‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 286 sur 304 · DES SCHISTES ET DE L'ARDOISE · texte numérisé non relu

DES SCHISTES ET DE L'ARDOISE

L'arcne diffère des schistes et de l'ardoise, en ce que ses molécules sont spongieuses et molles; au lieu que les molécules de V'ardoise ou du schiste ont perdu cette mollessé et cette texture spongieuse, qui fait que l'argile peut s'imbiber d'eau; le dessechement seul de l’argilépeut produire cet effet, surtout si elle a été exposée à une longue et forte chaleur, puisque nous avons vu

couche de glaise et une autre couche; celles qui se trouvent immédiatement sous la terre végétale, sont un peu jaunâtres et marbrées de jaune et de gris; celles qui suivent, sont ordinairement d'un grisbleuâtre qui devient d'autant plus foncé et plus brun qu'elles s'éloignent davantage de la superficie de la terre, et la plupart des couches les plus profondes sont presque noires, et elles brûlent quelquefois, s’enflamment et répandent une odeur bitumineuse comme le charbon de terre ; la cause de ces différences me paraît assez évidente, car les premières couches de glaise , étant continuellement humectées par les eaux pluviales , qui ne font que cribler à travers la couche de terre végétale sans s’y arrêter ,'ne sont molles que parce qu'elles sont toujours imbibées d'eau qui ne peut s'écouler dans cette Lerre qu'avec lenteur, et les couches inférieures , au contraire, étant d'autant plus comprimées par les couches supérieures, qu'elles sont plus profondes, et l'eau y pénétrant plus difficilement , sont aussi d'autant plus compactes et d’autant plus dures. | M *{

Les couches d'argile les plus superñcielles sont

jaunâtres où mélées de jaune et de gris, parce que les

eaux pluviales, en s’infiltrant dans la couche de terre végétale , qui est toujours d'un jaune plus ou moins foncé , entraînent les molécules de cette terre les plus atténuées , et en s'écdulant dans les couches de glaise les plus proches y déposent cette terre jaune, et leur communiquent ainsi cette couleur ; ces eaux arrivant encore chargées de cette même terre à des couches trop compactes et trop dures pour pouvoir s'y infilirer ; elles serpentent entre les fentes et les joints de ces couches , et ahandonnent peu à peu cette terre jaune dont on peut suivre la trace à de grandes profondeurs, (Suite de la note communiquée par M. Nadault.)

ci-devant qu'en réduisant cette argile cuite en poudre, on ne peut plus en faire une pâte ductile; mais il me parait aussi mélanges ont pu contribuer à diminuer cett mollesse naturelle de l'argile et à Ia conve L tir en schiste et en ardoise: Je premier de ces mélanges est celui du mice, le is celui du bitume : car toutes les ardoises t les schistes sont plus ou moins parsemés “# pétris de mica, et contiennent aussi une Certaine quantité de bitume plus grande dans les ardoises, moindre dans la plupart des schistes, et rendue sensible dans par la combustion. |

Ce mélange de mica et cette teinture de bitume nous montrent la production des schistes et des ardoises comme une formation secondaire dans les argiles | et même À fixent l'époque par deux circonstances remarquables : la première est celle du mica disséminé , qui prouve que dès-lors leë eaux avaient enlevé des particules de la surface des roches vitreuses primitives et surtout des granites dontelles transportaient les débris: car dans-les argiles pures il ne se trouve pas de mica, où du moins il y a changé de nature par le travail intime de l'eæu sur les

poudres vitrescibles dont a résulté la terre

argileuse. La seconde circonstance est celle

du bitume dont les ardoises se trouvent plus où moins imprégnées ; ce qui, jointaux em-

preintes d'animaux et de Végétaux sur ces |

matières , prouve démonstrativement que leur formation est postérieure à L'établissement de la nature vivante dont elles contiennent des débris. |

La position des grandes couches » des schistes et des lits feuilletés des ardoises , mérite encore une attention particulière: les lits de l'ardoise n’ont pas régulièrement une position horizontale ; ils sont souvent fort in-

que deux

tous deux :

Er ar 2e

DES MINÉRAU X.

clinéscomme ceux des charbonsde terre (1) ; analogie que l'on doit réunir à celle de la . présence du bitume dans les ardoises ; leurs

inélinaison, cequi prouve que les lits ont été déposés suivant la pente du terrain, et que les feuillets se sont formés par le dessèchement et la retraite dela matière, suivant des lignes plus ou moins approchantes de la perpendiculaire. bd vd Les couches des schistes infiniment plus considérables et plus communes que les lits » d'ardoise (2), sont généralement adossées ‘aux flanés des montagnes primitives , el descendent avec elles pour s'enfouir dans les wallons , et souvent reparaître au-delà en se relevant sur la montagne opposée (3).

