‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 42 sur 304 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

fixes, s’unir, s'incorporer avec elles, et s'éteindre par parties comme le fait la lumière (1). Si nous considérons plus particulièrement

la nature des matières combustibles, nous verrons que toutes proviennent originairement des végétaux ,, des animaux , des êtres en un mot qui sont placés à la surface da globe e le soleil éclaire , échauffe et vivifie : les bois, les charbons , les tourbes , les bitumes , les résines , les huiles , les graisses , les suifs, qui sont les vraies matières combustibles ; puisque toutes les autres ne le sont u'autant qu'elles en contiennent , ne provienuent-ils pas tous des corps organisés ou de leurs détriments ? Le bois , et même le charbon ordinaire, les graisses, les huiles par expression , la cire et le suif , ne sont que des substances extraites immédiatement des végétaux et des animaux ; les tourbes , les charbons fossiles, les succins, les bitumes liquides ou concrets, sont des produits de leur mélange et de leur décomposition , dont les détriments ultérieurs forment les soufres et les parties combustibles du fer , du zinc, des pyrites et de tous les minéraux que l’on

eut enflammer. Je sens que cette dernière ,

assertion ne sera pas admise, et pourra même être rejetée , surtout par ceux qui n’ont étudié la nature que par la voie de la chimie ; mais je les prie de considérer que leur méthode n’est pas celle de la nature , qu’elle ne

ourra le devenir ou même s’en approcher

u’autant qu'elle s'accordera vec la saine

hysique , autant qu'on en bannira non-seulement les expressious obscures et techniques , mais surtout les principes précaires , les êtres fictifs auxquels on fait jouer le plus grandrôle, sans néanmoins les çonnaitre. Le soufre , en chimie , n'est que le composé de l'acide vitriolique et du phlogistique : quelle apparence y a-t-il donc qu'il puisse, comme les autres matières combustibles, tirer son origine du détrimentdes végétaux ou des animaux ? A cela e réponds, même en admettant cette défnition chimique , que l'acide vitriolique , et

(1) Ceci même pourrait se prouver par une expérienceñqui mériterait d’être poussée plus loin, J'ai . px sur un miroir ardent par réflexion une assez forte chaleur sans aucune lumière, au moyen d'une plaque de tôle mise entre le brasier et le miroir , une partie de la chaleur s’est réfléchie au foyer du miroir, tandis que tout le reste de la chaleur l'a pénétré : nait de n'ai pu m'assurer si l'augmentation de chaleur dans la matière du gore n'était pas aussi grande que s'il n'en eût pas réfléchi. «

en général tous les acides ; Lous les alkalis ,

t moins des substances de la nature que À el no

"+ re; elle emploie à leur composition , comme à celle de toutes les autres substances , les quatre éléménts : beaucoup de terre et d’eau , un peu d'air et de feu entrent en quantité variable dans chaque différente substance saline ; moins de terre et d’eau , et beaucoup plus d’air et de feu , semblent entrer dans la composition du soufre.

Les sels et les soufres doivent donc être re= gardés comme des êtres de la nature donton extrait, par le secours de l’art de la chimie et par le moyen du feu , les différents acides qu'ils contiennent; et puisque nous avons employé le feu , et par conséquent de l'air et des matières combustibles , pour extraire ces

acides pouvons-nous douter qu'ils n'aient ,

retenu et qu'ils ne contiennent réellement des parties de matière combustible qui y seront entrées pendant l'extraction?

Le phlogistique est encore bien moins que l'acide un être naturel; ce ne serait même qu'un être de raison, si on ne le regardait pas comme un composé d'air et de feu devenu fixe et inhérent aux autres corps. Le soufre peut en effet contenir beaucoup de ce phlogistique , beaucoup aussi d'acide vitriolique ; mais il a , comme toute autre matière , et sa terre et son eau ; d’ailleurs, son origine indique qu'il faut une grande consommation de matières combustibles pour sa production ; il se trouve dans les volcans, et il semble que la nature ne le produise que par effort et par le moyen du plus grand feu : Lout concourt donc à nous prouver qu'il est de la même nature que les autres matières combustibles, et que par conséquent il tire, comme elles, sa première origine du détriment des êtres organisés.

