ET D ARE
TE I 2 dr
suivant leur longueur , et ne sont par conséquent
même forme ; nous en ayons la preuye démonstrative dans certains morceaux qui sont encore roseaux en partie et du reste ostéocoles ; je connais aussi des mousses dont le bas est pleinement incrusté , et dont le dessus est encore vert et en état de végétation: Et comme nous l'avons dit, tout ce qu'on appelle pétrifications ne sont que des incrustations qui non-seulement se sont appliquées sur la surface des corps , mais en ont mème pénétré et rempli les vides et les pores en se substituant peu à peu àla matière animale ou végétale, à mesure qu’elle se décomposait.
On vient de voir par la note précédente ; que les ostéocoles ne sont que des incrustations d'une matière crétacée ou marneuse ; et ces incrustations se forment quelquefois en très-peu de temps , aussi bien au fond des eaux que dans le sein de la terre. M. Dutour , correspondant de l'Académie des sciences , cite une ostéocole qu'ila vue se former en moins de deux ans, « En faisant nettoyer un » canal, je remarquai, dit-il, que tout. le » fond était comme tapissé d'un tissu fort » serré de filets pierreux , dont les plus gros » n'avaient que deux lignes de diamètre et » qui se croisaient en tous sens. Les filets » étaient de véritables tuyaux moulés sur » des racines d'ormes fort menues qui s'y étaient desséchées et qu'on pouvait aisément en tirer. La couleur de ces tuyaux était grise , et leurs parois, qui avaient un peu plus d’un tiers de ligne d'épaisseur , étaient assez fortes pour résister sans sc briser à la pression des doigts. À ces mar.
ques, je ne pus méconnaitre l'ostéocole ; mais je ne pus aussi m'empêcher d'être étonné du peu de temps qu’elle avait mis à se former; car ce canal n'était construit que depuis environ deux ans et demi, et certainement les racines qui avaient servi de noyaux à l'ostéocole étaient de plus nouvelle date (1). » Nous avons d'autres exemples d’incrustations qui se font encore en moins de temps , dans de certaines circonstances. Ii est dit dans l'Histoire de l’Académie des sciences (2), que M. de la Chapelle avait apporté une pétrification fort cpaisse, tirée de l'aqueduc d’Arcueil , et qu'il avait appris des ouvriers , que ces pétrifications ou incrustations se font par lits chaque année ; que pendant l'hiver il ne s’en