(1) Dans les ardoisières d'Angers, les lits sont presque perpendiculaires ; ils sont aussi fort nous à » Mézières près de Charleville, à Lavagna dans l'Etat de Gênes : cependant en Bretagne , les ardoises sont par lits horizontaux comme les couches de L argile. | (2) On n'a que deux où trois bonnes cartières d'ardoise en France; on n'en connaît qu'une ou deux en Angleterre , et une seule en Italie, à Lavagna , dans les États de Gênes ; cette ardoise, quoique noire,

rest très-bonne ; toutes les maisnns de Gênes en sont

couvertes , et l’on en revêt l'intérieur des citernes ,

* lesquelles on conserve l'huile d'olive à Lucques

ét ailleurs : l'huile s'y conserve mieux que dans les

r citernes de plomb ou enduiles de plâtre.

(3) Le pays schisteux (de la partie des Cévennes voisines de la montagne de l'Espéron) commence à partir & village de Beaulieu , par le chemin qu conduit au Vigan ; et lorsqu'on est arrivé au FUISSEAN de

» Gazel,: on tronve des tales ; quand on est au Cap

de Morèse et que l'on a descendu environ cinquante toises dans un petit vallon, on trouve des rochers de schiste et d'ardoise propres À couvrir les maisons : le milieu du cop de Morèse qui regarde le levant, est de talc; les rochers qui commencent à la rivière d'Arré, et qui se continuent jusqu'au pont de l'Arbon, sont de schiste très-dur et d'ardoise qui s'exfolie

» aisément : cette étendue peutavoir environ une demi-

liéue en loñgueur et largeur ; dès qu'on est parvenu À mi-côte..… ontrouve de grandes tables de schiste, qui composent la couverture du terrain schisteux et ardoisé : ce schiste est ordinairement très-dur, parsemé dans toutes ses parties , d'un quartz également très-dur , et qui forme avec lui une liaison intime... Ces rochers schisteux se divisent par couches , depuis quatre lignes jusqu’à trois pouces d'épaisseur ; ils sont presque toujours dans des bas-fonds, ensevelis à un ou deux pieds dans la terre : le rocher qui donne de l'ardoisé tendre prend toujours de la dureté quand elle est exposée à l'air; toutes les maisons de ces cantons sont couvertes de cette ardoise. Lorsqu'on monte sur la montagne de l'Espéron, qui commence au cap de Coste , situé sur le chemin qui se trouve

ui iaus M US A ee

feuillets se délitent suivant le plan de cette .

Après le quartz et le granite , le schiste est la plus abondante des matières solides du genre vitreux. II forme des collines et enveloppe souvent les noyaux des montagnes jusqu'à une grande hauteur, La plupart des monts les plus élevés, n’offrent à leur sommet que des quartz ou des granites ; et ensuite surleurs pentes et dans leurs contours, ces mêmes quartz et granites qui composent le noyau de la montagne sont: environnés d'une grande épaisseur de schiste , dont les couches qui couvrent la base de lamontagne, se trouvent quelquefois mêlées de quartz et de granites détachés du sommet.

