ER RER RE, RE TEE
(1) Les mines d'acier de Perse produisent beaucoup , car l'acier n'y vaut que sept sous la livre... Cet acier est fin , ayant le grain fort menu el délié !, qualité qui vaturellement et sans artifice le rend dur comme le diamant ; mais d'autre côté il est cassant comme du verre. Et comme les artisans persans ne lui savent pas bien donner la trempe, il u'y a pas moyen d'en faire des ressorts ni des ouvrages déliés et délicats : il prend pourtant une fort bonne trempe dans l'eau froide , ce qu'on fait en l'enveloppant d'un linge mouillé au lieu de le jeter dans une auge d'eau, après quoi on le fait chauffer sans le rougir tout-àfait. Cet acier ue se peut point non plus allier avec le fer, et si on lui donne le feu trop chaud , il se brûle et devient comme de l'écume de charbon ; on le mêle avec l'acier des Indes , qui est plus doux et qui est beaucoup plus estimé. Les Persans appellent l’une et l'autre sorte d'acier , poulard , janherder et acier ondé , pour le distinguer d'avec l'acier d'Eu-
rope. C'est de cet acier-là qu'ils font leurs belles .
lames damasquinées ; ils les fondent en pain rond comme le creux de la main, eten petits bâtons carrés. (Voyage de Chardin en Perse; etc. , Amsterdam, 1711,
(2) Les Persans savent parfaitement bien damasquiner avec le vitriol les ouvrages d'acier , comme sabres , couteaux , etc... mais la nature de l'acier dont ils se servent y contribue beaucoup. Cet acier s'apporte de Golconde , et c'est le seul qui se puisse bien damasquiner , aussi est-il différent du nôtre ; car quand on le met au feu pour lui donner la trempe, ilne lui faut donner qu'une petite rougenr ; comme couleur de cerise, et ap lieu de le tremper dans l'eau comme nous faisons , on ne fait que l'envelopper dans un linge mouillé, parce que si on lui donnait
“la même chaleur qu'aux nôtres ; il deviendrait si dur que dès qu'on le voudrait manier , il se casserait
fait pas en y introduisant de l'or où de l'argent , comme on le croit vulgairement , mais par le seul effet d’une percussion souvent réitérée. M. Gau a fait sur cela plusieurs expériences , dont il a eu la bonté de me com muniquer le résultat (3); cet habile avüste
comme du verre, Ou met cet acier en pain gros comme nos pains d’un sou, et pour savoir s’il est bon et s'il
n’y a point de fraude on le coupe en deux, chaque
morceau suffisant pour faire un sabr K trouve qui n’a pas été bien préparé et av ss rait damasquiner. Un de ces pains d'acier qui à coûté à Golconde que la valeur de neuf ée dix LE vaut quatre ou cinq abassis , en Perse , et ii é le porte loin, plus il devient cher, & e L We on vendl le pain jusqu'à trois piastres er ur A à Constantinople , à Smyrne , à Alep et à D en vient anciennement on le transportail ; le plus SFA: où des Indes se rendait au Caire par la mer re ms aujourd'hui , autant que le roi de Gole à ae | de difficulté à laisser sortir de l'acier de Pr autant le roi de Perse tâche IR 7 6 190. EUTER lève de celui qui est entré dans son ro Ru MR 7e toutes ces remarques pour Abu Lie à bee qui croient que les sabres et couteaux qui SES nent de Turquie se font d'acier de te FEES une erreur ; parce que, comme j'ai dit , il re Re d'acier au monde que celui de Golconde qu’ dus damasquiner sans que l'acier s’altère He des: (Voyage de Tavernier, Rouen, 1713 e le nôtre. pag: 330 et 331.) 02 (3) Monsieur , de retour à Kli à comme j'ai eu. l'honneur de se rc » J'ai fait Montbard , plusieurs épreuves sur Pace D ; fabriquer des lames de sabres et de à chasse de même étoffe et de même dchoitis 28 7 de Turquie , counues sous le nom 4 el résultats de ces différentes épreuves 0 “ Sas se les mêmes , et je profile de Ja ddr toujours été
m'avez donnée de vous en rendr sion que vous ec
Après avoir fait travailler et pr a A qe
certaine
quantilé d'acier propre à en f,
é ai en un tiers à recevoir le ir.
