POISSON
paraît laiteuse et bleuâtre lorsqu'on la regarde obliquement ; mais au reflet direct de la lumière , elle est d'un blanc éclatant et très-intense : à cecarractère , et en se fondant sur le sens étymologique, il me paraît que l’on pourrait prendre l'argyrodamas de Pline, pour notre œil de poisson ; car il n’est aucune pierre qui joïgne à un beau blanc d'argent plus d'éclat et de reflet , etqui par conséquent puisse à plus juste titre, quoique toujours rs te. recevoir le nom de diamant d'argent (2) :.et cela étant , la pierre gallatque ; du même naturaliste, serait une variété de notre pierre œil de poisson , puisqu'il la rapporte lui-même à son argyrodamas (3). Au reste , cette pierre œil de poisson est ainsi nommée, parce qu'elle ressemble par sa couleur au cristallin de l'œil d’un poisson.
OŒIL DE LOUP.
LA pierre appelée œil de loup , est de même un produit du feld-spath ; elle estchatoyante, et probablement mêlée de parties micacées qui en augmentent le volume et diminuent la masse ; cette pierre œil de loup , moins dense que le feld-spath (f), parait faire la nuance
e les feld-spaths et les opales qui sont encore plus mélangées de parties micacées ; car l'œil deloup n'étincelle pas par paillettes variées comme l’aventurine ou l'opale, mais il luit d'une lumière pleine etsombre ; ses reflets verdâtres semblent sortir d’un fond rougeñtre , et on pourrait prendre cette pierre
pour üne variété colorée poisson dent
de la pierre œil de > OU pour une aventurine sans acci- ., ? Sans aventure de couleurs , si sa densité n'était pas fort au-dessous de celle deces Pierres. Nous la regarderons donc commeun des produits ou Slalactites , mais des moins pures et des plus mélangées ; du feld-spath.
Sa teinte foncée etobscure ne laisse à ses reflets que fort peu d'éclat, et cette pierre ; quoique assez rare, dont nous avons au Ca-
binet du Roi deux ran , # que peu de valeur, grands échantillons , n
A VENTURINE.
Le feld-spath , et toutes les pierres transparentes qui en tirent leur origine, ont des reflets chatoyants ; mais il y a encore d'autres pierres qui réunissent à la lumière flottante
(1) La pesanteur spécifique de la pierre œil de poisson est de 25782, ce qui est à peu près le terme moyen entre la pesanteur spécifique 26466 du feldspath blanc, et 24378 pesanteur spéeifique du feldspath rougeûtre.
(2) Argyrodamas.
(3) Gallaïca argyrodamanti similis est , paulo sordidior. (Lib. 37, ne 59.)
et variée du chatoyement , des couleurs fixes; |
vives et intenses , telles que nous les présentent les aventurines et les opales.
La pesanteur spécifique des aventurines pus à po ee près la même que celle du feld- Spath (5} : la plupart de ces Pierres , encore nm mm malo are tbe
(4) La pesanteur spécifique de. Ja pierre œil de loup n'est que de 23507 , tandis que celle de l'œil de poisson est de 25782.
(5) Feld-sapth, 26466 ; aventurine demi-transpa-
rente, 26667; aventurine opaque, 26426. (Table de M, Brisson .)
D ts ORNNT S R
Plus brillantes que chatoyantes , paraissent être semées de petites paillettes rouges , jaumes et bleues , sur un fond de couleur plus où moins rouge ; les plus belles aventurines neésont néanmoins qu'à demi transparentes ; les autres sont plus ou moins opaques , et je neles rapporte au feld-spath qu'à cause de
… Ds toutes les pierres chatoyantes , l'opale st la plus belle ; cependant elle n'a ni la duété ni l'éclat des vraies pierres précieuses ; “hais Ja lumière qui la pénètre s'anime des us agréables couleurs, et semble se promeen reflets ondovants , et l'œil est encore ébloui que flatté de l'effet suave de ses éautés. Pline s'arrête avec complaisance à nue : «c’est, dit-il, le feu de l'escar-
bouele , le pourpre de l'améthyste, le vert » éclatant de l'émeraude , brillant ensemble, “ et tantôt séparés , tantôt unis par le plus » admirable mélange (1). » Ce n'est pas tout . encore ; le bleu et l’orangé viennent sous certains aspects se joindre à ces couleurs, et tou- “ ent plus de fraicheur du fond blanc ét luisant sur lequel elles jouent, et dont elles ne semblent sortir que pour y rentrer et jouer de nouveau.
Ces reflets colorés sont produits par le nn des rayons de lumière mille fois léchis, rompus et renvoyés de tous les petits plans des lames dont l'opale est composte: ils sont en mêmetemps réfractés au sortir de la pierre, sous des angles divers et “relatifs à Ja position des lames qui les renvoient, et ce qui prouve que ces couleurs mobiles et fugitives, qui suivent l'œil et dé- pendent de l'angle qu’il fait avec la lumière, ne sont que des iris ou spectres colorés , c’est qu'en cassant la pierre elle n'offre plus dans ces mêmes couleurs dont le jeu varié tient à sa structure intérieure , et s’accroît par la forme arrondie qu’on lui donne à l'extérieur. L'opale est donc une pierre irisée dans toutes ses parties; elle est en même temps la plus légère des pierres chatoyantes , et de près d'un cinquième moins que le feld-spath, qui de tous les ver-
(Est in jis carbunculi tenuior ignis , est ametysti ulgens purpura et smaragdi virens mare, et cuncta pariter incredibili mixturâ lucentia. (Lib, 32,
cap. 6.)
leurs reflets légèrement chatoyants , et de leur densité qui est à très-peu près la même; car les unes et les autres pourraient bien participer de la nature du mica, dont les paillettes brillantes contenues dans ces pierres paraissent être des parcelles colorées.