Mais je vais plus loin : les acides euxmêmes viennent en grande partie de la décomposition des substances animales ou végétales, et contiennent en conséquence des principes de la combustion. Prenons pour exemple le salpêtre : ne doit-il pas son origine à ces matières ? n'est-il pas formé par la putréfaction des végétaux , ainsi que des urines et des excréments des animaux ? Ilmesemble que l'expérience le démontre, puisqu'on ne cherche , on ne trouve le salpêtre que dans les habitations où l'homme et les animaux ont longtemps résidé ; et, puisqu'il est immédiatement formé du détriment des substances animales et végétales , ne doit-il pas

ns. otre

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ns ASS iso -

contenkr une prodigieuse quantité d'air et de feu fixes? Aussi en contient-il beaucoup , et même beaucoup plus que le soufre , le charbon , l'huile , etc. Toutes ces matières combustibles ont besoin, comme nous l'avons dit, du secours de l'air pour brûler , et se consument d'autant plus vite, qu’elles en reçoivent en plus grande quantité. Le salpêtre n’en a pas besoin, dès qu'il est mêlé avec quelques-unes de ces matières combustibles; il semble porter en lui-même le réservoir de tout l'air nécessaire à sa combus-: tion : en le faisant détonner lentement, on le voit soufller son propre feu, comme le ferait un soufllet étranger ; en le renfermant le plus étroitement, son feu, loin de s'éteindre , n’en prend que plus de force et produit les explosions terribles sur lesquelles sont fondés nos arts meurtrie ette combustion si prompte est em même temps si complète, qu'il ne reste presque rien après l'inflammation , tandis que toutes les autres matières enflammées laissent des cendres ou d’autres résidus qui démontrent que leur combustion n'est pas entière , ou ,ce qui revient au même, qu'elles contiennent un assez grand nombre de parties fixes , qui ne peuvent ni se brûler ni même se volatiliser.

On peut de même démontrer que l'acide vitriolique contient aussi beaucoup d'air et

« de feu fixes, quoiqu'en moindre quantité

que l'acide nitreux; et dès-lors il tire, comme

celui-ci, son origine de la même source , et

le soufre , dans la composition duquel cet

acide entre si abondamment , tire des ani-

maux et des végétaux tous les principes de * sa combustibilité.

Le phosphore artificiel , qui est le premier dans l'ordre des matières combustibles , et dont l'acide est différent de l'acide nitreux et de l'acide vitriolique , ne se tire aussi que du règne animal, ou , si l'on veut, en partie du règne végétal élaboré dans les animaux , c’est-à-dire des deux sources de toute matière combustible. Le phosphore s’enflamme de lui-même, c’est-à-dire sans communication de matière ignée, sans frottement, sansautre addition que celle du contact de l'air : autre preuve de la nécessité de cet élément pour la combustion même d'une matière qui ne parait être composée que de feu. Nous démontrerons dans la suite que l'air est contenu dans l’eau sous une forme moyenne , entre l'état d'élasticité et celui de fixité : le feu paraît être dans le phesphore à peu près dans ce même état moyen; car de même

que l'air se dégage de l'eau dès"que l’on diminue la pression de l’atmosphère , le feu se dégage du phosphore lorsqu'on fait cesser la pression de l'eau, où l'on est obligé de le tenir submergé pour pouvoir le garder et empècher son feu de s’exalter. Le phosphore semble contenir cet élément sous une forme obscure et condensée, et il paraît être pour le feu obscur ce qu'est le miroir ardent pour le feu lumineux, c'est-à-dire un moyen de condensation.

Mais sans nous soutenir plus long-temps EN la hauteur de ces considérations générales, auxquellés je pourrai revenir lorsqu'il sera nécessaire, suivons d'une manière plus directe et plus particulière l'examen du feu; tàchons de saisir ses effets, et de les présenter sous un point de vue plus fixe qu'on ne j'a fait jusqu'ici.

L'action du feu sur les différentes substances dépend beaucoup de la manière dont on l'applique ; et le produit de son action sur une même substance paraitra différent selon la façon dont il est inistré, J'ai pensé qu'on devait considérer le feu dans trois états différents : le premier relatif à sa vitesse, le second à son volume, et le troisième à sa masse; sous chacan de ces points de vue, cet élément si simple si uniforme en apparence, paraîtra pour ansi dire un élément différent. On augmente la vitesse du feu sans en augmenter le volume apparent, toutes les fois que dans un espace donné et rempli de matières combustibles , on presse l'action et le développement du feu en augmentant la vitesse de l’air par des soufllets , des trompes, des ventilateurs, des tuyaux d'aspiration, etc., qui tous accélèrent plus ou moins la rapidité de l'air dirigé sur le feu; ce qui comprend, comme l'on voit, tous les instruments , tous les fourneaux à vent, depuis les grauds fourneaux de forges jusqu'à la lampe des émailleurs.