j'y emploi} ordinairement ; dans le s ai mis la dose ordinaire, et point KR tiers, ÿ'Y dans le dernier tiers. argent du tout
J'ai eu l'honneur de vous di façon je fais ce mélange de PR or de quelle jai augmenté de précautions sie ec de l'acier ; l'argent , et comme j'ai commencé mieux enfermer les petites barres ou plaques mes
amas , j'en ai e l'argent que
épreuves par
ble, en donnant à celles eye, Res pa
double d'épaisseur des a 51
au blanc bouillant » et ete DE ke SE + © infinie que l'ouvrier est venu À TS Mare ensemble; elles paraïissaient À l'intérie pe er faltement , et on ne voyait point sur Br 1 A a e fût sorti de l'argent : la réunion de > PEL m'a donné un lingot de neuf pouces de dus de pouce d'épaisseur et autant de largeur. ;
J'ai ensuite fait rem :
remellre au feu ce lingot pour en
» Pour en
cture des armes
ia porté notre manufa me Pts ch de à un grand point de perfection,
s’est convaincu avec moi que es est que par le travail du marteau ; et par la réunion PE PU SET " couteau de chasse ; c'est dans
: t et en alongeant tion , en aplatissan geant ce Le ME de soudure qui étaient dans l'intérieur se sont découverts ; el quelque soin que l'ouvrier y ait donné, il n’a pu forger cette lame sans de pailles.
me” recommencer celle opération par quatre fois différentes ; et toutes les lames ont été pailleuses sans qu'on ait pu y remédier , ce qui me persuade “ly est entré beaucoup d'argent. Ë S dans lesquelles je n'ai mis que la dose
former une lame de
Les barres ordinaire d'argent * et dont les plaques du dessus et du dessous n'avaient pas plus d'épaisseur que les autres, Ont toutes bien soudé et ont donné des lames sans paille ; il s’est trouvé sur l’enclume bea d'argent fondu qui s’y était attaché,
A l'égard des barres forgées sans argent , elles ont été soudées sans aucune difficulté comme de l'acier ordinaire, et elles ont donné de très- s lames. Pour connaître si ces lames sans argent avaient les mêmes qualités pour le tranchant et la solidité que celles fabriqnées avec de l'argent , j'ai essayé le tranchant de toutes forces sur des nœuds de bois de chêne qu'elles ont coupés sans s'ébrécher ; j'en ai ensuite mis une à plat entre deux barres de fer sur mon escalier, comme vous es vu faire sur le vôtre , ‘et ce
x ‘a l'avoir long-temps tourmentée dans mn je suis parvenu à la déchirer, J'ai done trouvé à ces lames le même trauchant et la même tenacité. Il semblerait d'après ces épreuves :
10 Que s’il reste de l'argent dans l'acier , il est impossible de le souder dans les endroits où il se
ucoup
ouve : s sn Que lorsqu'on réussit à souder parfaitement des
barres où il y a de l'argent, il faut que cet argent
ui est en fusion lorsque l'acier est rouge-blanc, s'en soit échappé aux premiers coups de marteau, soit
ar les jointures des barres posées les unes sur les autres, soit par les pores alors ouverts de l'acier ; lorsque les plaques sont plus épaisses, l'argent fondu se répand en partie sur l'enclume , et il est impossible de souder les endroits où il en reste :
30 L'argent ne communique aucune vertu à l'acier, soit pour le tranchant, soit pour la solidité, et l'opinion du public qui avait décidé mes recherches, et qui attribue au mélange de l'acier et de l'argent la bonté des lames de Damas en Turquie , est sans fondement , puisqu'en décomposant un morceau vousmême , monsieur, vous n'y avez pas trouvé plus d'argent que dans la lame de même éroffe faite ici,
dans laquelle il eu était cependant entré :
4e Le tranchant étonnant de ces lames et leur solidité, ne proviennent ; ainsi que les dessins qu'elles présentent, que du mélange des différents aciers qu'on y emploie, et de la façon qu’on les travaille ensemble. Pour que vous puissiez en juger par vous-même ,
ŒuÉOnIE DE LA TERRE. Z'ome LIT,
de différents aciers mêlés d'un peu d'étoffe de fer que l’on vient à bout de damasquiner les lames de sabre, et de leur donner en même temps le tranchant , l'élasticité et la tenacité nécessaires; il a reconnu comme moi que ni l'or ni l'argent ne peuvent produire cet effet. Ce
Il me resterait encore beaucoup de choses à dire sur le travail et sue emploi du fer ; je me suis contenté d'en indiquer les principaux objets; chacun demanderait un traité particulier , et l'on pourrait compter plus de cent arts ou métiers tous relatifs au travail de ce métal, en le prenant depuis ses mines jusqu'à sa conversion en acier et sa fabrication en canons de fusils, lames d'épées , ressorts de montre , etc. Je n'ai pu donner ici que la filiation de ces-arts, en suivant les rapports naturels qui les font dépendre les uns des autres : le reste appartient moins à l'histoire de la nature, qu'à celle des progrès de notre industrie .
