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(1) Histoire de l'Académie des sciences , année 1761, pag. 24.
(2) Idem , année 1713, pag. 23.
fait point , mais seulement pendant l'été ; et que quand l'hiver a été très-pluvieux êt abondant en neiges , les pétrifications qui se forment pendant l'été suivant sont quelquefois d'un pied d'épaisseur ; ce fait est peutêtre exagéré , mais au moins On est sûr que souvent en une seule année ces dépôts pierreux sont de plus d'un pouce ou deux ; on en trouve un exemple dans la même Histoire de l'Académie (1). Le ruisseau de Craie, près de Besançon, enduit d'une incrustation pierreuse les tuyaux de bois de sapin où l'on fait passer son eau pour l'usage de quelques forges ; il forme dans leur intérieur en deux ans d'autres tuyaux d'une pierre compacte d'environ une pouce et demi d’épaisseur. M. du Luc dit qu'on voit dans le Valais des eaux aussi claires qu'il soit possible , et qui ne laissent pas de former de tels amas de tuf, qu'il en résulte des saillies considérables sur les faces des montagnes (2), etc.
Les stalactiles, quoique de mème nature que les incrustations et les tufs , sont seulement moins impures el se forment plus lentement. On leur a donné différents noms suivant leurs différentes formes, mais M. Guetlard dit avec raison que les stalactites , soit en forme pyramidale ou cylindrique ou en tubes, peuvent être regardées comme une même sorte de concrétions (3). 11 parle d'une concrétion en très-grande masse qu'il a observée aux environs de Crégi, village peu éloigné de Meaux, qui s’est formée par le dépôt de l'eau d’une fontaine voisine, et dans laquelle on trouve renfermées des mousses , des chiendents et d'autres plantes qui forment des milliers de petites ramifications , dont les branchces sont ordinairement creuses , parce que ces plantes se sont à la longue pourries et entièrement détruites (4). Li cite aussi les incrustations en forme de planches de sapin qui se trouvent aux environs de Besançon. « Lorsqu'on voit pour la » première fois, dit cet académicien , un morceau de ce dépôt pierreux, il n’y a personne qui ne le prenne d'abord pour une planche de sapin pétrifiée.….. Rien en effet n'est plus propre à faire prendre cette idée que ces espèces de planches ; une de
(1) Année 1720 , pag. 23.
(2) Lettres à la reine MT ji » pag. 17.
(3) Mémoires de l'Acadé + sciences , année 1754, pag. 17.
(4) Mémoires de l'Académie des sciences, année 1754, pag. 58 et suiv.
Tnéonte pe La rene. Tome IIT.
» leur surface est striée de longues fibres » longitudinales et parallèles , comme peu- » vent être celles des planches de sapin : la
» continuité de ces fibres est quelquefois
» intérrompué par des espèces de nœuds » semblables à ceux qui se voient dans ce » bois; ces nœuds sont de différentes gros- » seurs Ct figures. L'autre surface de ces planches est en quelque sorte ondée à peu près comme serait une planche de sapin » mal polie. Cette grand ressemblance s'é- » vanouit cependant lorsqu'on vient à exa- » miner ces sortes de planches. On s'aperçoit » aisément alors qu'elles ne font voir quece ». qu'on remarquerait sur des morceaux de » plâtre ou de quelque pâte qu'on aurait étendue sur une planche de sapin... On » s'assure facilement dès lors que ces plan- » ches pierreuses ne sont qu'un dépôt fait » sur des planches de ce bois ; et si on les » Casse on le reconnait encore mieux, parce ñ »
que les stries de la surface ne se continuent
pas dans l'intérieur (5).»
M. Guettard cite encore un autre dé pierreux qui se fait dañs les bassins du chàteau d'Issy près Paris ; ce dépôt contient des groupes de plantes verticillées toutes incrustées. Ces plantes telles que la girandole d'eau, sont très-communes dans toutes les
caux dormantes ; la quantité de ces plantes
fait que les branches des différents pieds s'entrelacent les uns avec les , et lorsqu'elles sont chargées du dépôt pierreux , elles forment des groupes que l'on pourrait prendre pour des plantes pierreuses ou des plantes marines semblables à celles qu'on appelle corulines.
Par ce grand nombre d'exemples , on voit que l'incrustation est le moyen aussi simple que général , par lequel la nature conserve pour ainsi dire à perpétuité les empreintes de tous les corps sujets à la destruction ; ces empreintes sont d'autant plus exactes et fidèles , que la pâte qui les reçoit est plus fine ; l’eau la plus claire et la plus limpide , ne laisse pas d'être souvent chargée d’une très-grande quantité de molécules pierreuses qu'elle tient en dissolution , et ces molécules
.qui sont d’une extrême ténuité, se moulent
si parfaitement sur les corps les plus délicats, qu'elles en représentent les traits les plus déliés ; l'art a même trouvé le moyen d'imiter
(5) Mémoires de l'Académie des scicnces , année 1754, pag. 131 ct suiv.
* Les VEN