DE L'OR
Avrant nous avous vu le fer subir de transformations et prendre d'états différents, soït par les causes naturelles , soit pa effets de notre art; autant l'or nous par fixe , immuable ét constamment le mêms sous notre main comme sous celle de la nature :
c'est de toutes les matières du globe la plus pesante , la plus inaltérable , la plus tenace, la plus extensible , et c’est par la réunion de
ces caractères prééminents , que dans tous les temps l'or a été regardé comme le métal le plus parfait et le plus précieux ; il est devenu le signe universel et constant de la valeur de toute autre matière par un consentement ananime et tacite de tous les peuples
olicés. Comme il peut se diviser à l'infini sans rien perdre de son essence , et même sans subir la moindre altération, il se trouve disséminé sur la surface entière du globe, mais en molécules si ténues , que sa présence n’est pas sensible ; toute la couche de la térre qui recouvre le globe en contient, mais c'est en si petite quantité qu'on ne l’aperçoit pas et qu'on ne peut le recueillir ; il est plus apparent; quoique encore en très - petite antité , dans les sables entrainés par les eaux et détachés de la masse des rochers qui le recèlent ; on le voit quelquefois briller dans ces sables dont il est aisé de le séparer ar des lotions réitérées : ces paillettes charriées par les eaux, ainsi que toutes les autres particules de l'or qui sont disséminées sur la terre , proviennent également des mines primordiales de ce métal. Ces mines gisent dans les fentes du quartz où elles se sont établies peu de temps après la consolidation du globe ; souvent l'or y est mêlé avec d'au-
tres métaux sans en être altéré ; presque toujours il est allié d’argent , et néanmoins il conserve sa natüre dans le mélange, tandis que les autres métaux , corrompus et minéralisés, ont perdu leur première forme avant de voir le jour , et ne peuvent ensuite la re= prendre que par le travail de nos maïns :
l'or au contraire , vrai métal de natnre, a été formé tel qu'il est ; il a été fondu ou sublimé par l’action du feu primitif, et s’est établi sous lx forme qu'il conserve encore auJourd’hui; il n’a subi d'autre altération que celle d'une division presque infinie ; car il ne se présente nulle part sous une forme minéralisée ; on peut même dire que pour minéraliser Por , il faudrait un concours de circonstancés qui ne se trouvent peut-être pas dans la nature , et qui lui feraient perdre ses qualités les plus essentielles ; car il ne pourrait prendre cette forme minéralisée qu'en passant auparavant par l'état de précipité , ce qui suppose précédemment sa dissolution par la réunion dés acides nitreux €t marin :
et ces précipités de-Vor ne conservent pas les grandes propriétés de ce métal; ils ne sont plus inaltérables, et ils peuvent être dissous par les acides simples ; ce n’est donc que sous cette forme de précipité que l'or pourrait être minéralisé; et comme il faut la réunion de, Pacide nitreux et de Facide marin pour en faire la dissolution , et ensuite un alkali ou une matière métallique pour opérer le précipité, ce serait par le plus grand des hasards que ces combinaisons se
PE ne Pa CP RER RES ne 07 vEREnS
(1) Voyez ci-après l'article de la Platine.
trouveraient réunies dans le sein de la terre, et que ce métal pourrait être dans un état de minéralisation naturelle,
L'or ne s’est établi sur le globe que quelque temps après sa consolidation , et même après l'établissement du fer, parce qu'il ne peut pas supporter un aussi grand degré de feu ; sans se sublimer ou se fondre ; aussi ne s'est-il point incorporé dans la matière vitreuse, il a seulement rempli les fentes du quartz, qui toujours lui sert de gangue , l'or. s'y trouve dans son état de nature , et sans autre caractère que celui d’un métal fondu ; ensuite il s'est sublimé par la continuité de cette première chaleur du globe, et il s'est répandu sur la superficie de la terre en atomes impalpables et presque imperceptibles.
Les premiers dépôts ou mines primitives de cette matière précieuse, ont donc dû perdre de leur masse et diminuer de quantité, tant que, le globe a conservé assez de chaleur pour en opérer la sublimation ; et cette perte continuelle pendant les premiers siècles dela grande chaleur du globe a peutêtre contribué plus qu'aucune autre cause à la rareté de ce métal , et à sa dissémination universelle en atomes infiniment petits j je dis universelle, parce qu'il y a peu dé matières à la surface dela térre qui n’en contiennent une petite quantité ; les chimistes en ont trouvé dans la terre végétale, et dans toutes les autres terres qu'ils ont mises à l'épreuve (1).
Auresle, ce métal, le plus dense de tous, cst en même temps celui que la nature a produit en plus petite quantité ; tout ce qui est extrême est rare ; par la raison même qu'il estextrème ; l'orpour la densité , le diamant pour la dureté, le mercure pour la volatilité, étant extrêmes en qualité sont rares en quantité, Mais , pour ne parler ici que de l'or, nous observerous d’abord , que quoique la nature paraisse nous le présenter sous différentes formes , toutes néanmoins ne diffèrent les unes des autres , que par la quanlité, et jamais par la qualité, parce que ni le feu, ni l'eau, ni l'air, ni même tous ces éléments combinés , n'altèrent pas son essence, et que les acides simples qui détrui-
—— oo.
(1) L'or trouvé par nos chimistes récents , dans la terre végétale , est une preuve de la dissémination universelle de ce métal, et ce fait paraît avoir été connu précédemment ; car Boërhaave parle d'un programme présenté aux États-Généraux , Sous ce titre: De Arte extrahendiaurum e quâlibet terräarvensi,
sent les autres métaux ne peuvent l'entamer (2).
