‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-HilaireChapitre 101 sur 162 · SR · texte numérisé non relu

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. (2) Hoffman assure, d'après plusieurs expériences »

que l'orpiment et le réalgar naturels ne sont pas ts poisons comme l’arsénic jaune et l'arsénic rouge 2

tificiels. (Dictionnaire de Chimie, par M. Macqueï: article Arsénic.) : .

(3) Opuscules chimiques, tom. 2, pag- 278 et

(4) M. Monnet ajoute que l’arsénie vierge, d9®.

des vaisseaux fermés , se sublime sans qu'il soit besoin d'y rien ajouter ; que combiné avec tous les autres métaux , il donne toujours un régule. ... « Une pro” » priété de l’arsénic vierge, dit-il, est de s'enflam- » mer, soit qu'on le fasse toucher à des charbons 04 » à la flamme; il brûle paisiblement en répandant » une épaisse fumée qui se condense les corps » froids en un sublimé blanc... et 16rsque 1” ° » qui brûle est entièrement consumé , il reste un Pet » de scorie terreuse et ferrugineuse.... »

Le lieu uù l'on trouve le plus d'arsénic vierge est Sainte-Marie-aux-Mines ; il est assez rare partout

D. RSR

moins de confiance aux lumières de M. Monnet, je croirais, à cette deseripuon, que son arsénic vierge n’est qu'une espèce de marcassite ou pyrite arsénicale , mais ne les ayant pas comparés , je ne dois tout au plus que douter , d'autant que le savant M. de Morveau dit aussi + « qu'on trouve de l'arsénic » vierge en masse informe, grenue , en écail. » les et friable ; de 1 arsénic noir mêlé de bi- » tume, de l’arsénic gris testacé , de l’arsé- » nic blanc cristallisé en gros cubes (1), es ces d pourraient être des * ositions d’arsénic , ou des mélanges à cobalt et du fer : d’ailleurs , la ne 4 d’arsénic en écailles ni même le régule d'arsénie ; qui doit être encore plus pur et plus dense que l’arsénic vierge, ne sont pas aussi esants que le suppose M. Monnet ; Car la esanteur spécifique de la mine écailleuse d'arsénic n’est que de 57249 , et celle du régule d'arsénic de 57633 , tandis que-la pesanteur spécifique du régulé de cobalt est de 78119, et celle du régule de nickel de 78070; . il est donc certain que l'arsénic vierge n’est as , à beaucoup près, aussi pesant que ces régules de cobalt et de nickel.

Quoi qu'il en soit, l’arsénic se rencontre

mais tout

a ailleurs ; dans les années 1755 et 1760 , il se trouva À Sainte-Marie-aux-Mines une si grande quantité d'arsénie vierge, que pendant plasieurs jours on en tirait des quintaux entiers... . Dans les autres mines, comme dans celles de Freyberg, de Saint-Andreasberg-au-Hartz et dans quelques-unes de Suège , on en a trouvé par intervalles quelques morceaux, .., M. Monnet conclut par dire que l'arsénic est une sub stance particulière, semi-métallique si on veut l'envisager parses propriétes métalliques , ou semi-saline si on veut l'envisager par ses propriétés salines , qui entre comme partie contingente dens les mines , et qui est indiflérente à l'intérieur des métaux, (Journal de Physique , septembre 1773, pag. 191 et sur) (1) Éléments de Chimie, tom. 1, pag. 125, — « L'arsénic, dit M. Demeste, est une substance fort » commune dans les mines, elle s'y montre tratôt à » la surface d'autres minéraux , où elle s’est déposée,

» soit à l'état dé régule, soit à l'état de chaux ; tantôt » elle s'y trouve minéralisée, et tantôt elle exerce » elleméme les fonctions de minéralissteur. . CS Outre le fer que contient la pyrite arsénicale, elle renferme aussi quelquefois du cobalt, du bismnth :

éme de l'argent et de l'or... Le régule d arsénic natif est ordinairement noirâtre et tera par l'action de l'air , quoique dans sa fracture récente il soit brillant comme de l'acier. Tantôt il forme des masses écaïlleuses , solides, assez compactes et sans figure déterminée ; tantôt ce sont des masses granuleuses avec due protubérences, composées de lames trèsépaisses, posées en recouvrement les unes sur les au-

Tuéonte DE LA TERRE. Z'ome III.

dans presque toutes les mines E..

