ASTALACTITES VITREUSES NON CRISTALLISÉES
Les cinq verres primitifs sont les matières premières , desquelles seules toutes les substances vitreuses tirent leur origine , et de ces cinq verres de nature il y en a trois : le Quartz, le feld-sp , le schorl, dont les extraits sont trans et se présentent en formes cristallisées ; les deux autres, savoir, le mica et le jaspe ne produisent que des concrétions plus où moins opaques, et même lorsque les extraits du quartz, du feld-spath et du schorl se trouvent mêlés avec ceux du jaspe et du mica , ils perdent plus ou moins de leur transparence, et souvent ils prennent une entière opacité. Le même effet arrive lorsque les extraits transparents de ces premiers verres se trouvent mêlés de matières métalliques , qui par leur essence sont opaques : les stalactites transparentes du quartz, du feld-spath et du schorl, peuvent donc devenir plus ou moins obscures , et tout à fait opaques , suivant la grande ou petite quanlité de matières étrangères qui s'y seront mêlées ; et comme les combinaisons de ces mé-
et de couleur verte et noire, en grandes lames , le schiste talqueux avec des grenats ;, le vrai tale blanc en assez gros morceaux. (Supplément au Journal de Physique d'octobre 1782, pages 311 et 312.)
(1) Lettres du dacteur Demeste , pag. 279 et suiv.
langes hétérogènes sont en nombre infini, nous n€ pouvons saisir dans cette immense variété que les principales différences de leurs résultats , et en présenter ici les degrés les plus apparents entre lesquels on pourra supposer toutes les nuances intermédiaires et successives,
En examinant les matières pierreuses sous ce point de vue, nous remarquerons d’abord que leurs extraits peuvent se produire de deux manières différentes ; la première , par une exsudation lenté des parties atténuées au point de Ja dissolution ; et la seconde ; . par une stillation abondante et plus prompte de leurs parties moins atténuées et non dissoutes ; toutes se rapprochent , se réunissent et prennent de la solidité à mesure que leur humidité s'évapore ; mais on doit encore observer que toutes ces particules pierreuses peuvent se décomposer dans des espaces vides , ou dans des cavités remplies d'eau : si l'espace est vide , le suc pierreux n'y formera que des incrustations ou concrétions en couches horizontales ou inclinées , suivant les plans sur lesquels il se dépose , mais lorsque ce suc tombe dans des cavités remplies d’eau où les molécules qu'il tient en dissolution peuvent se soutenir et nager en liberté , elles forment alors des cristallisations qui, qoi-
s sont extraites.
outes les pierres vitreuses que nous avons L indiquées doivent êlre regardées pomme des stalactites cristallisées du quartz, ufeld:spath et du schorl purs, ou seuleent mêlés les uns avec les autres, et sou- Meints de couleurs métalliques : ces staactites sont toujours transparentes lorsque sucs vitreux ont toutes leur pureté ; mais ur p nm qu'il y ait mélange de matière trangère , elles perdent en même temps parleur transparence et partie de leur tenà se cristalliser, en sorte que la nae passe par degrés insensibles de la crisation distincte à la concrétion confuse, de la parfaite diaphanéité à la demiarence et à la pleine opacité : il ya donc dation marquée dans la succession de tes ces nuances , et bien prononcée dans " es extrêmes ; les stalactites transpantes sont presque toutes cristallisées , et contraire la plupart des stalactites opaques une forme de cristallisation ; et l'on ela raison dans la loi générale de la … cristallisation , combinée avec les effets par- ” “iculiers des différents mélanges qui la font | varie ; car la forme de toute cristallisation est le produit d'une attraction régulière et 1 3 forme entre des molécules homogènes et milaires ; et ce qui produit l’opacité dans “extraits des sucs pierreux, n'est que le de quelque substance hétérogène, cialement de la matière métallique, non si iplement étendue en teinture comme ns les pierres transparentes et colorées, incorporée et mêlée en substance mas- »c la matière pierreuse : or, la puisictive de ces molécules métalliques suit tre loi que celle sous laquelle les moules euses s'attirent et tendent à se ndre ; il ne peut donc résulter de ce mée qu'une attraction confuse dont les tenes diverses se font réciproquement ob- », et ne permettent pas aux molécules »ndre entre elles aucune ordonnance ière ; et il en est de même du mélange tres matières minérales ou terreuses , érogènes pour que les rapports d'atpuissent être les mêmes ou se commble dans la même direction sans croiser, et nuire à l'effet général de la cris- Hisation et de la transparence.