En genéral, on trouve l’or dans quatre états différents , tous relatifs à sa seule divisibilité; savoir, en poudre, en paillettes, en grains et en filets séparés ou conglomérés. Les mines primordiales de ce métal sont dans les hautes montagnes , et forment des filons dans le quartz jusqu'à d'assez grandes profondeurs; elles se sont établies daus les fentes perpendiculaires de cette roche quartzeuse , et l'or y est toujours allié d'une plus ou moins grande quantité d’argent; ces deux métaux y sont simplement mélangés et, font masse commune ; ils sont ordinairement incrustés en filets ou en lames dans la pierre vitreuse , et quelquefois ils s'y trouvent en masses et en: faisceaux conglomérés; c'est à quelque distance de ces mines primordiales que se trouve l'or en petites masses, en grains, en pépites, etc. = et c'est dans les ravines des montagnes qui en Me les mines, qu'on le recueille en plus grande quantité : on le trouve aussi en paillettes et en poudre dans les sables que roulent les torrents et les rivières qui descendent de ces mêmes montagnes, et souvent cette poudre d'or est dispersée et disséminée
sur les bords de ces ruisseaux et dans les
(2) M. Tillet, savant physicien de l'Académie des sciences , s'est assuré que l'acide nitreux, rectifié autant qu'il est possible ,ne dissout pas un seul atome de l'or qu'on lui présente : à la vérité , l’eau-forte ordinaire semble attaquer un peu les feuilles d'or par une opération forcée , en faisant bouillir » Par exemple , quatre ou cinq onces de cet acide sur un demigros d'or pur réduit en une lame très-mince, jusqu'à ce que toute la liqueur soit réduite au poids de quelques gros ; alors la petite quantité d'acide qui reste, se trouve chargée de quelques particules d'or ; mais le métal y est dans l'état de suspension , et non pas véritablement dissous ; puisqu'au bout de quelque temps , il se précipite au fond du flacon, quoique bien bouché , ou bien il surnage à la surface de la liqueur avec son brillant métallique, au lieu que dans une véritable dissolution , telle qu'on l'opère Par l’eau régale , la combinaison du métal est si parfaite avec les deux acides réunis, qu'il ne les quitte jamais de lui-même * : d'après ce rapport de M, il. let , il est aisé de concevoir que l'acide niîtreux , forcé d'agir par la chaleur, n'agit ici que comme un corps qui en frotterait un autre, et en détacherait par conséquent quelques particules , et dès-lors on peut assurer que cet acide ne peut ni dissoudre , ni même attaquer l'or par ses propres forces.
* Remarque communiquée à M, de Buffon par M. Tillet , avril 1781.
ne
Lits :
terres adjacentes (1) ; mais soit en poudre, en paillettes , en grains, en filets ou en masses " l'or de chaque lieu est toujours de la même essence , et ne diffère que par le degré de pureté ; plus il est divisé ; plus il est pur, en sorte que s’il est à 20 karats dans Sa mine en montagne , les poudres et les paillettes .qui en proviennent ; sont souvent à 22 et 23 karats , parce qu'en Se divisant , ce métal s'est épuré et purgé d'une partie de son alliage naturel : au reste, Ces paillettes et ces grains
Le sont que dés débris des mines primor.
diales , et qui ont subi tant de mouvements à de chocs et der RTE d’autres matières ; n'ont rien souflért qu'une plus grande division ; elles ne sont jamais intérieurement altérées ; quoique souvent recouvertes à l’extérieur de matières étrangères.
L'or le plus fin, c'est-à-dire le plus épuré par notre art, est, comme l'on sait à 24 karats; mais l'on n'a jamais trouvé d’or à ce titre dans le sein de la terre, et lusieurs mines il n'est qu'à 20, et même à 16 et 14 karats , en sorte qu'il contient souvent un quart , et même un tiers de mélange; et cette matière étrangère qui se trouve originairement alliée avec l'or, est une portion d'argent, lequel, quoique beaucoup moins dense, et par conséquent moins divisible
ue l'or, se réduit néanmoins en molécules très-ténues ; l'argent est comme l'or, inaltérable , inaccessible aux efforts des éléments humides , dont l'action détruit tous les autres métaux; et c'est par cette prérogative de l'or et de l'argent qu'on les a toujours regardés comme des métaux parfaits, et que le cuivre, le plomb, l'étain et le fer, qui sont tous sujets à plus ou moins d’altération par l'impression des agents extérieurs , sont des métaux imparfaits en comparaison des deux premiers : l'or se trouve donc allié d'argent, même dans sa mine la plus riche et sur sa gangue quartzeuse ; ces deux métaux presque aussi parfaits , aussi purs l’un que l'autre , n’en sont que plus intimement unis : le haut ou bas aloi de l'or natif dépend donc principalement de la petite ou grande quantité d’argent qu'il contient ; ce n'est pas que l'or ne soit aussi quelquefois mêlé de cuivre
oo
(1) Wallerius compte douze sortes d’or dans les sables ; mais ces douze sortes doivent se réduire à une seule , parce qu'elles ne différent les unes des autres que par la couleur, Ja grosseur où la figure , et qu'au foud c'est toujours le même or.