et surtout dans les mines d’étain J c'est | ? ce qui a fait donner à l'arsénie > Comme au . soufre , le nom de minéralisateur : or , sil'on veut avoir une idée nette de ce que signifie le mot de minéralisation, on ne peut l'interpréter que par celui de laltération que certaines substances actives produisent sur les minéraux métalliques ; la pyrite , ou si l’on veut le soufre minéral , agit comme un sel par l'acide qu'il contient ; le foie de soufre agit encore plus généralement par son alkali, et l’arsénic , qui est un autre sel souvent uni avec la matière du feu dans la pyrite , agit avec une double puissance, et c’est de l’action de ces trois sels acides, alkalins etarsénicaux, que dépend l'altération ou mihéralisation de toutes les substances métalliques , parce que tous les autres sels peuvent se réduire à ceux-ci.

L'arsénic a fait impression sur toutes les mines métalliques dans lesquelles il s’est établi dès le temps de la première formation des sels , après la chute des eaux et des autres matières volatiles; il semble avoir altéré les métaux à l'exception de l'or; il a produit avec le soufre pyriteux et le foie de soufre, les mines d'argent rouges, blanches et vi-

tres, et dont les fragments ont par conséquent une partie concave et une partie convexe. Il porte alors le nom d'arsénic testacé. Quand cet arsénic vierge est pur et sans mélange, il n'est point assez dur pour faire feu avec le briquet, mais ilest quelquefois mélé d’une petite quantité de fer ou de cobalt, et alors sa dureté est plus considérable,

La grande.facilité avec laquelle l'arsénic passe à l'état de chaux, et la grande volatilité de cette chaux nous indiquent assez pourquoi l'on rencontre la chaux de ce demi-métal sous la forme d'une efllorescence blanche à la surfgce et dans les cavités de certaines mines ; on ne peut même pas douter qu'elle ne puisse résulter de la décomposition, soit de la mine d'argent rouge, soit des autres minéraux qui, contiennent ce demi-métal..,. Cette efllorescence blanche est une chaux d'arsénic proprement dite. ...

Le verre natif d’arsénie est d’un blanc jeunûtre, de même que le verre factice de ce demi-métal; mais le premier est moins sujet à s’alérer à l'air que le dernier, par la raison sans doute que la combinaison des deux substances qui composent le verre natif, y est plus parfaite et plus intime qu'elle ne l’est dans le verre d'arsénic que nous préparons . +

Quoi qu'il en soit, le verre natif d'arsénic se rencontre à la superficie de quelques mines de cobalt et sur quelques produits de volcans, il est quelquelois cristallisé en prismes minces, triangulaires, ou en aiguillvs blanches divergentes, etc. (Lettres de M. Demeste, tom. 2, pag. 121 et suiv.)

treuses ; il est entré dans la plupart des mines de cuivre (1), et il adhère très-fortement à ce métal (2); il a produit la cristallisation des mines d’étain et de celles-de plomb qui se présentent en, cristaux blancs et verts ; enfin il se trouve uni au fer dans plusieurs pyrites, et particulièrement dans la pyrite blanche que les Allemands appellent 41spickel , qui n’est qu'un composé de mine de fer et d'une grande quantité d'arsénic (3).

Les mines d'antimoine, de bismuth , de zinc , et surtout celles de cobalt , contiennent aussi de l'arsénic ; presque toutes les matières minérales én sont imprégnées ; il y a même des terres qui sont sensiblement arsénicales ; aucune matière n'est donc plus “universellement répandue: la grande et constante volatilité de l’arsénic ; jointe à la fluidité qu’il acquiert en se dissolvant dans l'eau, lui donne la faculté de se transporter en vapeurs , et de se déposer partout, soit en liqueur , soit en masses concrètes ; il s’attache à toutes les substances qu'il peut pénétrer, et les corrompt presque toutes par l'acide corrosif de son sel.

L'arsénic est donc l’une des substances les plus actives du ‘règne minéral; les matières métalliques et terreuses ou pierreuses ne ne

(1) La preuve évidente que l’arsénic peut minéraliser le cuivre ; c'est qu'il le dissout à froid et par la voie humide, lorsqu'on le lui présente très-divisé comme en feuilles de livret. (Éléments de Chimie, par M. de Morveau, tom. 2, pag. 325.) A

(2) L'arsénic lient très-fortement avec le cuivre, et souvent il se montre duns la matte ou euivre noir après un grand nombre de fontes et de grillages pour tâcher de l'en séparer , ce qui dans les mines d'argent tenant cuivre en rend la séparation très-difficile. (M. Monnet; Journal de Physique, septemb. 1773.)

