‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-HilaireChapitre 75 sur 162 · SV HS MISE NS · texte numérisé non relu

SV HS MISE NS

DR he «mn het à im de hé ne + gent rouge... On peut donc avancer que l'azur et le vert de cuivre , ainsi que les cristaux rouges qui s'y rencontrent , sont autant de produits des différentes modifications que le cuivreen état métallique a subies dans le sein de laterre. (Lettres de M, Demeste, ete. , tom. 2, pag. 357 et 358.)

» rables et mamelonnées , et que ce sont de », vraies stalactites de cuivre , comme l'hé- » matite en est une de fer (1);» tout ceci

est très-yrai , et c’est même de cette manière

que les malachites sont ordinairement produites ; la simple décomposition du cuivre en rouille verte, entrainée par la filtration des caux , forme des stalactites vertes, et cette combinaison est bien plus simple que celle de l'altération de l’azur et de sa réduction en stalactites vertes ou malachites : il en est de même du vert de montagne; il est produit plus communément par la simple décomposition du cuivre en rouille verte ; et l'habile chimiste que Je viens de citer me parait se tromper encore en Prononcant exclusivement, «que le vert de montagne est toujours » un produit de la décomposition du bleu » de montagne ou de celle du vitriol de cui- » vre (2).» 11 me semble au contraire que c'est le bleu de montagne, qui lui-même est produit par l'altération du vert quise change en bleu ; car la nature a les mêmes moyens

que l'art, et peut par conséquent faire ,

comme nous , du vert-avec du bleu, etchanger le bleu en vert, sans qu'il soit nécessaire de recourir au cuivre natif pour produire ces effets.

Quoique le cuivre soit de tous les métaux celui qui approche le plus de l'or et de l’argent par ses attributs généraux ,ilen diffère par plusieurs propriétés essentielles ; sa nature n'est pas aussi parfaite, sa substance est moins pure, sa densité et sa ductilité moins grandes; et ce qui démoutre le plus l'imperfection de son. essence, c'est qu’il ne résiste pas à l'impression des éléments humides ; l'air, l’eau , les huiles et les acides l’altèrent et le convertissent en verdet; cette espèce de rouille pénètre, corame celle du fer, dans l'intérieur du métal , et avec le temps en détruit la cohérence et la texture.

Le cuivre de première formation étant dans un état métallique, et ayant été. su-

‘blimé ou fondu par le feu primitif, se refond aisément à nos feux ; mais le cuivre minéralisé qui est de seconde formation ; demande plus de travail que tout autre minérai pour être réduit en métal ; ilest done à présumer que comme le cuivre a été employé plus anciennement que le fer, ce n’est que de ce

premier cuivre de nature dont les Égyptiens,

tint (1) Lettres de M. Demeste , etc. , tom. 2, pag. 369 et suiv-

@) Idem , tom. 2, pag. 370:

les Grecs etles Romains, ont fait usage pour leurs instruments et leurs armes (3), et qu'ils n'ont pas tenté de fondre les minéraïs cuiyreux qui demandent encore plus d'art et de travail que les mines de fer ; ils savaient donner au cuivre un grand degré de dureté, soit par la trempe, soïtpande mélange de l'étain ou de quelque autreminéral, etils rendaient leurs instruments etMleurs armes de cuivre propres à tous les usages uels nous employons ceux de fer. Ils alliaient aussi le cuivre avec les autres métaux, et surtout avec l'or et l'argent. Le fameux airain de Corinthe, si fort estimé des Grecs (4), était un mélange de cuivre, d'argent et d’or, dont ils ne nous ont pas indiqué les proportions, mais qui faisait un alliage plus beau. que l'or par la couleur, plus sonore, plus élastique , et en même temps aussi peu susceptible, de rouille et d'altération : ce que nous appelons airain ou bronze aujourd'hui, n'est qu'un mélange de cuivre et d'étain, auxquels on joint souvent quelques parties de zinc et d'antimoine. pr EE Si on mêle le cuivre avec le zinc, sa couleur rouge devient jaune, et l’on donne à cet alliage le nom de cuivre jaune ou laiton; il estun peu plus dense que le cuivre pur (5), mais c'est lorsque ni l'un ni l'autre n’ont été comprimés ou battus, car il devient moins dense que le cuivre rouge après la compression ; le cuivre jaune est aussi moins sujet à verdir , et suivant les différentes doses du mélange, cet alliage est plus ou moins blane, Jjaunâtre, jaune ou rouge; c’est d'après ces différentes couleurs qu’il prend les noms de

ttes

(3) Les anciens se servaient beaucoup plus de cuivre que de fer; les habitants du Pérou et du Mexique employaient le cuivre à tous les usages auxquels nous employons le fer, (Métallurgie d’Alphonse Barba , tom. 1, pag. 106.)