On peut réduire tous les différents schistes à quatre variétés générales : la première , des schistes simples qui ne sont que des argiles plus où moins durcies ; et qui ne contiennent que très-peu de bitume et de mica; la seconde, des schistes qui, comme l'ardoise , sont mêlés de beaucoup de mica etd'une assez grande quantité de bitume pour en exhaler l'odeur au feu; la troisième, des schistes où le bitume est en telle abondance , qu'ils brûlent à peu près comme les charbons de terre de mauvaise qualité ; et enfin les schis-

tes pyriteux qui sont les plus durs de tous dans leur carrière , mais qui se décomposent dès qu'ils en sont tirés, et s’eflleurissent à l'air et par l'humidité. Ces schistes mêlés et pénétrés de matière pyriteuse , ne sont pas si communs que les schistes imprégnés de bitume ; néanmoins on en trouve des couches et des bancs très-considérables, en quelques endroits (4). Nous verrons dans la suite que Re és ST presque au haut de la montagne, on observe que le. rocher n'est que de schiste ou d'ardoise ; il se conti nue sur toute la surface de la montagne qui est vis-àvis de Montpellier, au-dessus du logis du cap de * Coste : la plus grande partie du terrain est d'ardoise assez tendre. (Mémoires de M. Montet dans ceux de l'Académie des sciences, année 1777 , page 640.) : (4) « Plus on avance , dit M. Monnet, vers la Ferrière-Bechet en Normandie , plus la roche de cette chaîne de collines devient schisteuse, et lorsqu'on est parvenu dans le village , on trouve-que laroche a fait un saut considérable ; car on ne voit alors qu’un schiste noir et feuilleté, en un mot, un vrai schiste pyriteux.,.. La couleur noire de cette substance qui paraissait ai jour fit croire à différents particuliers qu'elle était de même nature que le crayon noir... Le curé de la Ferrière-Bechet fit

sait le meilleur , e’est-à-dire le plus noir.... Mais tandis qu'il formait des projets de fortune , on staperçut que les traces que l'on faisait avec cette matière disparaissaient , et que cette même matière,

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fouiller dans sa cour , où ce prétendu crayon parais-

NRC em

cette matière pyriteuse est très-abondante à la surface et dans les premières couches de la terre.

Tous les schistes sont plus ou moins mélangés de particules micacées , etil y en a dans lesquels le mica paraît être en plus grande quantité que l'argile (1). Ces schistes ne contenant que peu de bitume et beaucoup de mica , sont les meilleures pierres dont on puisse se servir pour les fourneaux de fusion des mines de fer et de cuivre; ils résistent au feu plus long-temps que le grès quis'égrène, quelque dur qu'il soit; ils réajstent aussi mieux que les granites , qui se fondent à un feu violent et se convertissent en émail ; et ils sont bien préférables à la pierre calcaire, qui peut à la vérité résister pendant quelques mois à l’action de ces feux , mais qui se rcduit en poussière de chaux, au moment qu'ils cessent , et que l'humidité de l'air la saisit ; au lieu que les schistes conservent leur nature et leur solidité pendant et après l'action de ces feux continuée très-long-

» mise en tas, s'échauffait et tombait en poussière, » que les eaux qui l'avaient lavée étaient vitrioliques » et alumineuses..... A. ÿ

» Par tout ce que nous venons de-dire, on voit » que le schiste de la Ferrière-Bechet diffère essen- » tiellement de beaucoup de schistes colorés et de » beaucoup d’autres qui ne le sont pas : on a donc »* eu grand tort de le confondre avec eux, et surtout » de lui attribuer les mêmes qualités , comme d’'en- » graisser les terres... Quelques particuliers ayant » mis de cette matière dans leurs champs, elle y » brüla tout en fleurissant. » (Mémoire sur la carrière de schiste de la Ferrière-Bechet ; Journal de Physique, mois de septembre 1777 , pages 214 et suiv.)

(1) Le macigno des Italiens est un sghiste de cette espèce, il y en a des collines entières à Fiesoli près de Florence : « Les couches supérieures de ces car- » rières de macigno, dit M. Ferber, sont feuilletées » et minces ; entremélées de petites couches argileu- » ses» ( l'auteur aurait dû dire limoneuses; car je suis persuadé que ces petites couches entremélées sont de terre végétale et non d'argile); « le macigno » devient plus compacte en entrant dans la profon- » deur et ne forme plus qu'une masse, on en tire de » très-grands blocs... . On trouve par-ci par-là dans » le macigno compacte des rognons d'argile endurcie » et une multitude de petites taches noires , quelque- » fois même des couches ou veines de charbon de » terre » (autre preuve que ce n’est pañ de l'argile ;

nais de la terre végétale ou limoneuse ; c’est le bitume decette terre limoneuse qui a formé les taches noires) : « il y a du macigno de deux couleurs ; mais le meil- » leur pour bätir et le plus durable , est celui qui est » d’un jaune grisêtre, mélangé d'ocre ferrugineuse. » (Lettres sur la Minéralogie, ete., page 4.)

temps (2); car cette action se borne à entamer leur surface ; et il faudrait un feu de plusieurs années pour en altérer la masse à quelques pouces de profondeur.

