | poissons qu'on nomme souflleurs, et d'autres les out prises pour des cornes d'animaux pétrifiées; mais la | vraie forme de la bélemnite mieux connue, el surtout | cette partie crustacée qui est à sa base lorsqu'elle est entière, pourront peut-être contribuer à fixer les doutes des naturalistes et à la faire mettre au rang des crustacées ou des coquilles fossiles; ce qui me pax raît d'autant plus évident, qu'elle est calcinable dans

Co ES SE éd à UT GS

ME DES MINÉR AUX. 429 “ cents pieds de hauteur; et j'ai prié un de

registre exact de ce que cette fouille présentrait, il a eu la bonté de le faire avec la h M # 2 Tai JL

toutes ses parties, comme Je têt des oursins et les coquilles , et au même degré de feu.

Depuis seize pieds jusqu'à vingt, les lits d'argile avaient jusqu'à dix pouces d'épaisseur ; Üs étaient beaucoup plus dures que les précédentes , d’une couleur encore plus brune et toujours coupés par des fentes perpendiculaires, mais plus éloignées les unes des autres que dans les lits supérieurs ; leur superficie était d'un jaune couleur de rouille, qui ne pénétrait pas ordinairement dans l'intérieur des couches ; mais lorsque les stillations des eaux avaient puyintroduire cette terre jaune qui avait coloré leur superficie, on trouvait souvent entre leurs stralifications , des espèces de concrélions pyriteuses plates , rondes, d’un jaune brun, d'environ un pouce ou un pouce et demi de diamètre, et qui n'avaient pas uu quart de pouce d'épaisseur : ces sortes de pyrites étaient placées dans les couches , sur la même ligne, à un pouce

ou deux de distance , et se commu niquaient par un cordon cylindrique de même matière , un peu aplati, 9 Fe

et de deux à trois lignes d'épaisseur.

À cette profondeur , on continua de trouver entre les couches, du gypse ou pierre spéculaire, dont les grains étaient plus gros, plus réguliers ; il s'en trouva même des m ux de la longueur d'uu écu , qui étaient formés par des rayc tendants au centre ; on commença aussi à ape entre ces couches et dans leurs fentes perpendiculaires, quelques concrétions de charbon de terre , ou plutôt

de véritable jayet', sous la forme de petites, lames

minces, dures, cassantes, très-noires et très-luisantes ;

ces couches contenaient encore à peu près les mêmes espèces de coquilles que les couches supérieures, et on trouva de plus dans celles-ci quantité de petites pinnes et de petits buccins : à la profondeur de seize pieds, l'eau se répandit dans la fouille et elle paraissait sortir de toute sa circonférence , par de petites sources qui fournissaient dix À onze pouces d’eau pendant la nuit, dre;

A vingt pieds, même quantité d'argile, dont les couches avaient augmenté encore en épaisseur el en dureté, et dont la couleur était plus foncée , elles

contenaient les mêmes espèces de coquilles ettoujours

des concrétions de plâtre. »

A vingt-quatre pieds , mêmes matières , sans aucun changement apparent; on trouva à Des 7° 8 une pinne de près d’un pied de longueur; à vingt huit pieds la terre était presque aussi duré que la pierre, et on n’aperçul presque plus de gypse ou pierre spéculaire, on en trouva cependant encore un morceau de la longueur de la main; ces couches contenaient une grande quantité de coquilles fossiles , et surtout différentes espèces de cornes d'Ammon , dont les plus grandes avaient près d’un pied de diamètre.

De vingt-huit pieds à trente-six, mêmes matières et de même qualité; à cette profondeur on trouva un lit de pierres argileuses très-bonnes et de la eouleur des couches terreuses, dans lesquelles on cessa abso-

transparents et plus

ne 1 224 ?

Eee + re LA « + + LL « 7 : « > \ + 4 os * Nr. J | QyEe nl Qu: ans à D +452 Hs En) - " ‘

et d’un doigt d'épaisseur, parm plusieurs qui étaient traversés de quelques filets d'un .

plus grande attenlion, comme on peut le voir par la note qu'il m'en a remise, êt qui suflira pour donner une idée de la disposition des différents lits de glaise et de la nature des matières qui s'y trouvent mêlées,

ainsi que des concrétions qui se forment en-

tre les couches ou dans les fentes perpendiculaires qui en divisent la masse.