(4) « Æri corinthio pretium ante argenlum, ac pene etiam ante aurum. » (Plin. , lib. 34, ch. 1.)

(5) Selon M. Brisson , le pied cube de cuivre rouge fondu et non forgé , ne pèse que 545 livres 2 onces 4 gros 35 grains, (andis qu'un pied cube de ce même cuivre rouge, passé à la filière , pèse 621 livres 7 onces 7 gros 26 grains. Cette grande différence démontre que de tous les métaux le cuivre est celui qui se comprime le plus ; et la compression par la filière est plus grande que eelle de la percussion par le marltean. M. Geller dit que la densité de l'alliage , à parties égales de cuivre et de zine , est à celle dn cuivre pur comme 878 sont à 874. (Chimie métallurgique , tom. 1, pag. 265.) — Mais M. Brisson a reconnu que le pied cube de cuivre jaune fondu et non forgé pèse 587 livres.

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similor, de peinchebec et de métal de prince; mais aucun ne ressemble plus à l'or pur par le brillant et la couleur que le laiton bien poli, et fait avec la mine de zinc ou pierre calaminaire , comme nous l'indiquerons dans la suite.

Le cuivre s’unit très-bien à l'or, et cependant en diminue la densité au-delà de la proportion du mélange , ce qui prouve qu'au lieu d’une pénétration intime, il n’y a dans cet alliage qu'une extension ou augmentation de volume par une simple addition de parties interposées , lesquelles , en écartant un peu les molécules de l'or , et se logeant dans les intervalles, augmentent la dureté et l'élasticité de ce métal qui, dans son état de pureté , a plus de mollesse que de ressort.

L'or , l'argent et le cuivre se trouvent souvent alliés par la nature dans les mines primordiales , et ce n’est que par plusieurs opérations réitérées et dispendieuses , que l’on parvient à les séparer ; il faut donc, avant d'entreprendre ce travail, s'assurer que la quantité de ces deux métaux contenue dans le cuivre est assez considérable et plus qu’équivalente aux frais de leur séparation, ilne faut pas même s'en rapporter à des essais faits en petit, ils donnent toujours un produit plus fort , et se font proportionnellement à moindres frais que les travaux en grand.

On trouve rarement le cuivre allié avec l'étain dans le sein de la terre, quoique leurs mines soient souvent très-voisines, et même superposées, c'est-à-dire , l'étain au-dessus du cuivre; cependant ces deux métaux ne laissent pas d’avoir entre eux une affinité bien marquée; le petit art de l'étamage est fondé sur cette affinité ; l'étain adhère fortement et sans intermède au cuivre, pourvu que la surface en soit assez nette pour être touchée dans tous les points par l’étain fondu; il ne faut pour cela que le petit degré de chaleur nécessaire pour dilater les pores du cuivre et fondre l'étain , qui dès lors s'attache à la surface du cuivre qu'on enduit de résine pour prévenir la calcination de l’étain.

Lorsqu'on refond le cuivre et qu'on y mêle de l’étain , l’alliage qui en résulte démontre encore mieux l’aflinité de ces deux métaux, car il y a pénétration dans leur mélange ; la densité de cet alliage, connu sous les noms d'airain ou de bronze, est plus grande que celle du cuivre et de l’étain pris ensemble , au lieu quela densité des alliages

du cuivre avec l'or et l'argent est moindre ,

ce qui prouve une union bien plus intime entre le cuivre et l'étain qu'avec ces deux autres métaux ; puisque le volume augmente dans ces derniers mélanges , tandis qu'il diminue dans le premier ; au reste , l’airain est d’autant plus dur , plus aigre et plus sonore , que la quantité d’étain est plus grande, et il ne faut qu'une partie d’étain sur trois de cuivre pour en faire disparaître la couleur, et même pour le défendre à jamais de sa rouille ou vert-de-gris, parce que l’étain est, après l'or et l'argent, ‘le métal le moins susceptible d’altération par les éléments humides ; et quand par la succession d'un temps très-long, il se forme sur l’airain où bronze, une espèce de rouille verdâtre, c’est, à la vérité , du vert-de-gris , mais qui s'étant formé très-lentement , et se trouvant mêlé d’une portion d'étain, produit cet enduit que l'on appelle patine , sur les statues et les médailles antiques (1).

