‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 287 sur 304 · DC LU · texte numérisé non relu

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connaît jusque dans leurs molécules; et j'imagine que comme elles sont mêlées de particules micacées en assez grande quantité, chaque paillette de mica aura dû attirer l'humidité de chaque molécule d'argile, et que le bitume qui se refuse à toute humidité, aura pu durcir l'argile au point de la changer en schiste et en ardoise; dès-lors les molécules d'argile seront demeurées sèches, et les schistes composés de ces molécules desséchées et de celles du mica , auront acquis assez de dureté pour être , comme Îles bitumes ,-impénétrables à l’eau; car indé-

endamment de l'humidité que les micas ont

dû tirer de l'argile , on doit encore observer

qu'étant mélés en quantité “dans: tous les

schistes et ardoises, le y a mn ces ‘particules sèches qui paraît être moins intime RU. a un pr de petits vides par lesquels l'humidité contenue dans les molécules d'argile a pu s'échapper.

Cette quantité de mica que contiennent les ardoises, mè semble leur donner quelques rap avec les tales ; et si l'argile fait le fonds de la matière de l’ardoïse, on peut croire que le mica en est l’alliage et lui donne la forme ; car les ardoises se délitent comme le tale , en feuilles minces , elles participent de sa sécheresse et résistent de même aux impressions des éléments humi-

des ; enfin elles se changent également en

verre brun parun feu violent. L'ardoise paraît donc participer de la nature de ce verre primitif ; on le voit en la considérant attentivement au grand jour, sa surface présente une infinité de particules micacées, d'autant

plus apparentes que l'ardoise est de meil-

leure qualité.

La bonne ardoise ne se trouve jamais dans :

les premières couches da schiste; les ardoisières les moins profondes sont à trente ou quarante pieds ; celles d'Angers sont à deux cents. Les derniers lits de l’ardoise comme ceux de l'argile , sont plus noirs que les premiers : cêtte ardojse noire des lits inférieurs, exposée à l'air pendant quelque temps, prend néanmoins comme les autres la couleur bleuâtre que nous leur connaissons et que toutes conservent très-long-temps; elles ne perdent cette couleur Bleue que pour en prendre une plus tendre d’un biane grisätre , et c'est alors qu'elles brillent de tous les reflets des particules micacées qu'elles contiennent , et qui se montrent d'autant plus, que ces ardoises. ont été plus anciennement exposées aux impressions de l'air,

. » de façon que ceux d'en bas ont vi

L’ardoise ne se trouve pas dans les argiles molles et pénétrées de l'humidité des eaux , mais dans les schistes qûi ne sont eux-mêmes que des ardoises grossières ; les minières»

.d'ardoise s’annoncent ordinairement (E) par

un lit de schiste noirâtre de quelques pouces | d'épaisseur, qui se trouve immédiatement sous la couche de terre végétale, ce premier lit de pierre schisteuse est divisé par un grand nombre-de fentes verticales, comme le sont les premiers lits des pierres calcai-

« (1) L'ardoïse d'Angers est formée par des bancs » plus ou moins hauts, d’une pierre-qu’on lève aisé- »mentpar feuillets , et qui sont inelinés à l'horizon :

.» ces bancs ont en général une hauteur verticale assez

» considérable ; les premiers sout ordinairement ceux » qui sont les moins hauts, et celui quicest à la sur- » face de la terre n’est souvent composé que de petits” » quartiers de pierres qui ont une figure rKombot » dale, et qui se détachent aisément les uns des au- » tres. . PA '

» Après ce banc, il n'ést pas rare d’en voir qui ont » plusieurs pieds de hauteur, ‘et cette hauteur aug- » mente à mesure que les bancs sont plus profonds, . Lu ngt à trente pieds » dans cette dimension, sur une largeur indétermi- » née : ce sont communément ceux qui se délitent » ayec le plus de facilité ; ils sont aussi d'une pierre » plus fine, et probablement plus homogène,

. » Ces lits sont rarement séparés les uns des gutres » par des couches de matières étrangères. ... on ne » peut pfesque jamais creuser une carrière d'ardoise, » au-delà de vingt-cinq foncées ou deux cent vingt- » cinq pieds ; on en est empéché par le dauger où l'on » pourrait s trouvérdans Jes dernières, les chutes » de pierres devenant plus à craindre.

