TOURMALINE
Le | ples , et qu'il a fait ensuite imprimer à Paris en 1759. 11 expose dans cette lettre les observations et les expériences qu'il a faites sur deux de ces pierres qu'il avait reçues de Ceylan : leur principale propriété est de devenir électriques sans frot tet par la simple chaleur (4); cette él ité que le feu leur communique, se manifeste par attraction sur l'une des faces de cette pierre , et par répulsion sur la face opposée, comme dans les corps électriques par le frottement dont l'électricité s'exerce en plus et en moins, et agit positivement et négativement sur différentes faces : mais cette faculté de devenir électrique sans frottement et par la simple chaleur , qu’on a regardée comme une propriété singulière et même unique ,; parce qu'elle n'a encore été distinctement observée
que sur la tourmaline , doit se trouver plus
ou moins dans toutes les pierres qui ont la même origine ; et d'ailleurs, la chaleur ne produit-elle pas un frottement extérieur et même intérieur dans les corps qu'elle pénètre, et réciproquement toute friction produit
: (4) Pline parle (livre 37, n° 29 ).d'ffae pierre vio- Jette ou brune (jonta), qui écha le frottement entre les doigts , ou simpl auffée aux
rayons du soleil, acquiert la propriété d'attirer les corps légers, N'est-ce point 1à la tourmaline ?
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de la chaleur ? il n‘y a donc rien de merveilleux ni de surprenant dans cette communication de l'électricité par l’action du feu.
Toutes les pierres transparentes sont susceptibles de devenir électriques, elles perdent leur électricité avec leur transparence , et la tourmaline elle-même subit le même changement, et{perd aussi son électricité lorsqu’elle est trop chaufée.
Comme la tourmaline est de la même essence que les schorls , je suis persuadé qu’en faisant chauffer divers schorls., il s’en trouvera qui s’électriseront par ce moyen; il faut un assez grand degré de chaleur pour que la tourmaline reçoive toute la force électrique quielle peut comporter , et l'on ne risque rien en la tenant pour quelques instants sur les charbons ardents ; pes ob mt lui donne un feu trop violent, elle se fond comme le schorl (1),-auquel elle ressemble aussi par sa forme de cristallisation, enfin elle est de même densité et d'une égale dureté (2) ; l'on ne peut guère douter, d'après tous ces caractères communs , qu'elle ne soit un produit, de ce verre primitif. M. le docteur Demeste de présumait avec raison , et je crois qu'ilest le premier qui ait rangé cette pierre parmi les schorls (3).
Toutes les tourmalines sont à demi transparentes , les jaunes et les rougeâtres le sont plus que les brunes et les noires ; toutes re-
(1) M. Rittman a observé que la tourmaline se fondait en un verre blanchâtre, et qu'en y ajoutant du borax et du spaih fusible , elle se fondait entièrement , mais que les acides minéraux, même les plus forte, ne semblaïent pas l'attaquer; et comme les mêmes phénomènes se manifestent dans la zéolite et le basalte , il a conclu que la tourmaline en était une espèce, et la vertu électrique qu'il avait remarquée à nne espèce de zéolite, couleur de ponceau, le fortifia dans ce senliment. ... Mais toutes ces recherches ne découvrent pas encore les vrais principes de la tourmaline. (Journal de Physique , supplément au mois de juillet 1782.)
(2) La pesanteur spécifique de la tourmaline de Ceylan est de 30541, celle de la tourmaline du Brésil de 30863, et celle du schorl cristallisé de 30926.
(3) La tourmaline est aussi rangéeavec les schorls; en s'échauffant elle s'électrise d'un côté positivement, tandis que de l’autre côté elle s'électrise négativement , comme l’a observé M. Franklin, Sa couleur est rouge, jaunâtre ou d'un jaune noirâtre assez transpare est cristallisée comme le schorl de Madagasc rismes à neuf pans , souvent striés, terminés pa pyramides trièdrès obtuses , placées en sens coutraire. (Lettres de M. Demeste , tom. 1, in-12 ; pag. 291.)