On augmente l’action du feu par son volume toutes les fois qu'on accumule une grande quantité de matières combustibles , et qu'on en fait rouler la chaleur et la flamme dans des fourneaux de réverbère ; qui comprend , comme l'on sait, les ours de nos manufactures de glaces, de cristal, de verre, de porcelaine, de poterie, et aussi ceux où l'on fond tous les métaux et les minéraux, à l'exception du fer: le feu agit ici par son volume, et n'a que sa propre vitesse puisqu'on n'en aïlgmente pas la rapidité par des soufllets ou d’autres instruments

it PREMIÈRE PARTIE. 93 qui portent l'air sûr le feu. Il est vrai que la mier; en sorte que la même matière donne forme des tisards, c'est-dire des ouvertu- des résultats si peu semblables qu'on ne res principales par où ces fourneaux urent peut compter sur rien , à moins qu'on ne la l'air, contribue à l’attirer plus puissamment travaille en même temps ou successivement qu'il ne le serait en espace libre; mais cette par ces trois moyens ou procédés que nous augmentation de vitesse est très-peu consi- venons d'indiquer ; ce qui est une route plus dérable en comparaison de la grande rapi- longue, mais la seule qui puisse nous condité que lui donnent les soufllets : par ce duire à la connaissance exacte de tous les dernier procédé on accélère l'action du feu rapports que les diverses substances peuvent qu’on aiguise par l'air autant qu'il est possi- avoir avec l'élément du feu. Et de la même ble ; par l'autre procédé , on l'augmente en - manière que je divise en trois procédés généconcentrant Sa flamme en grand volume. raux l'administration de cet élément, je di- J1y a, comme l'on voit, plusieurs moyens “vise de même en trois classes toutes les mad'augmenter l’action du feu,soitq'on veuille tières que l'on peut soumettre à son action. Je faire agir par sa vitesse ou par son volume; Je mets à part, pour un moment , celles qui mais il n'y en a qu'un seul par lequel on sont purement combusttbles et qui provienuisse augmenter sa masse, c'est de le réunir nent immédiatement des animaux et des véau foyer d’un miroir ardent. Lorsqu'on re- gétaux; et je divise toutes les matières miné-

coit sur un miroir réfringent ou réflexif les rales trois classes relativement à l’action.

rayons du soleil, ou même ceux d'un feu du feu : la première est celle des matières bien allumé , on les réunit dans un espace que cette action, long-temps continuée, rend d'autant moindre que le miroirest plus grand plus légères, comme le fer ; la seconde, celle et le foyer plus court. Par exemple, avec un des matières que cette même action du feu aniroir de q pieds de diamètre et d'un rend plus pesantes, comme le plomb ; et la pouce de foyer; il est clair que la quantité de troisième classe est celle des matières sur Jumière ou de feu qui tombe sur le miroir de lesquelles, comme sur l'or, cette action du uatre pieds se trouvant réunie dans l'espace feu ne paraît produire aucun effet sensible , d'un pouce , serait deux mille trois cent qua- puisqu'elle n’altère point leur pesanteur. 4re fois plus dense qu'elle ne l'était, sitoute Toutes les matières existantes et possibles , Ja matière incidente arrivait sans perte à ce c’est-à-dire toutes les substances simples et foyer. Nous verrons ailleurs ce qui s’en perd composées , seront nécessairement comprises effectivement ; mais il nous suflit ici de faire dans l’une de ces trois classes. Ces expériensentir que quand même cette perte serait des ces, par les trois procédés ,.qui ne sont pas deux tiers ou des trois quarts, la masse du difficiles à faire, et qui ne demandent que de feu concentré au foyer de ce miroir sera tou+, l'exactitude et du temps, pourraient nous ours six ou sept cents fois plus dense qu'elle découvrir plusieurs choses utiles, et séraient ne l'était à la surface du miroir. Ici, comme très-nécessaires pour fonder sur des princidans tous les autres cas > la masse accroît par pes réels la théorie de la chimie : cette belle Ja contraction du volume , et le feu dont on science , jusqu’à nos jours , n’a porté que sur augmente ainsi la densité a toutes les pro-° une nomenclature précaire, et sur des mots riétés d'une masse de matière; car, indé- d'autant plus vagues qu’ils sont plus généendamment de l’action de la chaleur par raux. Le feu étant, pour ainsi dire, le seul laquelle il pénètre les corps, il les pousse et instrument de cet art, et sa nature n'étant es déplace comme le ferait un corps solide point connue, non plus que ses rapports avec en mouvement qui en choquerait. un autre. les autres corps, on ne sait ni ce qu’il y met On pourra donc augmenter par ce moyen la nice qu’il en te ; on travaille donc à l'aveudensité ou la masse du feu d'autant plus, gle, we ne peut arriver qu’à des résultats erfectionnera davantage la coustruc- obscurs , que l’on rend encore plus obscurs miroirs ar dents. pre en les érigeant en principes. Le phlogistique, r, chacune de ces trois manières d'admi- le minéralisateur, l'acide, l’alkali, etc., ne nistrer le feu et d'en augmenter ou la vitesse, sont que des termes créés par la méthode , ou le volume, ou la masse, produit sur les dont les définitions sont adoptées par conmêmes substances des effels souvent très- vention, et ne répondent à aucune idée claire différents : on calcine par l'un de ces moyens et précise, ni même à aucun être réel. Tant