» Ordinairement la pierre des dernières foneées est mla plus parfaite; il n'ÿ à cependant pas de règle

» sûre à ce sujet, quelquefois la pierre qu'on tire » après la première découverte, se trouve bonne pen- » dant deux ou trois foncées, et elle se dément eu- » suite pendant quatre ou cinq; d’autres fois la car- » rière ne donne de bonne Pierre qu’à Ja quinzième » où seizième foncée... d'autres fois enfin la carrière » continue à ne rien valoir ; telles ont été celles de » terre rouge et de la maze.:.…. r 4

» Un point intéressant , c’est de détacher les lames » d’ardoise d'une manière uniforme ; de manière » qu’elles aient une égale épaisseur dans toute leur » étendue.... La facon dont les bancs d’ardoise sont » composés , facilite ce travail; ce sont en quelque » sorte de grands feuillets appliqués les uns sur les » autres et posés de champ ; ainsi les ouvriers les » écartent perpendiculairement au moyen de leurs » coins : cette direction doit faire que les quartiers » qu’on veut détacher ne résistent pas beaucoup aux » efforts des ouvriers. » (Mémoires de M. Guettard,

dans ceux de l'Académie des sciences , année 1757, pag. 52 et suiv.)

LAS" De K#S # & 0 Fr î . | DES MINÉRAUX. 430 res, et l’on peut également en faire du profondeur plus que celle où se trou-

moellon ; mais ce schiste, quoique assez.dur, west pas aussi sec qüe l'ardoise ; il est même .spongieux et se ramollit par l'humidité lorsqu'il y est long-temps exposé. Les bancs qui sont au-dessous de ce premier lit, ont plus d'épaisseur et moins de fentes verticales, leur continuité augmente avec leur masse à mesure que l’on descend, et il n’est pas rare de trouver des banes de cette pierre schisteuse de quinze ou vingt pieds d'épaisseur Sans délits remarquables. La finesse du grain de ces schistes, leur sécheresse , leur pureté et leur couleur noire augmentent aussi en raison de leur situation à de plus grandes . profondeurs , et d'ordinaire c’est au plus bas : que se trouve la bonne ardoise.

» … L'on voit sur quelques-uns de ces feuillets

: d'ardoïse des impressions de poissons à.

écailles, de crustacées et de poissons mous ; dont les analogues vivants ne nous sont pas connus, et en même temps on n'y voit que très-peu ou point de coquilles (1). Ces deux faits paraissent au premier coup d'œil difi-

. on ne peut douter que les ardoises ne soient au moins en partie composées, contiennent une infinité de coquilles, et rarement des

empreintes de poissons. Mais on doit obser-

. ver que les ardoises et surtout celles où Fon trouve des impressions de poissons, sont toutes situées à une grande profondeur ; et

qu'en même temps les argiles contiennent

une plus grande quantité de coquilles dans leursdits supérieurs que dans les inférieurs ,

| A et que même lorsqu'on arrivé à une cextaine L E profondeur, on n’y trouve plus de coquilles; M. “à d'autre part on sait que le plus grand nom- Dre des coquillages vivants ar en à 14 des rivages ou les terrains élevés dans le 4 x fond de la mer, et qu'en même temps il gs quelques espèces de poissons et de coquilla-

| p ges qui n’en habitent que les vallées à une MES Mie, » do UE” |

feuilles assez grandes et assez arts e des # tables, qui font un article considérable d'exp

| d'insectes etde poissons,

Jagr deur ne laissaient rien à désirer. (LeLtres sur la

. — Parmi ces ardoises ,°n en trouve une qua

. pombrable qui portent les plus belles empreintes de plantes marines el terrestres,

soit entiers, soit en squelettes : j'en ai vu de choisies

s le Blattenberg , dont la netteté , la perfection et

Suisse, par M. Will. Coxe , avec les additions de

M. Ramond , tome 1, page 69.)

l'eau. Nous observerons aussi qu'avant de se

éiles à concilier, d'autant que les argiles dont witrifier, ils brûlent en partieen exhalant une

vent communément tous les autres poissons et coquillages. Dès-lors on. peut penser que les sédiments argileux , qui ont formé les ardoises à cette plus grande profondeur n'auront pu saisir en se déposant que io pèces , en petit nombre , de poissons ou de coquillages qui habitent les bas-fouds, tandis que les argiles qui sont situées plus haut que les ardoises , auront enveloppé tous les coquillages des rivages et des hauts-fonds , oùils se trouvent en bien plus grande quanlité (2). F | Nous ajouterons aux propriétés de l'ardoise , que quoiqu'elle soit moins dure que la plupart des pierres calcaires, il faut néanmoins employer la masse et les coins pour la ürer de sa carrière; que la bonne ardoise ne fait pas effervescence avec les acides , et qu'aucune ardoise ni aucun schiste ne se réduisent en chaux, maïs qu’ils se convertissent par un feu violent en une sorte de verre brun, souvent assez spuméux pour nager sur

