‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 34 sur 304 · TT À · texte numérisé non relu

TT À

DE LA CARTE GÉOGRA PHIQUE. 75

toute apparence , ce vaisseau unique aurait fait cette route en 1646, l'augmentation des glaces, depuis cent trente-deux ans pourr ait bien la rendre impraticable aujourd’hui , puisque dans le même espace de temps le détroit de Waigats s’est entièrement glacé, et que la navigation de la mer du Nord de l'Asie, à commencer de l'embouchure de l'Oby jusqu'à celle du Kolyma , est devenue bien plus difiicile qu’elle ne l'était alors , au point que les Russes l'ont. pour ainsi dire abandonnée , et que ce n'est qu'en partant de Kamtschatka qu'ils ont tenté des découvertes sur les côtes occidentales de l’Amériue : ainsi, nous présumons que si l’on a pu asser autrefois de la mer Glaciale dans celle de Kamtschatka , ce passage doit être aujourd’hui fermé par les glaces. On assure que M. Cook a entrepris un troisième voyage»

et que ce passage est l’un des objets de-ses recherches : nous attendons avec impatience le résultat de ses découvertes , quoique je sois persuadé d'avance qu'il ne reviendra pas en Europe par la mer Glaciale de l'Asie; mais ce grand homme de mer fera peut-être la découverte du passage du nord-ouest depuis la mer Pacifique à la baie d'Hudson.

Nous avons ci-devant exposé les raisons qui semblent prouver que les eaux de la baie d'Hudson communiquent avec cette mer; les grandes marées venant de l'ouest dans c baie suffisent pour le démontrer :il ne donc que de trouver l'ouverture de baie vers l’ouest. Mais on a jusqu’à ce j( vainement tenté cette découverte par les obstacles que les glaces opposent à la navigation dans le détroit d'Hudson et dans la baie même : je suis donc persuadé que M. Cook ne la tentera pas de ce côté-là , mais qu’il se portera au-dessus de la côte de Californie, et qu'il trouvera le passage sur cette côte au-delà du 43e degré. Dès l’année 1592, Juen de Fuca, pilote espagnol , trouva une grande oder cette côte sous les 47e et 48e

degrés ; et y pénétra si loin, qu'il crut être

arrivé dans la mer du Nord. En 1602, d'Aguilar trouva cette côte ouverte sous le 43e degré ; mais il ne pénétra pas bien avant dans ce détroit. Enfin on voit, par une relation publiée en anglais, qu’en 1640 l’amival de Fonte, Espagnol , trouva sous le 54e

degré un détroit ou largé rivière, et qu'en la remontant il arriva à un grand archipel, et ensuite à un lac de cent soixante licues de longueur sur soixante de largeur, aboutissant à un détroit de deux ou trois lieues de largeur, où la marée, portant à l’est , était très-violente, et où il rencontra un vaisseau venant de Boston : quoique l’on ait regardé cette relation comme très-suspecte, nous ne la rejetterons pas en entier, et nous avons cru devoir présenter ici ces reconnaissances d’après la carte de M. de l'Isle, sans prétendre les garantir; mais en réunissant la probabilité de ces découvertes de de Fonte avec celles de d'Aguilar etde Juen de Fuca, il en résulte que la côte occidentale de l’Amérique septentrionale au-dessus du:cap Blanc , est ouverte par plusieurs détroits ou bras de mer, depuis le 43e degré jusqu'au 54 ou 55°, et que c’est dans cet intervalle où il est presque certain que M. Cook trouvera la communication avec la baie d'Hudson, et cette découverte achèverait de le combler de gloire.

Ma présomption à ce sujet est non-seulcment fondée sur les reconnaissances faites par d’Aguilar, Juen de Fuca et de Fonte, mais encore sur une analogie physique qui ne se dément dans aucune partie du globe :

c'est que toutes les grandes côtes des contints sont pour ainsi dire hachées et entamidi au nord, et qu'ils finissent tous ers le midi. La côte nord-ouest de présente üne de ces hachures ; et c'est la mer Vermeille ; mais au-dessus de la Californie, nos cartes ne nous offrent, sur une étendue de quatre cents lieues, qu'une terre continue sans rivières et sans autres coupures que les trois ouvertures reconnues par d’Aguilar, Fuca et de Fonte.

Or, cette continuité des côtes, sans anfractuosités , ni baies , ni rivières , est contraire à la nature ; et cela seul suflit pour démontrer que ces côtes n'ont été tracées qu'au hasard sur toutes nos cartes , sans avoir élé reconnues, et que, quand elles le seront, on y trouvera plusieurs golfes et bras de mer par lesquels on arrivera à la baie d'Hudson, ou dans les mers intérieures qui laprécèdent du côté de l'ouest.

ci “PREMIÈRE PARTIE. | 4 DE LA LUMIÈRE, DE LA CHALEUR ET DU FEU. 1 "M >. : Hi

Lss puissances de la nature, autant qu’el-

les nous sont connues , peuvent se réduire à

ï deux forces primitives, celle qui cause la pesanteur , et celle qui produit la chaleur.

La force d’impulsion leur est subordonnée à

elle dépend de la première pour ses effets particuliers , et tient à la seconde pour l'ef-

fet général : comme l'impulsion ne peut s'exercer qu'au moyen du ressort, et que

le ressort n’agit qu’en vertu de la force qui rapproche les parties éloignées , il est clair

. que l'impulsion a besoin , pour opérer, du concours de l'attraction ; car si la matière

cessait de s’attirer, si les corps perdaient

leur cohérence, tout ressort ne serait-il pas détruit, toute communication de

ment interceptée, toute impulsi puisque , dans le fait (1), le mo ;

4 se communique et ne peut se tr: ttre d'an corps à un autre que par l'élasticité ; qu'enfin on peut démontrer qu'un corps parfaitement dur , c’est-à-dire absolument inflexible , serait en même temps absolument immobile et tout-à-fait incapable de recevoir l'action d'un autre cérps (2)? L'attrac-

PR nn tnenre dé

(1) Pour une plus grande intelligence , je prie nes Jecteurs de Fevoir la seconde partie de l’article de cet ouvra e qui a pour titée: De la nature, seconde vue.

(2) La communication du mouvement a toujours été regardée comme une vérité d'expérience ; les plus grands mathématiciens se sont contentés d'en calculer les rés s dans les différentes circonstances , et nous ont donné sur cela des règles et des formules, où ils ont employé beaucoup d'art : maïs personne,

mt 2: ét Le Elle COR,

interna d'hab

Lit ARS ER te l'an ss. … NS.

Ds SE

ce me semble, n'a jusqu'ici considéré la nature in-

time du mouvement, et n'a tâché de se représenter et de présenter aux autres la manière physique dont le mouvement se transmet et passe d'un corps à un nuire corps. On à prétendu que les corps durs pouvaicut le recevoir cowme les corps à ressort, et, sur

INTROD. À L'HIST. DES MINÉRAUX, = INTRODUCTION A L'HISTOIRE DES MINÉRAUX.

Page 1