‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-HilaireChapitre 133 sur 162 · DE SAXE · texte numérisé non relu

DE SAXE

sont fusibles (4), comme les schorls , à un feu violent. |

Les topazes de Saxe (5), quoique d'une couleur moins foncée que celles du Brésil , ont néanmoins différentes teintes de jaune (6).

Les plus belles sont celles d'un jaune d'or pur, et qui ressemblent par cette apparence à la topaze orientale, mais elles en diffèrent beaucoup par la densité et par la dureté (7) : d’ailleurs , la lumière , en traversant ces topazes de Saxe, se divise et souffre une double réfraction , au lieu que cette réfraction est simple dans la vraie topaze ; qui , étant et plus dense et plus dure, a aussi beaucoup plus d'éclat que ces topazes de Saxe , dont le poli n'est jamais aussi vif tire les topazes de Saxe , est situé près de la vallée es Ne milles d'Amerbach dans le

. ris

D graphie de M. Romé de Lisle,

(4) La topaze de Saxe ne se trouve guère avec ses deux pyramides, Parce qu'elle est souvent implantée dans la roche quartzeuse où elle a pris naissance. On ne les trouve jamais absolument libres et solitaires, elles sont entourées à leur base et quelquefois même entièrement couvertes d'une argile très-fine , blanche ou couleur d'ocre » et plus pâle en quelques endroits. Elles ont un tissu feuilleté et se rompent aisément, Le prisme en est quelquefois comme articulé où composé de plusieurs Pièces entées l'une er l'autre, ainsi qu'il arrive à la chr solite du Brésil. (Idem , ibidem , pag. 267.) 3

(5) La topaze de Saxe très-transparente , dure au feu elle y perd sa claire... On trouve ces

» dit M. Dutens, est jauvâtre, et d'un éclat fort vif ; mise couleur et reste blanche et lopazes dans ] u

parmi les grès cristallisés pi RS qu

d'un limon jaune, (Pag. 34.)

(6) La topaze de Saxe varie beaucoup dans ses nuances. Celles dont la couleur jaune est mélée de de vert , prennent le nom chrysolite de Saxe ; y en a même d'un bleu verdâtre ou dont la couleur tire sur celle de l’aigue-marine ; mais Jeur couleur est communément jaunâtre et quelquefois d’un beau jaune d’or, mais celles-ci sont rares ; il y en a aussi de blanches qui ont beaucoup d'éclat. (Idem »

(7) La pesanteur spécifique de la topaze orientale est de 40106, tandis que celle de la topaze de Saxe n'esi que de 35640.

mi la réfraction aussi forte que dans la topaze d'Orient.

La texture de la topaze de Saxe est lamelleuse , cette pierre est composée de lames | i et très-serrées , sa forme de cristallisation est différente de celle du cristal de roche (1), et se rapproche de celle des -schorls; ainsi tout nous démontre que celte 20 ne doit point être confondue avec topaze de Bohême et les autres cristaux

FE

plus ou moins colorés de jaune.

Les

Pt

- th la pesanteur spécifique du greexcède celle du diamant, et soit à peu

. près la même que celle du rubis et de la topaze d'Orient (2), on ne doit cependant Je mettre au rang de ces pierres pré- cieuses; s’il leur ressemble par la densité , … en diffère par la dureté , par l'éclat et par d'autres propriétés encore plus essentielles ; “d'ailleurs origine , la formation et la com- 0 des grenats sont très-différentes de celles des vraies pierres précieuses ; la sub-

"de celles-ci est homogène et pure, ellés n'ont qu'une simple réfraction , au lieu

: substance du grenat est impure, composée de parties métalliques et vitreuses, nt le mélange se manifeste par la double action et par une densité plus grande “que celles des cristaux et même des diamants. Le grenat n'est réellement qu'une tre vitreuse mêlée de métal (3) ; c'est du

