‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 43 sur 304 · D # PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

D # PREMIÈRE PARTIE

On pourrait donc dire , avec les naturalistes ; que tout est vitrescible dans la nature , à l'exception de ce qui est calcaire; que les quartz , les cristaax , les pierres précieuses ,

m'a paru si clair dans tout l'ouvrage de M. Pott ,;et qu'il ne faut qu'un coup d'œil sur la planche gravée de ce fourneau , pour reconnaître que , par sa construction, il peut , quoique sans soufllets , faire à peu près autant d'effet que s'il en était garni; car au moyen des longs tuyaux qui sont adaptés au fourneau par le bautet par le bas, l’air y arrive et circule avec une rapidité d'autant plus grande , que les tuyaux sont mieux proportionnés : ce sont des soufflets constants , et dobion peut augmenter l'effet à volonté. Cette construction est si bonne et si simple, que je ne puis concevoir que M. d’Arcet dise que ce Journeau est un problème pour lui... qu'ilest persuadé que M. Pott a dû se servir de souflets, etc., tandis qu'il est évident que son fourneau équivaut , Par sa construction, à l'action des soufllets , et que par conséquent il n'avait pas besoin d'y avoir recours ; que d’ailleurs ce fourneau est encore exempt du vice que M. d’Arcet reproche aux soufllets, dont il a raison de dire que l'action alterne , sans cesse renaissante et expirante , jette du trouble et de l'inégalité sur celle du feu ; ce qui ne peut arriver ici puisque , par la coustruction du fourneau, l’on voit évidemment que le renouvellement de l'air est constant , et que son action ne renaît ni n’expire, mais est continue et toujours uniforme. Ainsi M. Pott a employé l'un des moyens dont on se doit servir pour appliquer le feu, c'est-à-dire un moyen par lequel, comme par les soufllets, on augmente la vitesse du feu , en le pressant incessamment par un air toujours renouvelé ; et toutes les fusions qu'il a faites par ce moyen, et dont j'ai répété quelques-unes, comme celle du grès , du quartz, elc., sont très-réelles , quoique M. d'Arcet les nie; car pourquoi les nie-t-il? c'est que de son côté , au lieu d'employer , comme M. Pott, le premier de nos procédés généraux, c'estä-dire le feu par sa vitesse accélérée autant qu'il est possible par le mouvement rapide de l'air, moyen par lequel il'eût obtenu les mêmes résultats , il s’est servi du second procédé, et n'a employé que le fen en grand volume dans un fourneau , sans soufllets ou sans équivalent, dans lequel par conséquent le feu ne devait pas produire les mêmes effets, mais devait en donner d'autres , que, par la méme raison, le premier procédé ne pouvait pas produire. Ainsi les contradictions entre les résultats de ces deux habiles chimistes ne sont qu'apparentés et fondées sur deux erreurs évidentes : la première consiste À croire que le feu le plus violent est celui qui est en plus grand volume ; et la seconde, que l'on doit obtenir du feu violent les mêmes résultats, de quelque manière qu'on l'applique : cependant ces deux idées sont faus. ses. La considération des vérités contraires est encore une des premières pierres qu'il faudrait poser aux fondements de la chimie; car ne serait-il pas trèsnécessaire avant tout, et pour éviter de pareilles con-

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les cailloux , les grès, les granites, porphyres, agates , ardoises , gypses , argiles, les pierres ponces, les laves , les amiantes , avec tous les métaux et autres minéraux , sont viirifiables par le feu de nos fourneaux , ou par celui des miroirs ardents ; tandis que les marbres , les albâtres ; les pierres , les craies , les marnes , ct les autres Fe qu proviennent du détriment des coquilles et des madrépores, ne peuvent se réduire en fusion par ces moyens. Cependant je suis persuadé

tradietions à l'avenir, que les chimistes ne perdissent pas de vue qu'il y a trois moyens généraux, et très-

= différents l'un de l’autre, d'appliquer le feu violent ? La | È

Le premier , comme je l'ai dit, par lequel on n'emploie qu’un petit volume de feu , mais que l'on agite, aiguise, exalte au plus haut degré par la vitesse de l'air, soit par des soufllets, soit par un fourneau semblable à celui de M. Pott » qui tire l'air avec rapidité.

