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Morveau, tom. 2, pag. 85.)
Quoique l'or soit le plus compacte et le 4 plus tenace des métaux, il n’est néanmoins | que peu élastique et peu sonore : il est.tresflexible et plus mou que l'argent , le cuivre et le fer, qui de tous est le plus dur ; il n'y à que le plomb et l'étain qui aient plus de W. mollesse que l'or, et qui soient moins élastiques ; mais quelque flexible qu il soit, on a beaucoup de peine à le rompre: Les voya-
rt geurs disent que l'or de Malaca ; qu’on croit 4 venir de Madagascar, et qui est presque pa | "blanc, se fond aussi promptement ” u À | plomb. On assure aussi qu'on trouve dans pe |
les sables de quelques rivières de ces con-
‘4e trées , des grains d’or que l'on peut couper au couteau, et que même cet or est si mou N u’il peut recevoir aisément l'empreinte d'un
cachet (4) ; il se fond à peu près comme du
plomb ; et l'on prétend que cet or est le plus
pur de tous : ce qu'il y a de certain , c'est
que plus ce métal est pur et moins il est dur 5
il n’a dans cet état de pureté, ni odeur ni
saveur sensible , même après avoir été for-
‘ tement frotté ou chauffé. Malgré sa mol-
lesse , il est cependant susceptible d'un assez
grand degré de dureté par l’écrouissement ,
c'est-à-dire, par la percussion souvent réi-
térée du marteau, où par la compression
successive et forcée de la filière ; il perd
même alors une grande partie de sa ducti-
lité et devient assez cassant. Tous les métaux
ÿ acquièrent de même un excès de dureté par l'écrouissement : mais on peut toujours dé-
tuire cet effet en les faisant recuire au feu,
et l'or qui est le plus doux , et le plus duc-
tile de tous, ne laisse pas de perdre cette
ductilité par une forte et longue percussion ;
il devient nbn-seulement plus dur, plus élas-
tique, plus sonore, mais même il se gerce
RE, Lee Re =
om
(1) Quelques chimistes ont assuré qu'on peut donner par l'art , celle mollesse à l'or que quelquefois il tient de la nature; Bécher, dans le second supplément à sa Physique souterraine , indique un procédé par lequel il prétend qu'on peut douner à l'or la mollesse du plomb, et ce procédé consiste à jeter un yrand nombre de fois le même or fondu dans une liqueur composée d'esprit de sel ammoniac el d'esprit-de-vin rectifié. Je doute de ce résultat du procédé de Bécher , et il serait bon de le vérifier en répétant l'expérience. . . : Brandt dit avoir obtenu un or blanc et fragile par une longue digestion avec le mercure ;
* il ajoute que dans cet élat ; il n'est plus possible de séparer entièrement le mercure de l'or, ni par ‘la cal. cination la plus forte avec le soufre, ni par la fonte répétée plusieurs fois au feu le plus violent. (Lettres : du docteur Demeste , tom. 2, pag. 458.)
sur ses bords lorsqu'on lui fait subir une extension forcée sous les rouleaux du laminoir : néanmoins il perd par le recuit ce fort écrouissement plus aisément qu'aucun autre métal ; il ne faut pour cela que le chauffer, pis même jusqu'au rouge, au lieu que le cuivre et le fer doivent être pénétrés de feu pour perdre leur écrouissement.
Après avoir exposé les principales propriétés de l'or, nous devons indiquer aussi les moyens dont on se sert pour le séparer des autres métaux, ou des matières hétérogènes avec lesquelles il se trouve souvent mêlé. Dans les travaux en grand , on ne se sert que du plomb qui, par la fusion, sépare de l'or toutes ces matières étrangères en les scorifiant : on emploie aussi le mercure qui, par amalgame , en fait pour ainsi dire l'extrait en s'y attachant de préférence. Dans les travaux chimiques, on fait plus souvent usage des acides. « Pour séparer l'or » de toute autre matière métallique, on le traite, dit mon savant ami, M. de Morveau, soit avec des sels qui attaquent les métaux imparfaits à l’aide d'un chaleur violente, et qui s’approprient même l’argent qui pourrait lui être allié, tels que le vitriol , le nitre et le sel marin ; soit par le soufre ou par l'antimoine qui en contient abondamment ; soit enfin par la coupellation , qui consiste à mêler l'or avec le double de son poids environ de plomb, qui , en se vitrifiant , entraine avec lui et scorifie tous les autres métaux imparfaits ; de sorte que le bouton de fin reste seul sur la coupelle, qui absorde dans ses pores la litharge de plomb et les autres matières » qu'elle a scorifiées (2). » La coupellation laisse donc l'or encore allié d'argent ; mais on peut les séparer par le moyen des acides qui n'attaquent que l'un ou l’autre de ces métaux : et comme l'or ne se laisse dissoudre Par aucun acide simple , ni par le soufre, et que tous peuvent dissoudre l'argent , on a , comme l'on voit, plusieurs moyens pour faire la séparation ou le départ de ces deux métaux : on emploie ordinairement l'acide nitreux , il faut qu'il soit pur, mais non pas trop fort ou concentré ; c'est de tous les acides celui qui dissout l'argent avec plus d'éuergie, et sans aide de chaleur, ou tout au plus avec une petite chaleur pour commencer la dissolution.
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(2) Éléments de Chimie, article de l'Or.
En générak, pour que toute eee s'opère, il faut non-seulement des Éatér eut grande affinité entre le dissolvantetla matière
| kdissoudre, mais encore que l'une de ces deux matières soit. fluide Pour. POUVOIr péDébRer PE ri plir tous les pores , et détruire FA M À d'aflinité celle de la cohérence des parties de la maliére solide. Le NPFENRR à ax sa fluidité et par sa très-grande affinité avec l'or, doit être regardé comme l'un de ses dissolvants ; Car il le pénètre et semble le diviser dans toutes ses parties ; cependant ce n'est qu'une union, une espèce d'alliage et non pas une dissolution > €t l'on a eu raison de donner à cet alliage le nom d'amalgame , arce que l’amalgame se détruit par la seule évaporaiion du mercure, et que d'ailieurs tous les vrais alliages ne peuvent se faire que par le feu, tandis que l'amalgame peut se faire à froid, et qu'il ne produit qu’une union particulière , qui est moins intime que celle des alliages. naturels ou faits par la fusion ; et en effet , cet amalgame ne prend jamais d’autre solidité que celle d'une pâte assez molle, toujours participante de la fluidité du mercure, avec quelque métal qu'on puisse l'unir ou le mêler. Cependant l’amalgame se fait encore mieux à chaud qu’à froid : le mercure, quoique du nombre des liquides n'a pas la propriété de mouiller les matières terreuses , ni même les chaux métalliques , il ne contracte d'union qu'avec les métaux qui sont sous leur iorme de métal :
une assez petite quantité de mercure suflit our les rendre friables, en sorte qu'on eut dans cet état, les réduire en poudre par une simple trituration, et avec une plus grande quantité de mercure on en fait une âte, mais qui n'a ni cohérence ni ductilité ; c'est de cette maniére très-simple qu'on peut amalgamer l'or, qui, de tous les métaux , a la plus grande aflinité avec le mercure , elle est si puissante qu’on la prendrait pour une espèce de magnétisme; l’or blanchit dès qu'il est touché par le mercure , pour peu même qu'il en reçoive les émanatios ; Mais dans les métaux qui ne s'unissent avec Jui que diflicilement ; il faut pour le succès de l'amalgame employer le secours du feu , en réduisant d'abord le métal en poudre trèsfine , et faisant ensuite chauffer le mercure à peu près au point où il commence à se vo- Jatiliser ; on fait en même temps et séparément, rougir la poudre du métal , et tout de suite on la triture avec le mercure chaud ; c'est de cette manière qu'on l'amalgame avec
le cuivre ; mais l'on ne connaît aucun moyen de lui faire contracter union avec le fer.
Le vrai dissolyant de l'or est , Comme nous l'avons dit, l'eau régale composée de deux acides , le nitreux et le marin ; et comme s'il fallait toujours deux puissances réunies pour dompter ce métal, on peut encore le dissoudre par le foie de soufre , qui est un composé de soufre et d’alkali fixe: cependant cette dernière dissolution a besoïn d’être aidée , et ne se fait que par le moyen du feu. On met l'or en poudre très-fine ou en feuilles brisées, dans un creuset avec du foie de soufre, on les fait fondre ensemble, et l'or disparaît dans le produit de cette fusion ; mais en faisant dissoudre dans l’eau ce rême produit , l'or y reste en parfaite dissolution , et il est aisé de le tirer par précipitation.