Le cuivre et le fer ont ensemble une aflinité bien marquée, et cette aflinité est si grande et si générale, qu'ellese montre nonseulement dansles productions dela nature, mais aussi par les produits de l’art. Dans le nombre infini des mines de fer qui se trouvent à la surface ou dans l'intérieur de la terre, il y en a beaucoup qui sont mêlées d'une certaine quantité de cuivre , êt ce mélange a corrompu l'un et l’autre métal ; car d’une part on ne peut tirer que de très-mauvais fer de ces mines chargées de cuivre, et d'autre part il faut que la quantité de ce métal soit grande dans ces mines de fer > pour pouvoir en extraire le cuivre avec profit.

Ces métaux qui semblent être amis, voisins ; et même unis dans le sein de la terre , deviennent ennemis dès qu’on les mêle ensemble par le moyen du feu; une seule once de cuivre jetée dans le foyer d'une forge, suffit pour corrompre un quintal de fer.

Le cuivre que l'on tire des eaux qui en

sont chargées, et qu’on connait sous le nom.

de cuivre de cémentation, est du cuivre précipité par le fer; autant il se dissout de fer dans cette opération , autant il adhère de cuivre au fer qui n’est pas encore dissous, et cela par simple attraction de contact : c’est en plongeant des lames de fer dans les eaux chargées de parties cuivreuses, qu’on obtient me (1) Cet enduit ou patine est ordinairement verdâtre et quelquefois bleuâtre , et il acquiert avec le

temps une si grande dureté qu'il résiste au burin. (Lettres de M. Demeste, tom. 2 , pag. 374,)

ce cuivre de cémentation, et l'on recueille les matières métalliques , et quoiqu'on le

par ce moyen facile une grande quantité Per. 00 en petite

ce métal en peu de temps (1). La nature

quelquefois une opération assez semblable ; il faut pour cela que le cuivre dissous rencontre des particules ou des pelites masses

ferrugineuses, qui soient dans l'état métali-

métallique, etqui par consé- LR RE À la violente action du feu; cär ps union n’a paslieu lorsque lés mines de fer ont été produites par l'intermède de l'eau, et converties en rouille, en grains, etc., ce n’est donc que dans de certaines circonstances qu'il se forme du cuivre par cémentation dans l'intérieur de la terre; par exemple, il s'opère quelque chose de semblable dans la production de certaines malachites, et dans quelques autres mines de seconde et de troisième formation, où le vitriol cuivreux a été précipité

par le fer, qui a , plus que tout autre métal,

la propriété de séparer et de précipiter le cuivre de toutes ses dissolutions.

L'aflinité du cuivre avec le fer, est encore démontrée par la facilité que ces deux métaux ont de sesouder ensemble; il faut seulement

- en les tenant au feu, les empêcher de se cal-

ciner et de brûler, ce que l'on prévient en les couvrant de borax ou de quelques autres matières fusibles ,qui les défendent de l’action du feu animé par l'air ; car ces deux métaux souffrent toujours beaucoup de déchet et d'altération par le feu libre, lorsqu'ils ne sont pas parfaitement recouverts et défendus du contact de l'air. 1j

Ii n'y a point d'aflinité apparente entre le mercure et le cuivre; puisqu il faut réduire le cuivre en poudre et les triturer ensemble fortement et long-temps, pour que le mercure s'attache à cette poudre cuivreuse ; cependant il y a un moyen de les unir d’une manière plus apparente et plus iutime; il faut pour cela plonger du cuivre en lames dans le mercure dissous par l'acide nitreux ; ces lames de cuivre attirent le mercure dissous, et deviennent aussi blanches, à leur surface , que les autres métaux amalgamés

reure.

Tonic le cuivre puisse s’allier avec toutes A

(1) A Saint-Bel , l'eau qui traverse les mines de cuivre se salure en quelque sorte de vitriol de euivre naturel , il suflit de jeter dans les bassins , où on recoit cette eau , une quantité de vieilles ferrailles ; on y trouve peu de jours après, un cHivre rouge pur : c'est ce qu'on appelle cuivre de cémentation. (Éléments de Chimie, par M. de Morveau, tom. 2,

. 91.) "7 THÉORIE DE LA TERRE, Z'ome LIT.

Quantité dans les monnaies ‘or et d'argent pour leur donner de la couleur et de la dureté , on ne fait néanmoins des ouvrages en grand volume qu'avec deux de ces alliages ; le premicravec l'étain pour les statues, les cloches, les canons; le second avec la calamine ou mine de, zinc pour les chaudières et autres ustensiles deménage :

ces deux alliages , l'airain et le laiton, sont même devenus aussi communs et peut-être plus nécessaires que le cuivre pur, pui dans tous deux la qualité nuisible de ce métal, dont l'usage est très - dangereux , se trouve corrigée ; car de tous les métaux que l'homme peut employer pour son service , le cuivre est celui qui produit les plus funestes effets.

