DES
des rochers supérieurs, et qui se‘trouvant recouverts par une couche de terre végétale se sont fortement agglutinés par leurs angles sans se joindre de près, et ont laissé entre eux des intervalles que la matière spathique n'a pas remplis ; cette pierre criblée de petits vides n’est en effet qu'un amas de graviers durs, dont la plupart sont colorés de jaune ou de rougeûtre , et dont la réunion ne parait pas s'être faite par le suc spathique , car æn n'y voit aucun de ces points brillants qui le décèlent dans les autres pierres auxquelles il sert de ciment; celui ‘qui lie les grains de ce gros gravier de la pierre à four, west pas apparent , et peut-être est-il d’une autre nature ou en moindre quantité que le ciment spathique : on pourrait croire que c'est un extrait de la matière ferrugineuse qui a lié ces grains en même temps qu'elle leur a donné la couleur (1), ou bien ce ci-
. ment qui n'a pu se former que par la filtration de l'eau pluviale , à travers la couche de terre végétale est un produit de ces mêmes parties ferrugineuses et pyriteuses, provenant de la dissolution des pyrites qui se sont eflleuries par l'humidité dans cette terre végétale ; car cette pierre à four, lorsqu'on la travaille , répand une odeur de soufre encore plus forte que celle des autres pierres. Quoi qu'il en soit, cette pierre à four, dont les grains sont gros et pesants , et dont la masse est néanmoins assez légère par la grandeur de ses vides, résiste sans se fendre au feu où les autres s’éclatent subitement; aussi Vemploie-t-on de préférence pour les âtres des fourneaux , les gueules de four , les contre-cœurs de cheminée, ete,
Enfin l’on trouve au pied et sur la pente douce des collines calcaires , d’autres amas de gravier ou d'un sable plus fin , dans lesquels il s’est formé plusieurs lits de pierres inclinées suivant la pente du terrain , et qui se délitent très-aisément selon cette même ‘inclinaison ; ces pierres ne contiennent point de coquilles et sont évidemment d’une for-
* mation nouvelle ; leurs bancs inclinés n'ont
(1) 11 me semble qu'on pourrait rapporter à notre Pierre à four celle qu'on nomme roussier en Nor- ‘mandie : « C'est, dit M. Guettard, une pierre grave- » leuse et dont il y a des carrières aux environs de la » Trape…. Ces pierres sont d'un jaune rouille-de-fer, » ce sont des amas de gros sable ou de gravier liés par » une matière ferrugineuse qui a été dissoute , et qui » s’est filtrée et déposée entre les grains qui compo- » sent maintenant ces pierres par leur réunion. » (Mémoires de l'Académie des sciences; année 1763,
page 81.)
sacre plus d'un pied d'épaisseur et’ se di :
visent aisément en moellons plats, dont
les deux surfaces sont unies ; ces pierres pa+
rasites ont été nouvellementformées par l'ag-
grégation de ces sables ou graviers , et elles
ne sont ni dures ni pêsantes, parce qu’elles
n'ont pas été pénétrées du sue pétrifiant
comme Les pierres anciennes qui sont posées
sous des bancs d’autres pierres. pi La dureté , la pesanteur'et la résistance à
l'action de la gelée dans x pierres , dépend
donc prircipalement de la grande quantité
de suc lapidifique dont elles sont pénétrées;
leur résistance au feu suppose au contraire
des pores très-ouverts et même d'assez grands
vides entre leurs parties constituantes: néan-
moins plus les pierres sont denses, plus il
Mio” Ps pour les convertir en chaux ; |
ce n'est donc pas que la pierr > |
cine plus difficilement “ les Eve |
pas qu'elle ne se réduise également en
chaux, mais c'est parce qu’elle se calcine
sans se fendre, sans s’écailler ni tomber en ;
fragments, qu'elle a de l'avantage sur les c |
autres pierres pour être employée aux fours
et aux fourneaux , et il est aisé de voir pour-
quoi ces pierres en se calcinant ne se divi-
sent ni ne s'égrènent; cela vient de ce que
les vides disséminés en grand nombre dans
toute leur masse , donnent à chaque grain
dilaté par la chaleur, la facilité de se gonfler
s'étendre et occuper plus d'espace sans forcer
les autres grains à céder leur place ; au lieu
que dans les pierres pleines, la dilatation cau-
sée par la chaleur , ne peut renfler les grains
sans faire fendre la masse en d'autant plus
d’endroits qu'elle sera plus solide. p Ordinairement les pierres tendres sont
blanches, et celles qui sont plus dures ont
des teintes de quelques couleurs; les grises
et les jaunûtres , celles qui ont unie nuance
de rouge, de bleu, de vert , doivent toutes
ces couleurs au fer ou à quelqu'autre minéral ;
quiest entré dans leur composition ; et c'est
surtout dans les marbres où l'on voit toutes