Les alliages de l'or avec l'argent et le cuivre , sont fort en usage pour les monnaies et pour les ouvrages d'orfèvrerie ; on peut de même l'allier avec tous les autres métaux ; mais tout alliage lui fait perdre plus oumoins de sa ductilité (1), et la plus petite quantité d’étain , ou même la seule vapeur de ce métal suflisent pour le rendre aigre et cassant : l'argent est celui de tous qui diminue le moins sa très-grande ductilité,
L'or naturel et natif est presque toujours allié d'argent en plus ou moins grande proportion , cet alliage lui donne de la fermeté et pâlit sa couleur; mais le mélange du cuivre l'exalte , la rend d'un jaune plus rouge, et donne à l'or un assez grand degré de dureté ; c'est par cette dernière raison, que quoique cet alliage du cuivre avec l'or en diminue la densité au-delà des proportions du mélange, ilest néanmoins fort enusage pour les monnaies qui ne doivent ni se plier, ni s'effacer , ni s'étendre , et qui auraient tous ces inconvénients si elles étaient fabriquées d'or pur,
Suivant M. Geller , l’alliage de l'or avec le plomb devient spécifiquement plus pesant , et il ya pénétration entre ces deux métaux ; tandis que le contraire arrive dans l'alliage de l'or et de l'étain dont la pesanteur spécifique est moindre ; l’'alliage de l'or avec le fer devient aussi spécifiquement plus léger , iln'‘y a don nulle pénétration entre ces deux
(1) L'or s’unit à la platine, et c'est la crainte de le wir falsifier par ce mélange, qui a décidé le gouvernement d'Espagne , à faire fermer les mines de plative. (Éléments de Chimie, par M, Morveau, tom.1, pag. 263.)
métaux , mais une simple union de leurs parties , qui augmente le volume de la masse A au lieu de le diminuer comme le fait la pénétration. Cependant ces deux métaux, dont les parties constituantes ne paraissent pas se réunir d'assez près dans la fusion, ne laissent pas d’avoir ensemble une grande aflinité ; car l’or se trouve souvent, dans la nature , mêlé avec le fer , et de plus il facilite au feu la fusion de ce métal. Nos habiles artistes devraient donc mettre à profit cette propriété de l'or et le préférer au cuivre, Pour souder les petits ouvrages d’acier qui demandent le plus grand soin et la plus grande solidité ; et ce qui semble prouver encore la grande aflinité de l'or avec le fer, c’est que quand ces deux métaux se trouvent alliés on ne peut les séparer en entier par le moyen du plomb , et il en est de même de l'argent allié aù fer ; on est obligé d’y ajouter du bismuth pour achever de les purifier (1).
L'alliage de l'or avec le zinc, produit un composé dont la masse est spécifiquement plus pesante que la somme des pesanteurs spécifiques de ces deux matières composantes ; il ya donc pénétration dans le mélange de ce métal avec ce demi-métal, puisque le volume en devient plus petit ; on a observé la même chose dans l’alliage de l'or et du bismuth : au reste on à fait un nombre prodigieux d'essais du mélange de l'or avec toutes les autres matières métalliques, que je ne Pourrais rapporter icisans tomber dans une trop grande prolixité.
Les chimistes ont recherché avec soin les aflinités de ce métal , tant avec les substances naturelles qu'avec celles qui ne sont que le produit de nos arts , et il s’est trouvé que ces affinités étaient dans l’ordre suivant :
{0 l'eau régale, 20 le foie de soufre, 3° le mercure , 40 l’éther , 5° l'argent, Go le fer , 7° le plomb. L'or a aussi beaucoup d’aflinité avec les substances huileuses , volatiles et atténuées , telles que les huiles essentielles des plantes aromatiques, l'esprit-de-vin, et surtout l’éther (2) : ilen a aussi avec des bitumes
(1) M. Poërner , cité dans le Dictionnaire de Chimie, article Affinage.
(2) L'éther a, de même que toutes les matières huileuses très-ténues et trés-volatiles , la propriété d'enlever l'or desa dissolution dans l'eau régale ; et comme l'éther est plns subtil qu'aucune de ces matières , il produit aussi beaucoup mieux cet effet; il suffit de verser de l'éther sur une dissolution d'or, de méler
liquides, tels que le napthe et le pétrole ; d'où l'on peut conclure qu'en général , c’est avec les matières qui contiennent le plus de principes inflammables et volatils que l'or a le plus d'aflinité, et dès-lors on n’est pas en droit de regarder comme une chimère ahsurde, l’idée que l'or rendu potable peut pro. duire quelque effet dans les corps organisés, qui , de tous les êtres , sont ceux dont la sub stance contient la plus grande quantité de matière inflammable et volatile , et que par conséquent, l'or extrêmement divisé puisse y produire de bons oude mauvais effets, suivant les circonstances et les différents états où se trouvent ces mêmes corps organisés. Il me semble donc qu’on peut se tromper en prononçant affirmativement sur la nullité des effets de l'or pris intérieurement, comme remède , dans certaines maladies, Parce que le médecin ni personne ne peut connaitre tous les rapports que ce métal très-atténué peut avoir avec le feu qui nous anime,
Il en est demême de cette fameuse recherche appelée le grand œuvre , qu’on doit rejeter en bonne morale, mais qu'en saine physique l’on ne peut pas traiter d’impossible; on fait bien de dégoûter ceux qui voudraient se livrer à ce travail pénible et ruineux , qui, même füt-il suivi du succès , ne serait utile en rien à la société ; mais pourquoi prononcer d'une manière décidée que la transmutation des métaux soit absolument impossible , puisque nousne pouvons douter que toutes les matières terrestres , et même les éléments , ne soient tous convertibles 3 qu'indépendamment de cette vue spéculative, nous connaissons plusieurs alliages dans lesquels la matière des métaux se pénètre et augmente de densité ! l'essence de l'or consiste dans la prééminence de cette qualité , les deux liqueurs en secouant la fiole ; aussitôt que le mélange est en repos , l'éther se débarrasse de l'eau régale et la surnage; alors l'eau régale dépouillée d'or devient blanche , tandis que l'éther se colore en jaune, de cette manière on fait très-promptement Une teinture d'or ou or potable, mais peu de temps après l'or se sépare de l'éther , reprend son brillant métallique et paraît cristallisé à la surface. (Éléments de Chimie, par M. de Morveau, tom. 3, pages 316 et 317.) — Les huiles essentielles, mélées et agitées avec une dissolution d'or par l'eau régale, enlèvent ce métal et s'en emparent; mais l'or nage seulement dans ce fluide, d'où il se précipite en grande partie ; il n'y est point dans un état de dissolution parfaite , et conserve toujours une certaine quantité d'acide régalin. (Idem , pag. 356.)
et toute matière qui , par le mélange, chti à # densité, ne seraitdrait le même degré de PR elle pas de l'or! Ces métaux menés , que l'alliage rend spécifiquement plus pesants par CPPRE NET e semblentleur pénétration Rte 48 Pie ils pas nous indiquer 4" PRET AR A tres combinaisons où celle pénétralion étant encore plus intime; la densité deviendrait e EE 27 ci-devant rien de plus Éares ue le mercure après l'or; mais on a récemment découvert la platine ÿ ce minéral ous présente l'une de ces Combinaisons où L densité se trouve prodigieusement augmentée ; et plus que moyenne entre celle du mercure et celle de l'or; Mais nous n'avons aucun exemple qui puisse nous mettre en droit de prononcer qu'il y ait dans Ja nature des substances plus denses que l'or, nides moyens d'en former par notre art ; notre plus grand chef-d'œuvre serait en effet d'augmenter la densité de lamatière , au point de lui donner la pesanteur de ce métal ; peut-être ce chef. d'œuvre n'est-il pas impossible , et peut-être même y est-on parvenu; car dans le grand nombre des faits exagérés ou faux qui nous ont été transmis au sujet du grand œuvre , il y en a quelques-uns (1) dont il me parait assez diflicile de douter ; mais cela ne nous empêche pas de mépriser ; et même de con- Jamneér tous ceux qui, par Cupidité, se li- € t à cette recherche, souvent même sans LS #, les connaissances nécessaires pour se SRE dans leurs travaux : car il faut, me. qu'on ne peut rien tirer ‘des livres pers a ; ni la Z'able hermétique, ni la mes des philosophes , ni Philalète et queles autres que J'ai pris la peine de lire (2), + ême d'étudier, ne m'ont présenté que des we ses és, des procédés inintelligibles où je CHE rien aperçu , et dont je n'ai pu rien conclure, sinon que tous ces chercheurs de pierre hilosophale , ont regardé le mercure comme la base commune des métaux , et surtout de l'or et de l'argent. Bécher, avec sa Terre
(1) Voyez entre autres le fait de transmutation du fer en or , cité rar Model dans ses Récréalions chimies, traduites en français par M. Parmentier.