L'alliage du cuivre et du zinc n'est pas aigré et cassant comme celui du cuivre et de l'étain ; le laiton conserve de la ductilité sil résiste plus long-temps que le cuivre pur à l’action de l'air humide et des qui produisent le vert-de-gris , etil prend l’éta aussi facilement. Pour faire du beauet bon laiton, il faut trois quarts de cuivre et un quart de zinc, mais tous deux doivent être de la plus grande pureté. L'alliage à cette dose est d’un jaune brillant, et quoiqu'en général tousles alliages soient plus ou moins aigres, et qu'en particulier le zinc n'ail aucune ductilité , le laiton néanmoins, s'il est fait dans cette proportion, est aussi ductile que le cuivre même ; mais comme le zinc tiré

de sa mine par la fusion n’est presque jamais

pur, et que pour peu'qu'il soit mêlé de fer où d'autres parlies hétérogènes, il rend le laiton aigre et Cassant, on se sert plus ordinairement et plus avantageusement de la calamine , qui est une des mines du zinc; on la réduit en poudre, on en fait un cément en la mêlant avec égale quantité de poudre de charbon humectée d’un peu d’eau ; on recouvre de ce cément les lames de cuivre, et l'on met le tout dans une caisse ou creuset que l'on fait rougir à un feu gradué , jusqu’à ce que les lames de cuivre soient fondues. On laisse ensuite refroidir le tout , et l’on trouve le cuivre changé en laiton et augmenté d'un quart de son poids, si l’on a employé un quart de calamine sur trois quarts de cuivre, et ce laiton fait par cémentation a tout autant de ductilité à froid que le cuivre même; mais, comme le dit très-bien M. Macquer (2),

(2) Dict. de Chimie , à l'article du cuivre jaune.

Ra EE NET

il n'a pas la même malléabilité à chaud qu'à

froid, parce que le zinc se fondant plus vites,

que le cuivre, l’alliage alors n'est plus qu'une espèce d’amalgame qui est trop mou pour souffrir la percussion du marteau. Au reste, il paraît par le procédé et par le produit de cette sorte de cémentation, que le zinc contenu dans la calamine est réduit en vapeurs par le feu, et qu'il est par conséquent dans sa plus grande pureté lorsqu'il entre dans le cuivre; on peut en donner la preuve en faisant fondre à feu ouvert le laiton, car alors tout le zine s’exhale successivementen vapeurs ou en flammes, et emporte mème avec lui une petite quantité de cuivre.

Si l’on fond le cuivre en le mêlant avec l'arsénic, on en fait une espèce de métal blanc qui diffère du cuivre jaune ou laiton, autant par la qualité que par la couleur , car il est

aussi aigre que l’autre est ductile; et si l'on

mêle à différentes doses le cuivre, le zinc et l'arsénic, l’on obtient des allixæges de toutes les teintes du jaune au blanc, et de tous les degrés de ductilité du liant au cassant.

Le cuivre en fusion forme, avec le soufre ,

une espèce de matte noirâtre , aigre et cassante , assez semblable à celle qu'on obtient par la première fonte des mines pyriteuses de ce métal : en le pulvérisant et le détrempant avec un peu d’eau , ou obtient de même par son mélange avec le soufre aussi pulvérisé, une masse solide assez semblable à la matte fondue.

… Un fil de cuivre d’un dixième de pouce de diamètre , peut soutenir un poids d'environ trois cents livres avant de se rompre ; et tomme sa densité n’est tout au plus que de six cent vingt-une livres et demie par pied cube , on voit que s& tenacité est proportionnellement beaucoup plus grande que sa densité. La couleur du cuivre pur est d'un rouge orangé, et celte couleur, quoique fausse, est plus éclatante que le beau jaune de l'or pur. Il a plus d’odeur qu'aucun autre métal, onne peut le sentir sans que l’odorat en soit désagréablement affecté , on ne peut le toucher sans s’infecter les doigts , et cette mauvaise odeur qu'il répand et communique en le maniant et le frottant, est plus permanente et plus diflcile à corriger que la plupart des autres odeurs. Sa saveur , plus que répugnante au goût , annonce see ;quer lités funestes; c'est dans le règne minéral le poison de nature le plus dangereux apres l'arsénic.

Le cuivre est beaucoup plus dur et par

conséquent beaucoup plus élastique et plus sonore que l'or, duquel néanmoins il approche plus que les autres métaux imparfaits , par sa couleur et même par sa ductilité , car il est presque aussi ductile que l'argent : on le bat en feuilles aussi minces et on le tire en filets très-déliés.

