‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-HilaireChapitre 134 sur 162 · PS CRETE ARLES PAL TE OR · texte numérisé non relu

PS CRETE ARLES PAL TE OR

après le grenat, la pierre vitreuse la plus dense (1). Sa couleur n’est pas franche, elle est d’un rouge plus ou moins mêlé de jaune ; celles dont cette couleur orangée approche le plus du rouge , sont les plus rares et les plus estimées; toutes perdent leur couleur au feu, et y deviennent blanches, sans néanmoins perdre leur transparence, €t elles exigent pour se fondre un plus grand degré de feu que le grenat (2). On voit des hya- PERSAN EERMEEPEREENNN 07 EEE

(1) La pesanteur spécifique de l'hyacinthe est de 36873 , et celle du grenat syrien de 40000.

(2) Cette pierre est d’un rouge tirant sur le jaune,

c'est-à-dire d’une couleur plus ou moins approchente de celle de l’orangé. Lorsqu'on expose l’hyacinthe à l'action d'un feu assez violent, elle perd sa couleur et conserve sa transparence , ce qui prouve que la substance qui la colore est volatile : si un laisse les cristaux exposés trop long-temps à l’action du feu, ils s’y vitrifient sans intermède, au moins à leur surface : car ils adhèrent alors etentre eux aux parois du creuset, La pierre qui porte le nom de jargon, n'est autre chose que l’hyacinthe blanchie au feu pour imiter le diamant. (Lettres du docteur Demeste, etc. , tom. 1, pag. 412.) — La couleur de celte pierre est d’un ronge tirant sur le jaune, ce qui la rend plus ou moins transparente; elle entre totalement en fusion au feu , elle est plus légère et plus tendre que le grenat , aussi la lime at-elle facilement de la prise sur elle. On a:

1° L'hyacinthe d’un jaune rougeâtre , ou l'hyacinthe orientale : on la trouve en Arabie, à Cananor, à Calicut et à Camboye ; uleur de cette belle hyacinthe est d’un rouge faible d'écarlate ou de cornaline, où de vermillon, tirant sur le rubis ou plutôt sur le greuat, au travers de laquelle on remarque ordinairement une légère nuance de violet-colombin

ou d'améthyste; elle est très-resplendissente, dure , et reçoit un poli vif; :

20 L'hyacinthe d'un jaune de safran, ou l’hyacinthe occidentale : elle est moyennement dure, d’une couleur plus safranée, plus orangée, et bien moins éclatante que la précédente ; elle ressemble quelquefois à la fleur du souci ou à la fleur d’hyacinthe, et nous vient du Portugal;

30 L'hyacinthe d'un blanc jaunâtre : elle a beaucoup de ressemblance avec l'agate ou avec le succin qui est d’un blanc jaunâtre ;

4 L'hyacinthe couleur de miel ou hyacinthe miel» lée : autant la précédente ressemble au succin, autant celle-ci ressemble au miel, tant par sa couleur que par son éclat qui est faible et terne : ces deux dernières sortes d'hyacinthesont peu dures, peu transparentes, mal nettes, pleines de grains ou de petites Laches qui les font tailler à facettes pour en cacher les ii rtontrant bien moins de temps au feu que les tales. Elles nous viennent de la Silésie et de la Bohéme.

Ceux qu’on appelle jargon d'Auvergne, sont des petits cristaux à facettes et colorés ; bien des gens Îes

cinthès en très-grande quantité dans les masses de roches vitreuses, et autres matières rejetées par le Vésuve (3), et ces pierres se trouvent non-seulement en Italie dans les terrains volcanisés, mais aussi eu Allemagne, en Pologne, en Espagne, en France, et particulièrement dans le Vivarais et d'Auvergne (4) : il y en a de toutes les teintes, de rouge mêlé de jaune, ou de jaune mêlé de brun; il y en a même des blanches qu'on connait sous le nom de jargon (5). Il s’en trouve aussi d’un jaune assez a L 0 a Em RTE Re NT D regardent comme des primes d'hyacinthes , ils sont brillants et très-petits. On les rencontre communément dans le Vivarais près du Puy.

On nous apporte de Compostelle eu Espagne, sous le nom d'Ayacinthes, des pierres rouges opaques, quiont une figure déterminée et qui ne sont que des cristaux - (Minéralogie de Bomare, tom. 1, pages 246 et suiv.)

(3)-11 y a des hyacinthes blanches , soit en cristaux solitaires, soit en groupes ; ces dernières viennent des bases de la Somma en Italie. La roche qui sert de gangue aux hyucinthes de la Somma, a souffert plus ou moins de l'action du feu, mais en général elle est fort peu dénaturée. La couleur de ces hyacinthes tire plus où moins sur le brun ; les unes sont dans des gangues argileuses micacées plus ou moins cuites ; les autres dans des masses de grenats dodécaèdres à bords tronqués, d'autres sont entremélés de schorls prismatiques, de schorls dodécaèdres et même de spath calcaire.