odeur bitumineuse ; et enfin que L

les réduit. en poudre ; SU del ab ke à

douce au toucher comme la poussière de l'ar-

gile séchée ; mais que cette poudre d’ardoise |

e avec de l’eau , ne reprend pas en

se séchant sa dureté, ni même autant de Le même mélange de bitume et de à

comme celles erber rapporte de M. Moreni de quelques poissons du E

ronais appelée Monte-Bolca. (Lettres sur la logie, par M. Ferber, page 27.) — ser vons que ces poissons , dont les analogues vivants existent eucore, n'ont été pétrifiés que bien Jong-temps après ceux dont les espèces sont perdues ; aussise Lrou nt. ils au-dessus des montagnes, tandis que les au ne se trouvent que dans les ardoises de grandes profondeurs, .

calement; si l'eau n’est pas pompée parla J'ai dit que les collines calcaires avaient succion capillaire, et qu’elle n'’humecte pas l'argile pour base, et j'ai entendu non-seulel’ardoise au-dessus de son niveau, on aura la mentles glaises où argiles molles communes, preuve de son excellente qualité , car les mais aussi les schistes ou argiles desséchées ; mauvaises ardoises ; et même la plupart de la plupart des montagnes celcaires sont pocelles qu'on emploie à la couverture des bâ- séés sur l'argile ou sur le schiste (2). « Les 42 timents , sont encore spongieuses et s’imbi+ » montagnes, dit M. Ferber, de la Styrie És | bent plus ou moius de l'humidité , en sorte » inférieure, de toute la Carniole, et jusqu'à Po à que la feuille d'ardoise dont le bord est » Vienne en Autriche, sont formées de cou- # plongé. dans lea, s'humectera à plus ou » ches horizontales plus où moins épaisses 07) « moins dé hauteur en raison de sa bonne ou » (de pierre calcaire), entassées les unes sur ee mauvaise qualité (1) ; la bonne ardoise peut ?» les autrés,-€t ont pour base un véritable #4 se polir , et on en a fait des tables de toutes » schiste argileux ; c’ést-à-dire une ardoise | dimensions ; on en a vu de dix à douze pieds » bleue ou noire, ou bien un schiste de corne e ; . à longueur sur une largeur proportionnée. “A fnélan de grirts "eh de mica F pénétré "LR | Quoiqu'il y ait des schistes plus ou moins » d’une petite partie d'argile. J'ai eu, dit-il, . .-durf,- on doit dire qu'en général » ‘presque à chäque pas l'occasion de me ils sont e plus tendres que l'ardoise, et » convaincre que ce schiste s'étend sans in- F2 etat eont d'i | ï terruption sous € ÿ ne cd quela plupart sont d'une couleur moins fon- » et ces montagnes calcaires; cée;ils ne se divisent pas en feuillets aussi » quelquefois même on le voit à découvert minces que l'ardoise , et néanmoins ils con- » $ élever au-dessus da rez de terre, mais tiennent souvent. une plus grande quantité » lorsqu is en montré pendant un certain de mica , mais l’argi en fait le fonds est temps ; il s'enfouit de nouveau soûs la vräisemblablement composée de molécules », pierre calcaire (3). » F4 à * grôssières, et qui, quoiqu'eu partie dessé- L’argile ; ou sous sa propre forme, ou sous chées’, conservent encore leur qualité spon= celle d’ardoise et de schiste,.compose donc gieuse et peuvent s'imbiber d'eau, ou bien la P ère terre, et forme les premières leur mica plus aigré et moins atténué, n'a COUC en aient été transportées et dépo- pas acquis en s’adoucissant cétte tendance x sées par les eaux; et ce fait s’unit à tous les

; à <s la conformation talqneuse on feuilletée qu'il gr por prouver que les: matières vi- MS + paraît communiquer aux ardoises ; aussilors- trescibles sont les substances premières et

CAPE OR — Le débris, est la-première |

+ RTS . dét à l'air et ne peut servir aux mêmes bris , est la première terre qui ait eouvert EST. gerque ‘ardoise, mais on peut Pemployer la surface du globe. Nous avons vu de plus | enr sses pour bâtir. ‘à ATV : : | |

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Port schiste en lames minces , ilse primitives; puisque Fargile formée de leurs X :

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