Après le fer , le cuivre est le métal le plus difficile à fondre ; exposé au grand feu , il devient d’abord chatoyant et rougit longtemps avant d'entrer en fusion ; il faut une chaleur violente , et le faire rougir à blane pour qu'il se liquéfie ; et lorsqu'il est bien fondu , il bout et diminue de poids s’il est exposé à l'air, car sa surface se brûle et se calcine dès qu'elle n'est pas recouverte , et qu'on néglige de faire à ce métal un bain de matières vitreuses , et même avec cette précaution il diminue de masse et souffre du déchet à chaque fois qu'on le fait rougir au feu : la fumée qu'il répand est en partie métallique , et rend verdâtre ou bleue la flamme des charbons , et toutes les matières qui contiennent du cuivre donnent à la flamme ces mêmes couleurs vertes ou bleues : néanmoins sa substance est assez fixe, car il résiste plus long-temps que le fer , le plomb et l'étain à la violence du feu avant de se calciner ; lorsqu'il est exposé à l'air libre et qu'il n'est pas recouvert, il se forme d'abord à sa surface de petites écailles qui surnagent la masse en fusion ; ce cuivre à demi-brülé , a déjà perdu sa ductilité et son brillant métallique , et se calcinant ensuite de plus en plus , ilse change en une chaux noirâtre qui , comme les chaux du plomb et des autres métaux , augmente très-considérablement en volume et en poids par la quantité de l'air qui se fixe en se réunissant à leur substance. Cette chaux est bien plus diflicile à fondre que le cuivre en métal, et lorsqu'elle subit l’action d'un feu violent , elle se vitrifie et produit un émail d'un brun chatoyant qui donne au verre blancune très-belle couleur verte ; mais si l'on veut fondre cette chaux de cuivre seule en la poussant à un feu encore plus violent , elle se brûle en partie , etlaisse un résidu qui n'est qu'une espèce de scorie vitreuse et noirâtre, dont on ne peut ensuite relirer qu’une très-petite quantité de métal. - |

En laissant refroidir très-lentement et dans un feu gradué le cuivre fondu , on peut le faire cristalliser en cristaux proéminents à sa surface et qui pénètrent dans son intérieur ; il en est de même de l'or , de l’argent

et de tous les autres métaux et minéraux qu'elles ont perdu leur couleur bleue et

métalliques ; ainsi la cristallisation peut s'opérer également par le moyen du feu comme par celui de l'eau ; et dans toute matière liquide ou liquéfiée ; il ne faut que l'espace , du repos et du temps, pour qu'il se forme des cristallisations par l'attraction mutuelle des parties homogènes et similaires. : e Quoique tous les acides puissent dissoudre je cuivre, il faut néanmoins que l'acide marin et surtout l'acide vitriolique soient aidés de Ja chaleur , sans quoi la dissolation serait excessivement longue , l'acide nitreux le dissout au contraire très-promptement , même à froid; cet acide a plus d'aflinité avec le, cuivre qu'avec l'argent , car l’on dégage parfaitement l'argent de sa dissolution set on le précipite en entier et sous sa forme métallique par l'intermède du cuivre. Comme cette dissolution du cuivre par l’eau-forte , se fait avec grand mouvement et forte effervescence , elle ne produit point de cristaux, mais seulement un sel déliquescent , au lieu e les dissolutions du cuivre par l'acide vitriolique ou par l'acide marin se faisant lentement et sans ébullition, donnent de gros cristaux d'un beau bleu qu'on appelle vitriol de Chypre ou vitriol bleu, ou des cristaux en petites aiguilles d’un beau vert. Tous les acides végétaux attaquent aussi le cuivre; c'est avec l'acide du marc des raisins qu'on fait le vert-de-gris dont se servent les peintres ; le cuivre avec l'acide du vinaigre , donne des cristaux que les chimistes ont nommés cristaux de Vénus. Les huiles, le suif et les graisses attaquent aussi ce métal, car elles produisent du vert-deis à la surface des vaisseaux et des ustensiles avec lesquels on les coule ou les verse. En général , on peut dire que le cuivre est de tous les métaux celui qui se laisse entamer , ronger , dissoudre le plus facilement par un grand nombre de substances ; car indépendamment des acides , des acerbes, des sels , des bitumes, des huiles et des graisses, le foie de soufre l'attaque , et l’alkali volatil ut même le dissoudre ; c’est à cette dissolution du cuivre par l'alkali volatil qu'on doit attribuer l’origine des malachites de seconde formation. Les premières malachites ; c'està-dire, celles de première formation, ne sont , comme nous l'avons dit, que des stalactites du cuivre dissous en rouille verte ; mais les secondes peuvent provenir des dissolutions du cuivre par l’alkali volatil, lors-