Cette pierre se trouve, entre autres endroits, le Voigtland sur le murs près de Ja blline de Tanneberg à deux milles verbach où on it en assez grande abondance dans les crevasses an roc fort dur , et elle s'y trouve mêlée avec une de marne jaune et avec du cristal de montagne. À sa texture intérieure. elle est compacte, naïs foliée. ... Sa figure est prismatique à quatre ngles inégaux , elle est dure et a beaucoup d'éclat. (Ma graff, Journal de Physiqne, supplément au mc is d'août 1782, pag. 101 et suiv.) “(2) Pesanteur spécifique du grenat 41888 , du gret-syrien 40000, du rubis d'Orient 42838, de la 10- *d'orient 40106. (Voyez les Tables de M. Brisson.) lains chimistes ont pensé que la coulenr sb nat venait de l'or et de l'étain, parce ‘on contrefait les rubis et les grenats au moyen " pré pité d'or par l'étain ; mais on a démontré , que les grenats ne contiennent que du fer et £ tout d'or ni d'étain. (Voyez le Dictionnaire” imie de M. Macquer, article Mines , pag. 630.)

Et comme la densité de cette topaze de .

Saxe est à très-peu près la même que la densité de la topaze du Brésil, on: pourrait croire qu'en faisant chauffer avec précaution celte topaze de Saxe , elle prendrait, comme la topaze du Brésil, une couleur rougeâtre de rubis-balais ; mais l'expérience a démenti cette présomption ; la topaze de Saxe perd sa couleur au feu, et devient tout à fait blanche, ce qui vient sans doute

de ce qu’elle n’est teinte que d’un jaune :

très-léger en comparaison du jaune foncé et rougâtre de la topaze du Brésil.

n. | GRENAT.

schorl et du fer, sa couleur rouge et sa fusibilité le démontrent ; il faut , à la vérité, un feu violent pour le fondre. M. Pott est le premier qui l’ait fondu sans intermède et sans addition : il se réduit en un émail brun et noirûtre.

Le grenat a d’ailleurs beaucoup de propriétés communes avec les schorls de seconde formation ; il ressemble par sa composition aux émeraudes et saphirs du Brésil (4) ; il est, comme le schorl, fusible sans addition ; le grenat et la plupart'des schorls de seconde formation sont mêlés de fer, et tous les grenats en contiennent une plus grande quantité que les schorls; plusieurs même agissent sur l'aiguille aimantée : ce fer contenu dans les grenats est donc dans son état métallique comme le sable ferrugineux qui a conservé son magnétisme, et l'on ne peut douter que leur grande pesanteur ne provienne et ne dépende de la quan tité considérable de fer qui est entré dans la Me ap de leur substance. Les différentes “nuances de leur couleur plus ou moins rouge, et de leur opacité plus ou moins grande , en dépendent aussi ; car leur transparence, est d'autant plus grande, qu'ils contiennent moins de fer, et que les particules de ce métal sont plus atténuées ; le grenat syrien , qui est le plus transparent de tous, est en même temps le moins pesant, et néanmoïns la quantité de fer qu’il contient est encore assez grande pour qu'il agisse sur l'aiguille aimantée.

(4) La plupart des cristallisations du grenat semblent prouver que ses molécules sont rhomboïdales , de même que celles des schorls et des pierres précieuses du Brésil. {Lettres de M. Demeste , tom, 1, pag. 394, )

Les grenats ont tant de rapports avec les schorls ; qu'ils paraissent avoir été produits ensemble et dans les mêmes lieux; car on y trouve également des masses de schorl parsemées de grenais, et des masses de grenat parsemées de schorl (t) : leur origine êt leur formation paraissent être contemporaines et analogues ; ils se trouvent dans les fentes des rochers graniteux , schisteux, micacés .et ferrugineux, en sorte que le grenat pourrait être mis au nombre des vrais schorls, s’il ne contenait pas une plus grande ‘quantité de fer qui augmente sa densité de plus d'un sixième ; car la pesanteur spécifique du schorl vert, le plus pesant de tous les schorls, n’est que de 34529, tandis que celle du grenat syrien, le moins pesant et le plus pur des grenats, est de 40000. Les grenats les plus opaques contiennent jusqu’à vingt-cinq et trente livres de fer par quintal , et les plus transparents en contiennent huit ou dix , c'est-à-dire toujours plus que les schorls les plus opaques et les plus pesants : cependant il y a des grenats qui ne sont que très-peu ou point sensibles à l’action de l’aimant, ce qui prouve que le fer dont ils sont mélangés était réduit en rouille et avait perdu son magnétisme lorsqu'il est entré dans leur composition.