et d'autres substances métalliques (2) ; mais ces mélanges ne sont pour ainsi dire qu'extérieurs , et à l'exception -de l'argent, l'or n'est point allié, maïs seulement contenu ét disséminé dans toutes Jes-autres matières métalliques ou terreuses, | , i
On serait porté à croire, yu affinité apparente de l'or avec le mercure et leur forte attraction mutuelle , qu'ils ER trouver assez souvent amalgamés ensemble ; cependant rien n’est plus rare, et à peine ÿ a-til un exemple d'une mine où l'on ait trouvé l'or pénétré de ce minéral fluide : il me semble qu'on peut en donner la raison d’après ma théorie; car quelque aflinité qu'il y ait entre l'or et le mercure , il est certain que la fixité de l’un et la grande volatilité de l’autre, ne leur ont guère permis de s'établir en même temps ni dans les mêmes lieux, et que ce n’est que par des hasards postérieurs à leur établissement primitif, et par des circonstances très-particulières qu’ils ont pu se trouver mélangés. ‘a
L'or répandu dans les sables , soit en poudre , en paillettes ou en grains plus ou moins gros, et qui provient du débris des mines primitives, loin d’avoir rien perdu de son essence , a donc encore acquis de la pureté : les sels acides , alkalins et arsénicaux , qui rongent toutes les substances métalliques, ne peuvent entamer celle de l'or; ainsi dès que les eaux ont commencé de détacher et d’entrainer les minérais des différents métaux ; tous auront été altérés, dissous, détruits par l’action de ces sels ; l'or seul a conservé son essence intacte, et il a même défendu celle de l'argent , lorsqu'il ” M est trouvé mêlé en suflisante quantité.
L'argent, quoique aussi parfait que l'or à plusieurs égards, ne se trouve pas aussi communément en poudre ou en paillettes , dans les sables et les terres : d’où peut provenir cette différence à laquelle il me semble qu'on n’a pas fait assez d'attention ? pourquoi les terrains au pied des montagnes à mines sont-ils semés de poudre d’or? pourquoi les torrents qui s'en écoulent roulent-ils des paillettes et des grains de ce métal , et que l'on trouve si peu de poudre , de paillettes ou de
(2) Par exemple , l'or de Guinée , de Sofala , de Malaca , contient du cuivre ct très-peu d'argent , et le cuivre des mines de Coquimbo au Pérou, contient, à ce qu'on dit, de l'or sans aucun mélange d'argent.
grains d'argent dans ces mêmes sables , quoique les mines d'où découlent ces eaux contiennent souvent beaucoup plus d'argent que d'or? n'est-ce pas une preuve que l'argent a été détruit avant de pouvoir se réduire en paillettes , et que les sels de l'air , de la terre et des eaux l'ont saisi , dissous dès qu'il s'est trouvé réduit en petites parcelles , au lieu que ces mêmes sels ne pouvant attaquer l'or, sa substance est demeurée intacte lors même qu'il s’est réduit en poudre ou en atomes impalpables ?
En considérant les propriétés générales et particuliéres de l'or, on a d’abord vu qu'il était le plus pesant, et par conséquent le plus dense des métaux (1) qui sont eux-mêmes les
(1) La densité de l'or a été bien déterminée par M. Brisson , de l’Académie des sciences. L'eau distillée étant supposée peser 10000 livres , il a vu que l'or à 24 karats , fondu et non battu , pèse 192581 livres 12 onces 3 gros 62 grains , et que par conséquent un pied cube de cet or pur pèserait 1348 livres 1 once 61 grains ; et quece même or à 24 karats , fondu et battu , pèse relativement À l'eau 193617 livres 12 onces 4 gros 28 grains , en sorte que le pied cube de cet or pèserait 1355 livres 5 onces 60 grains. L'or des ducats d'Hollande approche de très-près ce degré de pureté ; eur la pesanteur spécifique de ces dueats est de 193519 livres 12onces4 gros 25 grains,
« ce qui donne 1354 livres 10 onces 1 gros 2 grains pour le poids d'un pied eube de eet or. Voyez la Table des pesanteurs spécifiques, par M. Brisson.—
J'observerai que pour avoir au juste les pesanteurs spécifiques de toutes les matières , il faut non-seulement se servir d'eau distillée ; mais que pour connaître exactement le poids de cette eau , il faudrait en faire distiller une assez grande quantité , par exemple ; assez pour remplir un vaisseau cubique d'un pied de capacité , péser ensuite le tout , et déduire la tare du vaisseau ; cela serait plus juste que si l'on n'employait qu'un vaisseau de quelques pouces cubiques de capacité : il faudrait aussi que le métal fût absolument pur, ce qui n’est peut-être pas possible, mais au moins le plus pur qu'il se pourra ije me suis beaucoup servi d'un globe d'or , rafliné avec soin , d'un pouce de diamètre, pour mes expériences sur le progrès de la chaleur dans les corps , et en le pesant dans l'eau commune , j'ai vu qu'il ne perdait pas 19 de son poids ; mais probablement cette eau était bien plus pesante que l'eau distillée, Je suis donc très-satisfait qu'un de nos habiles physiciens ait déterminé plus précisément cette densité de l'or à 24 karats, qui , comme l'on voit, augmente de poids par la percussion : mais était-il bien assuré que cet or fût absôlument pur ? il est presque impossible d'en séparer en entier l'argent que la nature y a mélé; et d'ailleurs la pesanteur de l'eau, même distillée , varie avec la température de l'atmosphère, et cela laisse encore quelque incertitude sur la mesure
bsahces les plus pesantes de toutes les