repris la couleur verte, ce qui arrive dès que l'alkali volatil s’est dissipé. « Lorsque » l'alkali volatil , dit M. Macquer ;, a dissous » le cuivre jusqu'à saturation, l'espèce de » sel métallique qui résulte de cette combi- » maison , forme des cristaux dlum bleu foncé » et des plus beaux ; mais par Pexposition à » l'air, l'alkali se sépare et se dissipe peu à » peu ; la couleur bleue des cristaux ; dans » lesquels il ne reste presque que du cuivre , »* se change en un très-beau vert ; et le com- » posé ressemble beaucoup à la malachite ; » il est très-possible que le cuivre contenu » dans cette pierre ait précédemment été » dissous par lalkali volatil, et réduit par » celte matière saline dans l'état de mala- » chite (1). »

Au reste, les huiles, les graisses et les bitumes n’attaquent le cuivre que par les acides qu'ils contiennent ; et de tous les alkalis , l'alkali volatil est celui qui agit le plus puissamment sur ce métal; ainsi Von peut assurer qu'en général tous les sels de la terre et des eaux, soit acides , soit alkalins , attaquent le cuivre et le dissolvent avec plus ou moins de promptitude ou d'énergie.

11 est aisé de retirer le cuivre de tous les acides qui le tiennent en dissolution , en les faisant simplement évaporer au feu ; on peut aussi le séparer de ces acides en employant les alkalis fixes ou volatils, et même les substances calcaires ; les précipités seront des poudres vertes , mais elles seront bleues si les alkalis sont caustiques , comme ils le sont en effet dans les matières calcaires lorsqu'elles ont été calcinées. Il ne faudra qu’a- Jouter à ce précipité ou chaux de cuivre , comme à toute autre chaux métallique ; une petite quantité de matière inflammable pour la réduire en métal : et si l'on fait fondre cette chaux de cuivre avec du verre blanc | on obtient des émaux d’un très-beau vert :

mais on doit observer qu'en général les précipités qui se font par les alkalis ou par les matières calcaires , ne se présentent pas SOU: leur forme métallique , et qu'il n’y à que le: précipités par un autre métal ; où les résidu: après l'évaporation des acides soient en cfle! sous cette forme , c'est-à-dire, en état de métal, tandis que les autres précipités sont tous dans l'état de chaux.

On connaît Ja violente action du soufre sur le fer, et quoique sa puissance n€ CS

(1) Dictionnaire de Chimie , article Cuivre.

soit pas aussi grande sur le cuivre, il népremière est la pyrite cuivreuse, qu'on ap-

laisse pas de l'exercer avec beaucoup de force (1); on peut donc séparer ce métal de tous les autres métaux, par l'intermède du soufre qui a plus d’affinité avec le cuivre qu'avec l'or, l'argent, étain et le plomb, et lorsqu'il est mélé avec le fer, le soufre peut encore les séparer , parce qu'ayant plus d'aflinité avec le fer qu'avec le cuivre, il s empare du premier et abandonne le dernier, Le soufre agit ici comme ennemi; car en accélérant la fusion de ces deux métaux, il les dénature en même temps , ou plutôt il les ramène par foree à leur état de minéralisation , et change ces métaux en minérais ; . ear le cuivre et le fer fondus avec le soufre, ne sont plus que des pyrites semblables aux minérais pyriteux, dont on tire ces métaux dans leurs mines de seconde formation.

Les filons où le cuivre se trouve dans l'état de métal, sont les seules mines de première formation. Dans les mines secondaires , le cuivre se présente sons la forme de minérai pyriteux, et dans celles de troisième formation , il a passé de cet état minéral où pyriteux, à l'état de rouille verte, dans lequel it a subide nouvelles altérations, et mille combinaisons diverses par le contact et l'action des autres substances salines ou métalliques. 11 n'y a que les mines de cuivre primitif que l'on puisse fondre sans les avoir fait griller auparavant ; toutes celles de seconde formation, c’est-à-dire, toutes celles qui sont dans un état pyriteux, demandent à être grillées plusieurs fois; et souvent encore après plusieurs feux de grillage, elles ne donnent qu'une matte cuivreuse mêlée de soufre ne qu'il faut refondre de nouveau pour avoir enfin du cuivre noir, dont on ne peut tirer le cuivre rouge en bon métal qu'en faisant passer et fondre ce cuivre noir au feu violent ethbre des charbons enflammés, où il achève de se séparer du soufre , du fer, et des autres matières hétérogènes qu'il contenait encore dans cet état de cuivre noir.