- Les lits les plus extérieurs des schistes, c'est-à-dire ceux qui sont immédiatement sous la couche de terre végétale, se divisent en grands morceaux qui affectent une figure rhomboïdale (3) ; à peu près comme les grès

(2) 11 y a à Walcy, à dix lieues de Clermont en Argone, près de Sainte-Menehould , une pierre dont il semble qu'on peut tirer de très-grands avantages ; elle est de couleur argileuse, sans fentes et sans gerçures , même apparentes ; l'eau-forte n'y fait aucune impression : sa principale propriété est de pouvoir résister à Vaction du feu le plus violent sans se calciner, si elle est employée’sèche ; elle peut servir À la construction des voûtes de fourneaux de verreries , de faïenceries , etc. ; on assure qu’elle y dure vingt ans sans altération. (Journal historique et politique, de juillet 1774, page 173.)

(3) Cette propriété , dit M. Guettard, est trop sin= gulière pour n'en pas dire ici quelque chose : c'est ordinairement dans les petits morceaux qui composent le banc le plus extérieur , et qu'on appelle cosse,

mois

que celte figure se remarque principalement ; ces mor:

ceaux forment des rhombes , des quarrés longs , des quarrés presque parfaits, des rnomboïdes ou des figures coupées irr égulièrement, mais dont les faces ae toujours d'un parallélogramme : on ne distingue pas aussi-bien ces différentes figures dans les quartiers des

grands bancs ; on peut cependant dire que ces bancs - forment de grands quarrés longs assez réguliers : c'est 4

une idée qui se présente d'abord lor.

: squ’on odbserve exactement une carrière d'ardoise, c’est adsl

celle que j'ai prise en voyant la carrière de la Ferrière , en Normandie, "

Cette carrière, de même que celle d'Angers ; a un banc de cosse qui peut avoir un pied ou deux, ce banc n'est qu’un composé de Petites pierres posées obliquement sur les autres qui se détachent assez facilement, et qui affectent la figure d'un parallélogramme régulier ou irrégulier : leurs côtés sont unis, ordinairement bien plans, ce qui fait que les pierres tiennent peu, et qu’il est aisé de les séparer les unes des autres ; lorsque ces côtés sont coupés obliquement, l'union de ces pierres est plus grande, elles sont en quelque sorte mieux entrelacées ; et font un banc plus diflicile À rompre , quoiqu'en général il le soit peu. s Les lits qui suivent celui-ci sont beaucoup plus considérables en hauteur ; leurs Pierres ne sont pas en petites masses comme celles du lit précédent , elles ont quelquefois quinze ou vingt pieds de hauteur, au lieu que les pierres du lit de cosse u’ont quelquefois que deux ou trois pouces de longueur , sur quelquesuns de largeur et d'épaisseur... , .

Celles des autres bancs qui ont vingt pieds de hauteur, sont ordinairement des banes lesplus inférieurs et même de ceux dont on fait usage; les bancs qui

Ca

DES MINÉRAUX

"qui sont mêlés de matière calcaire, affectent cette même figure en petit; et dans les lits inférieurs des schisfes , cette affectation de

« figure est beaucoup moins sensible et même ne se remarque plus ; autre preuve que la figuration des minéraux dépend des parties organiques qu'ils renferment; car les premiers lits de schiste reçoivent par lastillation des eaux les impressions de la terre’végétale qui les recouvre , et c’est par l’action des éléments actifs contenus dans cette terre, que les schistes du lit supérieur prennent une sorte de figuration régulière, dont Pap-

parence ne subsiste plus dans les dits inférieurs , parce qu'ils ne peuvent rien recevoir de la terre végétale, en étant trop éloignés ct séparés par une grande épaisseur de matière impénétrable à l’eau, ,

