‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 290 sur 304 · RS · texte numérisé non relu

RS

DES MINÉRAUX

se formaient et prenaignt de la consistance

par la réunion de leurs propres parties. Ce-

pendant la dureté des matières calcaires est

toujours inférieure à celle des matières vi- - treuses qui n'ont point été altérées ou décomposées par l’eau : les substances coquilleuses , dont les pierres calcaires tirent leur origine, sont par leur nature d’une consistance plus molle et moins solide que les matières vitreuses ; mais quoiqu'il n y ait point de pierres calcaires aussi dures que le quartz ou les jaspes, quelques-unes , comme les marbres, le sont néanmoins assez pour recéevoir un beau poli. Fyt y

La craie, même la plus durcie , n'est susceptible que du poli gras que prennent les matières tendres ,.et se réduit au moindre effort en une poussière semblable à la poudre des coquilles : mais quoiqu'une grande partie des craies ne soient en effet que le débris immédiat de la substance.des coquilles , on ne doit pas borner à cette seule cause la production de toutes les couches de eraïe qui se trouvent à la surface de la terre ; elles ont , comme les sables vitreux, une double origine; car la quantité de la matière coquilleuse réduite en poussière, s'est très-considérablement augmentée par les détriments et les exfoliations qui ont été détachés de

* a surface des masses solides de pierres cal-

caires , par l'impression des éléments-humides ; l'établissement local de ces masses scalcaires parait en plusieurs endroits avoir

précédé celui des couches de craie. Par

exemple, le grand terrain crétacé de la

Champagne , commence - au-dessous de Troyes et finit au-delà de Rhétel ; ce qui fait une étendue d'environ quarante lieues ; sur dix ou douze de largeur moyenne ; et la montagne de Reims qui fait saillie sur ce terrain , n’est pas de craie, mais de pierre calcaire dure : il en est de même du mont Aimé ; qui est isolé au milieu de ces plaines de craie , et qui est également composé de bancs de pierres dures très-différentes de la craie , ebqui sont semblables aux pierres des montagnes situées de l'autre côté de Vertus et de Bergères. Ces montagnes de pierre dure paraissent donc avoir surmonté de tout ‘temps les collines et les plaines où gisent actuellement les craies , et dès-lorson peut

présumer que ces couches de craie ont été

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formées , du moins en partie, par des exfoliations et les poussières de pierre calcaire que les éléments humides, auront détachées de ces montagnes, et que les eaux auront

entrainées dans les lier TE ù gi actuellement Ia craie. Lee ue cause de la production des craies est subordonnée à la première, et même dans plusieurs endroits de ce grand terrain crétacé Ja craie présente sa première origine, et ps rail purement coquilleuse; elle.se trouve composée ou remplie de coquilles entières parfaitement conservées , comme on le voit à Courtagnon et ailleurs ; en sorte qu'on ne peut douter que l'établissement local de ces couches de craie mêlée de coquilles, ne se soit fait dans le sein de la mer et par le mouvement de ses eaux. D'ailleurs , on trouve souvent les dépôts ou lits de craie surmontés par d’autres matières qui n'ont.pu être amenées que par alluvion, comme en Pologne, où les craies sont très-abondantes ; @L parliculièrement dans le territoire de Sadki, où M. Guettard dit, d'après Rzaczynski s qu'on ne trouve la craie qu'au-dessous d'hn lit de mine de fer qui est précédé de plusieurs autres couches de différentes matièrés (L):

Ces dépôts de craie formés au fond de la mer par le sédiment des eaux , n'étaient pas originairement d’une matière aussi simple et aussi pure qu'elle l'est aujourd'hui ; car on trouve entre les couches de cette matière crétacée des petits lits de substance vitreuse; le silex, que nous nommons. pierre à fusil , n'est nulle part en aussi grande quantité que dans les craies. Ainsi cette poussière créta cée était mélangée de particules vitreuses et silicées à lorsqu'elle a ‘été transportée et déposée par les eaux ; et après l'établissement de ces couches de craie mêlées de parties silicées , l'eau les aura pénétrées par

infiltration, se sera chargée de ces particules 4

silicées , et les aura déposées entre les couches de craie, où elles se seront réunies.par leur force d'affinité; elles y ont pris la forme et le volume que les cavités ou les interyalles entre les couches leur ont permis de prendre. + sécrétion de silex se fait dans

les craies

l'eau et entrainées par sa filtration , sont également posées entre les grandes couches de craie et d'argile, et disposées de même en lits horizontaux; seulement on observe que les petites masses de pierres calcaires ,

ainsi formées dans l'argile, sont ordinaire-

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(1) Mémoires de l'Académie des sciences, année LA