Ainsi le fer donne non-seulement la couleur, mais la pesanteur aux grenats; on pourrait donc les regarder comme des stalactites de ce métal, et nous ne les rapportons ici à celles du schorl qu'à cause des autres propriétés qui leur sont communes , et des circonstances de leur formation qui semblent être les mêmes. La forme des grenats varie presque autant que celle des schorls de seconde formation ; leur substance vitreuse est toujours mêlée d'une certaine quaftité de particules ferrugineuses, et les uns et les autres sont attirables à l'aimant, lorsque ces particules de fer sont dans leur état de magnétisme.

Lesgrenats, comme les schorls de seconde formation, se présentent quelquefois en assez gros groupes , mais plus souvent en cristaux isolés et logés dans les fentes et cavités des rochers vitreux, dans les schistes micacés et dans

(1) On voit entre Faistrilz et Cornowitz , des morceaux détachés de schorl vert spathique, qui renferment de grands grenats rouges ; quelques-uns de ces morceaux de schorl sont écailleux et d'un tissu micacé. (Lettres sur la minéralogie, par M. Ferber,etc., traduites par M. le baron de Diétricht, pag. 9 et 10 )

les autres concrétions du quartz, du feld-spatk et du mica; et commeils sont disséminés en grand nombre dans les premières couches de la terre, onles retrouve dans leslaves et dans les déjections volcaniques. La chaleur de la lave en fusion change leur couleur derouge en blanc , mais n’est pas assez forte pour les fondre, ils y conservent leur forme et perdent seulement avec leur couleur une grande partie de leur poids (2) , ils sont aussi bien plus réfractaires au feu : la grande chaleur qu'ils éprouvent lorsqu'ils sont saisis par la lave en fusion , suflit pour brûler le fer qu'ils contenaient, et réduire par conséquent leur densité à celle des autres matières vitreuses; car on ne peut douter que le fond de la substance du grenat ne soit vitreux , il étincelle sous le briquet, il résiste aux acides , il a la cassure vitreuse , il est aussi dur que le cristal, et s'il n’était pas chargé de fer , il aurait toutes les qualités de nos verres primitifs.

Si le fer n’entrait qu'en vapeurs dans les grenats pour leur donner la couleur , leur pesanteur spécifique n’en serait que très-peu ou point augmentée ; le fer y réside donc en parties massives , et c'est de ce mélange que provient leur grande densité : en les exposant à un feu violent et long-temps soutenu , le fer se brûle et se dissipe , la couleur rouge disparaît, et lorsqu'on leur fait subir une plus longue et plus violente action du feu, ils se fondent et se convertissent enune sorte d'émail (3).

re RME

(2) La pesanteur spécifique du grenat voleanisé n’est que de 24684

ï au lieu que celle du grenat ordinaire est de 41888. (Voyez la table de M. Brisson.) — Rien de plus commun que les grenats à vingtquatre faces dans les laves et au niques de l'Ita lorés par l’

tres produits volca- Tantôt ils s’y trouvent plus décoaction de l'acide marin, et quelquefois comme à demi vitrifiés ; tantôt ils sont encore plus décomposés et à l'état d'argile blanche ou de terre non effervescente avec l'acide nitreux ; mais , dans l'un ou l’autre cas , ils conservent leur forme granatique, et quoïque les grenats semblent avoir souffert ua relrait ou une légère dépression qui rend l'arête des bords plus saillante, leur forme trapézoïdale , loin d'en être altérée , n'en devient que plus sensible. (Lettres du docteur Demeste au docteur Bernard , tom. 1, pag. 393 et suiv. )

(3) Ce n'est en effet qu’à un feu libre et très-violent ou très-long-temps soutenu , que le grenat perd sa couleur , car on peut émaifler sur cette piérre sans qu'elle se décolore et sans qu'elle perde son poli; et je me suis assure qu'il fallait un feu violent pour diminuer la densité du grenat et brûler le fer qu'il contient. J'ai prié M. de Fourcrory , l’un de nos plus