On voit par l'effet de la lampe d'émailleur, qu'avec

une quantité de feu presque infiniment petite, on fait de plus grands effets en petit que le fourneau de verrerie ne peut en faire en grand. Le second moyen est d'appliquer le feu , non pas en petit, mais en trèsgrande quantité , comme on le fait dans les fourneaux de porcelaine et de verrerie , où le feu n'est fort que par son volume, où son action est tranquille, et n’est pas exallée par un renouvellement très-rapide de l'air. Le troisième moyen est d'appliquer le feu en très-petit volume, maïs en augmentant sa masse et sou intensité au point de le rendre plus fort que par le second moyen, et plus violent que par le premier ; et ce moyen de concentrer le feu et d’en augmenter la masse par les miroirs ardents, est encore le plus Puissant de tous.

Or, chacun de ces trois moyens doit fournir un certain nombre de réswltats différents : si, par le premier moyen on fond et vitrifie telles et telles matières , il est très-possible que parle second moyen on ne puisse vitrifiér ces mêmes matières, et qu’au contraire on en puisse fondre d’autres qui n'ont pu l'être par le premier moyen ; et enfin, il est tout aussi possible que par le troisième mcyen on obtienne encore plusieurs résultats semblables ou différents de ceux qu'ont fournis les deux premiers moyens. Dès-lors un chimiste qui , comme M. Pott, n'emploie que le premier moyen , doit se borner à douner les résultats fournis par ce moyen, faire, comme j] l'a fait, l'énumération des matières qu'il a fondues, mais ne pas prononcer sur la non-fusibilité des autres » parce qu'elles peuvent l'être par le second ou troisième moyen; enfin ne pas dire aflirmativement et exclu-

sivement, en parlant de son fourneau, qu'en une heure de temps, ou deux au plus , il met en fonte tout ce qui est fusible dans la nature. Et,

même raison , un autre chimiste qui, comme Arcet, ne s'est servi que du ge moyen , ES. l'erreur s'il se croit en contradiction avec celui qui ne s'est servi que du premier moyen ,

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par

que si l’on vient à bout d'augmenter encore la force des fourneaux, et surtout la puissance des miroirs ardents , on arrivera au point de faire fondre ces matières calcaires qui paraissent être d’une nature différente de celle des autres; puisqu'il y a mille et mille raisons de croire qu’au fond leur substance est la même,

et que le verre est la base commune de toutes les matières terrestres.