ce que l'on fond pardlautre; on volatilise par que nous ne connaîtrons pas mieux la nature

e& dernier ce qui parait réfractaire au pre du feu, tant que nous ignorerons ce qu'il Ôte

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ou donne aux malières qu'on soumet à son action, il ne sera Pas possible de prononcer sur la nature de ces mêmes matières d’après les opérations de la chimie ; puisque chaque matière à laquelle le feu ôte ou donne quelque chose, n’est plus la substance simple que l'on voudrait connaître, mais une matière composée et mélangée, ou dénaturée et changée par l'addition ou la soustraction d’autres matières que le feu en enlève ou y fait entrer.

Prenons pour exemple de cette addition et de cette soustraction le plomb et le marbre : par la simple calcination l'on augmente lé poids du plomb de près d'un quart, et l’on diminue celui du marbre de près de moitié ; il y a donc un quart de matière inconnue que le feu donne au premier, et une moitié d’autre matière également inconnue qu’il enlève au second, Tous les raisonnements de la chimie ne nous ont pas démontré jusqu'ici ce que c'est que cette matière donnée ou ehlevée par le feu; et il est évident que lorsqu'on travaille sur le plomb et sur le marbre après leur calcination, ce ne sont plus ces matières simples que l’on traite, mais d’autres matières dénaturées et composées par l'action du feu. Ne serait-il donc pas nécessaire, avant tout, de procéder d’après les vues que je viens d'indiquer, de voir d’abord sous un même coup d'œil toutes les matières que le feu ne change ni n’altère , ensuite celles que le feu détruit ou diminue , et enfin celles qu’il augmente et compose en s’incorporant avec elles? ;

Mais examinons de plus près la nature du

feu considéré en lui-même. Puisque c’est une ?

substance matérielle, il doit être sujet à la loi générale , à laquelle toute matière est soumise : il est le moins pesant de tous les corps , mais cependant il pèse; et quoique ce que nous avons dit précédemment suflise pour le prouver évidemment, nous le démontrerons encore par des expériences palpables, et que tout le monde sera en état de répéter aisément. On pourrait d’abord soupçonner , par la pesanteur réciproque des astres, que le feu en grande masse est pesant, ainsi que toute autre matière; car les’ astres ui sont lumineux comme le soleil, dont toute la substance parait être de feu, n’en exercent pas moins leur force d'attraction à l'égard des astres qui ne le sont pas : mais nous démontrerons que le feu même en très-petit volume est réellement pesant; qu'il obéit, comme toute autre matière, à la loi générale de la pesanteur , et que par conséquent il doit

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avoir de même des rapports d’aflinité avec les autres corps; en avoir plus ou moins avec telle ou telle substance; let n’en avoir que peu ou point du tout avec beaucoup d’autres.