Mais nous ne devons pas oublier de faire mention des principales propriétés du fer et
de l'acier, relativement à celles des autres
métaux ; le fer, quoique très-dur , n’est, pas fort dense, c'est après l'étain le plus léger de tous. Le fer commun, pesé dans l’eau, ne perd guère qu'un huitième de son poids, et ne pèse que cinq cent quarante-Cinq ou cinq cent quarante-six livres le pied cube (1) : mme que
et rectifier mes idées à ce sujet, j'envoie à mon dépôt de l'arsenal de Paris , pour vous être remises à leur arrivée :
1° Une des lames forgées avec les lingots où il y avait le dopble d'argent , dans laquelle je crois qu'il y en a encore, parce qu’elle n'a pu être bien soudée, et que vous voudrez bien faire décomposer après avoir fait éprouver son tranchant et sa solidité;
2° Une lame forgée d'un lingot où j'avais mis moitié d'argent, bien soudée , et sur laquelle j'ai fait graver vos armoiries ;
30 Une lame fabriquée d'une barre d'acier travaillée pour damas, dans laquelle il n’est point entré d'argent ; vous voudrez bien faire mettre cette lame aux plus fortes épreuves , tant pour le tranchant sur du
bois , qu'en essayant sa résistance en la forçant entre :
deux barres de fer. (Lettre de M. Gau , entrepreneur général de la Manufacture des armes blanches , à M. le comte de Buflon, datée de Klingensthal , le 29 avril 1775.) | L 4
(1) On a écrit et répété partout que le pied cube de fer pèse cinq cent quatre-vingts livres (Voyez le Dictionnaire de Chimie, article Fer), mais celte estimation est de beaucoup trop forte. M. Brisson s'est assuré par des épreuves à la balance hydrostatique , que le fer forgé, nou écroui comme écroui , ne pèse
à RE à … +
l'acier pèse cinq cent quarante-buit à cinq cent quarante-neuf livres, et il est toujours spécifiquement un peu plus pesant que le meilleur fer ; je dis le meilleur fer, car en géneral ce métal est sujet à varier pour la densité , ainsi que pour la tenacité, Ja dureté , l'élasticité , et il paraît n'avoir aucune propriété absolue que celle d’être attirable à l'aimant , encore cette qualité magnétique est-elle beaucoup plus grande dans l'acier et dans certains fers que dans d’autres ; elle augmente aussi dans certaines circonstances et diminue dans d'autres , et cependant cette propriété d’être attirable à l’aimant ; paraît appartenir au fer , à l'exclusion de toute autre matière; Car nous ne COnNalssONns dans la nature aucun métal , aucune autre substance pure qui ait cette qualité magnétique, et qui puisse même l’acquérir par notre art ; rien au contraire ne peut la faire perdre au fer tant qu'il existe dans son état de métal. Et non-seuloment il est toujours attirable par l'aimant, mais il peut lui-même devenir aimant , et lorsqu'il est une fois aimanté, il attire l’autre fer avec autant de force que l’aimant mème (f)- :
De tous les métaux , après l'or, le fer est eclui dont la tenacité est la plus grande ; selon Musschenbroeck , un fil de fer d'un dixième de pouce de diamètre , peut soutenir un poids de quatre cent cinquante livres sans se rompre ; Mais j'ai reconnu par ma propre expérience, qu'il y a une énorme
: entre la tenacité du bon et du mauvais fer (2), et quoiqu'on choisisse le méilleur pour le passer à la filière , on trouvera encore des différences dans la tenacité des différents fils de fer de même grosseur, et lon observera généralement que plus le Gil de fer sera fin, plus la tenacité sera grande à proportion.
Nous avons va qu'il faut un feu très-violent pour fondre le fer forgé, et qu'en même temps qu'il se fond , il se brüle et se calcine
également que cinq cent quarante-cinq livres deux ou trois onces le pied cube, et que le pied cuhe d'acier pèse cinq cent quarante-huit Livres : on s'était donc trompé de trente-cinq livres , en estimant cinq cent quatre-vingts livres le poids d'un pied cube de fer. (Voyezla Table des pesanteurs spécifiques de M. Brisson.)