les variétés possibles des plus belles couleurs; : ;
les minéraux métalliques ont teint et impré- |
gné la substance de toutes ces pierres colo-
rées le premier temps de leur formation;
càr 1 rre rousse même dont on attribue
la couleur aux parties ferrugineuses de la ,
couche végétale, se trouve souvent fort au-
dessouside cette couche et surmontée de plu-
sieurs bancs qui n'ont point de couleur;’il ee
en est ême de la plupart des marb
colorés; c'est dans le temps de leur formation
et de leur première "pétrification qu'ils'ônt
Hit
‘stances locales, que certaines pierres
# » sent alors étroitement , et forment dans ces lits de
“ange-du. fer “recu leurs couleurs, par le mélange du f
ou de quelque autre minéral ; et ce n'estque dans des cas particuliers , et par des circonont été colorées par la stillation des eaux à travers la terre végétale. 7 ES Les ol , surtout celles qui sont nai] ou foncées, appartiennent donc aux mar »
et auxautres pierres calcaires d'anciénne pu mation ; et lorsqu'elles se trouvent dans pierres de seconde.et de troisième formation; c'est qu'elles y ont été entrainées avec Ja matière même de ces pierres par la stillation des eaux. Nous avons déjà parlé de ces ca7” rières en lieu bas qui se sont formées aux dépens des rochers plus élevés; les pere Le sont commuriémentblanches , étitn'y à {®
__ celles qui sont mêlées d'une petite quantité
d'argile ou de terre végétale qui soient colorées de jaune ou de gris. Ces carrières de nonvelle formation , sont très-communes dans les vallées etdans le voisinage des grandes rivières ,etil est aisé d’en reconnaitre l'origine’ et de suivre les progrès de leur établissement depuis le sommet. des montagnes calcaires jusqu'aux plaines les plus basses (D). qe
(4) « Lorsque les eaux pluviales s'infiltrent dans les » lits de pierres tendres qui se trouvent à découvert; » elles s’y glacent par le froid, et tendent alors à y » occuper plus d'espace ; ces couches , d'autant plus » minces qu'elles sont plus près de la superficie, et » déjà divisées en plusieurs pièces par les fentes per- » pendiculaires , s'éclatent, se fendent en mille en- » droits, etc'est ce qui fournit le moellon ou la pierre » mureusé : el lorsque ces fragments de pierre sont » entraînés par les torrents, le long de la pente des » collines et jusque dans le courant des rivières, leurs # angles alors s'émoussent par les frottements, ils de- » viennent des galets, et à force d'être roulés , ils se » réduisent enfin en graviers arrondis plus ou moiGs » fins. L'action de l'air et les grands froids dégradent » de même la coupe perpendiculaire des carrières, et » la surface de » grènent ; produit le gravier qui se trouve ordinaire- » ment au pied des carrières ; ce gravier continue » d'être atténué par "# gelées et par le frottement , » lorsqu'il est ensuite entraîné dans des eaux couran- » tes jusqu'à ce qu'il soit enfin réduit en poussière : » telle est l'origine de quelques craies et de toutes » les espèces de gravier qui ne sont que des ae per
» de différentes grosseurs de toutes les sortesde pier- » res.... Les eaux pluviales , en s'iufiltrant dans les » couches disposées dans l'ordre que nous venons de » voir, doivent donc entraîner dans les plus basses, » les molécules les plus divisées des lil ieurs » qu'elles continuent d'atténuer en les , et » dont elles remplissent les interstices ; unis
» gravier , de petites congélations ou stalactites , qui
HISTOIRE NATURELLE é
tes les pierres qui se gercent et s’é- à
LA
On trouve quelquefois dans ces carrières de nouvelle formation des lits d’une pierre aussi dure que celle des bancs anciens dont elle tiré son origine; cela dépend , dans ces nouvelles carrières , comme dans les ancien-
“nes, de l'épaisseur des lits superposés ; les
inférieurs recevant le suc pierreux des lits supérieurs ; prendront tous les degrés de duretéet de densité à mesure qu’ils en seront pénétrés ; mais les pierres qui se trouvent dans les plaines ou dans les vallées voisines des grandes rivières disposées en lits horizontaux ou inclinés, n’ont été formées que des sédiments de craie ou de poussière de
scËve i primitivement ont été détachés ei “"æ, et atténués par le mouvement et l'impression de l’eau ; ce sont les torrents, les ruisseaux et toutes les eaux courantes sur la terre découverte ; qui ont amené cés poudres calcaires dans les vallées et les plaines,
et qui souvent y ont mêlé des substances de -
toute nature : On ne trouve jamais de coquilles marines dans ces pierres, mais souvent des coquilles fluviatiles et terrestres (2); on y a