st 9) Nota. Je puis méme dire que J'ai vu un bon AE de ces messieurs adeptes, dont quelques-uns 4 venus de fort loin pour me consulter, disaient- 15 et me AT ours de leurs travaux ; mais tous ont bientôt été dégoütés de ma conversalion par mon peu
d'enthousiasme,
encore plus solide, plus
mercurielle, ne s’éloi cette opinion; il prétend mé le moyen de fixer cette base commune des métaux; mais s'il est vrai que le mercure ne se fixe en effet que par un froid extrême
iln'y a guère d'apparenceque le fou des fous”
neaux de tous ces chimistes, ait produit le
même effet ; cependant on aurait tort de nier absolument la possibilité de ce Changement d'état dans le mercure , puisque malgré Ja fluidité qui lui paraît être essentielle > Îlest dans le cinabre sous une forme solide , et que nous ne savons pas si sa substance ousa Yapeur, mêlée avec quelque autre matière que le soufre, ne prendrait pas une forme concrète et plus dense. Le projet de
la transmutation des métaux et celui de la fixation du mercure , doivent donc être re
jetés , non , comme des idées chimériques ni des absurdités , mais comme des entreprises téméraires ; dont le succès est plus que douteux; nous sommes encore si loin de connaître tous les effets des puissances de la nature, que nous ne devons pas les juger exclusivement par celles qui nous sont connues, d'autant que toutes les combinaisons possibles ne sont pas à beau- Coup près épuissées , et qu'il nous reste sans doute plus de choses à découvrir que nous n'en connaissons.
En attendant que nous puissions pénétrer plus profondément dans, le sein de cette nature inépuisable, bornons-nous. à la contempler et à la décrire par les faces qu'elle nous présente ; chaque sujet, même le plus simple , ne laisse pas d'offrir un si grand nombre de rapports > que l'ensemble en est encore très-diflicile à saisir : cé que nous avons dit jusqu'ici sur l'or n’est pas à beau- Coup près tout ce qu'on pourrait en dire; ne négligeons, s’il est possible, aucune observation, aucun fait remarquable sur ses mines, sur la manière de les travailler, et sur les lieux où on les trouve. L'or dans ses mines primilives , est ordinairement en filets à cn rameaux , en feuilles , et quelquefois cristallisé en très petits grains de forme octaèdre; cette cristallisation , ainsi que toutes ces ramifications , n’ont pas été produites par l'intermède de l'eau , mais par l’action du feu primitif qui tenait encore ce métal en fusion; il a pris toutes ces formes dans les fentes du quartz, quelque témps après sa consolidation : souvent ce quartz est blanc, et quelquefois il est teint d'un jaune couleur de
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corne, ce qui a fait dire à quelques minéralogistes (L),qu'on trouvait l'or dans la pierre decorne comme dans le quartz; mais la vraie pierre de corne étant d'une formation postérieure à celle du quartz, l'or qui pourrait s’'ytrouver ne serait lui-même que deseconde formation; l'or primordial, fondu ou sublimé par le feu primitif , s'est logé dans les fentes que le quartz , déjà décrépité par les agents extérieurs, lui offrait de toutes parts, et comunément il s'y trouve allié d'argent (2), parce qu'il ne faut qu'a peu près le même degré de chaleur pour fondre et sublimer ces deux métaux; ainsi l'or et l'argent ont occupé en même temps les fentes perpendiculaires de la roche quartzeuse , et ils y ont en commun formé les mines primordiales de ces métaux ; toutes les mines secondaires en ont successivement tiré leur origine quand les eaux sont venues dans la suite attaquer
ces mines primitives ;, et en détacher les
grains et les parcelles qu'elles ont entrainés et déposés dans le lit des rivières et dans les terres adjacentes; et ces débris métalliques, rapprochés et rassemblés , ont quelquefois formé des agrégats, qu'on reconnait être des ouvrages de l'eau, soit par leur structure, soit par leur et les sables.
I n'y a donc point de mines dont l'or soit absolument pur, il est toujours allié d'argent ; mais cet alliage varie en différentes proportions , suivant les différentes minés (3); et dans la plupart, il y a beaucoup plus d’argent que d'or; car comme la quan- (1) « L'or vierge se trouve non-seulement dans du » quartz où de la pierre de corue , mais encore dans » des pierres de veines tendres, comme, par exemple, » dans une terre ferrugineuse coagulée , et dans une » terre de silex ou de limon blanche et tendre ; il y en » a beaucoup d'exemples dans la Hongrie et dans la » Transylvauie; On a même reconuu que l'or vierge » se montre dans ces veines sous toutes sortes de fi- » gures, quelquefois sous la forme de fil alongé; on » en trouve aussi qui traverse de grandes pierres. » { Instructions ‘sur l'art des mines, par M. Delins, tom. 1, pag- 101.)
2) En Hongrie, on rencontre assez souvent des
mives d'argent, qui contiennent une portion d'or si
considérable, que par rapport à l'argent qu'on en lire elle monte jusqu'à un quart. (M. de Justi, cité dans le Journal étranger , mois de septembre, année 1756, ag. 45.) (3) Pline parle d’un or des Gaules qui ne contenait w'un trente-sixième d'argent : en admettant le fait, cet or serait le plus pur qu'on eût jamais trouvé ;
position dans les terres
tité de l'argent s'est trouvée surpasser de beaucoup celle de l'or, les alliages naturels, résultants de leur mélange, sont presque tous composés d'une bien plus grande quantité d'argent que d'or.
Ce métal mixte de première formation , est, comme nous l'avons dit , engagé dans un roc quartzeux auquel il est étroitement uni ; pour l'en tirer, il faut donc commencer par broyer la pierre ; en laver la poudre pour en séparer les parties moins pesantes que celles du métal , et achever cette séparation par le moyen du mercure, qui, s'amalgamant avec les particules métalliques, laisse à part le restant de la matière pierreuse ; on enlève ensuite le mercure en donnant à cette masse amalgamée un degré de chaleur suffisant pour le volatiliser, après quoi il ne reste plus que la portion métallique , composée d’or et d'argent (4) : on sépare enfin ces deux métaux , autant qu'il est possible, par les opérations du départ, qui cependant, ne “00
«omni auro inest argentum, vario pondere; alibi den4 alibi nonâ, alibi octavâ parte : in uno tantüm Ga. liæ metallo, quod vocant albicratense, tricesima sexta portio invenitur , et ideo cæteris (4) L'or se trouve rarement seul dans w à une mine ;
est presque toujours caché dans l'argent rar ape 24 pagne ; et pour le tirer de sa mine, il faut la traiter
. d'abord comme une mine d'argent... Ce précieux
métal est souvent si divisé dans les mine > peut-on s'assurer par les essais ue R tiennent de l'or... et souvent il faut Éutie el mine ait été fondue en grand, pour essayer Pr d = part l'argent qui en provient. Les mines de Se Arr) berg près de Goslar dans le Hartz , peuvent servir ici d'exemple; elles tiennent de l'or, mais en si de quantité que le grain ne peut se trouver par l'es i, puisque le marc d'argent de ces mines ne donn ae trois quarts de grain d'or , et il faut fondre ordi rl ment trente-cinq quintaux de ces mines, Se a un marc d'argent ; ainsi pour trouvet dans l'asait SU lement un quart de grain d’or, il faudrait essaver di quintaux deux tiers de mine. Les essais de = sort r de mines se font aisément dans des lieux où il - dci fonderies établies ; mais quand on n’a pas la nu c dité de fondre ces mines en grand, il faut CET quelque moyen de connaître leur produit par l'essai Siles mines qui contiennent de l'or , sont char ds de pyrites ou de quelque fluor exirémement de à piler, il faut les griller, et ensuite iler et les laver. On ne prend que huit quintaux de plomb pour un quintal de mine aisée à fondre ; au lieu qu'il en faut seize quand elles sont rebelles à la fonte ; on les seorifie, puis on coupelle le plomb comme à l'ordinaire. Les scories de ces essais doivent avoir la flui-
laissent jamais l'or parfaitement pur (1), comme s'il était impossible à notre art de séparer en entier ce que la nature a
réuni; car, de quelque manière que l'on
procède à cette séparation de l'or et de l’argent, qui, dans la nature, ne font le plus souvent qu'une masse commune , ils restent toujours mêlés Es petite portion du métal qu'on tâche d'en séparer (2), de sorte
e ni l'or ni Vargent ne sont jamais dans un état de pureté absolue. k
RE mé dité de l'eau; pour peu qu'elles filent on n'a pas leur véritable produit en argent eten or.