Par les expériences que j'ai pu faire moimême pour comparer la force du feu selon Re et cela parce qu'il n'a pu fondre plusieurs matières que l’autre a fait couler, et qu’au contraire il a mis en fusion d’autres matières que le premier n'avait pu fondre ; car si l'un ou l’autre se fût avisé d'employer successivement les deux moyens , il aurait bien senti qu'il n'était point en contradiction avec lui-même , et que la différence des résultats ne provenait que de la différence des moyens employés. Que résulte-t-il donc de réel de tout ceci, sinon qu'il faut ajouter à la liste des matières fondues par M. Pott celles de M. d'Arcet » et se souvenir seulement que pour fondre les premières il faut le premier moyen , et le second pour fondre-les autres ? n'y a par consé= quent aucune contradiction entre les expériences de M. Pott et celles de M. d’Arcet, que je crois Sa ment bonnes : mais tous deux » après cette concilia= tion, auraient encore* tort de conclure qu'ils ont fondu par ces deux moyens tout ce qui est fusible dans la nature, Puisque l'on peut démontrer que par le troisième moyen, c'est-à-dire par les miroirs ar= dents, on fond et vitrifie, on volatilise et méme on brûle quelques matières qui leur ont également paru fixes ettéfractaires au feu de leurs fourneaux, Je ne m'arréterai pas sur plusieurs choses de déteil, qui cependant mériteraient animadversion , parce qu'il est toujours utile de ne pas laisser gcrmer des idées erronées ou des faits mal vus » et dont on peut tirer de fausses conséquences. M. d'Arcet dit qu'il a remarqué constamment que la flamme fait plus d'effet que le feu de charbon, Oui sans doute, si ce feu n'est Pas excilé par le vent ; mais toutes les fois que le charbon ardent sera vivifié Par un air rapide il y aura de la flamme qui sera plus active et produira de bien plus grands effets qüe la flamme tranquille, De même lorsqu'il dit que les fourneaux donnent de la chaleur en raison de leur épaisseur , cela ne Peut être vrai que dans le seul cas où, les fourneaux étant supposés égaux, le feu qu'ils contiennent serait en même temps animé par des courants d'air égaux en volume et en rapidité; la violence du feu dépend Presque en entier de cette rapidité du courant de l'air qui l'anime; je puis le démontrer Par ma propre expérience : j'ai vu le grès, que M. d’Arcet croit infusible, couler etse couvrir d'émail par le moyen de deux bons soufllets, Mais sans le secours d'aucun fourneau et à feu ouvert. L'eflet des fourneaux épais n'est pas d'agents la chaleur | maïs de la Conserver ; et ils la conservent

d'autant plus long-temps qu'ils sont plus épais,

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y sh qu'on emploie Ex. pr

ou sa masse , j'ai trouvé que le feu des ra grands et des plus puissants fourneaux verrerie n’est'qu'un feufaible en comparalson de celui des nm rie ri É le feu produit au foyer d'un “= ce sd dent est encore plus fort que celui des plus

rands fourneaux de forges. J ai tenwpendant ist heures, dans l'endroit le plus chaud du fourneau de Rouelle en Bourgogne , où l'on fait des glaces aussi grandes et aussi belles qu’ obin en Picardie ; et où le feu est aussi violent ; j'ai tenu , dis-je , pendant trente-six 7 à ce feu de la mine de fer, sans qu'elle se soit fondue, ni agglutinée, ni même altérée en aucune manière ; tandis

w’en moins de douze heures eette mine coule en fonte dans les fourneaux de ma forge :

ainsi ce dernier feu est bien supérieur à l’autre. De même j'ai fondu ou volatilisé au miroir ardent plusieurs matières que ni le feu des fourneaux de réverbère , ni celui des plus puissant ufllets n’avait pu faire fondre, etje me bu convaincu que ce dernier moyen est le plus puissant de tous : mais je renvoie à la partie expérimentale de mon ouvrage le détail de ces expériences importantes, dont je me contente d'indiquer ici le résultat général. ,

On croit vulgairement que la flamme est la partie la plus chaude du feu : cependant rien n’est plus mal fondé que cette opinion ; car on peut démontrer le contrairehipar les expériences les plus aisées et les plus familières. Présentez à un feu de paille ou même à la flamme d’un fagot qu'on vient d'allumer, un linge pour le sécher ou le chauffer ; il vous faudra le double et le triple du temps pour Jui donner le degré de sécheresse ou dechaleur que vous lui donnerez en l’exposant à un brasier sans flamme, où même à un poêle bien chaud. La flamme a été très-bien caractérisée par Newton, lorsqu'il l’a définie une fumée brûlante (flamma est fumus candens), et cette fumée ou vapeur qui brûle n’a jamais la même quantité, la même intensité de chaleur que le corps combustible duquel elle s'échappe ; seulement , en s'élevant et s'étendant au loin , elle a la propriété de communiquer le feu , et de le porter plus loin que ne s'étend la chaleur du brasier, qui seule ne suflirait pas pour le communiquer

rès.

ca 5e re du feu mérite une ion particulière. J'ai vu, après y avoir ee 1 Are , pour la bien entendre , il fal- THÉORIE DE LA TERRE. Tome II.

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