Quoique les lapidaires distinguent les greits en orientaux et occidentaux , il n’en est äs moins vrai que dans tout pays ils sont de mé nature , et que cette distinction ne rte que sur la différence d'éclat et de dué. Le grenats les plus purs et les plus transarent , lorsqu'ils sont polis , sont plus brilntset plus durs , et ont par conséquent plus éclat et de jeu que les autres, et ce sont x que les lapidaires appellent grenats taux ; mais il s’en tronve de pareils dans régic as de l'Occident comme dans celles : VOrient ; les grenats de Bohème en partiic : sont même souvent plus purs, plus rents et moins défectueux que ceux porte des Indes orientales : il faut

ar , n s en excepter le grenat dont le rouge

teint de violet, quinous vient de l'Orient, se trouve particulièrement à Surian , dans oyaume de Pégu , et auquel on æ donné Or renat syrien (|) ; mais ces grenats s plu Re et les plus purs, ne le cependant pas plus que le cristal »et ils “de même que toutes les autres pierres ses , une double réfraction.

ique dans tous les grenats le fond de ou e ai soit rouge , il s’en trouve, comme d'un rouge pourpré, d'autres sont jaune et ressemblentaux hyacinthes; ent aussi des Indes orientales (2) :

les ch tes, d’en faire l'expérience. IL'a exposé ne coupelle pesant trois gros vingt-cinq grains, # gi ains de grenat en poudre. Après trois heures Mfeu très-fort, pendant lequel on n'a aperçu ni eui , 5 flamme , ni décrépitation, ni fusion sen- F0 Ja matière , le grenat a commencé à se rak e , à se boursoufler légèrement. Le feu ayant ntinué pendant huit heures V # le grenat is éprouvé une fusion plus forté, et il est resté nt dans l'état de ramollissement déjà in- . L'appareil refroidi a présenté une matière tre, agglutinée , adhérente à la coupelle.

T1 paraît que le mot syrien vient de Surian, capitale du royaume de Pégu. Les Italiens ont i À ces grenats le nom de rubini di rocca, et mination n'est pas mal appliquée; parce ts se trouvent en effet dans les roches vi- 1 e les rubis tirent leur origine de la use, et se trouvent isolés dans les terres

at syrien est d'un rouge plus ou moins : chargé de violet, et cette couleur n'est Il y en a dé presque violets, mais ils n'ont guère cette couleur que lorsque a certain volume.

: grenat syrien soit assez commun, on en ifficilement de fort gros , purs et parfaits ;

ces grenats leints de violet ou de jaune sont les plus estimés , paree qu'ils sont bien plus rares que les autres, dont le rouge plus clair ou plus foncé est la seule couleur. Les grenats d'Espagne sont communément d’un rouge semblable à celui des pepins de la grenade bien mûrs , et c’est peut-être de cette ressemblance de couleur qu'on a tiré lenom de grenat. Ceux de Bohème sont d’un rouge plus intense (3), etil y en a aussi de verdâtres (4), de bruns et de noirâtres : ces derniers sont les plus opaques et les plus pesants, parce qu'ils contiennent plus de fer que les autres.

La pierre à laquelle les anciens ont donné le nom de carbunculus , et que nous avons traduit par le mot escarboucle , est vraisemblablement un grenat d’un beau rou ge et d'une belle transparence ; car cette pierre nome nn dti “tte se + en général la couleur en est rarement franche et décidée ; elle est très-souvent sourde et enfumée.

C'est le grenat syrien, lorsqu'il est vif et bien pourpré, que les fripons et les ignorants font quelquefois passer pour améthyste orientale, ce qui fait croire à des gens peu insiruits, que cette dernière n'est pas si rare qu'on le dit. (Note communiquée par M. Hoppé.)

(3) Le grenat de Bohême (appelé wermeil en France ) est d'un rouge-ponceau foncé, mais pur et velouté. La grande intensité de sa couleur ne permet pas de tailler à facettes dessus et dessous, comme les autres pierres, car il paraîtrail presque noir; mais on le cabochonne en dessus et on le chève en dessous; cette opération l'amincit assez pour qu'on puisse jouir de sa riche et superbe couleur , et lui donne un jeu grand et large , qui enchante l'œil d'un amateur.