Ces mines de cuivre de seconde formation , peuvent se réduire à deux où trois sortes ; la

(1) Les lames de cuivre siratifiées-avec le soufre , forment: une espèce de matte aigre, cassante , de couleur de fer... Cette opération réussit également par Ja voïe humide , en employant le euivre en limaille, et en détrempant le mélange avec un peu d'eau. (Éléments de Chimie, par M. de Morveau , tom, 2 , pag, 53:)

pelle aussi improprement marcassite, qui contient une grande quantité de soufre et de fer, et dont il est très-difficile de tirer le peu de cuivre qu’elle renferme (2) ; la seconde est la mine jaune de cuivre, qui est aussi une Pyrite cuivreuse, mais moins chargée de soufre et de fer que la première ; la troisième est la mine de cuivre grise, qui contient de l’arsénic avec du soufre ; et souvent un peu d'argent : cette mine grise paraitblanchâtre, claire et brillante lorsque la quantité d'argent est un peu considérable, et si elle ne contient point du tout d'argent , ce n'est qu'une pyrite plutôt arsénicale que cuivreuse (3).

Pour donner une idée nette des travaux qu’exigent ces minérais de cuivre avant qu'on ne puisse les réduire en bon métal , nous ne pouvons mieux faire que de rapporter ici par extrait les observations de feu M. Jars, qui s’est donné la peine de suivre toutes les manipulations et préparations de ces mines »depuis leur extraction jusqu'à leur conversion en métal raffiné. « Les minéraux de Saint-Bel et de Chessy dans le Lyonnais, sont , dit-il, des pyrites Cuivreuses , auxquelles on donne deux, trois ou quatre grillages avant de les fondre daus un fourneau à manche, où elles produisent des mattes qui doivent être grillées neuf à dix fois avant que de donner par la fonte leur cuivre noir : ces mattes sont des masses ré-

(2) La marcassite ou pyrite cuivreuse » est très- Pauvre en métal de cuivre ; mais elle contient beaucoup de fer, de soufre , et quelquefois même un peu d'arsénic..… Elle est si dure qu'elle donne des étincelles avec le briquet. (Lettres de M. Demeste à

tom. 2, pag. 367.) .

(3) Ces diflérentes mines de euivre grises éprouvent, dans le sein de la terre , divers degrés d'altéralion , à proportion que leurs mivéralisateurs se volatilisent , elles passent alors par divers états successifs de décomposition , auxquels on a donné les noms de mines de cuivre vitreuse hépatique , violette ou asurée , de mine de chivre vitreuse, couleur de poix, d'asur et de vert de cuivre, de malachite , et enGn de bleu et de vert de montagne... Les couleurs rougeñtre, pourpre, violette, azurée, le chatoiement de l'espèce de glacé qu'on observe à Ja surface de la mine de cuivre hépatique , violetie on azurée , sont dues à la dissipation plus ou moins eonsidérable des substances arsénicales et sulfureuses…. Si la décomposition est plus avancée, les couleurs vives sont remplacées par une teinte d'un brun rougcâtre foncé. (Lettres de M, Demeste, tom. 2, pag. 364 et 365.)

» gulines, contenant du cuivre, du fer, du » zinc, uue très-petite quantité d'argent et » des parties terreuses, le tout réuni par » une grande abondance de soufre.

» Le grand nombre de grillages que l'on » donne à ces mattes avant d'obtenir le cui- » vre noir, a pour but de faire brûler et vo- » latiliser le soufre , et de désunir les parties » terrestres d'avec les métalliques ; on fait » ensuite fondre cette matte en la stratifiant » à travers les charbons, et les particules de » cuivre se réunissent entre elles par la » fonte, et vont par leur pesanteur spécifi- » que occuper la partie inférieure du bassin

» destiné à les recevoir, » Mais lorsqu'on ne donne que très-peu » de grillage à ces mattes, il arrive que » les métaux qui ont moins d’aflinité avec le » soufre ; qu'il n’en a lui-même avec les au- » es qui composent la masse réguline, se » précipitent les premiers ; on peut donc » conclure que l'argent doit se précipiter le » premier, ensuite le cuivre, et que le sou- » fre reste uni au fer. Mais l'argent de ces, » mattes parail être en trop petite quantité » pour se précipiter seul; d'ailleurs il est » impossible de saisir, dans les travaux en » grand, le point précis du rôtissage qui se- » rait nécessaire pour rendre la séparation » exacte... et il nc'se fait aucune préci- » pitation, surtout par la voie sèche, sans » que le corps précipité n'entraine avec lui » du précipitant et de ceux auxquels il étäit » uni (l).»