1762 , page 294.

ies de la même manière que celle de la matière calcaire se fait dans les argiles L ces substances hétérogènes ; atténuées par.

ment plates et'assez minces , au lieu que les masses de silex formées dans la craie, sont presque toujours en petits blocs épais et arrondis. Cette différence peut provenir de ce que la résistance de l'argile est plus grande que celle de la craie; en sorte que la force de la masse silicée qui tend àvse former, soulève ou comprime aisément la craie dont elle se trouve environnée , au lieu que la même force ne peut faire un aussi grand effet dans l'argile qui, étant plus compacte et plus pesante, cède plus diflicilement et se comprime moins. F1 y a encore une difrérence très-apparente dans l'établissement de ces deux sécrétious relativement à Jleur quantité ; dans les collines de craie coupées à pie, on voit partoutces: lits de silex , dont la couleur brune contraste avec le blanc de la couche de craie; souvent il se trouve de distance à autre plusieurs de ces lits toujours posés horizontalement entre les grands lits de craie, dont l'épaisseur est de plusieurs icds , en sorte que toute la masse de craie, jusqu’ a dernière couche , parait être traversée horizontalement par ces petits lits de siléx , au lieu que dans les argiles coupées

de même aplomb, les petits lits de pierre.

‘calcaire ne se trouvent qu'entre les couches supérieures , et m'ont jamais autant d'épaisseur et de continuité que les lits de silex, ce qui paraitencore provenir de Ja plus grande facilité de infiltration des eaux dans la craie

qu'elles pénètrent dans toute son épaisseur ;

au lieu qu'elles ne pénètrent que les premières. Sir de argile ; ne peuvent par conséquent déposer des matières calcaires à une grande profondeur.

La craie est blanche , légère et tendre, et selon ses degrés de pureté elle prend différents noms: Comme toutes lés autres suübstances calcaires , elle se convertit en chaux

ar l’action du feu et fait effervescence avec les acides ; elle perd environ un tiers de son poids par la calcination; sans que son volame en soit sensiblement diminué ; et sans que sa nature en soitessentiéllement altérée,

… car en la laissant exposée à l'air et à la pluie, cette chaux de craie reprend #peu à peu les parties intégrantes que le feu lui avait enlevées, et dans ce nouvel état on peut la calciner une seconde fois, eb en faire de la chaux

d'aûssi abat la ière. n* fraiches sans humidité, On voit même dans : 5 out Le FR 3 nos cotéaux et collines de craie des excava- RC TORRENT RTE 7"

peut même se servir de la craie crue pour faire du mortier, en la mêlant avec la chaux,

… carelle est de même nature que lé gravier

calcaire dont glle ne diffère que par la peti-

tesse de ses grains. La craie que l'on connait sous le nom de blanc d'Espagne, est l'une des plus fines, des plus pures et des plus blanches; on Femploie pour dernier enduit sur les autres mortiers. Cette craie fine ne se trouve Lier GS couches ni même en bancs’, mais dans les fentes dés rochers calcaires et sur la pente-des collines crétacées ; elle y est conglomérée en pelotes plus ou moins grosses, et quand celte craie fine est encore plus atténuée, elle forme d’autres concrétions d’une substance encore plus légère, auxquelles les naturalistes ont donné -le nom de lac lunæ (1) (nom très impropre, puisqu'il ne désigne qu’un rapport chimérique}, medulla saxi (qui ne convient guère mieux, puisque le. saxum ; traduit par ces mêmes naturalistes, ne désigne pas la pierre calcaire ; mais le roc vitreux ); cette matière serait done mieux désignée par le

nom de fleur de craie, car ce n’est 'en effet |

que la. partie la plus tenue de la craie que l'eau détache et dépose ensuite dans les cavités qu’elle rencontre. Et lorsque ce dépôt, au lieu de se faire en masses, ne se fait qu'en superficie, cetle même matière prend la forme de lames et d’écailles , auxquelles ces mêmes nomenclateurs (2) en minéralogie ont donné le nom d'agaric minéral (ce qui n’est fondé que sur une fausse analogie).

