‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 8 sur 304 · LUTTE · texte numérisé non relu

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nentes, étaient ci-devant ste des terres découvertes , habitées, et par conséquent moins refroidies qu'elles ne le sont aujourd'hui; ilest;de même très-certain que cette augmentation successive de glaces ne peut être attribuée à l'augmentation de la quantité de vapeurs aqueuses, puisque tous les sommets des montagnes qui surmontent ces glacières ne se sont point élevés, et se sont au contraire abaissés avec le temps et par la chute d'une ité de rochers et de masses en débris qui ont roulé, soit au fond des glacières, soit dans les vallées inférieures. Dès-lors l'agrandissement de ces conirées de glace est déjà, et sera dans la suite la preuve la plus palpable du refroidissement successif de la terre , duquel il est plus aisé de saisir les degrés dans ces pointes

* avancées du globe que partout ailleurs : si

l'on continue done d'observer les progrès de ces glacières permanentes des Alpes ; on saura dans quelques siècles combien il faut d'années pour que le froid glacial s'empare d'une terre actuellement habitée , et de là on pourra conclure si j'ai compté trop ou trop peu de temps pour le refroidissement du globe.

Maintenant, si nous transportons cette idée sur la région du pôle , nous nous persuaderons aisément que , non seulement elle est entièrement glacée, mais même que le circuit et l'étendue de ces glaces augmente de siècleen sièele, et continuera d'augmenter avec le refroidissement du globe. Les terres du Spitzberg . quoiqu'à 10 degrés du pôle , sont presque entièrement glacées ; même en été : et, par les nouvelles tentatives que l'on a faites pour epproéher du pôle de plus près ; il paraît qu'on n’a trouvé que des glaces, que Je regarde comme les appendices «le la grande glacière qui couvre cètte région tout entiere ; depuis le pôle jusqu'à 7 ou 8 degrés de distance. Les glaces immenses reconnues par le Capitaine Phipps à 80 et SL degrés, et qui partout l'ont empêché d'avancer plus loin , semblent prouver la vérité de ce fait impogtant; car l'on ne doit par présumer qu'il Pair sous le pôle des sources et des fleuves d'eau douce qui puissent produire et amener ces glaces, puisqu'en toutes saisons ces fleuves seraient glacés. 11 parait donc que les glaces qui ont empêché ce navigateur intrépide de pénétrer au-delà du 82e degré , yes longueur de plus de 24 degrés en longitude , il paraît, disije , que ces glaces continues forment une

partie de la cire e de l'immense glacière de notre pôle, brbuite par le refroidissement successif du globe. Et, si l'on veuts ter la surface de cette zône glacée depuis 1 e jusqu'au 82° degré de latitude, on verra qu'elle est de plus de cent trente mille lieues quarrées, et que par conséquent voilà déjà la deux centième partie du globe envahie par le refroidissement ct anéantie pour la nature vivante, Et, comme le froid est plus grand dans les régions du pôle austral , l’on doit présumer que l'envahissement des glaces y est aussi plus grand , puisqu'on en rencontre dans quelques-unes de ces plages australes dès le 47e degré :

mais , pour ne considérer ici qne notre hémisphère boréal, dont nous présumons que la glace a déjà envahi la centième Partie , c'est-à-dire toute la surface de la portion de sphère qui s'étend depuis le pôle jusqu'à 8 degrés ou deux cents lieues de distance, l’on sent bien que s’il était possible de détermi. ner le temps où ces glaces ont commencé de s'établir sur le point du pôle, et ensuite le temps de la progression successive de leur envahissement jusqu'à deux cents lieues ; on pourrait en déduire celui de leur progression à venir, et connaitre d'avance quelle sera la durée de la nature vivante dans tous les cimats jusqu'à celui de l'équateur. Par exemple , si nous supposons qu'il y ait mille ans que la glace permanente a commencé de s'établir sous le point même du Pose:

que , dans la succession de ce millier d'années , les glaces se soient étendues autour de ce point jusqu'à deux cgnts lieues, ce qui fait la centième partie de la surface de l'hémisphere depuis le pôle à l'équateur,‘on peut présumer qu'il s'écoulera encore quatre-vingt-dix-neuf!mille ans avant qu'elles puissent l'envahir dans toute cette étendue, CA supposant uuiforme la progression du froid glacial, comme l’est celle du refroidis sement du globe ; et ceci s'accorde assez avec la durée de quatre-vingt-treize mille ans que nous avons donnée à la nature vivante , à dater de ce jour , et que nous avons déduite de la seule loi du refroidissement.

Quoi qu'il en soit, il est certain que les glaces se présentent de tous côtés ; à 8 degrés dù pôle, comme des barrières et des obstacles insurmontables, car le capitaine Phipps a parcouru plas de la quinzième Parlie de cette circonférence vers le nordest; et avant lui, Baffin et Smith en avaient reconnu tout autant vers le nord-ouest, et

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