‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 285 sur 304 · LS À · texte numérisé non relu

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. (1) « Lorsque la pierremoire

» quelque temps à l'air, elle s’exfc » et se couvre d'une efl ores.

» tre, qui n'est autre

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rougeâtre qu'elle prend , ainsi que toutes les glaises, à un certain degré de feu, achève de démontrer que le fer est le principe de leurs différentes couleurs.

Toutes les glaises se durcissent au feu , et peuvent même y acquérir une si grande dureté, qu'elles étincellent par le choc de l'acier ; dans cet état elles sont plus voisines de célui de la liquéfaction, car on peut les fondre et les vitrifier d'autant plus aisément qu’elles sont plus recuites au feu. Leur densité augmente à mesure qu'elles éprouvent une chaleur plus grande, et lorsqu'on les a bien fait sécher au soleil, elles ne perdent ensuite que très-peu de leur poids spécifique, au feu même le plus violent. On a observé en réduisant en poudre une masse d'argile cuite, que ses molécules avaient perdu leur qualité spongieuse , et qu'elles ne peuvent reprendre leur première ductilité.

Les hommes ont très-anciennement employé l'argile cuite en briques plates pour bätir, et en vaisseaux creux pour contenir l'éauet les autres liqueurs; et il parait par

la comparaison des édifices antiques, que l'usage de l'argile cuitelorécédé celui des pierres calcaires ou des matières vitreuses , qui demandant plus de temps et de travail + pour être mises en œuvre, n'auront été em- - ployées que plus tard , et moins généralement que l'argile et la glaise qui se trouvent partout; et qui se prêtent à tout ce qu'on veut

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. La glaise forme l'enveloppe de la masse entière du globe, les premiers lits se trouvent immédiatement sous la couche de terre vé-

quels elle sert de base; c'est sur celte terre ferme et compacte que se rassemblent tous “les filets d’eau qui descendent par les fentes des rochers, ou qui se filtrent à travers la | terré végétale. Les couches de glaise compri- mées par le poids des couches supérieures et étant elles-mêmes d'une grande épaisseur, Dre PE deviennerit impénétrables à l’eau qui ne peut “ # still — . # da

| # 2 ; j »oneux, et si on fait éprouver à cette argile ainsi

|. » couverte de cette matière, la chaleur d'un feu modéré, seulement pendant quelques instants, elle

devient bientôt rouge extérieurement et blanche à l'intérieur » par ce que le vitriol s'en est emparé, et que Je: Pate os pitt de ce sel se sont ramas-

2 uperficie et s'y sont converties en col- A0: ve parait prouver que cette argile aurait ©» été blanche si ellen’eût été mélée avec aucune autre RE RENE Sort cn vitiol. » ( te communiquée par M. Nadault.) tt, M6 d'à Ce RemITT Roi. “ne M LE, 8 ÿ 2 à RD à ; DE " # # | +, + Lu . v es Y + ‘ EL en P dé Le 7 LE. dE

gétale, comme sous les banes calcaires aux-

qu'humecter leur première surface ; toutes les eaux qui arrivent à cette couche argileuse ne pouvant la pénétrer, suivent la premijére pente qui se présente , et sortent en forme de sources entre le dernier banc des rochers et le premier lit de glaise ; toutes les fontaines proviennent des eaux pluviales infiltrées et rassemblées sur la glaïse, et j'ai souvent observé que l'humidité retenue par cette terre, est infiniment favorable à la végétation. Dans les étés les plus secs , comme celui de cette année 1778, les plantes agrestes et surtout les arbres avaient perdu presque toutes leurs feuilles dès les premiers jours de septembre dans toutes les contrées dont les terrains sont de sable, de craie, de tuf ou de ces matières mélangées , tandis que dans les pays dont le fonds est de glaise , ils ont conservé leur verdure et leurs fouilles : il n'est pas même nécessaire que la glaise soit immédiatement sous la terre végétale pour qu'elle puisse produire ce bon effet, car dans mon jardin dont la terre végétale n’a que trois ou quatre pieds de profondeur, et se trouve posée sur un plateau de pierre caléaire de cinquante-quatre pieds d'épaisseur, les charmilles élevées de vingt pieds, et Le arbres hauts de quarante ; étaient RES verts que ceux à rap après deux mois de sécheresse, parcè que ces rochers de cinquantequatre pieds d'épaisseur portant sur la glaise, en laissent passer par leurs fentes perpendiculaires les émanations humides qui rafraichissent continuellement la terre végétale où ces arbres sont plantés.

La glaise retient donc constamment à sa superficie une partie des eaux infiltrées dans les terres supérieures ou tombées par les fentes des rochers, et ce n’est que du superflu de ces eaux que se forment les sources et les fontaines qui sourdissent au pied des collines ; toute l'eau que la glaise peut admettre dans sa propre substance, toute celle qui peut descendre des couches supérieures aux couches inférieures, par les petites fentes qui les divisent perpendiculairement , sont retenues et contenues en stagnation presque:

sans mouvement entre les différents lits de cette glaise; et c'est dans cet état de repos

que l'eau donne naissance aux productions

hétérogènes qu’on trouve dans la glaise et que nous devons indiquer ici. i

1e. Comme il y a dans toutes les argiles transportées et déposées par les eaux de la mer un très-grand nombre de coquilles , telles que cornes d’Ammon , bélemnites et

plusieurs autres dépouilles des animaux testacées et crustacées , l’eau les décompose et