çoivent un assez beau poli : leur substance , leur cassure vitreuse , et leur texture lamel-
. leuse comme celle du schorl, achèvent de
prouver qu'elles sont de la nature de ce verre primitif. |
L'ile de Ceylan, d’où sont venues les premières tourmalines , n’est pas la seule région qui les produise : on en a trouvé au Brésil , et même en Europe , particulièrement dans le comté de Tyrol; les tourmalines du Brésil sont communément vertes ou bleuâtres.
M. Gerhard leur ayant fait subir différentes épreuves, a reconnu qu'elles résistaient , comme les autres tourmalines , à l’action de tous les acides, et qu’elles conservaient la vertu électrique après la calcination par le feu, en quoi, dit-il, cette pierre diffère des autres tourmalines qui perdent leur électricité
par l’action du feu (4) ; mais je ne puis être de l'avis de cet habile chimiste sur l'origine des :
tourmalines qu’il range avec les basaltes , et qu'il regarde comme des produits volcaniques ; cette idée n’est fondée que sur quelques ressemblances accidentelles entre ces pierres et les basaltes ; mais leur essence et leur formation sont très-différentes, et toutes les propriétés de ces pierres nous démontrent qu’elles proviennent du schorl ou qu’elles sont elles-mêmes des schorls.
IL paraît que M. Wilkes est le premier qui ait découvert des tourmalines dans les montagnes du Tyrol. M. Muller nous en a donné peu de temps après une description particulière (5): ces tourmalines du Tyrol parais- De ou à rene er me
(4) Les pierres gemmes , ainsi que la tourmaline ; se distinguent par la vertu électrique qui leur est propre, avec la différence pourtant que les premières ont besoin de friction pour exercer leur faculté attractive, au lieu que la seconde ne devient électrique qu'après avoir été mise sur de la braîse , et possède , outre la faculté attractive, aussi la répulsive- Le basalle est une pierre fusible noirâtre , non électrique , qui écume beaucoup en fondant ; et puisque les laves ont les mémes principes que la tourmaline et le basalte , on peut croire avec plusieurs naturalistes , que ces cristaux doivent leur origine , à des volcans , du moins pour la plupart. (Journal de Physique , supplément au mois de juillet 1782.)
(5) La montagne nommée Greiner, située vers l'extrémité de la vallée de Zillerthal , a son sommet le plus élevé couvert de neige en tout temps ; c'est sur cette montagne que M. Muller dit avoir tronvé dans leur Lieu natal le tale , le mica À grandes lames, l'asbeste , le schorl , Le schorl blende, les grenats de fer et la tourmaline ; en descendant il ramassa une petite pierre qui avait quelque éclat , et qu'il prit d'abord pour un beau schorl noir cristallisé ns-
t tre de vrais schorls , tant par leur peeur spécifique et leur fusibilité (1), que “leur forme de cristallisation (2); elles
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ti voulut chercher l'endroit d'où elle proveff rencontra bientôt dans les rochers de L , des veines de tale fin et de stéatite, qui renaiez la pierre qu'il avait prise pour un schorl rsils procura une bopne quantité ; de cette ayant été soumise à l'action du feu , et
à l'état d'incandescence , commença à se surface, en prenant une couleur blanà petit, fragment de cette pierre mis ensuite cer chande , apprit à M. Muller qu'elle ne qualité électrique , et enfin par différents “il découvrit que cette pierre était Ja vraie
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jette tourmaline est brune , couleur de fumée , lütôt sa transparence et sa couleur lui donnent, ces deux qualités , quelque chose d'approt. e Ja colophane ; et de même que les tourmaétrangères connues jusqu'ici, elle présente ut de petites félures qui ne se remarquent nt que lorsqu'elle est dégagée de sa ma- . (Lettre sur la tourmaline du Tyrol, par er, Journal de Physique, mars 1780, pag. 182
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maline du Tyrol, fondue à l'aide d'un a, bouillonne comme le borax, et alors une très-belle lueur phosphorique ; elle se Mi mptement , el refroidie, elle a la forme le blanche et demi-transparente. (Idem ,