Au reste le schiste commun ne se délite pas en feuillets aussi minces que l'ardoise, et il ne résiste pas aussi long-temps aux im pressions dés éléments, humides ; mais il résiste également à l’action du feu avant de se yitrifier ; et comme il contient une petite quantité de bitume , il semble brüler avant

- . de se fondre, et comme nous, venons de le dire , il y a mème des schistes qui sont presque aussi inflammables que le charbon de terre; ce dernier effet a déçu quelques muinéralogistes, et leur a fait penser que le fond

du charbon de terre, n’était , comme celui des schistes, que de l'argile mêlée de bitume; tandis que la substance de ce charbon.

est, au contraire, de la matière végétale plus ou moins décomposée, et que, s'il se trouve de l'argile mêlée dans le charbon , ce n'est que comme matière étrangère; mais il ?

est yrai que la quantité de bitume et de matière pyriteuse, est peut-être aussi grande dans certains schistes que dans les charbons de terre impurs et de mauvaise qualité ; il y

- a même des argiles, surtout dans les couches les plus basses, qui sont mêlées d'une assez grande quantité de bitume et de pyrite pour

précèdent approchent plus ou moins de cettehauteur, selon qu'ils en sont plus voisins, et la hauteur est toujours proportionnée à la profondeur : c'est aussi, suivant ce rapport , qu'ils sont d’une pierre plus fine et plus aisée à travailler... On fouille cinquante , soixante pieds et même davantage, avant de trouver un bon banc ; et lorsqu'on l'a atteint, on continue de fouiller jusqu'à ce que le bane change , de sorte que ces carrières ont quelquefois plus de cent pieds de profondeur. (Mémoires de M, Guettard, dans ceux de l'Académie des sciences, année 1757, page 52.)

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“tant plus de bitume, qu’ils sont situés plus

devenir inflammables ; elles sont en même temps sèches et dures à peu près comme le schiste, et ce bitume des argiles et des schistes s'est formé dès les premiers ‘temps de la

nature vivante par la décon ion des .

végétaux et des an.maux , dont les “rt fe.

les graisses saisies par l'acide, se sont con- Ü verties en bitumes ; et les schistes comme 2 les argiles , contiennent ordinairement d'au- é È

profondément et qu’ils sont plus voisins des veines de charbon auxquelles ils servent de lits et d'enveloppe; ear lorsqu'on ne trouve pas l’ardoise au-dessous des schistes, on peut espérér d'y trouver des charbons de terre. |

Dans les couches les plus profondes, il x.

a aussi des argiles qui ressemblent aux schistes et même aux ardoises par l'apparence de leur dureté , de leur couleur et de leur inflammabilité ; sependant cette argile exposée à l'air , démontre-bientôt les différences qui la séparent de l'ardoise, elle n’est pas long-temps sans s’exfolier ; s'imbiber d'humidité é se ramollir et reprendre sa qualité d'argile ; au lieu que les ardoises, loin de s'amollir à l'air, ne font que s’y durcir da- v vantage, et l’on doit mettre les mauvais schistes au nombre de ces argiles dures.

Comme toutes les argiles, ainsi que les schistes etJes ardoises, ont été primitivement formées des sables vitreux atténués et décomposés dans l’eau, on ne peut se dispenser d'admettre différents degrés de décomposition dans ces sables; aussi trouveton dans l’argile des grains encore {entiers de ce sable vitreux qui ne sont que peu ou pointaltérés ; d’autres qui ont subi un plus grand degré de décomposition. On y trouve de mème des petits lits de sable à demi décomposé , et dans les ardoises et les schistes le mica y est souvent aussi atténué, aussi doux au toucher que le talc ; en sorte qu'on peut suivre les nuances successives de cette décomposition des sables vitreux, jusqu'à leur conversion en argile. Les glaises mélangées de ces sables vitreux trop peu décomposés ; n’ont point encore acquis leurentière ductilité ; mais en général l'argile même la plus molle, devient d'autant plus dure qu’elle est plus desséchée et plus imprégnée de bitume, et d'autant plus feuilletée qu'elle est plus mêlée de mica. » "

Je ne vois pas qu'on puisse attribuer à d'autres causes qu'au dessèchement et au mélange du miea et du bitume , cette sécheresse des ardoises et des schistes qui se re-

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