matières terrestres; rien ne peut altérer ou changer dans l'or cette qualité Préeumnente : on peut dire qu'en géneral la densité constitue l'essence réelle de toute matière brute, et que cette première propriété fixe en même temps nos idées sur la proportion de Ja quan tité de l'espace à celle de la matière sous un volume donné. L'or est le terme extrêmé de cette proportion, toute autre substance occupant plus d'espace ; il est donc la matière par excellence, c’est-à-dire, la substance qui de toutes est la plus matière, et néanmoins ce corps si dense et si comipacte, cette matière dont les parties sont'si rapprochées ; si serrées , contient peut-être encore plus de vide que de plein, et par con+ séquent nous démontre qu'il n'y a point de matière sans pores , que le contact des atomes
matériels n'est jamais absolu ni complet,"
qu’enfin il n'existe aucune substance qui soit pleinement matérielle, et dans laquelle le vide ou l’espace ne soit interposé, et n’occupe
exacte de la densité de ce métal précieux. Ayant sur cela communiqué mes doutes à M. de Morveau ( il à pris la peine de s'assurer qu'un pied cube d’eau distillée , pèse 71 livres 7 onces 5 gros 8 graîns et 1/24 de grain , l'air étant à Ja température dé 12 degrés; L'eau , comme l’on sait, pèse plus ou moins , suivant qu’il fait plus froid ou plus chaud , et les différences qu'on a trouvées dans la densité des différentes matières soumises à l'épreuve de la balance hydrostatique, viennent non-seulement du poids absolu de l'eau à laquelle on lescompare, mais encore du degré de la chaleur actuelle de ce liquide , et c'est par cette raison qu’il faut un degré fixe , tel que la tem= Pérature de 12 degrés, pour que le résultat de la Comparaison soit juste. Un pied cube d’eau distillée, pesant donc toujours , à la température de 12 degrés,
- 71 livres 7 onces 5 gros 8 1/14 grains ; il est certain
que si l'or perd dans l'eau 1/19 de son poids , le pied eube de ee métal pèse 1358 livres 1 once 1 gros 8 19/:9 grains , et je crois cette eslimation trop forte ; Car , comme je viens de le dire, le globe d'or trèsfin , d'un pouce de diamètre , dont je me suis servi, ne perdait pas 1/9 de son poids dans de l’eau qui n'était pas distillée, il se pourrait que dans l'eau distillée il n'eût perdu que 7/18 5/4 , et dans ce cas (18 5/3) le pied eube d'or ne péserait réellement que 1340 livres 9 onces 2 gros 25 grains; il me paraît donc qu’on a exagéré la densité de l'or ,en assurant qu'il perd dans l'eau plus de 1/;5 de son poids , et que c'ost tout au plus s'il perd 1,9, auquel cas le pied cube pèserait 1558 livres; ceux qui assurent qu'il n’en pèse que 1348, et qui disent en même temps qu'il perd daus l'eau entre :/,, et 1/50 de son poids, ne se sont pas aperçus que ces deux résultats sont démentis J'un par l'autre.
autant et plus de place que la matière, fies constiluantes , tant que l'homogénéité
même. 2
Mais dans toute matière solide ;, ces atomes matériels sont assez voisins pour se trouver dans la sphère de leur attraction rs jet c'est en quoi consiste la tenacité de toute matière solide ; les atomes de même nature sont ceux qui se réunissent de plus près; ainsi la-tenacité dépend en partie de l'homoité. Cette vérité peut se démontrer par l'expérience ; Car tout alliage diminue on détruit la tenacité des métaux ; celle de l'or est si-forte, qu'un ft de’ ce métal, d'un # de ligne de diamètre, Peut porter avant de se rompre, cinq cents livres de ids : aucune autre matière métallique ou
terreuse ne peut €n Supporter autant.
La divisibilité et la ductilité ne sont que des qualités secondaires > Qui dépendent en artie de la densité et en partie de la tenacité , ou de la liaison des parties constituantes; l'or qui, sous un même volume ; contient plus du double de matière que le
cuivre , sera par cela seul une fois plus divi:
sible, et comme les parties intégrautes de l'or sont plus voisines les unes des autres que dans toute autre substance , sa ductilité est aussi la plus grande, et surpasse celle des autres métaux (1) dans une proportion bien plus grande que celle de la densité ou de la tenaeité, parce que la ductiilsé qui est le
roduit de ces deux cauren, n'est pas en rapport simple à l’une ou à 1 autre de ces qualités, mais en raison composée des deux; la ductilié sera donc relative à la densité multipliée
ar la tenacité , et c'est ce qui dans l'or rend cette ductilité encore plus grande à proportion que dans tout autre métal.
Cependant la forte tenacité de l'or et sa ductilité encore plus grande > ne sont pas des propriétés aussi essentielles que sa densité ; elles en dérivent et ont leur plein effet, tant que rien n'intercepie la liaison des par-
nt me en he EG DÉS AE
(1) « La ductilité de l'or est telle qu'une once de » ce métal qui ne fait qu'un très-petit volume, peut » couvrir et dorer très-exactement ua fil d'argent » long de quatre cent quarante-quatre lieues. » (Dietionvaire de chimie, article Or.)... « Une gnce d'or, $ passée À la filière, peut s'étendre en un fil de » soixante-treize lieues de longueur. » (Mémoire de l'Académie de sciences, année 1713.)... Les batteurs d'or réduisent une once de ce métal en seize cents feuilles , chacune de trente-sept lignes de longueur et autant de largeur, ce qui fait à peu près cent six pieds quarrés d'étendue , pour les seize cents feuilles.
subsiste » €t qu'aucune force ou Watière étrangère ne change la position de ces mêmes parties; maïs ces-deux qualités qu'on croirait essentielles à l'or se perdent, dès que sa substance subit quelque déran gement dans son intérieur; Un grain d'arsénie ou d’étain , jeté sur un marc d'oren fonte, ou même leur vapeur , suffit pour altérer toute cette quantité d'or, et le rend aussi fragile qu'il était auparavant tenace et ductile * quelques chimistes ont prétendu qu'il perd de même sa ductilité par les matières inflammables, par exemple, lorsque étant en fusion; il est immédiatement exposé à la vapeur du charbon (2); mais je ne crois pas que cette opinion soit fondée.