Un grenat de Bohême parfait , d'une certaine gran deur , est une chose extraordinairement rare ; rien de plus commun en très-pelit volume.

Les défauts ordinaires des grenats de Bohéme sont d'être remplis de points noirs et de petites bulles d'air comme une composition; ces petites bulles d'air se rencontrent encore dans d’autres grenats, surtout dans ceux où il entre du jaune.

Ce que l'on appelle grenat de Bohëme en France, est une pierre très-différente de celle dont on vient de parler ; elle est plus claire et d’un rouge vinaigre ou lie de vin légèrement bleuâtre et très-rarement agréa- Lle. (Note communiquée par M. Hoppé.) *

(4) Le grenat varie par sa couleur ; quelquefois il ést du plus beau rouge tirant sur le pourpre, c'est le vrai grenat ; d'autres fois il est d'un rouge jaunâtre et tire sur l'hyacinthe ; ceux de Bohême sont d’un rouge irès-foncé. On en trouve en Saxe et dans le Tyrol, qui sont verdâtres, peu on point transparents, souvent mémeentiérement opaques. Leur gangue ordinaire est le quartz ou le feld-spath , et surtont Le mica ; j'en ai vu d'une grosseur extraordinaire , d'un rouge foncé, qui étaient ainsi recouverts de mica. ( Idem.)

, VS $ mes — — me D 7 a .

brille d’un fen très-vif , lorsqu'on l'expose aux rayons du soleil (1); elleconserve même assez de temps la lumière dont elle s'imbibe, pour briller ensuite dans l'obscurité et luire encore pendant la nuit (2). Cependant le diamant et les autres pierres précieuses jouissent plus ou moins de cette même propriété de conserver pendant quelque temps la lumière du soleil, et même celle du jour qui les pénètre et s’y fixe pour quelques heures; mais comme le mot latin carbunculus , indique une substance couleur de feu, on ne peut l'appliquer qu'au rubis ou au grenat , et les rubis étant plus rares et en plus petit volume que les grenats , nous nous croyons bien fondés à croire que l’escarboucle des anciens ‘était un vrai grenat d’un grand vo-

lume , et tel qu'ils ont décrit leur carbun-

culus.

La grandeur des grenats varie presque autant que celle des cristaux de roche ; il y en a de si petits qu'on ne peut les distinguer qu’à la loupe , et d’autres ont plusieurs pouces et jusqu’à un pied de diamètre; ils se trouvent également dans les fentes des rochers vitreux, les petits en cristallisation régulière, et les plus gros en forme indéterminée ou bien en cristallisation confuse : en général ils n’affectent spécialement aucune forme particulière ; les uns sont rhomboïdaux ; d'autres sont octaèdres, dodécaèdres; d’autres ont quatorze, vingt-quatre et trente-six faces (3) : ainsi la forme de cris-

(1) L'escarboucle garamantine des anciens est Je véritable grenat des modernes, L'expérience fait voir que cette pierre a plus l'apparence d’un charbon ardent au soleil qne le rubis ou toute autre pierre précieuse de couleur rouge. (Voyez Hill sur Théophraste , pag. 61.) s

(2) Je ne sais cependant si l'on doit accorder une entière confiance à ce que je vais rapporter ici. « Dans une des salles du palais du roi de la Chine, » il y a une infiuité de pierreries sans prix, et un » siége on trône précieux où le roi s'assied en ma- » jesté. IL est fait d'un beau marbre dans lequel il y

» a tanf d'escarboucles et d'autres pierreries des plus » rares , ouvragées et enchässées, que durant la plus » obscure nuit elles éclairent autant la salle que s'il » y avait un grand nombre de chandelles allumées. » (Recueil des voyages qui ont servi à l'établissement de la compagnie des Indes, Amsterdam, 1702, tom. 3, pag. 440. )

(3) Il y a des grenats tessulaires dodécaèdres, dont les plans sont des rhombes.

Il yen a d’autres à 36 facettes, dont 24 hexagones alongées plus petites que les 12 rhombes.