Lorsqu'on a coupelé le plomb, enrichi de cette scorification , on pèse le grain d'argent qu'il à laissé sur la coupelle , et qui est composé d'or et d'argent que l'on départ par ler moyen de l'eau-forte ; mais
avant de soumettre le bouton au départ , on le réduit en lamines que l'on fait rougir au feu pour les recuire, afin que l'eau-forte les attaque plus aisément.
Dans ces sortes de départs , où il s'agit d'avoir la pe-
tile portion d'or que contient chaque bouton de eoupelle, on emploie l’eau-forte pure... Aussitôt que la première eau-forte a cessé de dissoudre, on la verse et on en remet de l'autre, qui achève de dissoudre l'argent qui pourrait encore se trouver avec l'or...
S'il y a beaucoup d'or dans l'argent , c'est-à-dire la moitié, l'eau-forte même en ébullition, ne l’attaque pas; elle ne dissout que les parties de l'argent qui se trouvent à la surface des lamines, qu'il faut alors refondre avee deux fois leur poids d'argent pur , ou d'argent de départ purifié de tout cuivre... On aplatit le nouveau bouton en lamine que l'on fait recuire $
our être ensuite soumise à l'opération du départ, qui alors se fait bien... Lorsqu'on a rassemblé tont l'or provenant du départ, on le fait rougir au feu dans un creuset, pour achever de le débarrasser entièrement de l'acide du dissolvant, et pour lui faire prendre la couleur d'un vrai or... Ensuite on le laisse refroidir pour le peser ; et connaître le produit de la mine qu'on a essayée, ( Traité de la Fonte des mines de Schlutter, traduit par M. Hellot, tom, 1 $ pages 177 et suiv. ) |
(1) Nota. Je crois cependant qu'il n’est pas impossible de séparer absolument l'or et l'argent l’un de l'autre, en multipliant les opérations et les moyens , et qu'au moins on arriverait à une approximation si grande , qu'on pourrait regarder comme nulle la portion presque infiniment petite de celui qui resterait contenu dans l'autre,
(2) M. Cramer , dans sa Docimasie, assure que si le départ se fait par l'eau-forte , il reste toujours une petite portion d'argent unie à l'or, ete même que
on fait le départ par l'eau régale , il reste tou portion d’or unie à l'argent , et il bportion depuis un deux-centième nt=cinquantième. (Dictionnaire de chi- Départ.) Nota. M. Tillet observe qu’il est très-vrai Qu'on n'obtient pas de l'or parfaitement pur par la voie du départ, mais que cependant il est
THÉORIE DE LA TERRE, Z'ome LIT.
Cette opération du départ ouséparation de l'or et de l'argent. nome +" 0 que # la masse d'alliage ait été purifiée Apart le | plomb ; et qu'elle ne contienne aucune autre matière métallique; sinon de l'or et de l'argent ; on peut y procéderide trois manières différentes, en se servant des substances qui, soit à chaud , soit à froïd, m’attaquent pas l'or, et peuvent néanmoins dissoudre l'argent : lo l'acide nitreux n'attaque pas l'or et dissout l'argent; l'or reste done seul après la dissolution de l'argent; 20 l'acide marin à (3), comme l'acide nitreux, la y de dissoudre l'argent sans attaquer l'or, € par conséquent la puissance de les sépar mais le départ par l'acide nitreux, plus complet et bien plus facile ; il se fait par la voie humide et à l'aide d'une trèspetite chaleur; au lieu que le départ par
l'acide marin; qu'on appelle départ concentré, ne peut se faire que par une suit de procédés assez difficiles ; 30 le soufre KL aussi la
tme propriété de dissoudre Lar- | gent sans toucher à l'or, mais ce n'est qu'à : l’aide de la fusion , c’est-à-dire d'une Chaleur
violente ; et comme le soufre est très-inflam-
mable , et qu'il se brûle et se volatilise en di grande partie, en se mêlant au métal fondu : |
on préfère l'antimoine pour faire cette espèce de départ sec, parce que le soufre étant uni dans l'antimoine aux parties régulines de ce demi-métal, il résiste plus à l'action du feu , et pénètre le métal en fusion dans lequel it scorifie l'argent et laisse l'or au-dessous. De ces trois agents l'acide nitreux est celui qu'on
doit préférer (4); la manipulation des deux L
er 7
possible de parvenir à ce but par la dissolution de l'or fin dans l'eau régale, ou par des cémentations réitérées.
! (3) « On peut purifier, l'or c'est-à-dire en séparer Le » l'argent qu'il contient par l'acide marin, au moyen » d'une cémentation ; il faut d'abord qu'il soît :ré- » duit en lames minces; on stratifie ces lames avec un » cément fait de quatre parties de briqnes pilées et » tamisées , d’une partie de colcotar et d'une partie » de sel marin, le tout réduit en pâte ferme avec un - L » peu d’eau : pendant cette opération , où il est très- » important que la chaleur ne soît pas forte » pour fondre l'or , l'acide du colcotar l'argile » dégage celui du sel marin ; et ce detnier , à SE » de sa concentration et de l'état de vapeur où il se » trouve , attaque l'argent , et à la faveur de la dila= » tation que le feu occasionne , va chercher ce métal » jusque dans des alliages où l'or serait en assez » grande quantité pour le défeudre de l'acti » l'eau-forte, » (Éléments de Chimie, par M.
veau , tom. 2 ; pag. 218.)
(4) MM. Brandt, Schæfler, Bergmann et d'
autres étant plus dificile et la purification (- ” “plus imcomplète que par le premier.
: On doit observer que pour faire par l’acide l nitreux le départ avec succès , il ne faut pas | F- que la quantité d'or , contenue dans l'argent, 1 soit de plus de deux cinquièmes; car alors | cet acide ne pourrait dissoudre les parties d'argent , qui dans ce cas céraiant attendues “et trop couvertes par celles de l'or pour ètre attaquées et saisies; s’il se trouve done plus de deux cinquièmes d'or dans la masse dont on veut faire le départ , on est obligé de la ai fond ,et d'y ajouter autant d'argent en faut pour qu'il n'y aiten eflet que cinqui d'or dans cette nouvelle e; ainsi l'on s’assurera d’abord de cette ion , et il me semble que cela serait facile par la balance hydrostatique, et que ce moyen serait bien plus sûr que la pierre de touche et les aiguilles alliées d'or et d'argent à différentes doses, dont se servent les É | ru pour reconnaitre ne: quantité dans la masse de ces métaux alliés : on a donc eu raison de proscrire cette pratique dans les monnaies de France (1); car ce n’est au vrai qu'un tâtonnement dont il ne peut résulter qu'une estimation incertaine ; tandis
” ayant avancé que l'acide nitreux, quoique très-pur,
effet paraissant devoir influer sur Ja sûreté de l'importante opération du départ, les chimistes dé notre Académie des sciences out été chargés de faire des ices À ce sujet ; et ces expériences ont prouvé nd que l'acide nitreux n'altaque point ou très-peu l'or ; uisque après en avoir séparé l'argent qui y état allié, et dont on connaîssait la proportion ; on a toujours retrouvé juste la même quantité d'or. « Cependant » ils ajoutent ; dans le rapport de leurs épreuves , » qu'il ne faut pas conclure que, dans aucun cas , » l'acide nitréux ne puisse faire éprouver à l'or quel- » que très-faible déchet. L'acide nitreux le plus pur » se charge de quelques particules d'or; mais nous ‘x pouvons assurer que les circonstances nécessaires » à la proportion de cet effet, sont absolument étran- » gères au départ d'essai ; que dans ce dernier , lors… » qu'on le pratique suivant les règles et l'usage reçu, » il ue peut jamais y avoir le moindre déchet sur » l'or.» pport sur l'opération du départ, dans le
Journal de Physique , février 1781 , pag. 142.) M. Tillet m'écrit à ce sujet, qu'on ne fait point u des touchaux pour le travail des monnaies de France ; le titre des espèces n'y est constaté que par l'opération de l'essai ou du départ ; les orfèvres emploient il est vrai , le touchau dans leur maison commais ce n'est que pour les menus ouvrages en olume, qu'ils offrent à peine la matière de règle , et qui sont incapables de supporter
con de marque,
pouvait dissoudre une certaine quantité d'or , et cet.
que par la différente pesanteur spécifique de ces deux métaux , on aurait un résultat précis de la proportion de la quantité de chacun dans la masse alliée dont on veut faire le départ. Quoi qu'il en soit, lorsqu'on s'est à peu près assuré de cette proportion, et que l'or n'y est que pour un quart où audessous , on doit employ de l’eau-forte ou acide nitreux bien pur , c'est-à-dire, exempt de tont autre acide , et surtout du vitriolique et du marin ; on verse cette eau-forte sur le métal réduit en grenailles ou en lames trèsminces ; il en faut un tiers de plus qu'il n'y a d'argent dans l’alliage ; on aide la dissolution par un peu de chaleur, et on la rend complète en renouvelant deux ou trois fois l'eau-forte, qu’on fait même bouillir avant de la séparer de l'or qui reste seul au fond du vaisseau, et qui n'a besoin que d'être bien lavé dans l’eau chaude , pour achever de se nettoyer des petites parties de la dissolution d'argent attachées à sa surface : et
lorsqu'on à obtenu l'or, on retire ensuite |
l'argent de la dissolution, soit en le faisant précipiter , soit en distilant l’eau-forte pour la faire-servir une seconde fois.
