‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-HilaireChapitre 124 sur 162 · AR · texte numérisé non relu

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L'opale en offre beaucoup, non-seulement

par les différences du jeu de la lumière , mais encore par le nombre ‘des nuances et la diversité des couleurs qu'elle réfléchit (L) : il y a des opales à reflets faiblement colorés, où sur un fond laiteux flottent à peine quelques légères nuances de bleu. Dans ces pierres nuageuses , laiteuses et presque opaques , la pâte opaline semble s’épaissir et se rapprocher de celle de la calcédoine : au contraire, cette même pâte s'éclaircit quelquefois de mawière à n’offrir plus que l'apparence vitreusc et les teintes claires etlumineuses d'un feld-spath chatoyant et coloré ; et ces nuan- .ces , comme l’a très-bien observé Boëce , se trouvent souvent réunies et fondues dans un seul et même morceau d'opale brute. Le même auteur parle des opales noires comme des plus rares et des plus superbes par l'éclat du feu qui jaillit de leur fond sombre (2).

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tantüm ; falsis enfm contra radios libratis , digito ae Police unus atque idem translucet colos in se consumptus. Veri fulgor subindè variat et plüs huc illucque spargit , et fulgor lucis in digitos funditur. Hane gemmam propter eximiam gratiam plerique appellavère pæderota. Sunt et qui privatum genus ejus faciunt , sangenonque ab Indis vocari dicunt. Traduntur nasci et in Ægypto et in Arabid et vilissimi in Ponto.ltem in GalatiäacThaso et Cypro. Qnippe opali gratiam habet , sed molliàs nitet, rard non seaber. » (Plin. , lib. 37 , cap. 6.)

(1) On connaît quatre sortes d'opales, la première très-parfaile et qui imite naïvement l'iris par lemoyen de ces couleurs-ci, le rouge , le vert, le bleu , le pourpre et le jaune. La seconde qui, au travers d'une certaine noirceur, envoie un feu et un éclat d'escarboucle qu'on sait très-rare et très- précieuse, La troisième qui, aussi au travers d'un jaune, fait paraître

. diverses couleurs, mais peu guies et comme amollies. Et la quatrième sorte, celle qu'on nomme fausse opale , laquelle est diaphane et semblable aux yeux de poisson. La couleur des plus belles opales est un blanc de lait, parmi lequel il éclate du rouge, du vert , du bleu , du jaune, du colombin et plusieurs autres couleurs différentes qui dedans ce blane surprennent agréablement la vue ; d'où je conclurais facilement que c'est de cette sorte que Boëce dit en avoir vu une , de la grosseur d'une petite noix, dont il fait monter la valeur à une grande somme de thalers .

Elle croît dans les Indes , dans l'Arabie, l'Égypte et en Chypre. Et à l'égard de celles de Bohéme , quoïqu'elles soient grandes , elles sont néanmoins si peu vives en couleurs , qu'elles ne sont guère estimées. (Merveilles des Indes, par Robert de Berquen, pages 44 et 45.)

(2) Boëce de Boot dit avoir en en sa possession une très-petite opale noire , et en avoir vu une autre de

On trouve des opales en Hongrie (3), en Misnie (4) et dans quelques iles de la Méditerranée (5). Les anciens tiraient cette pierre de l'Orient, d'où il en vient encore aujourd'hui , et nos lapidaires distinguent les opales , ainsi que plusieurs autres pierres, en orientales et en occidentales , mais cette distinction n'est pas bien énoncée; car ce n’est que sur le plus ou le moins de beauté de ces pierres que portent les dénominations d'orientales et d’occidentales, et non sur le climat où elles se trouvent, puisque dans nos opales d'Europe il s’en rencontre de belles parmi les communes, de même qu'à Ceylan et dans les autres contrées de l'Inde , on trouve beaucoup d'opales communes parmi les plus belles ; ainsi cette distinction de dénominations ; adoptée par les lapidaires, doit être rejetée par les naturalistes, puisqu'on pourrait la croire fondée sur une différence essentielle de climats , tandis qu'elle ne l'est

que sur la différence accidentelle de l'éclat ou de la beauté.

Au reste, l’opale est certainement une pierre vitreuse de seconde formation , et qui a été produite par l'intermède de l'eau : sa sangue est une Lerre jaunâtre qui ne fait point d'effervescence avec les acides; les opales renferment souvent des gouttes d'eau.

M. Fougeroux de Bondaroy , l'un de nos savants académiciens , a sacrifié à son instruction quelques opales , et les a fait casser pour recueillir l'eau qu'elles renfermaient ; cette cau s'est trouvée pure ct limpide comme dans les cailloux creux et les enhydres (6). Il VA NPD TT dense nc leE ie 58 UE la grosseur d'un gros Pois et qui rendait un feu comparable à celui du plus beau grenat. (Lapid. et gemmhist., pag. 192.) Nous avouons n'avoir pas vu el ne Pas connaître celte espèce d'opale, quoique après un témoignage aussi positif, on ne puisse pas, ce semble, douter de son existence.

(3) Voyage de Tavernier » (om. 4, pag. 41. Boëce de Boot dit que de son temps « la seule mine que l'on en connût en Hongrie , efondra et fut enfouie sous ses ruines,» (Jbidem, pag. 193.)

(4) A Freyberg.

(5) L'ile de Tassos appelée aujourd'hui Tasse , produit de fort belles opales , qui sont une sorte de pierre précieuse. ( Description de l'Archipel , pur Dapper, Amsterdam , 1703, pag. 154. )

(6) Je me suis trouvé à portée d'observer ce fait duvs des opales. .,. Celles que j'ai herve nt été tirées du mont Berico dans le Vicentin , dont le terrain offre des traces de volcan dans plusieurs endroits. Je n'assure cependant pas que ces opales doivent leur origine à des volcans ; beaucoup de ces pierres n'offrent point de bulles mobiles, et ce n'est que dans }a

ve quelquefois des opales dans les zolanes et dans les terres jetées par des ins. M. Ferber en a observé, comme

mdaroy, dans les terrains volcanisés entin(l); ces fait suilisent pour nou trer que ies opales sont des pierres de formation, et leurs reflets chatoyants ent que c'est aux stalactites du qu’on doit les rapporter.

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