L'or perd aussi sa ductilité par la percussion , il s'écrouit , devient cassant, sans addition ni mélange d'aucune matière ni vapeur, mais par le seul dérangement de ses parties intégrantes : ainsi ce métal qui de tous est le plus ductile , n’en perd Pas moins aisément sa ductilité , ce qui prouve que ce n'est point une propriété essentielle et con stante à la matière métallique, mais seulement une qualité relative aux différents états où elle se trouve ; puisqu'on peut lui ôter par l'écrouissement., et lui rendre par le recuit au feu, cette qualité ductile alternativement, et autant de fois qu'on le juge à propos. Au reste, M. Brisson, del Académie des sciences , à reconnu par des expériences très - bien faites, qu'en même temps que l’écrouissement diminue la ductilité des métaux , il augmente leur densité , qu'ils deviennent par conséquent d'une plus grande pesanteur spécifique , et que cet excédant de densité s’éva: nouit par le recuit (3).
La fixité au feu qu'on regarde encore Comme une des propriétés essentielles de l'or, n'esbpas aussi absolue, nimême aussi grande qu'on le croit vulgairement, d'après les exne, "RS CR RE ER ARRET TER ER & (2) « J'ignore , m'écrit à ce sujet M. Tillet, si l’om a fait des expériences bien décidées, pour prouver que l'or en fusion perd sa ductilité étant exposé à la vapeur du charbon : mais je sais certainement qu'on est dans l'usage, pour les travaux des monnaics, lorsque l'or est eu fusion dans les creusets, de les couvrir de charbon afin qu'il s'y conserve uve grande chaleur, etsouvent on brasse l'or dans le creuset, en employant un charbon long et à demi
embrasé , sans que le métal perde rien de sa ductilité, »
(3) Mémoires de l'Académie des sciences | année 1772, seconde partie.
RIRES On LD Si 0 ni 0
ER ter:
périences de Boyle et de Kunckel; ils ont,
disent-ils, tenu pendant-quelques semaines de l'or en fusion, sans aucune perte sur son poids; cependant je suis assuré par des expériences faites dès l’année 1747 (1), à mon miroir de réflexion , que l'or fume et se sublime en vapeurs , même avant de se fondre; onsait d’ailleurs qu'au moment que ce métal devient rouge , et qu'il est sur le point d’entrer en fusion , il s'élève à sa surface une petite flamme d’un vert léger ; et M. Macquer, notre savant professeur de chimie Re 2 les progrès de l'or en fonte au foyer d’un miroir réfringent , et a reconnu de même qu'il continuait de fumer et de s’exhaler en vapeur; il a démontré que cette vapeur était métallique, qu'elle saisissait et dorait l'argent ou les autres matières qu'on tenait au-dessus de cet or fumant (2). Il n’est donc pas douteux que l'or ne se sublime en vapeurs métalliques, non-seulement après, mais même avant sa fonte au foyer des miroirs ardents ; ainsi ce n'est pas la très-grande violence de ce feu du soleil qui produit cet effet, puisque la sublimation s'opère à un degré de chaleur assez médiocre, et avant que ce métal entre en fusion : dès lors si les expériences de Boyle et de Kunckel sont exactes , l'on sera forcé de convenir que l’effetde notre feu sur -l'or, n’est pas le même que celui de feu solaire , et que s’il ne perd rien au premier , il peut perdre beaucoup ; et peut-être tout au second ; mais je ne puis m'empêcher de douter de la réalité de cette différence d'effets du feu solaire et de nos feux, et je présume que ces expériences de Boyle et de Kunckel n'ont pas été suivies avec assez de précision , pour en conclure que l'or est absolument fixe au feu de nos fourneaux.
L'opacité est encore une de ces qualités qu'on donne à l'or par excellence au-dessus de toute autre matière ; elle dépend , dit-on, de la grande densité de ce métal, la S'euille d'or la plus mince ne laisse passer de La-lu- mière que par les gerçures accidentelles qui s'y trouvent (5) : si cela était, les matières les plus denses seraient toujours les plus opaques ; mais souvent on observe le contraire, et l'on connait des matières très-légères qui sont entièrement opaques, et des matières pesantes qui sont transparentes : d'ailleurs
tps parent tie (1) Voyez les Mémoires sur les Miroirs ardents. Théorie de la Terre , tom. 2, pag. 207.
(2) Dictionnaire de Chimie, article Or.
(3) Idem , idem, idem.
les feuilles de l'or battu laissent non-seulement passer de la lumière par leurs gerçures accidentelles, mais à travers leurs pores ; et Boyle a , ce me semble, observé le premier , que cette lumière qui traverse l'or est bleue ; or les rayons bleus sont les plus petits atomes de la lumière solaire; ceux des rayons rouges et jaunes sont les plus gros , et c'est peut-être par cette raison que les bleus peuvent passer à travers l'or réduit en feuilles, tandis que les autres qui sont plus gros ne sont point admis , ou sont tous réfléchis ; et cette lumière bleue étant uniformément apparente sur toute l'étendue de la feuille, on ne peut douter qu’elle n'ait passé par ses
pores et non par les gerçures. Ceci n'a rap-
port qu'à l'effet; mais pour la cause , si l'opacité, qui est le contraire de la transparence
ne dépendait que de la densité, l'or ART certainement le corps le plus opaque comme l'air est le plus transparent ; mais combien n'y a-t-il pas d'exemples du contraire ? Le een 9 roche si transparent n'est-il pas plus dense que la plupart des terres ou pierres opaques ? et si l'on attribue la transparence à l’'homogénéité , l'or dont les parties paraissent êtrs homogènes , ne devrait-il pas être très-transparent? il me semble donc que l'opacité ne dépend nide la densité de la + tière , ni de l'homogénéité de ses parties , et que la première cause dela transparence Det la disposition régulière des parties constituantes et des pores ; que quand ces mêmes parties se trouvent disposées en formes régulières , et posées de manière à laisser entre elles des vides situés dans la même direction
alors la matière doit être transparente; et qu’elle est au contraire nécessairement bar
* que dès que les pores ne sont pas situés dans
des directions correspondantes.