(3) Le mispickel ou pyrite blanche peut être considéré comme une mine de fer arsénicale, ce métal y étant minéralisé par beaucoup d'arsénie et un peu de soufre ; mais l'arsénic étant aussi une substance métallique particulière , el sa quantité dans cette pyrite excédant de beaucoup celle du fer, nous pouvons © regarder le mispickel commeune mine d'arsénic proprement dite. On le rencontre en masses, lantôt informes et tantôt cristallisées de diverses manières... . On trouve de fort beaux groupes de cristaux de mispickel à Mumig en Saxe. ( Lettres de M. le docteur Demeste , tom. 2, pag. 129.) — Et on observe même assez généralement que le mispickel en masses confuses sr composé de petites lames rhomboïdales. (Idem , pag. 130.) — La miue d'arsénic grise (pyrite d'orpiment) diflère peu de la précédente ; elle contient une plus grande quantité de soufre, ce qui fait qu'en la calcinant on en retire du réalgar. (Jdem, ibidem.) .

sont en elles-mêmes que des substances passives ; les sels seuls ont des qualités actives ; et lé soufre doit être considéré comme un sel, puisqu'il contient de l'acide qui est Pun des premiers principes salins. Sous ce point de vue, les puissances actives sur les minéraux en général semblent être représentées par trois agents principaux , le soufre pyriteux , le foie de soufre et l'arsénie , c'est-àdire par les sels acides , alkalins et arsénicaux ; et le foie de soufre qui,contientl'alkali uni aux principes du soufre , agit par une double puissance et altère non-seulement les substances métalliques, mais aussi les matières terreuses.

Mais quelle cause peut produire cette puissance des sels , quel élément peut les rendre actifs? si ce n'est celui du feu qui est fixé dans ces sels; car toute action qui’ dans la nature ne tend qu'à rapprocher , à réunir les corps , dépend de la force générale de l'attraction , tandis que toute action contraire qui ne s'exerce que pour séparer ; diviser et pénétrer les parties constituantes des corps , provient de cet élément qui, par sa force expansive, agit toujours en sens CON traire de la puissance attractive, et seul peut séparer ce qu'elle a réuni, résoudre ce qu'elle a combiné, liquéfier ce qu'elle a rendu 0lide , volatiliser ce qu’elle tenait fixe > TOM pre en un mot tous les liens par lesquels l'attraction universelle tiendrait la nature enchainée et plus qu'engourdie , si l'élément de lachaleur et du feu qui pénètre jusque dans ses entrailles n'y entretenait le mouvement nécessaire à tout développement, toule production et toute génération.

Mais pour ne parler ici que du règne mipe " le Sara altérateur , le sel minéralisateur primitif est :

foie dé rate : hd rdroi nn

us les sels ne sont que ses instruments ; toute minéralisation n'est qu'une altération par division, dissolution , volatilisation , précipitation , etc. Ainsi, les minéraux ont pu être altérés de toutes manières, tant par le mélange des maliéres passives dont ils sont composés que par la combinaison de ces puissances animées par le feu qui les ont plus ou moins travaillés, et quelquefois au point de les avoir presque dénaturés.

Mais pourquoi, me dira-t-on, cette minéralisation , qui , selon vous ; n'est qu'une altération, se porte-t-elle plus généralement sur les matières métalliques que sur les matières terreuses? De quelle cause, en un mot,

DES MINÉRAUX. ant

ferez-vous dépendre ce rapport si marqué entre le minéralisateur et le métal ? Je répondrai que , comme le feu primitif a exercé toute sa puissance sur les matières qu'il a vitrifiées , il les a dès-lors mises hors d'atteinte aux petites actions particulières que le feu peut exercer encore par le moyen des sels sur les matières qui.ne se sont pas trouvées assez fixes pour subir la vitrification ; que toutes les substances métalliques , sans même en excepter celle de l'or , étant susceptibles d'être sublimées par l’action du feu, elles se sont séparées de la masse des matières fixes qui se vitrifiaient ; que ces vapeurs métalliques reléguées dans l'atmosphère tant

u’a duré l'excessive chaleur du globe, en sont ensuite descendues et ont rempli les fentes du quartz et autres cavités de la roche vitreuse , et que par conséquent ces matières métalliques ayant évité par leur fuite et leur sublimation la plus grande action du feu sil

n’est pas étonnant qu'elles ne puissent éprouver aygune altération par l’action secondaire de la petite portion particulière du feu contenue dans les sels; tandis que les substances calcaires n'ayant été produites que les dernières , et n'ayant pas subi l'action du feu rimitif , sont par cette raison très-supceptibles d’altération par l’action de nos feux , et par le foie de soufre dans lequel la substance du feu est réunie avec l’alkali.