11 y a des grenats trapézoïdaux ou grenals tessulai-

tallisation ne peut servir à les faire reconnaître et distinguer des autres cristaux.

Il y a des grenats si transparents et d'une si belle couleur qu'on les prendrait pour des rubis; mais sans être connaisseur, on pourra toujours les distinguer aisément; le grenat n'est pas si dur à beaucoup près, on peut l’entamer avec la lime, et d'ailleurs il a, comme toutes les autres pierres vitreuses , une double réfraction, tandis que le rubis et les vraies pierres précieuses dont la substance est homogène, n'ont qu'une seule réfraction beaucoup plus forte que celle du grenat.

Et ce qui prouve encore que le grenat est de la même nature que les autres pierres vitreuses , c’est qu'il se décompose de même par l’action des éléments humides (4).

On trouve des grenats dans presque toutes les paMties du monde. Nous connaissons en Europe ceux de Bohème, de Silésie, de Misnie, de Hongrie , de Stirie ; il s'en trouve

res à 24 facettes ; dont les plans sont des trapézoïdes.

M. Faujas de Saint-Fond fait mention de six variétés de grenats.

La première d’un rouge couleur de feu, décaèdre, formée par un prisme court hexaèdre , terminé par des pyramides trièdres obtuses.

La seconde à douze facettes et à prisme alongé, qui est d'un très-beau rouge , légèrement jaunâtre; cette espèce semble tenir le milieu entre le grenat et l'hyacinthe, et se rapprocher de celle que les Ituliens nomment giacinto - guarnallino, hyacinthegrenat.

Deux autres de même forme, mais dont l'un a perdu sa couleur et est blanc et cristallin.

Un autre à prisme court hexagone, terminé par deux pyramides Pentagones, dont les faces sont Ja plupart rhomboïdales ou à cinq côtés, ce qui forme un grenat à s acelles.

Un autre avec un pareil nombre de facettes, mais dont le prisme très-alongé a huit faces terminées À chaque bout par une pyramide aiguë et en pointe des quatre côtés, (Recherches sur les volcans éteints, par M. Faujas de Saint-Fond.)

(4) M. Greiselihs dit (Éphémérides d'Allemagne , années 1670 à 1686), qu'à un mille de la vallée de Saint-Joachim , sur les confins de la Bohême et de la Misnie, sont des montagnes de grenats : tout yest plein de ces pierres , on en voit une grande quantilé sur Ja surface de la terre, mais de nulle valeur, ayant été calcinées par la chaleur du soleil, Pour avoir des grenats de quelque prix, il faut fouiller la terre de ces montagnes, car il paraît qu'une certaîne humiditéest nécessaire pour les conserver. On dit qu'un cent pesant de ces pierres contiennent quelques onces d'argent fin. (Collection académique, partie étrangère , tom. 4, pag. 101.)

aussi dans le Tyrol, en Suisse, en Espané (1), en Italie et en France, surtout dans éerrains volcanisés (2) : ceux de Bohême ont les plus purs, les plus transparents et mieux colorés (3). Quelques voyageurs

urent en avoir trouvé de très-beaux en zro0énland et dans la Laponie (4).

in Asie , les provinces de Pégu , de Camie , de Calicut , de Cananor, son abondan- Sen grenats; il s'en trouve aussi à Golé et au Thibet (5).

Les anciens ont parlé des grenats d'Éthio-

F, e “ le grenat se présente l'Hyacinthe

ipproche de sa nature, et qu'on doit issi regarder comme un produit du schorl & de substances métalliques. L'hyacin- : trouve dans les mêmes lieux que le

(1) Vers la moitié de ce chemia (de Motril à AI-

… meria)ilya une grande plaine qui s'en éloigne à ‘ : is lieues ; elle est si remplie de grenats , que l'un k u at charger un vaisseau ; le lieu où l'on en trouve le plus est un ravin formé par les eaux et les | orages at pied d'une-colline basse qui est aussi remfe ces pierres. Dans le lit de ce ruisseau il y a Lt = up de pierres rondes avec du mica blanc; elles pr ines de grenats en dedans eten dehors, et Von voit qu'ils viennent de la décompositon de la oli CA (Histoire naturelle d'Espagne , par M. Bow- $ “| y 0 années qu'on a découvert près 1 , une veine de grenats. (Sur l'exploitation “des mines, par M. de Gensanne, Savants étraugers : +4 »m. 4 , pag- 141.) ex On tronve sur les bords d'un __ ruis nommé le Riouppezzouliou, près d'Expailly, : de lieue du Puy, des grenats qui sont us les matières volcanisées….