Toute masse dont on veut faire le départ par celte voie, ne doit donc contenir que deux cinquièmes d’or au plus sur trois cinquièmes d'argent ; et dans cet état , la couleur de ces deux métaux alliés est presque aussi blanche que l'argent pur, etloin qu'une plus grande quantité de ce dernier métal nuisit à l'effet du départ, il est au contraire d'autant plus aisé à faire , que la proportion de l'argent à l'or est plus grande : ce n'est que quand il y a environ moitié d'or dans l'alliage, qu'on s'en aperçoit àsa couleur qui commence à prendre un œil de jaune faible.
Pour reconnaitre au juste l’aloi ou le titre de l'or, il faut donc faire deux opérations d'abord le purger au moyen du plomb de tout mélange étranger , à l'exception de l’argent qui lui reste uni, parce que le plomb ne les attaque ni l'un ni l'autre; et ensuite ; il faut faire le départ par le moyen de l'eau forte. Ces opérations de l'essai et du départ quoique bien connues des chimistes, des monnayeurs et des orfèvres , ne laïssent pas d'avoir leurs diflicultés par la grande Le à sion qu'elles exigent, tant pourléeMrégime du feu que pour le travail tant que par le travail le mieux « ne peut arriver à la séparation ces métaux ; Car il restera toujours une petite portion d'argent dans l'or le plus raffiné,
fes
comme une portion de plomb dans l'argent le plus épuré (1).
Nous ne pouvons nous dispenser de parler des différents emplois del or dans les arts, et de l'usage, ou plutôt de l'abus qu'on en fait par un vain luxe, pour faire briller nos vêtements, nos me et nos appartements,
(1) Pour faire de TR , On choisit deux cou-
pelles égales de grendeur et de poids; l'usage est de prendre des coupelles qui pèsent autant que le plomb qu'o n emploie dans l'essai, parce qu'on a observé que ce sont celles qui peuvent boire toute la litharge qui s6 forme pendant l'opération : on les place l’une à côté de l'autre, sous la moufle dans un fourneau d'essai; on allume lé fourneau » On fait rougir les coupelles, ét on les tient rouges Pendant une bonne demi-heure avant d'y rien mettre.
Quand les cuupelles sont rouges à blane, où met dans chacune d'elles la quantité de plomb qu'on a déterminée ; et qui doit être plus où moins grande , a plus ou moins d'alliage; où augmente le feu en ouvrant les portes du cendrier jusqu’à ce que le plomb soit rouge, fumantet agité d'un mouvement de eireulation, etque sa surface soit nette et bien découverte.
On met alors dans chaque coupelle , l'argent réduit en petites lames, afin qu'il se fonde plus promptement en soutenant toujours , et même en augmentant le feu jusqu'à ce que l'argent soit bien fondu et mélé avec le plomb... L'on voit autour du métal un
petit cerele de litharge qui s'imbibe continuellement dans Ja coupelle , et à la fin de l'essai le bouton de fin n'étant plus couvert d'aucune litharge , parait brillant et reste seul sur la coupelle; et si l'opération a été bien conduite, les deux essais doivent donner Jebouton de fin dans le même temps à peu près : au moment qué ce bouton se fixe, on voit sur sa surface des couleurs d’iris, qui font des ondulations et se Re beaucoup de rapidité... I faut avoir grande attention à l'administration du feu pour que la chaleur ne soit ni trop violente ni trop faible; dans le premier cas ; le plomb se scorifie top vite et n'a pas le temps d'emporter toutes les impuretés de l'argent ; dans le second cas , et ce qui est PT 50 il neutre pas assez dans la coupelle,.,. mais la chaleur doit toujours aller en augmentant jusqu'à la fin de opération... Quand elle est achevée , on laisse encore les coupelles au même degré de chaleur , pendant quelques moments ; pour donner le temps aux dernières “portious de litharge de s'imhiber ; après quoi on les laisse refroidir doucement , surtout si le bouton de fia est gros, pour lui donner le temps de se consolider jusqu'au centre, sans qu'il crève d'aucun côté, ce qui arriverait s'ilse refroïdissait trop
nfin il faut le détacher de la coupelle avant
i leur poids est le méme, l'essai aura été bien et l'on connaîtra au juste le titre de la masse de l'argent dans laquelle on a pris les morceanx
. quelle cons
/ en donnant la couleur de l'oràtout.ce qui n’en est pas, et l'air de l'opulence aux matières les plus pauvres , et cette oste tion se montre sous mille formes différent es... Ce qu'on appelle or de couleur n'en a que l’apparence ; ce n'est qu'un simple vernis qui
contient point d’or, et avec lequel
pour les essayer, le titre sera indiqué par Ja quantité que l'argent aura perdue par la coupelle. (Dictionnaire de Chimie, article Essais. } Fe
Nota. J'observerai ici, avec Mi" Tillet , qu'on ‘à tort de négliger da petite quantité d'argent que Ja litharge entraîne toujours dans la coupelle ; car ce quanité négligée donne lieu à des rapports con ment faux de la quantité juste ae t que con nent intrinsèquement les lingots dont les essay établissent le titre; ce point assez délicat de Do masie a été traité dans plusieurs Mémoires insérés daus ceux de l'Académie des sciences, et notamment dans un Mémoire de M. Tillet , qui se trouve dans le volume de l'année 1769 : on y voit clairement de
ace fl pourrait être qu'on Svligei pas la pet antité Fe fin que la LT ER
Comme il n'y a presque point de plomb qui ne contienne de l'argent, et que cet argenta dû se | daus le bouton de fin, il faut avant de faire l'essat 4 la coupelle par le plomb, s'assurer de la quantité d'argent que ce plomb contient; et pour cela on passe à la coupelle, une certaine quantité de plomb tout seul, et l'on voit ce qu'il fournit d'argent... Le plomb de Willach en Carinthie , qui ne contient point d'argent, recherché pour faire les essais...
Lordu on veut faire l’essai d'un lingot d'or, on en coupe vingt-quatre grains qu'on pèse exactement à la petite balance d'essai : on pèse d'un autre côté soixaute-douze grains d'argent fin; on passe ces deux mélaux ensemble à la coupelle, en employant à peu près dix fois plus de plomb qu’il n’y a d'or; on conduit cette coupellation comme celle pour l'essai de l'argent ; si ce n'est qu'on chauffe un peu plus vive ment sur la fin, lorsque l'essai est prêt à faire son éclair, l'or se trôuve après cela débarrassé de tout autre alliage que de l'argent... $
Ensuite on aplatit le bouton de fin sur le tas d'acier, y
et le faisant recuire À mesure qu'il s'écrouit, de peur qu'il ne fende, on le réduit par ce moyen en une pétite lame qu'on roule ensuite en forme de cornet, puis on en fait le départ par l’eau-forte.
La diminution qui se trouve sur le poids de l'or après le départ , fait connaitre la quantité d'alliage que cet or contient...
On peut aussi purifier l'or par l'anti 4 porte en même temps les métaux imp gent dont il est mêlé; mais cette purification n'est pas assez parfaite pour pouvoir servir à la juste détermination du titre de For, et il vaut mieux employer la coupellation par le plomb, pour séparer d'abord l'or de tous les métaux imparfaits, et te le départ pour le séparer de l'argent. (Diction Chimie , article Essais.)
l'an .
me SET ue
néanmoins donner à l'argent et au cuivre, la couleur jaune et brillante de ce précieux métal ; les garnitures en cuivre de nos meubles, les bras, les feux de cheminée, ete., sont peints de ce vernis couleur d’or, ainsi que les cuirs qu’on appelle dorés , et qui ne sont é t qu'étamés et peints ensuite avec - s doré. A la vérité, cette fausse dorure diffère beaucoup de la vraie, €t il est très-aisé de les distinguer ; mais On fait avec cuivre , > en feuilles minces ; une
r autre espèce de” :
ors là peint avec ce même vernis couleur d'or. La vraie dorure est celles où 1 on ie de Ver : il faut pour cela qu'il soit en très-minces ou en poudre e, et pour dorer tout métal il suflit bien nettoyer la surface, de le faire chauffer, et d'y appliquer exactement ces feuilles ou cette poudre d’or, par la pression le frottement doux d’unepierre hématite, di le brillante et le fait NX “ur ple que soit cette manière de +R :
en a une autre peut-être encore plus facile ;
‘ c’est d'étendre sur le métal qu’on veutdorer, un amalgame d'or et de mercure, de le chauffer ensuite assez pour faire exhaler en vapeurs le mercure qui laisse l'or sur le métal, qu'il ne s’agit plus que de frotter avec le brunissoir pour le rendre brillant : il y a encore d’autres manières de dorer ; mais c'est peut-être déjà trop en Histoire Nat relle, que de donner les principales prati-
ques de nos arts.