SE même les dissout peu à peu; élle se charge … de ces molécules dissoutes, les entraîne et bi Jes dépose dans les. petits vides ou cavités

qu'elle rencontre entre les lits d'argile ; ce dépôt de matière calcaire devient bientôt une pierre plus ou moins solide , ordinairement " plate et en petit volume ; cette pierre , quoi- ” que formée de substance calcaire, ne contient jamais de coquilles , parce qu'elle n’est composée que de leurs détriments trop divisés, Pour qu’on puisse reconnaitre les vestigés de eur forme. D'ailleurs les éaux pluviales en infiltrant dans les rochers calcaires et dans les terres qui surmontent les glaises , entrainent un sable de la même nature que ces rochers -ou ces terres , et ce sablon calcaire » ‘en se mélant avec l'argile délayée par l'eau, forme souvent des pierres mi-parties de ces deux substances ; on reconnaît ces pierres argillo-calcaires à leur couleur qu est ordi- — hairement bleue, brune ou noire ; et comme 4 elles se forment entre les lits de la glaise , elles sont plates ét n'ont guère qu'un pouce : ‘où deux d'épaisseur ; elles ne sont séparées LATE ; lés'unes des autres que par de pelites fentes ” … verticales, et elles forment une couche mince et horizontale entre les lits de glaise. “w aka re mixtes sont presque toujours pus "dures que les pierres calcairés pures ; elles ra sé caleinent plus difficilement et résistent à Vaction des acides, d'autant plus qu elles ” contiennent moins de matières calcaires.

2. L'on trouve aussi de petites couches de Fe Plâtre entre les lits de glaise ; or le pratre m'est qu'une matière calcaire pénétrée d A des ” et comme il y a dans toutes les pr indépendamment des coquilles; une per : plus ou moins grande de säble calcaire infil- Aée par les eaux , et qu'en même temps … ; he peut douter que l'acide n ÿ A) den S- abondamment répandu, puisqu on tronÿe communément des pyrites martiales ee ces » : mêmes gluisés , il parait clair que € est par la rgunion dé la matière calcaire à] acide qué ue." sé produisent les premières molécules gyP- | séuses, qui étant ensuite entrainées et dépo- È ge sées par la stillation des eaux, forment ces ù petites couches de plâtre qui sé trouvent en- = tre les lits des glaises. | - 3° Les pyrites qu'on trouve dans ces . glaises, sont ordinairement en forme aplatie, ne ettoutés séparées les unes des autres ; quoi- que disposées sur un même niveau entre les lits de glaise ; et comme ces pyrites sont com- » Tuéonte DE LA TERRE. Tome II.

DES MINÉRAUX

posées de la matière du feu fixe, de terre ferrugineuse et d'acide, élles démontrent dans les glaises ; non-seulerñent la présence de l'acide, mais encore celle du fer ; et en effet les eaux ; en s’infiltrant, entraînent les molécules de la terre himonéuse qui contient la matière du feu fixe , ainsi que celle du fer, et ces molécules saisies par l'acide , ont produit des pyrites dont létablisséement s'est fait de la même manière qué celui des petites couches de plâtre ou de pierre calcaire entre les lits de glaise. La seule différence est que ces dernières matières Sont en petites couches continues et d'égale épaisseur ; au lieu que les pyrites sont pelotonnées sur un centre ou aplaties en forme de galets , et qu'elles n’ont entre elles ni continuité , ni contiguité, que par un petit cordon de matière pyriteuse , qui souvent communique d'une pyrite à l’autre.

4v. L'on trouve aussi dans les glaises des petites masses de charbon deterreet dejayet, et de plus il me parait qu'elles contiennent une matière grasse quüi les rend imperméables à l’eau (1). Or, ces matières huileuses ou bitumineusés , ainsi que le jayet et le charbon de terre, ne proviennent que des détriments des animaux et des végétaux, et ne se

trouvent dans la glaise ; que parce qu’origi-

airement, lorsqu'elle a été transportée et déposée par les eaux de la mer, ces eaux étaient mêlées de terres limoneuses , et déjà fortement imprégnées des huiles végétales et

“animales , produites par la pourriture et la

décomposition des êtres organisés ; aussi plus ondescend dans la glaise, plus les couches paraissent être bitumineuses ; et ces couches inférieures de la glaise se sont formées en même tenrps que les couchés de charbon de terre, toutes ont été établies par le mouvemént et par les sédiments des éatx qui ont transporté et mêlé les glaises avec les débris des coquilles et les détriments des végétanx.

50, Les glaises ont communément une cou- Jeur grise ; bleue, brune ou noire , qui devient d'autant plus foncée qu’on descend plus profondément (2); elles exhalent en même

(1) Nota. C'est probablement par l'affinité de son huile avee les autres huiles ou graisses, que la glaise peut s’en imbiber etes enlever sur les étoffes ; c’est cette huile qui la rend pétrissableet douce au toucher, et lorsque cetté huile se trouve mêlée avec des sels , elle forme une terre savonneuse telle que la térre à

foulon. | # (2) H y a des différenees très-marquées entre une + %

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tempsune’odeur bitumineuse , et, lorsqu'on les cuit au feu , elles répandent au loin l'odeur de Pacide vitriolique ; ces indices prouvent encore qu’elles doivent leur couleur au fer , et que, les couches inférieures recevant les égouts des couches supérieures , la teinture du fer y est plus forte et la quantité des acides plus grande ; aussi cette glaise dés couches les pl@s basses est-elle non-seulement plus brune ou plus noire, mais encore plus

compacte , au point de devenir presque awss; dure que la pierre ; dans cet état la glajse prend le nom de schiste et d'ardoise; ot quoique ces deux matières ne soient vraiment que des argiles durcies, comme elles en ont dépouillé la ductilité, qu'elles semblent aussi

avoir acquis de nouyelles qualités, nous-

avons cru devoir les séparer des argiles et des glaises, et en traitér dans l’article suivant.

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