Les singulier que dans presque tous les pays où r na des mines de grenats, tels qu'à Swapawari en Laponie, en Norwége, sur les monts Krapachs en e, etc: , on soil dans la persuasion qu'ils ont toujours avec eux des paillettes d'or ou d’arpprouve fort la raison que donne M. Lehe cette croyance. « J'ai imaginé, dit cet haste, que ce qui a fait croire que les grejennent. une assez grande quantité d'or, la pierre talqueuse et luisante qui leur sert €. » (Recherches sur les volcans éteints, s de Saint-Fond , pag. 184 et suiv.) … € de Boot, donne aux grenats de Bohême Ja préf. ce sur tous les autres, même sur ceux de | | |

: l'Orient | cause de leur pureté et de la vivacité de eure qui, selon lui, résiste au feu. Mais, suiva LA Pott, les grenats en se fondant au feu erdi [ transparence et leur couleur rouge. Le

'érsnts

pie, et l'on connaît aujourd’hui ceux de Madagascar ; il doit s’en trouver dans plusieurs autres contrées de l'Afrique : au reste, ces grenats apportés de Madagascar sont de la même nature que ceux de Bohême.

Enfin, quoique les voyageurs ne fassent pas mention des grenats d'Amérique, on ne peut guère douter qu'il n’y en ait dans plusieurs régions de ce vaste continent, comme il s’en trouve dans toutes les autres parties du monde.

Rs HYACINTHE.

grenat,, elle donne de mème une double réfraction, ces deux pierres cristallisées se rencontrent souvent ensemble dans les mêmes masses de rochers (6) : on doit donc la rapporter aux cristaux vitreux, et c'est,

——————————— a 0 même Boëtius dit qu'en Bohéme les gens de Ja campagne trouvent les grenals en morceaux gros comme des pois ; répandus dans la terre , sans être attachés à aucune matrice ; ils sont noirs à la surface, et l'on ne peut en reconnaîlre la couleur qu'en les plaçant entre l'œil et la lumière... Les grenats de Silésie sont ordinairement d'une qualité très-médiocre, (Encyclo pédie, article Grenat, )

(4) M. Crantz met le grenat de Groënland dans la classe du quartz, parce qu'il se trouve dans les fentes des rochers quartzeux, en morceaux de grandeur et de formes inégales. Mais comme il est très-dur et d’un rouge transparent qui tire sur le violet , les lapidaires le rangent parmi les rubis. C'est dommage qu'il soit si fragile, et qu'on n'en puisse conserver que de la grosseur d'une fève quand on le met en œuvre. (Hist. gén. des voyages, tom. 19, pag. 29.)

(5) Le royaume de Golconde produit des grenats. (Idem , tom. 9, pag. 517.) — Vers les montagnes du Thibet qui sont l'ancien Caucase, dans les terres d'un raja , au delà du royaume de Cachemire, ou connaît trois montagnes dont l'une produit des grenats. (Idem, tom. 10, pag. 327. )

(6) Cette pierre hyacinthe, aussi commune que le grevat (que souvent elle accompagne ), peut sans doute, ainsi que celui-ci , se rencontrer dansles deux Indes aussi fréquemment qu'en Europe.., Il y a des grenats qui ont la couleur de l'hyacinthe, et il y a des hyacinthes qui ont celle du grenat, mais ces deux pierres différent beaucoup l'une de l'autre par la forme et la gravité spécifique... La dureté de l'hyacinthe l'emporte sur celle du grenat, mais trop peu ; 20 la gravité spécifique du grenat“est supérieure À celle de l'hyacinthe.... L'hyacinthe est fusible au degré de feu qui met le grenat en fusion. (Essai de Cristallographie, par M. Romé de Lisle, tom, 2, pag- 283 et suiv. )

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