Mais nous laisserions imparfaite cette histoire de Vor, si nous ne rapportions pas ici tous les renseignements que nous ayons recueillis sûr les différents lieux où se trouve ce métal; il est, comme nous Lavons dit, universellement répandu , mais en atomes infini. ment petits , et il n'y a que quelques endroits
articuliers où il se présente en particules senibles et en masses assez palpables pour être recueillies. En parcourant dans cette vue les quatres parties du monde, on verra qu'il n'y a qué peu de mines d’or proprement dites », dans les régions du Nord, quoiqu'il y ait plusie ines d'argent, qui presque tou- D allié d’une petite quantité d’or. Il
8 ve aussi très-peu de vraies mines d’or dans les climats tempérés ; il y en a seulement quelques-unes où l'on a rencontré de petits morceaux de ce métal massif; mais presque toutes, l'or n'est qu'en petite dans l'argent avec lequel il est toulé. Les mines d’or les plus riches
orure qui peut en imposer,
sont dans les pays les plus chauds , et particulièrement dans ceux où les hommes ne se sont pas anciennement établis en société policée , comme en Afrique et en Amérique ; car il esttrès-probable que l'or est le premier métal dont on se soit servi; plus remarquable par son poids qu'aucun autre , et plus fusible que le cuivre et le fer , il aura bientôt été reconnu , fondu travaillé ; on peut citer Pour preuve les Péruviens et les Mexicains , dont les vases et les instruments étaient d'or, et qui n'en avaient que peu de cuivre et point du tout de fer, quoique ces métaux soient abondants dans leur pays ; leurs arts n'étaient pour ainsi dire qu'ébauchés , parce qu'eux-mêmes étaient des hommes nouveaux, et qui n'étaient qu'à demi policés depuis cinq ou six siècles. Ainsi dans les premiers temps de la civilisation de l'espèce humaine, l'or qui, de tous les métaux s’est présenté le premier à la surface de la terre ou à de petites profondeurs, a été recueilli, employé et travaillé, en sorte que dans les pays peuplés et civilisés plus anciennement que les autres, c’est-à-dire , dans les régions septentrionales et tempérées , il n’est resté pour la postérité que le petit excédant de ce qui n’a pas été consommé ; au lieu que dans ces contrées méridionales de l'Afrique et de l'Amérique , qui n'ont été peuplées que 1 mieres, et où les hommes n'ont jamais été policés, la quantité de ce métal s’est trouvée tout entière , el telle, pour ainsi dire, que la nature l'avait produite et confiée à la terre encore vierge; l'homme n'en avait encore déchiré les entrailles (1) ; son sein était à peine eflleuré , lorsque les conquérants du Nouveau-Monde en ont forcé les habitants à la fouiller dans toutes ses parties par des travaux immenses : les Espagnols et les Por.
tugais ont, en moins d'un siècle, plus tiré d'or du Mexique et du Brésil, que les naturels du pays n’en avaient recueilli depuis le Premier temps de leur population. La Chine, dira-ton, semble nous offrir un exemple contraire ; ce pays, très-anciennement policé, est encore abondant en mines d’or qu'on dit être assez riches ; mais ne dit-on pe en même temps avec plus de vérité, que à plus grande partie de l'or qui circule à la Chine vient des pays étrangers ? Plusieurs empereurs chinois assez sages, assez hu-
(1) Regnaveratin Colchis Saleucis , q giueam , actus , plurimum argenti aurique eruisse dicitur, { Plin., lib. 35. )
ns
D ame … mit dt —
sie pour épargner la sueur et ménager “à vie de leurs sujets , ont défendu l'extraction | des mines dans toute l'étendue cpu rire nation (1), ces défenses ont subsisté longtemps ‘ont été qu'assez rarement interrompues ; il se pourrait donc en effet qu'il y eût encore à la Chine des mines intactes et riches, codimé dans les contrées heureuses où les hommes n'ént pas été forcés de les fouiller : car les travaux des mines, dans le Nouveau-Monde, ont fait périr en moins de deux ou trois siècles plusieurs millions d'hommes (2) ; et cette plaie énorme , faite à l'humanité , loin de nous avoir procuré des richesses réelles, n'a servi qu'à nous surcharger d'un poids aussi lourd qu'inutile, Le rix des denrées étant toujours proportionnel à la quantité du métal qui n’en est que le signe , l'augmentation de cette quantité est plutôt un mal qu'un bien ; vingt fois moins d'or et d'argent, rendraient le commerce vingt fois plus léger, puisque tout signe en grosse masse , toute représentation en grand volume, est plus pénible à transporter, coûte plus à manier, et circule moins aisément qu'une petite quantité qui représenterait également et aussi-bien la valeur de toute chose. Avant la découverte du Nouveau- Mo il y avait réellement vingt fois moins tv ‘argent en Europe , mais les denrées coûtaient vingt fois moins ; qu'avons - nous donc acquis avec ces millions de métal? la charge de leur poids.
Et cette surcharge de quantité deviendrait encore plus grande, et peut-être immense , si la cupidité ne s’opposait pas à elle-même
des obstacles, et n'était arrêtée par des bornes qu'elle ne peut franchir : quelque ardente qu’ait été dans tous les temps la soif de l'or, on n’a pas toujours eu les mêmes moyens de l'étaucher, ces moyens ont même diminué d'autant plus qu'on s'en est plus servi; par exemple, en supposant , comme nous le faisons ici, qu'avant la conquête du Mexique et du Pérou, il n'y eût en Europe
| que la vingtième partie de l'or et de l'argent i s'y trouve aujourd'hui, il est certain que
le profit de l'extraction de ces mines étran-
(1) Les anciens Romains avaient eu la même saesse ; « metallorum omnium fertilitate nullis cedit terris Italia, se ‘interdictum id vetere consullo pa-
trum, Italiæ parci jubentium. » (Plin. Hist. NaL. lib.3, e : 24.) + en" Voyez le livre de Las Casas, sur la destruction des Iudiens.
gères , dans les premières années pendant lesquelles on a doublé cette pas” cts
tité, a été plus Srand que le profit d'un pareil nombre d'années pendant lesquelles on 4 l'a triplé , et encore bien plus grand que ce- :
lui des années subséquentes; le bé réel a donc diminué en même p que le nombre des années s'est au en supposant égalité de produit cune; et si l'on trouvait actuell une - 4 mine assez riche pour en tirer au d'or,
qu'il y en avait en Europe avant la décou-
verte du Nouveau-Monde , lé profit decette mine ne serait aujourd'hui que d’un ving:
tième , tandis qu'alors il rai du dou ble; ainsi plus on a fouillé ces mines riches; et plus on s’est appauvri : richesse toujours fictive, et pauvreté réelle dans le premi comme dans le dernier temps ; masses d'or et d'argent, signes lourds, monnaies pesantes, dont loin de l'augmenter on devrait diminuer antité , en fermant ces mines comme autant de gouffres funestes àl'humanité, d'autant qu'aujourd'hui leur produit suffit à peine pour la subsistance des malheureux qu'on y emploie ou condamne ; mais jamais les nations ne se confédéreront pour un bien général à faire au genre humain,
et rien ici ne peut nous consoler, sinon l'espérance très-fondée que dans quelques siècles,
et peut-être plus tôt, on sera forcé d'abandon s affreux travaux, que l'or même, devenu trop commun, ne pourra plus payer.