Toutes celles qu'il rendra plus pesantes , comme le plomb , seront celles avec lesquelles il aura le plus d’aflinité ; et en le supposant appliqué au même degré et pendant un temps égal, celles de ces matières qui gagneront le plus en pesanteur seront aussi celles avec lesquelles cette affinité sera la plus grande. Un des effets de cette aflinité dans chaque matière est de retenir la substance même dufeu et de se l'incorporer ; et cette incorporation suppose que non-seulement le feu perd sa chaleur et son élasticité, mais même tout son mouvement , puisqu'il se fixe dans ces corps et en devient partie constituante. Il y a donc lieu de croire qu'il en est du feu comme de l'air, qui se trouve sous une forme fixe et concrète dans presque tous les corps ; et l’on peut espérer qu’à l'exemple du docteur Hales (1), qui a su dégager cet air fixé dans tous les corpsét en évaluer la quantité , il viendra quelque jour un physicien habile qui trouvera les moyens de distraire le feu de toutes les matières où il se trouve sous une forme fixe : mais il faut auparavant faire la table de ces matières , en établissant par l’expérience les différents rapports dans lesquels le feu se combine avec toutes les substances qui lui sont analogues ; et se fixe en plus ou moins grande quantité , selon que ces substances ont plus ou moins de force pour le retenir.

Car il est évident que toutes les matières dont la pesanteur augmente par l'action du feu , sont douées d’une force attractive , telle que son effet est supérieur à celui de la force

- expansive dont les particules du feu sont ani-

mées , puisque celle-ci s'amortit et s'éteint, que son mouvement cesse, et que d’élastiques et fugitives qu'étaient ces particules ignées , elles deviennent fixes , solides, et prennent une, forme concrète, Ainsi les matières qui augmentent de poids par le feu, comme l'étain , le plomb , les fleurs de zinc etc. , et toutes les autres qu’on pourra découvrir , sont des substances qui, par leur aff-

Re ——————] (1) Le phosphore , qui n’est, pour ainsi dire , qu'une matière ignée , une substance qui conserve et condense le feu, serait le premier objet des expériences qu'il faudrait faire pour traiter le feu comme M. Hales a traité l'air, et lepremier iastrument qu'il

faudrait employer pour ce nouvel art.

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ae

nité avec le feu , lattirengt se l'incorponans Toutes les matières au contraire qui ; ” lé me le fer , le cuivre, etc., deviennent plus %:

res à mesure qu'on les calcine, sont des substances dont la force attractive , relativement aux particules ignées ; s# En que la force expansive du feu ; et c’est ce qui fait que le feu, au lieu de se fixer dans ces matières , en enlève au contraire ét en chasse les parties les moins Jiées, qui ne peuvent résister à son impulsion. Enfin celles qui , comme l'ofyle platine - l'argent, le grès, etc. ; ne perdent ni n'acquièrent pas l'application du feu , et qu'il ne fait ; pour ainsi dire, que sraverser sans en rien enlever et sans y rien Jaisser , sont des substances qui , n'ayant aucune aflinité avec le feu , et ne pouvant se

joindre avec lui , ne peuvent par conséquent

ni le retenir ni l'accompagner en se laissant enlever. Il est évident que les matières des deux premières classes, ont avec le feu un certain degré d’aflinité , puisque celles de la seconde classe se chargent du feu qu'elles retiennent , € le feu se charge de celles de la première classe et qu il les emporte ; au lieu que les matières de la troisièmeclasse auxquelles il ne donne ni n'ôte rien, n ont aucun rapport d’aflinité du d'attraction avec Jai, et sont, pour ainsi dire , indifférentes à son aétion , qui ne peut ni les dénaturer ni même les altérer. Y Cétte division de toutes les matières en trois classes relatives à l'action du feu, n'exclut pas la division plus particulière et moins absolue de toutes les matières en deux autres classes, qu'on a jusqu'ici regardées comme relatives à leur propre nature , qui, dit-on ; est toujours vitrescible ou calcaire. Notre nouvelle division n'est qu'un point de vue plus élevé , sous lequel il faut les considérer pour tâcher d'en déduire la connaissance même de l'agent qu'on emploie par les différents rapports que le feu peut avoir avec toutes les substances auxquelles on l'applique : faute de comparer ou de combiner ces rapports ; ainsi que les moyens qu’on emploie pour appliquer le feu , je vois qu’on tombe tous les jours dans des contradictions apparentes ; et même dans des erreurs trèspréjudiciables (1).

ARS ee (1) Je vais en donner un re récent. Deux hàbiles chimistes (MM. Pott et d “wwe ) ont soumisun à nombre de substances à l'action du feu : le ere s'est servi d'un fourneau que je suis étenné LA le second n'ait point entendu, puisque rien ne

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