Il y a au Vésuve des hyacinthes, les unes en groupes , les autres en cristaux solitaires ; il y en a de brunes, de verdâtres , etc. ; leur couleur la plus ordinaire est un jaune-foncé mélé de rougeâtre, mais qui tire souvent sur le verdâtre ou le noirâtre.

On les trouve non-seulement au Vésuve, mais encore parmi certaines éruptions des anciens volcans éteints de l'Italie, et même d'autres contrées... +

Elles ne sont point un produit du feu des voleans, comme M. Fexber le dit en plusieurs endroîts de ses Lettres sur l'Italie, en confondant ces hyacinthes, tantôt avec les schorls, tantôt avec l'émail ou verre de volcan si connu sous le nom de pierre obsidienne ; mais elles faisaient partie des roches primitives du

second ordre, qui se sont trouvées dans la sphère

d'activité du foyer volcanique.

I1se trouve des hyacinthes blanches en croix par la réunion de quatre de leurs crstaux simples parallèlement à leur longueur. (On peut observer que cette figuration estencoreun caractère commun à l'hyacinthe et au schorl dont les cristaux se trouvent souvent croisés les uns sur les autres. ) (Cristallographie par M. Romé de Lisle , tome 2, pages 289 et suivantes.)

(4) 1 se trouve des hyacinthes d'un beau rouge de vermeïl ou de grénat. M. Faujas de Saint-Fond les à trouvées dans ua ruisseau à un quart de lieue du Puy en Vélay. (Idem, pages 288.)

(5) J'ai trouvé parmi les grenats d'Expaillÿ ( pays

‘volcanique du Vélay), de véritables hyacinthes;, d'un

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e pour qu'on s'y trompe en les prenant n des grenats, mais la plupart sont L jaune enfumé , et même brunes ou noi- … râtres : elles se trouvent quelquefois en ‘groupes , et souvent en cristaux isolés (L); - mais les unes et les autres ont été détachées … durocher où elles ont pris naissance comme és autres cristaux vitreux. M. Romé de e. it avec raison : « Que l’on donne

à vis le nom d’hyacinthe orientale, … nädes rubis d'Orient de couleur orangée, | ou : % es jargons de Ceylan, dont la teinte jaune est mêlée de rouge , de même qu'on donne aussi quelquefois aux topazes oran- » gées du Brésil, le nom d'’hyacinthe occi- » dentale ou de Portugal ; mais l'hyacinthe aie ou proprement dite, est une pierre if de toutes les précédentes , s par sa couleur qui est très-varia- ; que par sa forme, sa dureté et sa

spécifique (2) .»

É és effet, quoiqu'il n'y ait à vrai dire

es à.

: | *k | rre était peu connue avant la pu- 1 d'une lettre que le duc de Noya- \ffa m'a fait l'honneur de m'écrire de Na-

à sur le rouge, cristallisées à prismes qua- … drilatères oblongs, terminés à l'un et à l'autre bout on. yyramide à quatre côtés. J'en possède une La un pouce de longueur sur six lignes de diamè- Niels qui n’a point de pyramide. On appelle ces bout jargons d'hyacinthes du Puy. (Recheres volcans éteints , per M. Faujas de Saintpage 187.) | Ces hbyacinthes jaunâtres sont assez souvent s les cavités des roches quartzeuses ou

qui ont été détachées des entrailles can, sans avoir trop souffert de l'action du on a bien été assez violente pour les érer plus où moins, mais non pour les dénaturer ement, Zes angles des cristaux ont conservé tranchant , les faces leur poli , et le quartz ou dspath sa blancheur et sa solidité, (Lettres du doc- # Demeste, tome 1, page 416.)

) Cristallographie, par M. Romé de Lisle, sou tire-cendre; cette pierre est mée, parce qu'elle a la propriété d'atres et autres corps légers ; sans étre ais seulement chauffée ; sa forme est la celle de certains schorls , tels que les pé-

et les émeraudes du Brésil; elle ne diffère en t des que par son électricité qui est plus constante que dans toutes les autres

DE LA TERRE. Z'ome III.

qu'une seule et même essence dans les sié-

res précieuses , et que communément elles soient teintes de rouge , de jaune ou de bleu, ce qui nous les fait distinguer par les noms de rubis, topazes et saphirs, on ne peut guère douter qu'il ne se trouve aussi dans les climats chauds des pierres de même essence ; teintes de jaune mêlé d'un peu de rouge , auxquelles on aura donné la dénomination

d'hyacinthes orientales ; d'autres teintes de

violet , et même d’autres de vert, qu'on aura de même dénommées améthystes et émeraudes orientales ; mais ces pierres précieuses , de quelque couleur qu'elles soient, seront toujours très-aisées à distinguer de toutes les autres par leur dureté , leur densité , et surtout par l'homogénéité de leur substance qui n’admet qu'une seule réfraction ; tandis que toutes les pierres vitreuses dont nous venons de faire l'énumération , sont moins dures , moins denses , et en même temps sujettes à la double réfraction.

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