Et cette disposition qui fait la transparence , s'oppose à la tenacité ; aussi les co transparents sont en général plus friables que les corps opaques , et l'or, dont les parties sont fort homogènes et la tenacité trèsgrande, n'a pas ses parlies ainsi disposées ; on voit en le rompant qu’elles sont peur ainsi dire engrenées les unes dans les autres; elles présentent au microscope des petits angles prismatiques , saillants et rentrants : c'est donc de cette disposition de ses parties constituantes que l'or tient sa grande opacité , qui du reste ne paraît en effet si grande, que parce que sa densité permet d'étendre en une surface immense une très-pelite masse , et que la feuille d'or,
quelque mince qu'elle soit, est toujours plus dense que toute autre a rs Ag del dant cette disposition des V! # ol age dans les corps, n’est pas En 4: Le De puisse produire Ja transp rente : *e corps transparent n'est, dans ce de ANR crible par lequel peut passer a lumière ; mais lorsque les vides sont trés-petits , la lumière est quelquefois repoussée au icu d'être admise ; il faut qu'il y ait attraction did ti parties de la matière et les atomes de la lumière pour qu ils la pénètrent ; car l'on ne doit pas considérerici les pores comme des gerçures ou des trous , mails comme des interstices ; d autant plus petits et plus scrrés que la matière est plus dense; or si les rayons de lumière n'ont point d'aflinité avec le corps sur lequel ils tombent , ils scront réfléchis et ne le pénétreront pas; l'huile dont on humecte le papier pour le rendre transparent , ên remplit et bouche en même temps les pores ; elle ne produit donc la transparence que parce qu’elle e au papier plus d’aflinité qu'il n’en avait avec la lumière, et l’on pourrait démontrer par plusieurs autres exemples, l'effet decette attraction de transmission de la lumiere , ou des autres fluides dans les corps solides ; et peutêtre l’or , dont la feuille mince laisse passer les rayons bleus de la lumière à l'exclusion detous les autres rayons, a-t-il plus d'afinité avec ces rayons bleus qui dès-lors sont admis, tandis que les autres sont tous repoussés ?
Toutes les restrictions que nous venons de faire sur la fixité ; la ductilité et l'opacité de l'or, qu'on a regardées comme des proriétés trop absolues, n’empêchent pas qu'il n'ait, au plus haut degré, toutes les qualités qui caractérisent la noble substance du plus parfait métal ; Car il faut encore ajouter à sa prééminence en densité et en tenacité, celle d'une essence indestructible et d’une durée presque éternelle ; il est inaltérable, on du moins plus durable, plus impassible qu'aucune autre substance ; il oppose une résistance invincible à l'action des éléments humides , à celle du soufre et des acides les plus puissants, et des sels les plus corrosifs; néanmoins nous aVOns trouvé , par notre art, non-seulement les moyens de le dissoudre , mais encore ceux de le dépouiller de la plupart de ses qualités , et si la nature n'en a pas fait autant, c'est que la main de l'homme, conduite par l'esprit, a souvent plus fait qu'elle : et sans sortir de notre sujet, nous verrons que l'or dissous , l'or précipité, TuéonE DE LA TEnRE, Z'ome 111.
l'or fulminant ete, >» nese trouvant pas dans la nature, ce sont autant de combinaisons nouvelles toutes résultantes de notre EL.
ligence. Ce n'est pas qu'il soit physi à impossible qu'il y ait dans le sein de ste de l'ordissous , précipitéetminéralisé , pe que nous pouvons le dissoudre et le précipiter de sa dissolution, et puisque dans cet
“état de précipité il peut être saïsi par les
acides simples comme les autres métaux, et
*se montrer par conséquent sous une forme
minéralisée; mais comme cette dissolution suppose la réunion de deux acides , et que ce précipité ne peut s'opérer que par une troisième combinaison , ik n’est pas étonnant qu'on ne trouve que peu ou point d’or minéralisé dans le sein de la terre (1), tandis que tous les autres métaux se présentent presque toujours sous cette forme, qu'ils reçoivent d'autant plus aisément qu’ils sont plus susceptibles d'être attaqués par les sels de la terre et par les impressions deséléments humides.
On n'a jamais trouvé de précipités d'or À ni d'or fulminant dans le sein de la terre :
la raison en deviendra sensible si l'on considère en particulier chacune des combinaisons nécessaires pour produire ces précipités; d'abord on ne peut dissondre l'or que par deux puissances réunies et combinées , l’acide nitreux avec l'acide marin , ou le soufre avec l’alkali, et la réunion de ces deux substances actives, doit être très-rare dans la nature , puisque les acides et les alkalis , tels que nous les employons , sont eux-mêmes des produits de notre art, et que le soufre natif n’est aussi qu'un produit des volcans 6 ces raisons sont les mêmes , et encore plus fortes pour les précipités d'or ; car il faut une troisième combinaison pour le tirer de sa dissolution, au moyen du mélange de quelque autre matière avec laquelle le dissolvant ait plus d'aflinité qu'avec l'or ; et ensuite pour que ce précipité puisse acquérir la propriété fulminante , il faut encore choisir une matière entre toutes les autres qui peuvent également précipiter l'or de sa dissolution : cette matière est l'alkali volatil, sans lequel il ne peut devenir fulminant ; cet
(1) L'or est minéralisé, dit-on, dans la mine de Nagiach, on prétend aussi que le séropel ou sinople , provient de la décomposition de l'or faite par la nature , sous Ja forme d’une terre où chaux couleur de pourpre; mais je doute que ces faits soient bien conslatés .