éral prismatique ; au moins n'ai-je encore e deux échantillons qui fussent des pyra- PT PA : presque toujours lesgrismes sont ans , et ils ont douze faces , si on compte basé... Les côtés des cristaux de la tourmaline A 116 plus larges, tantôt plus étroits, et sux côtés de la méme largeur se trougus : leurs pointes qui sont émoussées et es, ont pour la plupart une très-forte adhé- 4 Ja matière pierreuse dont ces cristaux sont és. Les côtés des prismes ont une surface a … Ces prismes sont longs de plus de trois ces, et épais depuis deux jusqu’à cinq lignes ; erre ollaire qui leur sert de matrice est verdâù tout à fait blanche : ils y sont incorporés les Mauprés des autres en tout sens.... Mais les e les plus minces se rencontrent rarement nble; ces prismes se dégagent sans peine de leur je œ lans laquelle ils laissent leurs empreintes , Pont aussi brillantes qui si on les avait pulies | ës prismes ont des félures qui empêchent se les procurer en entier, parce qu'ils sent souvent dans l'endroit de ces félures. . .. ux elles surfaces de la pierre cassée prée part une convexilé , et de l’autre une mme le verre, lorsqu'on le brise. (Idem,
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) L: forme de notre tourmaline , dit M. Muller,
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acquièrent la vertu électrique sans frottement et par simple chaleur (3), elles ressemblent en tout à la tourmaline de Ceylan ,et diffèrent , selon M. Muller , de celle du Brésil ; il dit : « Qu'on doit rapporter à la classe » des zéolites les tourmalines du Tyrol » comme celle de Ceylan , et que la tourma- » line du Brésil semble approcher du genre » des schorls , parce qu'étant mise en fusion » à l’aide du chalumeau , cette tourmaline » du Brésil ne produit pas les mêmes effets » que celle du Tyrol, qui d’ailleurs est de » couleur enfumée comme la vraie tourma- » line , au licu que celle du Brésil n'est pas » de la même couleur. » Mais le traducteur de cette lettre de M. Muller , observe avec raison qu'il y a des schorls électriques qui ne jettent pas, comme la tourmaline , un éclat phosphorique lorsqu'ils entrent en fusion ; il me paraît donc que ces diflérences indiquées par M. Muller ne suflisent pas pour séparer la tourmaline. du Brésil des deux autres , et que toutes trois doivent être regardées comme des produits de différents schorls qui peuvent varier, et varient en effet beaucoup
par les couleurs , la densité , 1 ve |
ainsi que par la forme de cristallisation.
Et ce qui démontre encore que ces tour malines ont plus de rapport avec les schorls cristallisés en prismes qu'avec les zéolites , c'est que M. Muller ne dit pas avoir trouvé des zéolites dans le ’où il a tiré ses tourmalines , et que M visch y a trouvé du schorl vert (4).
(3) Pour peu qu'elle soit chauflée , elle manifeste sa qualité électrique ; cette vertu augmente jusqu'à ce qu'elle ait acquis à peu près le degré de chaleur de l'eau bouillante ; et à ce degré de chalenr l'atmosphère électrique s'étendait des pôles de la pierre à la distance d'environ un pouce. Notre tourmaline, fortement grillée sous la mouflle, ne perd rien de son poids : elle conserve se transparence et sa qualité électrique , quoïqu'on l'ait fait rougir à plusieurs reprises, el que même où VE L poussé le feu au point de la faire fondre à la superficie. (Lettre sur la tourmaline du Tyrol, par M. Muller, Journal de Physique , mars 1780 , pag. 182 et suiv.)
(4) À quatre postes d'Inspruck , il y a une mine d'or dans un endroit nommé Zällerthal ; la ganguo est un schiste dur, verdâtre, traversé par le quartz; on en retire fort peu d'or ; mais cetle mine est trèsfameuse par la production de la tourmaline décrite
“par M. Muller. La gangue de la tourmaline est un schiste verdâtre mélé avec beaucoup de mica. On a découvert dans la même mine où se trouve la tourmaline , du schorl vert , du mica couleur de cnivre
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