‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-HilaireChapitre 102 sur 162 · PATTES D ‘ON · texte numérisé non relu

PATTES D ‘ON

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leur rouge ; il est encore plus rare que l'orpiment ; et ces deux formes sous lesquelles se présente l'arsénic ne sont pas communes , parce qu’elles ne proviennent que de l’action du feu , et l'orpiment et le réalgar n’ont été formés que par celui des volcans ou par des incendies de forêts; au lieu que l’arsénic se trouve en grande quantité sous d'autres formes dans presque toutes les mines, etsurtout dans celles de cobalt.

Ponr recueillir l’arsénic et en éviter en même temps les vapeurs funestes , on construit des cheminées inclinées et longues de vingt àtrente toises au-dessus des fourneaux où l'on travaille la mine de cobalt, et l'on a observé que l'arsénic qui s'élève le plus haut est aussi le plus pur et le plus corrosif ; pour ramasser sans danger cette poudre pernicieuse , il faut se couvrir la bouche et le nez, et ne respirer l'air qu'à travers une toile ; et comme cette poudre arsénicale se dissout dans les graisses et les huiles aussi bien que dans l'eau, et qu'une très-petite quantité suflit pour causer les plus funestes effets ; la fabrication devrait en être défendue et le commerce proscrit.

Les chimistes, malgré le danger, n'ont pas laissé que de soumettre cette poudre arsénicale à un grand nombre d'épreuves pour la purifier et la convertir en cristaux ; ils la mettent dans des vaisseaux de fer exactement fermés où elle se sublime de nouveau sur le feu.

Les vipeurs s’attachent au haut du vaisseau en cristaux blancs ettransparents comme du verre ; et lorsqu'ils veulent faire de l'arsénie jaune ou rouge semblable au réalgar et à l'orpiment, ils mêlent cette poudre d'arsénic avec une certaine quantité de soufre pour les sublimer ensemble; la matière sublimée devient jaune comme l’orpiment , ou rouge comme le réalgar , selon la plus ou moins grande quantité de soufre qu'on y aura mêlée. Enfin , si l'on fond de nouveau ce réalgar artificiel, il deviendra transparent et d’un rouge de rubis; le réalgar naturel n'est qu'à demi transparent, souvent même il est opaque et ressemble beaucoup au cinabre ; ces arsénics jaunes et rouges sont, comme l’on voit, d'une formation bien postérieure à celle des mines arsénicales , puisque le soufre est entré dans

leur composition et qu'ils ont été sublimés ensemble par les feux souterrains. On assure qu'à la Chine, l'orpiment et le réalgar se

trouvent en si grandes masses qu'on en a fait des vases et des pagodes ; ce fait démontre l'existence présente ou passée des volcans dans cette partie de l'Asie.

Pour réduire l'arsénic en régule, on en mêle la poudre blanche sublimée avec du savon noir et même avec de l'huile ; on fait sécher cette pâte humide à petit feu dans un matras , et on augmente le me 2 feu jusqu'à rougir le fondde ce vaisseau. M. Bergmann donne la pesanteur spécifique de ce régule dans le rapport de 8310 à 1000 , ce Ka à 72 livres le pied cube d’eau, donne 598 livres 1. pour le poids d’un pied eube de régule d'arsénic ; ainsi la densité de ce régule est un peu plus grande que celle du fer, et à peu près égale à la densité de l'acier. Ce régule d’arsénic a | comme nous l'avons dit, plusieurs propriétés communes avec les demimétaux; il ne S’unit point auxterres ; ilnese dissout point dans l'eau , il s'allie aux mé- Laux sans leur ôter l'éclat métallique ; et dans cet état derégule , l’arsénic est plutôbun demi-métal qu’un sel,

On a donné le nom de verre d'arsénie, aux cristaux qui se forment par la poudre sublimée en vaisseaux clos; mais ces cristauxtransparents ne sont pas du verre ; puisqu'ils sont solubles dans l'eau ; et ce qui le démontre encore, c'est que cette même poudre blanche d’arsénic prend cet état de prétendu verre par la voie humide et à la simple chaleur de l'eau bouillante (L).

Lorsqu'on veut purger les métaux de l'arsénic qu'ils contiennent, on commence par le volatiliser autant qu'il est possible ; mais comme il adhère quelquefois très-fortement au métal et surtout au cuivre et que par le feu de fusion on ne l'en dégage pas en entier; on ne vient à bout de le séparer de la matte que par l'intermède du fer qui ayant plus d'affinité que le cuivre avec l’arsénic, s’en saisit et en débarrasse le cuivre ; on doit faire la même opération et par le même moyen €l raflinant l'argent qui se tire des mines arsénicales.

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(1) 11 faut pour cela mettre la dissolution de cette chaux dans quinze parties d'ean bouillaute , et laisser ensuite refroidir celte dissolution; on obtient alors de petits cristaux en segments d'oetsèdres , etc. , c'est un verre d'arsénic formé par uu degré de chaleur bien peu considérable. (Lettres de M. Demeste , tom, 2, pag. 118.)

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