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alkali volatil est le seul intermède qui dégage subitement l'air, et cause la fulmination ; car s'il n'est point entré d’alkali volatil dans la dissolution de l'or , et qu'on le précipite avec l’alkali fixe ou toute autre matière , il ne sera pas fulminant ; enfin il faut encore lui communiquer une assez forte chaleur pour qu'il exerce cette action fulminante ; or tou-
tes ces conditions réunies, ne peuvent se -
rencontrer dans le sein de la terre, et dès-
lors il est sûr qu'on n'y trouvera jamais de :
l'or fulminant. On sait que l'explosion de cet or fulminant est beaucoup plus violente que celle de la poudre à canon, et qu’elle pourrait produire des effets encore plus terribles , et même s'exercer d'une manière plus insidieuse . parce qu'il ne faut ni feu , ni même une étincelle, et que la chaleur seule , produite par un frottement assez léger , suflit pour causer une explosion subite et foudroyante.
On a, ce me semble , vainement tenté l'explication de ce phénomène prodigieux ; cependant en faisant attention à toutes les circonstances , et eu comparant leurs rapports , il me semble qu'on peut au moins en tirer des raisons satisfaisantes et très-plausibles sur la cause de cet effet : si dans l’eau régale, dont on se sert pour Ja dissolution de l'or , il n'est point entré d’alkali volatil , soit sous sa forme propre , soit sous celle du sel ammoniac , de quelque manière et avec quelque intermède qu’on précipte ce métal, ilne sera ni ne deviendra fulminant, à moins qu'on ne se serve de l'alkali volatil pour celte précipitation : lorsqu'au contraire la dissolution sera faite avec le sel ammoniac, qui toujours contient de l’alkali volatil , de quelque manière et avec quelque intermède que l'on fasse la précipitation , l'or deviendra toujours fulminant ; il est done assez clair que cette qualité fulminante ne lui vient que de l'action ou du mélange de l'alkali volatil , et l'on ne doit pas être incertain sur cé point , puisque ce précipité fulminant pèse un quart de plus que l'or dont il est le produit ; dès-lors ce quart en sus de matière étrangère , qui s'est alliée avec l'or dans ce précipité, n'est autre chose, du moins en grande partie , que de l'alkali volatil ; mais cet alkali contient , indépendamment de son sel , une grande quantité d'air inflammable , c'est-à-dire , d'air élastique mêlé de feu ; dès-lors il n’est pas suvprenant que ce feu ou cet air inflammable , contenu dans l'alkali volatil, qui se trouve pour un
quart incorporé avec l'or , ne s'euflamme en effet par la chaleur , et ne produise une explosion d'autant plus violente ; que les molécules de l'or dans lesquelles il est engagé , sont plus massives et plus résistantes à l’action de cet élément incoércible , et dont les effets sont d'autant plus violents que les résistances sont plus -grandes. C’est par cette même raison de l'air inflammable contenu dans l'or fulminant , que cetle qualité fulminante ést détruite par le soufre mêlé avec ce précipité ; car le soufre qui n'est que la matière du feu , fixée par l'acide, a la plus grande aflinité avec cette même matière du feu contenue dans l’alkali volatil ; il doit donc lui enlever ce feu , et dès-lors la cause de l'explosion est , ou diminuée ou même anéantie par ce mélange du soufre avec l'or fulminant.
Au reste , l'or fulmine avant d'être chauffé jusqu'au rouge , dans les vaisseaux clos comme en plein air; mais, quoique cette
chaleur nécessaire pour produire la fulmi-
mination ne soit pas très-grande, il est cerain qu'il p’y a nulle part, dans le sein de la terre , un tel degré de chaleur, à l'exception des lieux voisins des feux souterrains j ct que par conséquent il ne peut se trouver d'or fulminant , que dans les volcans dont il est possible qu'il ait quelquefois augmenté les terribles effets ; mais par son explosion même cet or fulminant se trouve tout à coup anéanti , ou du moins perdu et dispersé en atomes infiniment petits (1). Il n'est donc pas étonnant qu'on n'ait jamais trouvé d'or fulminant dans la nature, puisque d’une part le feu ou la chaleur le détruit en le faisant fulminer, et que d'autre part , il ne Pourrait exercer cette action fulminante dans
ee mn,
(1) Nota. M. Macquer , après avoir cité quelques exemples funestes des accidents arrivés par la fulinination de l'or à des chimistes peu atttentifs ou trop Courageux , dit qu'ayant fait fulminer dans une grande cloche de verre, une quantité de ce précipité, assez petite pour n'en avoir rien à craindre, on à trouvé, après la détonation , sur les parois de la cloche, l'or en nature que cette détonation n'avail point altéré. Comme cela pourrait induire en erreur, je crois devoir observer que cette matière qui avail frappé contre les du vaisseau et s'y étail attachée, n'était pas , comme il le dit , de l'or en nature, mais de l'or précipité, ce qui est fort différent , puisque celui-ci a perdu la principale propriété de sa nature , qui est d’être inaltérable , indissoluble par les acides simples , et que tous les acides peuvent au contraire altérer et méme dissoudre ce précipité.