Ces mines de Saint-Bel et de Chessy, ne contiennent guère qu'une once d'argent par quintal de cuivre, quantité trop petite pour qu’on puisse en faire la séparation avec quelque profit. Leur minérai est une pyrite cuiyreuse mêlée néanmoins de beaucoup de fer. Le minérai de celles de Chessy contient moins de fer et beaucoup de zinc, cependant on les traite toutes deux à peu près de la même manière. On donne à ces pyrites , comme le dit M. Jars , deux, trois, et jusqu'à quatre feux de grillage avant de les fondre. Les mattes qui proviennent de la première fonte, doivent encore être grillées neuf ou dix fois avant de donner , par la fusion, le cuivre noir : en général, le traitement des mincs de cuivre est d'autant plus diflicile et plus long, qu'elles contiennent moins de cuivre et plus de pyrites, c'est-à-dire , de soufre et Snlsii) DEEE SERRE 65). 10 2 eo

(1) Memoires de l'Académie des sciences, année 1770 , pag. 434 et 435.

de fer , et les procédés de ce traîtement doivent varier suivänt la qualité ou Ja quant ité des différents métaux et minéraux contewus dans ces mines. Nods en donnerons quelques exemples dans l'énumération que nous allons faire des principales mines de euivre de l'Europe et des autres parties du monde. h:

En France , celles de Saint-Bel ét de Chessy , dont nous venons de parler ; sont en pleine et grande exploitation, cependant on n'en tire pas Ja vingtième parte du cuivre qui se consomme dans le royaume.

On exploite aussi quelques mines de cuivre dans nos provinces voisines des Pyrénées , et particulièrement à Baigorry dans la basse Navarre (2).,Les travaux de ces mines sont dirigés par un habile minéralogiste , M. Hettlinger , que j'ai déjà eu occasion de citer, et qui a bien voulu m'envoyer pour le Cabinet du Roi, quelques échantillons des minéraux qui s’y trouvent, et entre autres de la mine de fer en écailles qui est très-singuliére, et qui se forme dans les cavités d'un filon mèlé de cuivre et de fer (3).

Il y a aussi de riches mines de cuivre et d'argent à Giromagny et au Puy dans la haute Alsace; on en a tiré en une année s@ize cents marcs d'argent et vingt-quatre milliers de cuivre : on trouve aussi d’autres mines de euivre à Steimbach, à Saint-Ni-

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(2) Dans la basse Navarre, à Baigorry , on découvril, en 1746 , cinq cent trente-trois pieds de filons , suivis par trois galeries el par trois puits ; ces filons avaient un, deux et trois pieds de largeur ; le minéral, tant pur que celui qu'il faut piler et laver , y est enveloppé dans une gangue blanche , du genre des quartz vitrifiables; et il est à remarquer que la plu— part des mines de cuivre de cette contrée sont mélées de fer dans leur minérai , et que celle de Baïgorry , est la seule qui n’en contienne pas-

Ce minérai de Baigorry est jaune quand on le tire d'un endroit sec du filon, el pour peu qu'il y ait d'humidité, il prend toutes sortes de belles couleurs... Mais ces couleurs s’effacent en moins de deux ans à l'air, et disparaissent méme pour peu qu'on chauffe le minérai....

En 1752 on découvrit dans Ta méme montagne un filon de minéral gris, presque massif, contenant cuivre et argent; on en a vu un morceau qui pesail vingt-sept livres sans sucune gangue, qui, par l'essai qu'en ft M. Hellot, donna dix-sept livres de cuivre et trois marcs deux onces trois gros d'argent par quintal fictif... (Hellot, Mémoires de l'Académie des sciences, année 1756, pag. 19 et suivantes.

(3) Lettres de M. Hettlinger à M. de Buffon, Baigorry , le 16 juin 1774.

colas dans le Val-de-Leberthal, et à Astenbach (1).

En Lorraine, la mine de la Croix donne du cuivre , du plomb eflde l'argent ; il y à aussi une mine de cuivre à Fraise, et d’autres aux villages de Sainte-Croix et de Lusse qui tiennent de l'argent ; d’autres à la montagne du Tillot, au Val-de-Lièvre, à Vaudrevanges , et enfin plusieurs autres à Sainte- Marie-aux-Mines (2). ;

Eu Franche-Comté , à Plancher-les-Mines, il ya aussi des mines de cuivre, et auprès de Château-Lambert il s'en trouve quatre veines placées l'une sur l'autre , et l'on prétend que cette mine a rendu depuis vingt jusqu'à cinquante pour cent de cuivre (3).

On a aussi reconnu plusieurs mines de cuivre dans le Limosin (4), en Dauphiné, en Provence, dans le Vivarais ,le Gévaudan et les Cévennes (5) ; en Auvergne près de Saint-Amand; en Touraine à l’abbaye de

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