On voit que je n’admets ici que deux sor# tes d’argiles , l'une pure et l’autre impure , à laquelle j'applique spécialement le nom de glaise, pour qu'on ne puisse la confondre avec la première ; et de même qu'il faut distinguer les argiles simples et pures, des glaises ou argiles mélangées, l'on, ne doit pas confondre, comme on l'a fait souvent, l'argile blanche avec la marne qui en diffère

essentiellement , en ce qu'elle est toujours

lument d'apercevoir du gypse; il y en avait cependant encore quelques veines dans l'intérieur de cette pierre, maïs qui n'avait plus la transparence de la sélénite ou pierre spéculaire : cette pierre contenait aussi d'autres petites veines de charbon de terre; il s'en sépara même en la cassant, quelques morceaux de la grandeur d'environ ciuq ou six pouces en quarré

Paques il y en avait

jaune brillant. Ce lit de pierre avait trois ou quatre ponces d'épaisseur, il couvrait toute la fouille, et élait coupé comme les couches lerreuses, par des

fentes perpendiculaires ; la terre qui était dessous,

dans l'espace de quelques pieds de profondeur, était un peu moins brune que celle des couches précédentes, et on y apercevait quelques veines jaunâtres : on trouva ensuite un nutre lit de la même espèce de rierre ; sous lequel l'argile était très-noire , très-dure. et remplie de coquilles comme les couches supériéures ; plusieurs de ces coquilles étaient revêtues d'un côté CE paper terreuse, disposée par rayons on filets brillants, et les coquilles elles-mêmes brillaient d'une belle couleur d'or, surtout les bélemuites qui étaient aussi la plupart bronzées , particulièrement d’un côté ; cette couleur métallique que les naturalistes ont nommée armature, est produite à mon avis ; sur la superficie des coquilles fossiles , par des sucs pyriteux , dont les stillations des eaux se trouvent chargées , et l'acide vitriolique on alumineux qui entre toujours dans la composition des pyrites , y fixe la terre métallique qui sert de base à ces concrétions, comme l’alun dans les teintures attache la matière colorante sur les étoffes, de sorte que la dissolution d'une pyrite ferrugineuse communique une couletr de rouille ou quelquefois de fer poli, aux matières qui en sont imprégnées ; une pyrite cuivreuse en se décomposant , teint en jaune brillant et couleur d’or la surface de ces mêmes matières , et la couleur des tales dorés pent être attribuée à la même cause.

On n'aperçat plus dans la suite ni plâtre, ni charbon de terre , l'eau continuait toujours à se répandre,

plus ou moins mélangée de matière calcaire, ce qui la rend plus où moins susceptible de caleination et d'effervescence avec les acides, au lieu que l'argile blanche résiste à leur action ,et que loin de se calciner elle se durcit au feu. Au reste, il ne faut pas prendre dans un sens absolu la distinction que je fais ici de l'argile pure et de la glaise ou argile im= pure; car dans la réalité, il n'y a aucune argile qui soit absolument pure , c'est-à-dire parfaitement uniforme et homogène dans toutes ses parties : l'argile la plus ductile et qui paraît lg plus simple est encore mêlée de particules quartzeuses, ou d’autres sables vitreux qui n’ont pas subi toutes les altérations qu’ils doivent éprouver pour se con-

vertir én argile; ainsi la plus pure des argiles

—— et l'ouvrage ayant été discontinué pendant huit jours, la fouille étant alors profonde de trente-six pieds, elle s'éleva à la hauteur de dix, et lorsqu'on l'eut épuisée pour continuer le travail, les ouvriers en trouvaient le matin un peu plus d'un pied, qui tom bait pendant la nuit au fond de la fouille : À diférentes petites sources, ; |

A quarante pieds de profondeur, on trouva une couche de terre d'environ un pied d'épaisseur, à peu près de la couleur des conches précédentes, mais beaucoup moins dure, sur laquelle au premier coup d'œil on croyait apercevoir une infinité d'impressions de feuilles de plantes du genre des capillaires , qui paraissaient former sur cette Lerre une espèce de broderie d'une couleur moins bruné que celle du fond de la couche , dont toutes les feuilles où petites stratifications portaient de pareilles impressions , en quelque nombre de lames qu'on les divisät ; maïs en exami-”" nant avec attention celte espèce de schiste, il me parut que ce que je prenais d'abord pour des impressions de feuilles de plantes, n'était qu'une sorte de végétation minérale, qui n'avait pas la régularité que laisse l'impression des plantes sur les terres molles s cette matière s’enflammait dans le feu et exhalait une

. odeur bitumineuse très-pénétrante ; aussi la regarde-

t-on ordinairement comme une annonce de la mine de charbon de terre.

De quarante à cinquante pieds, on ne trouva plus de cette sorte deterre; maisune argile noire beaucoup plus dure encore que celle des lits supérieurs ; qu'on ne pouvait arracher qu'à l'aide des coins et de la masse, et qui se levait en très- grandes lames : cette terre contenait beaucoup moins de coquilles que les autres couches, et malgré sa grande dureté elle s’amollissait assez promptement à l’air et s'exfoliait comme l'ardoise pourrie; en ayant mis un morceau dans Île feu, elle pétilla jusqu'à ee qu'elle eût été réduite en poussière , et elle exhala une odeur bituminense trèsforte , mais elle ne produisit cependant qu'une flamme très-faible ; à cette profondeur on cessa de creuser, et l’eau s’éleva peu à peu à la hauteur de trente pieds, (Mémoire rédigé par M. NadaulL.)

sera seulement celle qui contiendra le moins de ces sables; mais comme la substance de l'argile et celle de ces sables vitreux est au fond la même, on doit distinguer , comme nous le faisons ici, ces argiles dont la substance est simple , de toutes les glaises qui toujours sont mêlées de matières étrangères.