l'intérieur de la terre ,au degré de sa température actuelle ; au reste, OR ne a 08 oublier qu'en générales précipités d'or lorsqu'ils sont réduits, sont à la are in de l'or ; mais que dans 2 tre + ed pité, et avant la réduction , ils ne sont pas, comme l'or mème ; inaltérables > indestructibles , ete. ; Jeur esseñce n est donc plus la même que celle de l'or de nature, tous les acides minéraux où végétaux (1) ,.et même les simples acerbes » tels que la noix de galle (2); agissent sur ces précipités et peuvent les dissoudre , tandis que l'or en métal n’en éprouve aucun altération ; les précipités de l'or ressemblent donc à cet égard aux métaux imparfaits > €t peuvent par conséquent être altérés de même et minéralisés :
mais nous venons de Prouver que les compinarsons nécessaires pour faire des précipités d'or , n'ont guère pu se trouver dans la nature , et c'est sans doute par cette raison qu'il n'existe réellement que peu ou point d'or minéralisé dans le sein de la terre, et s'il en existait, cet or minéralisé serait en effet très-différent de l'autre , on pourrait le dissoudre avec tous les acides , puisqu'ils dissolvent les précipités dont se serait formé cet or minéralisé.
11 ne faut qu'une petite quantité d'acide marin , mêlé à l'acide nitreux , pour dissou dre l'or ; mais la meilleure proportion est de quatre parties d'acide nitreux et une partie de sel ammoniac. Cette dissolution est d’une belle couleur jaune, et lorsque ces dissolvants sont pleinement saturés , elle devient claire et transpärente ; dans tout état elle teint en violet plus ou moins foncé toutes les RER, EN ET Rega (1) « Le vinaigre n'atlaque point l'or tant qu'il est en masse ; mais si après avoir dissous ce métal dans l'eau régale, on le précipite par l'alkali fixe, le » vinaigre dissout ce précipité; cette dissolution par » le vinaigre est de même précipilée par l'alkali fixe » et par l'alkali volatil, et le précipité formé par , cette dernière substance est fulminant. » (Éléments de Chimie, par M. de Morveau, tom. 3, pag. 18.)
(2) La dissolutiap d'or est précipilée avec le temps,
l'infusion de noix de galle, il se forme insensi blement des nuages de couleur pourpre , qui se répandent dans toute la liqueur ; l'or ne se dépose au fond du vase qu’en très-pelite quantité, il se ramasse presque entièrement à la surface de la Hqueur où il araît avec son éclat métallique. M. Monnet (Dissolution des Métaux, pag. 127), assure que l'or précipité par l'extrait acerbe , est soluble dans l'acide nitreux, et que cette dissolution est très-stable , de couleur bleuñtre , et qu'elle n'est pas précipitée par l'alkali fixe.
substances animales : si on la fait évaporer elle donne en se refroidissant , des tllutex d'un beau Jaune transparent ; et si l'on pousse plus loin l'évaporation au moyen de la chaleur , les cristaux disparaissent , et il ne reste qu'une poudre jaune et très-fine qui n'a pas le brillant métallique.
Quoiqu'on puisse précipiter Vor dissous dans l'eau régale avec tous les autres métaux, avec les alkalis, les terres calcaires, ete. c'est l’alkali volatil qui, de toutes les matières connues, est la plus propre à cet eflet, il réduit l'or plus promptement que les alkalis fixes ou les métaux ; ceux-ci changent la couleur du précipité ; par exemple, l’étain lui donne la belle couleur pourpre qu'on emploie sur nos porcelaines.
L'or pur a peu d'éclat , et sa couleur jaune cest assez mattc; le mélange de l'argent le blanchit, celui du cuivre le rougit ; le fer lui communique sa couleur ; une partie d’acier fondue avec cinq parties or pur, lui donne la couleur du fer poli; les bijoutiers se servent avec avantage de ces mélanges pour les ouvrages où ils ont besoin d’or de différentes couleurs. L'on connaît en chimie (3), des procédés par lesquels ont peut donner aux précipités de l'or les plus belles couleurs, Pourpre, rouge, verte; etc., ces couleurs sont fixes et peuvent s’employer dans les €maux ; le borax blanchit l'or plus que tout autre mélange , et le nitre lui rend la couleur jaune que le borax avait fait disparaitre. mm POSE PO QET NON CRIS ESNER
(3) « Les précipités que l'on obtient lorsqu'on décompose la dissolution de l'or dans l'eau régale, au moyen de l'argent , du cuivre , du fer et des régules de cobalt et de zinc, sont des molécules d’or revivifiées par la voie humide ; au lieu que si on emploie l'étain, le plomb , l'antimoine , le bismuth et l’arsénic , les résultats de ces opérations sont des chaux d'or, susceptibles dé se vitrifier au moyen des substances vitreuses qu'on y ajoute et qui en reçoivent une couleur pourpre.... Les précipités que l'on obtient par l'intermède du plomb sont d'un gris-noirâtre ; celui de Fétain est pourpre... Lorsqu'on fait fulminer de l'or sur de l’étain, du plomb, de l'antimoine , du bismuth et de l’arsénic, on obtient une chaux pourpre analogue au préeipité de Cassius ; au lieu que l'or en fulmipant sur l'argent , le cuivre , le fer , le cobalt et le zine, se » revivifie et s'incruste sur ces régules métalliques, » (Lettres du docteur Demeste, tom. 2, pag. 459 et 461.) — L'or est aussi culciné et réduit en chaux pourpre par une forte décharge électrique. ... Mais la même décharge revivifie l'or eu chaux, comme elle réduit la chaux de plomb. (Éléments de Chimie, par M. de