EE D MONO FO S NOUNS CNRS
quelles néanmoins on le croirait éteint ; il suffit de se frotter la péau de cette pommade mercurielle , pour que ce fluide si pesant soit saisi par intussusception et entraîné dans toutes les parties intérieures du corps, qu'il pénètre intimement, et sur lesquelles ilexerce une action violente, qui se porte particulièrement aux glandes, et se manifeste par la salivation ; le mercure, dans cet état de pommade ou d union avec la graisse, a donc une très-grande aflinité avec les substances vivantes , et son action parait cesser avec la vie; elle dépend d’une part de la chaleur et du mouvement des fluides du corps ; et d'autre part de l'extrême division de. ses parties , qui, quoique très-pesantes en elles-mêmes, peuvent, dans cet état de petitesse extrême , nager avec le sang, ét même y surnager, Comme il surnage les acides
dans sa dissolution en formant une pellicule au-dessus de la liqueur dissolyante. Je ne vois donc pas qu'il soit nécesaire de supposer au mercure un état salin pour rendre raison de ses effets dans les corps animés , puisque son extrême division suffit pour les produire , sans addition d'aucune autre matière étrangère , que celle de la graisse qui en a divisé les parties, et leura communiqué son affinité avec les substances animales ; car le mercure en masse coulante , et même en cinabre, appliqué sur le corps ou pris intérieurement , ne produit aucun effet sensible, et ne devient nuisible que quand il est réduit en vapeurs par le feu, ou divisé en particules infiniment petites par les substances qui, comme les graisses, peuvent rompre les liens de l'attraction réciproque de ses parties.