En attendant , nous sommes obligés de suivre le torrent, et je manquerais à mon objet, si je ne faisais pas ici mention de tous . les lieux qui nous fournissent , ou peuvent nous fournir ce métal , lequel ne deviendra ' vil que quand les hommes s'ennobliront par » + des vues de sagesse dont nous sommes en- core bien éloignés. On continuera donc à + :
chercher l'or partout où il pourra se trouver, sans faire attention que si la recherche coûte à peu près autant que tout autre travail , il n'y à nulle raison d'y employer des hommes qui , par la culture de la terre , se procure- -
raient une subsistance aussi sûre, et aug- ,
menteraient en même temps a Hiche e
réelle, le vrai bien de toute soci ue
l'abondance des: denrées , tandis que
du métal ne peut y produire que le mal de |
la disette , et d'un sureroît herté. . R Nous avons en France cure rivières
ou ruisseaux qui charrient de l'or en pail-
lettes , que l’on recueille dans leurs sables
et il s’en trouve aussi en paillettes et en pou d
dre dans les terres voisines de leurs bords ; les chercheurs de cet or , qu'on appelle arpailleurs ; gagneraïent autant , et plus à ‘ tout autre métier, car à peine la récolte de ces paillettes d'or va-t-elle à vingt-cinq ou t
sous par jour. Cette même recherche, cet emploi du temps était ; comme ons de le dire , vingt fois plus produ temps des Romains (1); puisque l'arpailleur pouvait alors gagner vingt fois sa
ubsistance ; mais à mesure que la quantité du métal s’e gmentée, et surtout. depuis
dû Nouveau-Monde , le même arpailleurs a moins produit, et jours de moins en moins , en que «ë petit métier déjà tombé , tomout-à-fait pour peu que cette quantité ; al augmente encore ; l'or d'Amérique a donc enterré l'or de France , en diminuant vingt fois sa valeur ; il a fait le même tort à l'Espagne , dont les intérêts bien entendus uraient exigé qu'on n'eût tiré des mines de l'Amérique qu'autant d'or qu'il en fallait pour fournir les colonies , et en maintenir la valeur numéraire eu Europe , toujours sur le même pied à peu près. Jules-César cite l'Espagne et la partie méridionale des Gaules (2), comme très-abondantes en or ; elles
(1) Pline dit qu'on tirait, tous les ans, des Pyrénées et des provinces voisines , vingt mille pe-
sant d’or, sans compter l'argent, le cuiv bail dit ailleurs que Servius Tullius, roi des Romains, fat le premier qui fit de la monnaie d'or , et qu'avant lui on l'échangeait tout brut. Strabon rapporte que dans le temps d'Auguste et de Tibère, les Romains tiraïent des Pyrénées une st grande quantité d'or et d'argent, que ces métaux devinrent infiniment plus communs qu'avant la conquête des Gaules par Jules- César ; mais ce n'était pas seulement des mines des
Pyrénées que les Romains tiraient cette grande quantité d'or et d'argent; car Suétone reproche à César d'avoir saccagé les villes de la Gaule pour avoir leurs richesses , tellement qu'ayant pris de l'or en abondance, il le vendit en Italie, à trois mille petils ses terces la livre, ce qui , selon Budée, ne fait monter qu'à soixante-deux livres dix sous de notre moe — Tacite donne une idée de l'abondance de l'or de l'argent dans les Gaules, parce qu'il it di l'empereur Claude, séant dans le sénat:: vaut-il pas mieux, dit ce prince. que les Gauvuus apportent leur sses, que de les
» en laisser jouir séparés de n » (Hellot , Mémoi-
res sur caen des mines de Baygory.)
(2) Les ancie t écrit que l'Espagne , sur toutes les autres provinces du-monde connu, était la plus #bondante ea or el en argent , et particulièrement le
» la Galice et les Asturies. Pline dit qu'on Eine tous les ans, d'Espagne à Rome, plus de
l'étaient en effet , et le seraient encore , si nous n'avions pas nous-mêmes changé cette abondance en disette, et diminué la valeur de notre propre bien en recevant celui de l'étranger : l'augmentation de toulé quantité ou denrée nécessaire aux besoins utile au service de l'homme , est certai nt un bien; mais l'augmentation du métal qui n’en est que le signe, ne peut pas être un bien , et ne fait que du mal, puisqu'elle réduit à rien la valeur de ce même métal dans toutes les terres et chez tous les peuples qui s'en sont laissé surcharger par des importations étrangères.
Autant il serait nécessaire de donner de l'encouragement à la recherche et aux travaux des mines des matières combustibles et des autres minéraux si utiles aux arts et au bien de la société, autant il serait sage de faire fermer toutes celles d'or et d'argent ,et de laisser consommer peu à peu cés masses trop énormes sous lesquelles sont écrasées nos Caisses ; Sans que nous en soyons Plus riches ni plus heureux.
Au reste, tout ce que nous venons de dire ne doit dégrader l'or qu'aux yeux de l'homme sage , et \# Ôte pas le haut raug qu'il tient dans Ta nature; il est le plus parfait des métaux, la première substan toutes les substances terrestres et mé à tous égards l'attention du philosophe turaliste; c'est dans cette vue que nous recueillerons ici daus les faits relatifs à de cherche de ce métal, et que nous ferons l'énumération des différents lieux où il se trouve.
En France , le Rhin , le Rhône , l'Arve (3), le Doubs, la Ceze , le Gardon, l'Ariége , la Garonne , le Salat (4), charrient des pailvingt mille livres d'or, et aujourd'hni les Espagnols tirent ces deux métaux d'Amérique. ( Histoire des In=des , par Acosta, Paris, 1600, pag. 136.)
(3) Voyage de Misson, tom. 3, pag. 73.
(4) Les rivières de France qui charrient de l'or, sont 1° le Rhin ; on trouve des paillettes d'or dans les sables de ce fleuve, depuis Strasbourg jusqu'à Philisbourg ; elles sont plus rares entre Strasbourg et Brissac, où le Rhin est plus rapide..., L'endroit de ce fleuve où il en dépose davantage, est entre le Fort. Louis et Guermesheim; mais tont cela se réduit à une assez petite quantité, puisque sur deux lieues d'étendue que le magistrat de S urg donne à ferme pour en tirer les paillettes d'or , on ne Jui en porte que quatre ou cinq Onces par an, ce qui vient de ce que les arpailleurs sont en trop petit nombre , encore plus que de la diselte d'or , car on en pour
ra
“un
dd Én ve.
lettes et des grains d'or qu'on trouve dans leurs sables, surtout aux angles rentrants de ces rivières, Ces paillettes ont souvent leurs
bords ARS à ou repliés, et c'est par là
qu’on les distingue encore plus aisément que par le p , des paillettes de mica, qui quelquefois sont de la même couleur , et ont même plus de brillant que celles d'or. On trouve aussi d'assez gros grains d'or dans les rigoles formées par les eaux pluviales, dans
les terrains montagneux de Fériès et de Bé-
rait tirer uve bien plus grande quantité ; on paie les arpailleurs à raison de trente à quarante sous par
1 Enhâne roule , dans le pays de Gex, paillettes d'or pour occuper pendant l'hiver paysans : à qui les journées valen douze jusqu'à vingt sous, Ils s’a ment à lever les grosses Pièrres ; qui les environne paillettes :
assez de quelques t à peu près depuis ttachent principaleils enlèvent le sable » et c'est de ce sable qu'ils tirent les on ne trouve ces paillettes que depuis
l'embouchure de la rivière d'Arve dans le Rhône, -
jusqu'à cinq lieues au-dessous ;
3° Le Doubs , mais les paillettes d'or y sont assez rares :
4° La petite rivière de Ceze, qui titre son origine d'auprès de Ville-Fort dans les Cevennes : dans plusieurs lieues de son cours, on trouve pattout à peu près également des paillettes communément beaucoup p que celles du Rhône et du Rhin ;
re du Gardon qui, comme celle de
f des montagnes des Cevennes, entraine
aussi aillettes d'or, à peu près de même grai, deur | gen graod nombre ;.