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» lient, qui serrent étroitement , qui ne sont enfin
» qu'un tout continu de toutes les parties de la cou- » che auparavant divisées , et cela successivement jus- » qu'à une certaine bauteur de la carrière , et la » pierre alors a acquis sa perfection : sa coupe ou » cassure est lisse el sans grains apparents , si Je gra- » vier qui en fait la base est très-fin ; elle est au con- » traire rude au toucher el grenue, si elle est formée à gros gravier: ils'en trouvera aussi qui ne seront y qu'un assemblage de galets ou pierres roulées, liées » paf ce suc pierreux, par ces petites congélations » que nous venons de décrire. J'ai même observé » dans la démolition des remparts d’un très-ancien
; » château , que ee. “4 de Quelques toises , les
» pierres n'étaient plus liées par les morliers, mais » par une matière transparente , Par une concrétion » pierreuse, que des eaux goutlières avaient pro- » duites de la décomposition du mortier des parties » supérieures de ce mur , et qui en remplissait en cet » endroit tous les vides, parce que la chaux n'étant » en effet que de la pierre décomposée , elle en con- » serve toutes les propriétés, et'elle reprend dans x. » taines circonstances la forme de pierre. » (Note
mmuniquée par M. Nadault.) ,
(2) La pierre qu'on tire à peu de distance de la Seine, près de l'Hôpital-Général de Paris, et dont j'ai 004 plus haut, est remplie de petites visses qui sont communes dans les ruisseaux d'eau vive ; cette pierre de la Seine ressemble à peu près aux pierres que l’on tire dans les vallées, entre la Saône et la Vingeanve, auprès du village de Talmay en Bourgogne : je cite ce dernier exemple, parce qu'il démontre évidemment que la matière de ces lits de pierre a été amenée de loin, parce qu’il n’y a aucune montagne calcaire qu'à environ une lieue de distance.
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=" Les wides êt s'étend dans les délits et dans
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‘ + : | trouvé des morceaux de fer (1) et de … boïs (2), travaillés de main d'homme : nous avons vu du charbon de bois dans quelquesunes de ces pierres; ainsi l'on ne peutdouter Le que toutes les carrières en lieu bas né soient à depuis que nos continents, déjà découverts, ontété exposés aux dégradations de leurs
parties même les plus solides, par la ée et par les autres injures des éléments
. humides. Au reste, toutes les pierres de ces
basses carrières ne présentent uen grain
Aus où moins fin ét très-péu. e ces points
Drillants qui indiquent la présence de la ma-
. ” tière spathique; aussi sont-elles ordinaire. mentplus légères etmoins dures que la pierre es hautes carrières, dans lesquelles les banes inférieurs sont de la plus grande densité.
Etcette matière spathique qui remplit tous
des couches horizontales des bancs de pierre, s'accumule aussi le long de leurs fentes per- . pendiculaires ; elle commence par en tapis > ri parois, et peu à peu elle les récouvre unc épaisseur considérable de couches ad= ditionnelles et successives , elle y forme des wmamelons, des stries , des cannelures creues ct saillantes, qui souyent descendent
… en haut jusqu'au point le plus bas , où elle ” se réunit en congélations, et finit par rem- plir quelquefois en entier la fente qui sépaz . raït auparavant les parties du rocher, Cette
hs matière spathique qui s’accumule dns les ca-
wités et les fentes des rochers , n’est pas ordinairement du spath pur, mais mélangé de
L % > ” bé » à + (1):Le sieur Dumoutier, maître maçon à Paris, m'a assuré qu'il y a quelques années, il avait trouvé dans wn bloe de pierre dite de Saint-Leu, laquelle ne se nl e qu'à la surface de la terre, c'est-à-dire à quelques pieds dé profondeur, un corps cylindrique qui lui ; paraissait être une pétrification » parce qu'il était incrusté de matières pierreuses ; mais que l'ayant nettoyé avec soin, il reconnut que c'était vraiment un
de pistolet, c'est-à-dire du fer. Là (2) Dans un bloc de pierre de plusieurs pieds de longueur sur une épaisseur d'environ un pied ou quinze pouces, tiré des carrières du faubourg Saint- Marceau à Paris, l'ouvrier tailleug de pierre s'aperqut “ sciant, que sa scie poussait au-dehors une matière noire qu'il jugea être des débris de bois pourri; en effet la pierre ayant été séparée en deux blocs, il trouva qu'elle renfermait dans son intérieur, un mor- “ceau de bois de près de deux pouces d'épaisseur sur six à sept pouces de longueur , lequel était en partie pourri el sans aucun indice de pétrifcation.
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