Les hommes, avant d’avoir construit des maisons , ont habité les cavernes; ils sé sont. mis à l'abri des rigueurs de l'hiver et de la trop grande ardeur de l'été , en se réfugiant dans les antres des rochers, et lorsque cette commodité leur a manqué , ils ont cherché à se la procurer aux moindres frais possible , enfaisantdes galeries et des excavations dans

les matières les moins dures , telles que la craie. Lenom de Troglodytes, habitants des cavernes, donné aux peuples les plus an-

“tiques, en est la preuve; aussi-bien que le grand nombre de ces grottes , que l’on voit

encôre aux Indes, en Arabie, et dans tous les climats où le soleil est brülant et l'ombrage rare. La plupart de ces grottes ont été

‘travailléés de main d'homme, et souvent agrandies au point de former de vastes habitations souterraines , où il ne manque que la facilité de recevoir le jour, car. du rêste elles sont saines, et, dans ces climats chauds,

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TRE AB VD KR ET ” () Wormins , et plusieurs autres aprèslui.

(2) Ferrante Imperati , et d’autres après lui,

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à rez-de-chaussée # pratiquées avec

* .’: «hions | avantage et moins de dépense qu'il n'en fau- » drait pour construire des murs et des voûtes, : etles blocs tirés de ces excavations , servent

» dé matériaux pour bâtir les étages supé- * rieurs. La craie des lits inférieurs est en effet mme espèce de pierre assez tendre dans sa carrière, mais qui se durcit à l'air, et qu'on © peut employer non-seulement pour bâtir, “mais aussi pour les ouvrages de sculpture.

. La craie n’est pas si généralement répan- * dué que la pierre calcaire dure ; ses couches quoique très-étendues en superficie, ont rarement aütant de profondeur que celles des ‘autres pierres, et dans cinquante ou soixante pieds de hauteur perpendiculaire, on voit ) souvent tous les degrés du plus ou moins de solidité de la craie; elle est ordinairement » en poussière ou en moellon très-tendre dans le dit supérieur ; elle prend plus de consis- | tance à mesure qu'elle est située plus bas jet | comme l’eau la pénètre jusqu'à la plus grande profondeur ; et se charge des molécules crévacées les plus fines , elle produit non-seule- | AS ment les pelottes de blanc d'Espagne , de” moellede pierre (1) et de fleur de craie, mais . | aussi les stalactites solides ou en tuyaux,

nn

tions, qui provieunent des détriments-de la craie, ne contiennent point de cocuilles ;

* .elles.sont , comme toutes les autres exsuda-

* tions ou stillations, composées des particules

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les plusdéliées que l'eau a enlevées et ensuite q

DÉS MINÉRAUX

tous périrent en cinq ou six années. On visita

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dont sont formés les tufs. Toutes ces concré- -crélacée n'avait été amenée que par Ja stilla-

# 445 Ces dépôts secondaires de matières crétacées se font assez promptement pour remplir | en quelques années des trous de mn quatre pieds de diamètre et d'autant de profondeur ; toutes les personnes qui ont 7'-DA des arbres dans les terrains de craie, ont pu S s'apercevoir d'un fait qui doit servir ici | d'exemple : ayant planté un bon nombre d'arbres fruitiers dans un terrain fertile en grains, mais dont le fond est d’une craie’ blanche ét molle, et dont les couches ont une assez grande profondeur, les arbres y pous- ; sèrent assez vigoureusement la première et.

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la seconde année ; ensuite ils languirent et | périrent. Ce mauvais succès ne rebüta pas le :

propriétaire du terrain ; on fit des tranchées « plus profondes dont on tira toute la craie, et « on les remplit ensuite de bonne terre végé- Z

tale;"dans laquelle on planta de nouveaux arbres, mais ils ne réussirent pas mieux, et.

alors avec attention le terrain où ces arbres avaient été plantés , et l'on reconnut avee quelque surprise que la bonne terre qui avait été mise dans les tranchées ;-était si fort mêlée de craie, qu'elle avait presque disparu, et : que cette très-grande quantité de matière | tion des eaux (2): | » ; - Cependant cette même craie qui paraît A” stérile et même si contraire à la végétation,

ut l'aider et en augmenter le produit en la répandant sur les te s'argileuses trop du-

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