‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 62 sur 304 · CAF OIL · texte numérisé non relu

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que le fer se refroidissant en dix-huit mi-

nutes au point de pouvoit le tenir à la m ain, ! le marbre se refroidit au même poi en 29 douze minutes , la pierre en onze , le p lomb

en neuf, et l’étain en huit minutes.

leur densité , comme on le croit vulgairement (1), que les corps reçoivent et perdent plus ou moins vite la ch , mais dans un rapport bien différent et i est en raison inverse de leur solidité, c’est-à-dire de leur plus ou moins grande non-fluidité ; en sorte qu'avec la même chaleur il faut moins de temps pour échauffer ou refroidir le fluide le plus dense qu'il n'en faut pour échauffer ou refroidir au même degré le solide le moins dense. Je donnerai, dans les Mémoires suivants, le développement entier de ce principe ; duquel dépend toute la théorie du

rogrès de la chaleur : mais , pour que mon assertion ne paraisse pas vaine, voici en peu de mots le fondement de cette théorie.

” Lo trouvé , par la vué de l'esprit , queles corps qui s’'échaufferaient en raison de leurs diamètres, ne pourraient être que ceux qui seraient parfaitement perméables à Ja chaleur, et que ce seraient en même temps ceux

ui s’échaufferaient ou se refroïidiraient en moins de temps. Dès-lors j'ai pensé que les fluides dont toutes les parties ne se tiennent que par un faible lien , approchaient plus de cette perméabilité parfaite que les solides dont les parties ont beaucoup plus de cohésion que celles des fluides.

En conséquence j'ai fait des expériences par lesquelles j'ai trouvé qu'avec la même chaleur tous lés fluides, quelque denses qu'ils soient, s’échauffent et se refroïdissent plus

,romptement qu'aucun solide, quelque léger qu'il soit : en sorte, par exemple, que le mercure, comparé avec le bois, s’échauffe beaucoup plus promptement que le bois, quoiqu'il soit quinze ou seize fois plus dense.

Cela m'a fait reconnaître que le progrès de la chaleur dans les corps ne devait en auun cas se faire relativement à leur densité : et en effet j'ai trouvé par l'expérience que , tant dans les solides que dans les fluides , ce progrès se fait plutôt en raison de leur fluidité, ou si l'on veut, en raison inversé de leur solidité.

Comme ce mot solidité a plusieurs accepions sil faut voir nettement le sens dans le-

uel je l'emploie ici : solide et solidité se disent en géométrie relativement à la grandeur, et se prennent pour le volume du corps; solidité se ditsouvent en physique re- A MSN ET

(1) Voyez la Chimie de Boerhaave, part. 1, pag. 266 et 276, et aussi 160; 264 et 267. — Musschenbrock , Lasais de Physique , pages 94 et 969, etc.

lativement à la densité, c'est-à-dire à la masse contenue sous un volume donné ; solidité se dit quelquefois encore relativement à la dureté , c'est-à-dire à la résistance que font les corps lorsque nous voulons les entamer ; or, ce n'est dans aucun deces sens que j’emploie ici ce mot , mais dans une acception qui devrait être la première , parce qu'elle est la plus propre. J'entends uniquement par soéi:

dité la, qualité opposée à la fluidité, et je dis que c’est en raison inverse de cette qualité que se faitle progrès de la chaleur dans la plupart des corps , et qu'ils s'échauffent ou se refroidissent d'autant plus vite qu'ils sont plus fluides, et d’autant plus lentement qu'ils sônt plus solides, toutes les autres circonstances étant égales d’ailleurs. | Et, pour prouver que la solidité prise dans ce sens est tout-à-fait indépendante de

matières plus denses ou moins denses s'échauffent et se refroidissent plus promptement que d’autres matières plus ou moins denses ; que , par exemple, l'or et le plomb, quisont beaucoup plus denses que le fer etle cuivre , néanmoins s'échauffent et se refroi-

dissent beaucoup plus vite, et que l’étain et

le marbre, qui sont au contraire moins denses s’échauflentetse refroidissent aussi beaucoup plus vite que le fer et le cuivre ; et

qu'il en est de même de plusieurs autres

matières qui, quoique plus ou moins denses, s’échauffent et se refroïdissent plus promptement que d’autres qui sont beaucoup moins denses ou plus denses ; en sorte que la densité n’est nullement relative à l'échelle du progrès de la chaleur dans les corps solides.

densité, j'ai trouvé, par expérience, que des

ce *

Et, pour le prouver de même dans les flui- .

des, j'ai vu que le mercure, qui est treize ou quatorze fois plus dense que l'eau, néanmoins s'échauffe et se refroidit en moins de temps que l'eau; et que l'esprit de vin, qui est moins dense que l’eau, s'échaufle et se refroidit aussi plus vite que l’eau; en sorte que, généralement , le progrès de la chaleur dans les corps , tant pour l'entrée que pour la sortie, n’a aucun rapport à leur densité, et se fait principalement en raison de leur fluidité , en étendant la fluidité jusqu’au s0lide , c’est-à-dire en regardant la solidité comme ung non-fluidité plus ou moins grande.

De là, j'ai cru devoir conclure que l'on con naîtrait en effet le degré réel de fluidité dans les corps , en les faisant chauffer à la même chaleur ; car leur r fluidité sera dans 1

raison que celle ‘du temps peggant lequel

/ é tous d'un pouce de diamètre , le plus préci- présume que sans cela , il au-

res, près de Dijon , pèse. FD: 8

ils recevront et perdront cette chaleur : et il à ce que je présume; car j'ai déjà tentérce en sera de même des corps solides; ils se- expériences sur un grand nombre de mat ront d'autant plus solides, c'est-à-dire d'au- res diéentes 8j en ai fait une tabl e( tant plus non-fluides , qu'il leur faudra plus j'ai tâché de r aussi complète et auss! de temps pour recevoir cette même chaleur exacte qu'il m'a été possible, et qu'on trou et la perdre : et cela presque généralement, vera dans le Mémoire suivant. Da. é

SUITE DES EXPÉRIENCES SUR LE PROGRÈS DE LA CHALEUR DANS L si DIFFÉRENTES SUBSTANCES MINÉRALES. per + u ! à .

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