6° L'Ariëge, dont le nom indique assez qu'elle charrie de l'or; on en trouve en eflet des paillettes dans le pays de Foix , mais c'est aux environs de Pamiers qu'elle en fournit le plus; elle en roule aussi dans le territoire de l'évêché de Mirepoix ;
7e On fait tous les ans dans la Garonne, à quel-
ues lieues de Toulouse , une petite récolte de pailgi d'or; mais il y a lieu de croire qu'elle en tire la plus grande partie de L'Ariége , car ce n'est guère
u'au-dessous du confluent de cette dernière rivière UNE "HE L'Ariége elle-même paraît tirer ses S silleites de deux ruisseaux supérieurs ; savoir , celui de Ferriet et celui de Bénagues ; FE
go Le Salat dent la source , comme celle de] Ariége, est dans les Pyrénées , roule des paillettes d'or que les habitants de Saint-Giron ramassent pendant ] hi. ver. (Mémoires del'Académie des sciences, année 1778, pag 69 et suiv.) ] ‘
On sait par des anecdotes certaines, que la monnaie de T'oulouse rerevait ordinairement . chaque année , deux cents mares de cet or recueilli des rivières de en Garonne et du Salat : on en a porté dans le u de Pamiers , depuis 1750 jusqu'en 1760 , environ quatre-vingts marcs, | pu, ed cé bureau n'ait tout au plus que deux lieues d'arrondissement. ({dem , année 1761 , pag. 197. )
PAGUES * On Avudecés grains, dit M. Guettard , qui pesaient une demi-oncez ces grains et paillettes d’or sont accompagnés "A ble ferrugineux , il ajoute que dès qu'on s'6: loigne de ces montagnes ; seulement de cinq ou six lieues , on ne trouve plus de ;
d'or, mais seulement des! paillett minces. Cet académicien fait encore de or en paillettes qu'on a trouvé en.
guedoc et dans le pays de Foix (DM. de Gensanne dit aussi qu'il y en a dans plusieurs rivières des diocèses d'Uzès et de Montpellier (2) : ces grains et paillettes d'or, qui trouvent dans les rivières et terres adjac tes, viennent, comme je l'ai dit , des min renfermées dans les montagnes voisines ; mais on ne connait actuellement qu'un trèspetitnombre de ces mines en montigse
(1) M. Pailhès a trouvé dans le Lauguedoc 8t dans le pays de Foix quantité de terres aurifères.… 11 dit que lorsqu'on creuse dans la haute où basse ville de Pamiers , ee puits et des fondements ,. on tire des terres remplies de paillettes d'or... Les plus grandes paillettes sont de trois à quatre lignes de longueur , et toujours plus longues que larges ; il y en « de si pelites qu'elles sont imperceptibles , quelques-unes ont les angles aigus, mais la plupart les Ont arrondis, il y en a même qui sont repliées : il a aussi des grains de différentes grossenrs..… El y a s des cailloux qui sont presque couverts et entourés Par une d'or ; ils sont tous de la : du quertz , s ils sont de différentes couleurs... Il y a lrois espèces de ces cailloux , les premiers sont ferrugineux et rougeâtres , el extrémement durs ; les seconds sont aussi ferrugineux , et colorés de roussâtre et de noir ; les troisièmes sont blanchâtres , et fournissent les plus gros ‘grains d'or. Pour en tirer les paillettes, on pile ces cailloux dans un mortier de fer , et on {es réduit en poudre. (M. Guettard , Mémoires de l'Académie des sciences, année 1761, lag. 198 et suiv.) | S
(2) Dans le diocèse Montpellier , on cherche des Paillettes d'or le long de la rivière de l'Hérault ; j'en ai vu une qui pesait près d'un gros , elle était fort mince , mais large , et les arpailleurs m'assurèrent qu'il y avait peu de temps qu'ils en avaient trouvé une qui pesait au-delà d’une demi-once..… Ces p lettes se trouvaient entre deux bancs de roche
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traversent la rivière , et ils ne pouvaient en avoir va : L lorsque les eaux étaient basses. (Histoire naturelle . s
du Languedoc , par M. de Gensanne, tom. 1 pag. 193.) +
(3) Le pays des Tarbelliens, que quelques-uns disent être le territoire de Tarbes , d'autres celui de Dax , produisait autrefois de l'or tle témoignage de Strabon : « Aquitaniæ s0 quod est ad lititus Oceani, majore sui parle arenosum est et tenue... Ibi est etiam sinus isthmum efficiens , qui pertinet ad sinum Gallicum in Narbonensi or4,
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ter, tom.1, pag. 1 jusqu'à 68.
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il y en a une dans les Vosges près de Steingraben, où l’on a trouvé des feuilles d'or vierge d'un hauttitre, dans un spath fort blanc (l); une autre à Saint-Marcel-lès- Jussé en Franche-Comté , que l'éboulement rres n’a pas permis de suivre. Les Ront travaillé des mines d'or à la monrel en Dauphiné ; et l'on connait e aujourd'hui une mine d'argent tenant or, à l'Hermitage, au-dessus de Tain, et dans la mo e de Pontel en Dauphiné :
on en a M reconnu à Banjoux en Pronee; à Londat , à Rivière et à la montagne rgentière , dans le comté de Foix ; dans le rre,en Limosin, en Auvergne, et même Nor ie et dans l'Ile-de-France (2) ; utés ces mines et plusieurs autres étaient a ois bien connues et même exploitées ; mais l'augmentation de la quantité du métal venu de l'étranger , a fait abandonner le travail de ces mines, dont le produit n'aurait pu payer la dépense, tandis qu'anciennement ce même travail était très-profitable.
En Hongrie, il y a plusieurs mines d'or dont on tirerait un grand produit, si ce métal n'était pas devenu si commun; la plupart de ces mines sont travaillées depuis long-temps, surtout dans les montagnes de Cremnitz et de Schemnitz (3), où l'on "trouv ore de temps en temps quelques nouv lons :ily en avait sept en exploitation dans le temps d’Alphonse Barba , qui dit que la plus riche était celle de Cremnitz (4); elle est d’une grande étendue, et Yon assure qu'on y travaille depuis plus de mille ans ; on l'a fouillée dans plusieurs en-
idemque eum illo sinu hic sinus nomen habet : Tarbelli hune sinum tenent , apud quos Optima sunt auri metalla ; in fossis enim non altè actis inveniuntur auri laminæ manum implentes, aliquando exiguä indigentes repurgatione ; reliquium ramenta et glebæ sunt ,ipsæ quoque non multüm operis desiderantes, »
(Strab. Hib. 4.) 2 1) Mémoires sur l'exploitation des mines , par
( L Gensanne , dans ceux des savants étrangers , . L2
. 4, pag: 41.
(2) Hellot, Traité de la fonte des mines de Schiut- (3) Gazette d’Agricult article Pétersbourg, u 22 août 1775.
(4) Les sept mines d'or"de Hongrie ne sont pas éloignées le es des autres; voici leurs noms, Cremaitz, initz, Newsol, Koningsberg , Bohentz , Libeten et Hin. On trouve, dans celle de Cremnitz, des morceaux de pur or. (Métallurgie d'Alphonse Barba, tom. 2 , pag. 285.)
droits à plus de cent soixante brasses de profondeur. I1ÿ a aussi des mines d’or en Transylvanie, dans lesquelles on a trouvé
de l'or vierge (5). Rzaczynski parle des mi-
nes des monts Krapacks, et NS à autres d’une veine fort riche dont l'or est en poudre (6). En Suède on a découvert quelques mines d'or, mais le minérai n'a rendu que la trente-deuxième partie d’une once par quintal (7) ; enfin on a aussi reconnu de l'or en Suisse, dans plusieurs endroits de la Valteline , et particulièrement dans la montagne de l'Oro , qui en a tiré son nom. L'on en trouve aussi dans le canton d'Underwald ; plusieurs rivières, dans les Alpes , en roulent des paillettes ; le Rhin , dans le pays des Grisons , la Reuss , l'Aar et plusieurs autres , aux cantons de Lucerne, de Soleure, etc. (8). Le Tage et quelques autres fleuves d'Espagne ont été célébrés par les anciens , à cause de l'or qu'ils roulent , et il n’est pas douteux que toutes ces paillettes et grains d’or , que l'on trouve dans les eaux qui découlent des Alpes , des Pyrénées et des montagnes intermédiaires , ne proviennent des mines primitives renfermées dans ces montagnes , et que si l'on pouvait suivre ces courants d'eau chargés d'or jusqu'à leur source , onne serait pas éloigné du lieu qui les recèle ; mais, je le répète, ces travaux seraient m très-inutiles , et leur produit bien sup
J'observerai seulement d’après l'exposition qui vient d’être faite, que les tivis Souris fères sont plus souvent situées au couchant qu'au levant des montagnes. La France, qui est à l'ouest des Alpes, a beaucoup plus de
(5) Dans plusieurs exploitations de Ja Transylvanie , les veines d’or ne produisent Point de minérai tant qu'il'ya du quartz bien blanc, peu dense , clair, et d'une couleur transparente comme de l'eau ; dès qu'il commence à avoir une couleur grisâtre ou brunätre , qu'il devient plus dense et avec des cavités cristalliques, l'or commence à se faire voir, (Instruction sur l'art des mines , par M. Délius, traduction : tom. 1, pag. 52.)... Beaucoup de veines dans la Transylvanie , dént on a retiré dans les moyennes hauteurs de l'or vierge, se sont changées, dans les profondeurs , en minérai de plomb ou en mine morte, ou bien elles sont devenues tout-à-fait stériles. (Idem, pag. 72.)"
(6) Voyez les Mémoires de l'Académie des sciences , année 1762 , pag. 318. .
(7) Mémoires de l'Académie de Suède, tom. 2.
(8) Mémoires de l'Académie des sciences , année 1762, pag. 318... Mémoire sans nom d'auteur, sur les curiosités de la Suisse, Es
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