Afin que la cristallisation s'opère , il faut > qu'il y ait assez d'homogénéité entre les
s que les matières dont
+ ok
pas que l'air et les v
molécules pour qu'elles concourent à s'unir sousune loi d'aflinité commune , et en même temps on doit leur supposer assez de liberté pourqu'obéissant à cette loi, elles puissent se chercher , se réunir et se disposer entre elles dans le rapport combiné de leur figure propre avec leur puissance attractive; or, pour que les molécules aient cette pleine liberté, il leur faut non-seulement l’espace , le temps et le repos nécessaires , mais il leur faut encore le secours ou plutôt le soutien d'un véhicule fluide dans lequelelles puissent se mouvoir sans trop de résistance, et exercer avec facilité leurs forces d'attraction réciproques : tous les liquides , et même l'air et le feu, comme fluidés, peuvent servir de soutien aux molécules de la matière atténuée au point de la dissolution. Le feu primitif fut le fluide dans lequel s’opéra la éristallisation du feld-spath et du schorl; la cristallisation des régules métalliques s'opère de mème à nos feux par le rapprochement libre des molécules du métal en fusion par le fluide igné. De semblables effets doivent se produire dans le sein des volcans ; mais ces cristallisations , produites par le feu , sont en très-petit nombre, en comparaison de celles qui sont formées par l'intermède de l'eau : c'est en effet cet élément qui , dans l'état actuel de la nature, est le grand instrument et le véhicule propre de la plupart des cristallisalions ; ce n'est rs aqueuses ne soient aussi pour les substances susceptibles de sublimation , des véhicules également propres, et des fluides très-libres où leur cristallisation peut s’opérer avec toute facilité ; et il parait qu'il se fait réellement ainsi un grand nombre de cristallisations des minéraux renfermés et sublimés dans les cavités de la terre ; mais l’eau en produit infiniment plus encore, et même l'on peut assurer que cet élément seul forme actuellement presque toutes les cristallisations des substances pierreuses , vitreuses ou calcaires.
Mais une seconde cireonstänce essentielle à laquelle il parait qu'on n’a pas fait attention, c'est qu'aucune cristallisation ne peut se faire que dans un bain fluide, toujours égal et constamment tranquille, dans lequel les molécules dissoutes nagent en liberté ; et pour que l'eau puisse former ce bain ; il est nécessaire qu'elle soit contenue en assez grande quantité et en repos dans des cavités qui en soient entièrement ou presque entièrement remplies. Cette circonstance d'une quantité d'eau qui puisse faire un bain est si
nécessaire à la cristallisation , qu'il ne serait pas possible sans cela d'avoir une idée nette des effets généraux et particuliers de cette opération de la nature ; car la cristallisation, comme on vient de le voir , dépend en général de l'accession pleinement libre des molécules les unes vers les autres, et de leur transport dans un équilibre assez parfait pour qu'elles puissent s’ordonner sous la loi de leur puissance attractive, ce qui ne peut s’opérer que dans un fluide abondant et tranquille : et de même , il ne serait pas possible de rendre raison de certains effets parliculiers de la cristallisation, tel par exemple que le jet en tout sens des aiguilles dans un groupe de cristal de roche, sans supposer un bain ou masse d’eau , dans laquelle puisse se former ce jet de cristallisation en tout sens; car si l'eau tombe de la voûte, ou coule le long des parois d’une cavité vide, elle ne produira que des concrétions ou guhrs, nécessairement étendus et dirigés dans le seul sens de l'écoulement de l'eau ê se fait toujours du haut en bas ; ainsi cet effet particulier du jet des cristaux en tout sens, aussi bien que l'effet général et combiné de la réunion des molécules qui forment la cristallisation, ne peut donc avoir lieu que dans un volume d’eau qui retnplisse preèque entièrement et pendant un long temps la capacité du lieu ou se produisentles cristaux. Les anciens avaient remarqué av ous que les grandes mines de cristal n vent que vers les hauts sommets des es , près des neiges et des glaces , dont la fonte , qui se fait continuellement en dessous par la chaleur propre de la terre , entretient un perpétuel écoulement dans les fentes et les cavités des rochers ; et on trouve même encore aujourd'hui, en ouvrant ces cavités auxquelles on donne le nom de cristallières, des restes de l'eau dans laquelle s’est opérée la cristallisation; ce travail n’a cessé que quand cette éau s'est écoulée , et que les cavités sont demeurées vides:
Les spaths cristallisés les fentes et cavités des bancs calcai se sont formés de la même manière que les cristaux dans les rochers vitreux : la figuration de ces spaths en rhombes , leur position en tout sens, ainsi que le mécanisme par lequel leurs lames se sont successivement appliquées les unes aux autres , n'exigent pas moins la fluctuation libre des molécules calcaires dans un fluide qui leur permette de s'appliquer dans tous les sens, suivant les lois de leur attraction respective ; ainsi toute cristallisation, soit dans les matières vitreuses , soit dans les substances calcaires , suppose nécessairement un fluide ambiant et tranquille, dans lequel les molécules dissoutes soient soutenues et puissent se rapprocher en liberté.
Dans les lieux vides , au contraire, où les eaux stillantes tombent goutte à goutte des parois et des voûtes , les sucs vitreux et calcaires ne forment ni cristaux ni spaths réguliers, mais seulement des concrétions ou congélations, lesquelles n’offrent qu’une ébauche et des rudiments de cristallisation; la forme de ces congélations est en général arrondie , tubulée , et ne présente ni faces planes, ni angles réguliers, parce que les particules dont elles sont composées, ne nageant pas librement dans le fluide qui les charrie ; elles n'ont pu dès-lors se joindre uniformément ; et n'ont produit quedes agrégats confus sous mille formes indéterminées.
Après cet exposé que j'ai cru nécessaire pour donner une idée nette de la manière dont s'opère la cristallisation, et faire sentir en même temps la différence essentielle qui se trouve entre la formation des concrétions et des cristallisations > nous conceyrons aisément pourquoi la plupart des stalactites dont «7 allons donner la description, ne sont des cristallisations, mais des concrétions demi-transparentes ou opaques, qui.
tirent également leur origine du quartz , du feldspath et du schorl,