Mais c'est assez nous arrêter sur cet objet général de la minéralisation qui s'est présenté avec l'arsénic, parce que ce sel âcre et corrosif est l'un des plus puissants minéralisateurs par l'action qu'il exerce sur les métaux ; non-seulement il les altère et les minéralise dans le sein de la terre, mais il en corrompt la substance; il s'insinue et se répand en poison destructeur dañs les minéraux comme dans les corps organisés; allié avec l'or et l'argent en très-petite quantité, il leur enlève l’attribut essentiel à tout métal en leur ôtant toute ductilité , toute malléabi-

lité ; il produit le même effet sur le cuivre ; -

il blanchit le fer plus que le cuivre , sans cependant le rendre aussi cassant; il donne de même beaucoup d'aigreur à l’étain et au plomb, et ilne fait qu'augmenter celle de tous les demi-métaux ; il en divise doncencore les parties lorsqu'il n'a plus la puissance de les Sa ou détruire ; quelqueépreuve qu'on lui fasse subir, en quelque état qu'on puisse le réduire , l'arsénic ne perd jamais ses qualités pernicieuses; en régule, en fleurs, enchaux, en verre, il est toujours poison ;

sa vapeur seule, reçue dans les poumons , suflit pour donner la mort , et l'on ne peut s'empêcher de gémir en voyant le nombre des victimes immolées , quoique volontaire ment , dans les travaux des mines qui contiennent de l'arsénic; ces malheureux mineurs périssent presque tous au bout de quelquesannées , et les plus vigoureux sont bientôt languissants ; la vapeur, l'odeur seule de l'arsénic leur altère la poitrine (1), et cependant ils ne prennent pas pour éviter ce mal toutes les précautions nécessaires ; d'abord il s'élève assez souvent des vapeurs arsénicales dans les souterrains des mines dès qu’on y fait du feu; et de plus, c’est en faisant au marteau des tranchées dans la roche du minéral pour le séparer et l'enlever en morceaux, qu'ils respirent cette poussière arsénicale qui les tue comme poison , et les / incommode comme poussière ; car nos tailleurs de pierre de grès sont très-souvent malades du poumon, quoique cette poussière de grès n'ait pas d’autres mauvaises qualités que sa très-grande ténuité; mais dans tous les usages , dans toutes les circonstances où l'appât du gain commande , on voit avec plus de peine que de surprise la santé des hommes comptée pour rien, etleur vie pour peu de chose.

L'arsénic, qui malheureusement se trouve si souvent etsi abondamment dans la plupart des mines métalliques, y est presque toujours en sel cristallin ou en poudres blanches; il ne se trouve guère que dans les volcans agissants ou éteints sous la forme d'orpiment ou de réalgar; on assure néanmoins qu'il y en a dans les mines de Hongrie, à Kremmitz, à Newsol , etc. La substance de ces arsénics mélés de soufre, est disposée par lames minces ou feuillets , et par ce caractère on pent toujours distinguer l'orpiment naturel de l'artificiel dont le tissu est plus confus. Le

réalgar est aussi disposé par feuillets , etne

diffère de l'orpiment jaune que par sa cou-

(1) C'est À cette substance dangereuse qu'est due la phthisie, et ces exulcérations des poumons qui font périr à la fleur de l'âge les ouvriers qui travaillent aux mines.... Parmi eux un homme de trentecinq à quarante est ans déjà dans la décrépitude, ce qu'on doit surtout attribuer aux miues qu'ils détachent avec le ciseau et le maîllet, et qu'ils respirent perpétuellement par la bouche et par le nez; il paraîl que si dans ces mines on faisait usage de Ja poudre à canon pour détacher le minérai, les jours de ces malheureux ouvriers ne seraient point si indignement prodigués. (Encyclopédie, artiele Orpiment.)

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