Ainsi toutes les fois qu'ane argile ne sera mêlée que d’une petite quantité de particules de quartz, de jaspe, de féld-spath, de Schorl et de mica, on peut la regarder comme pure, parce qu’elle ne contient que des matières qui sont de sa même essence ; et au contraire toutes les argiles mêlées de | matièrés d'essence différente , telles que les substances calcaires, pyriteuses et métalliques, seront des glaises ou argiles impures, On trouve les argiles pures dans les lieux, dont le fond du terrain est de sable vitreux, de quartz, de grès , etc. On trouye aussi de celte argile en petite quantité dans quelques glaises , mais l’origine des argiles blanches qui gisent en grandes masses Ou en couches fi . doit être attribuée à la décomposition immeédiate des sables quartzeux. au lieu que les petites masses de cette argile qu'on trouve dans la glaise, ne sont que des sécrétions de cès mêmes sables décomposés qui étaient contenus et mêlés avec les armes matières dans cette glaise , et qui s'en Snt séparés Par la filtration des eaux.

Il n'y a point de coquilles ni d’autres produetions marines dans les masses d'argile blanche , tandis que toutes les couches de glaises en contiennent en grande quantité; ce qui nous démontre encore pour les argiles les mêmes procédés de formation que pour les, grès ; l'argile et le grès purs ont donc également été formés par la simple agrégation ou par la décomposition des sables quartzeux ; tandis que les grès impurs ct les glaises ont été composés de matières mélangées, transportées et déposées par le mouyement des eaux. " Et ce qui prouve encore que l'argile blan- che est une terre dont l'essence est simple , et que la glaise est une terre mélangée de matières d'essences différentes , c'est que la mière résiste à tous nos feux, sans éprouver aucune altération, et même sans prenre de la couleur; au lieu que toutes les glaises deviennent rouges par l'impression + 4 n premier feu , et peuvent se fondre dans L nos four ux ; de plus, les glaises se trou- 2 LE parte cment dans les terrains calcaires et à ; ss En

terrains vitreux , au lieu que les ar-.

DES MINÉRAUX

giles pures ne se rencontrent tières vitreuses ; elles sont leurs détriments sans au parait qu'elles n'ont pas été transportées par les eaux , mais produites dans la place même où elles se trouvent ; au lieu que toutes Jes glaises ont subi les altérations que le mélange et le transport n’ont pu manquer d'occasioner. 2.

De la même manière qu'il ne faut pas confondre la marne ni la craie avec l'argile blanche, on ne doit pas prendre pour des glaises les terres limoneuses ; Qui, quoique grasses et ductiles , ont une autre origine et dés qualités différentes de la glaise ; car ces terres limoneuses proviennent de la couche universelle de la terre végétale qui s’est for-

-mée des résidus ultérieurs des animaux et. des végétaux ; leurs détriments se convertissent d'abord en terreau ou terre de. jardin , etensuite en limon aussi ductile que l'argile; mais cette terre limoneuse se boursoufle au feu , au lieu que l'argile s'y resserre, et de plus cette terre limoneuse fond bien plus aisément que la glaise même la plus impure.

Il est évident pâr le grand nombre de coquilles et autres productions marines qui se trouvent dans toutes les glaises , qu’elles ont été transportées avec les dépouilles des animaux marins , et qu'elles ont été déposées et stratifiées ensemble par couches horizontales dans presque tous les lieux de la terre par les eaux de la mer ; leurs couleurs indiquent : aussi qu'elles sont imprégnées de parties minérales et particulièrement de fer, qui paraît leur donner toutes leurs différentes couleurs. D'ailleurs on trouve presque tou-

jours entre les lits de :glaises des pyrites martiales ; dont les parties constituantes ont été entraînées de la couche de terre végétale

par l'infiltration des eaux, et se sont réunies sous cette forme de pyrites entre les lits de

ces argiles impures. | Pr 1

Le fer en plas ou moins gran donne toutes les couleurs aux pénètre. La plus noire

qu'avec les madonc formées de tre mélange, et il.

de quantité, terres qu'il

toutes les argiles rement appelée

est celle qu'on a im

creta nigra fabrilis , et que les ouvriers con naissent sous le nom de pierre noire ; elle contient plus de parties fe ugineuses qu'au- d ne és cune autre argile (1); et la téinte rouge où

Page 1