(1) Voyez dans la suite dè cette Histoire des Minéraux , l'article de l'Aivwant,
(2) Voyez le Mém. sur la tenacité du fer, Théorie de la Terre, tom. 2, pag. 187.
rp
meutie, et d'autant plus que la chaleur plus forte ; en le fondant au foyer d'un miroir ardent on le voit bouillonner, brûler, jeter nne flamme assez sensible, et se changer en mâchefer ; cette scorie conserve la qualité magnétique du fer après avoir perdu toutes les autres propriétés de ce métal.
Tous les acides minéraux et végétaux agissent plus ou moins sur le fer et l'acier ; l'air, qui dans son état ordinaire est toujours chargé d'humidité , les réduit en rouille ; l'air sec ne les attaque pas de même et ne fait qu'en ternir la surface ; l'eau la ternit davantage et la noïrcit à la longue ; elle en divise et sépare les parties constituantes, et l'on peut avec de l'eau pure réduire ce métal en une poudre très-fine (3) ; laquelle néanmoins est encore du fer dans son état de métal, car elle est attirable à l’aimant et se dissout comme le fer dans tous les acides; ainsi ni l'eau ni l'air seuls n'ôtent au fer sa qualité magnétique, il faut le concours de ces roms on plutôt l'action de l'acide aérien pour le réduire en rouille qui n'est plus attirable à l'aimant.
L'acide nitreux dévore le fer autant qu'il le dissout ; il le saisit d’abord avec la plus grande violence , et lors même que cet acide en est pleinement saturé , son activité ne se ralentit pas , il dissout le nouveau fer qu'on lui présente en laissant précipiter le premier.
L'acide vitriolique, même affaibli, dissout aussi le fer avec effervescence et chaleur , et les vapeurs qui s'élèvent de cette dissolution sont très-inflammables. En la faisant évaporer et la laissant refroidir , on obtient des cris taux vitrioliques verts, qui sont connus sous le nom de couperose (4).
L’acide marin dissout très-bien le fer , et l'eau régale encore mieux; ces acides nitreux et marins, soit séparément , soit conjointe ment , forment avec le fer des sels qui, quoique métalliques”, sont déliquescents ; mais dans quelque acide que le fer soit dissous , on peut toujours l'en séparer par le moyen des alkalis ou des terres calcaires ; on peut aussi le précipiter par le zine, etc.
—— om,
(3) Prenez de la limaille de fer nee et brillante ; mettez-la dans un vase; versez assez d'eau dessus Pour la couvrir d'un pouce ou deux , faités-la remuer avec une spatule de fer jusqu’à ce qu’elle soit rédaite en poudre si fine qu'elle reste suspendue à la surface
* de l'eau , cette poudre est encore du vrai fer très-
allirable à l'aimant.
(4) Voyez ei-devant l'article du Vitriol.
ns nt
Le soufré qui fait fondre le fer rouge en un instant, est plutôt le destructeur que le dissolvant de ce métal, il en change la nature ét le réduit en pyrite; la force d'aflinité entre le soufre et le fer est À sen te agissent violemment Pun Sur l'autre même sas 14 #0dourt du feu, car dans cet état de pyrite ils produisent eux-mêmes de la chaleur PYu feu ; à l'aide seulement d'un peu d'humidité. su
De quelque manière que le fer soit dissous où dcr ;il parait que ses précipités et ses chaux en safran, en ocre, en rouille,etc., sont tous colorés de jaune , de rougeûtre ou de brun, aussi. emploie-t-on ces chaux de fer
pour la peinture à l'huiile et pour lés émaux.
Enfin le fer peut s'allier avec tous les autres métaux , à l'exception du plomb et du mercure ; Suivant M. Geller , les affinités du fer sont dans l'ordresuivant : l'or , l'argent , le cuivre ; et suivant M: Geoffroi, le régule d'antimoine, l'argent, le euivre et le plomb; mais ce dernier chimiste dëvait exclure le plomb et ne pas oublier l'or avée lequel le fer a plus d’aflinité qu'avec aucumautre métal. Nous verrons même que ces deux métaux, le fer et l'or, se trouvent quelquefois si inti- $ mément unis par des accidents de nature, que notre art ne peut les séparer l'un de l’autre (L).