AL EN
is mil NES
L sm 1 id ee de, a DR -SS
plomb adhère plus fortement à la platine que l'or dont il se sépare en entier , ou presque en entier (1);on peut même reconnaître par l'augmentation de son poids , la quantité de plomb qu'elle a saisi et qu'elle retient si puissamment , que l'opération de la coupelle ne peut l'en séparer; celte quantité A selon M. Schæffer , est de deux ou trois pour cent; cet habile chimiste, qui le premier à travaillé la platine, dit avec raison, qu'au miroir ardent, c’est-à-dire , à un feu supérieur à celui de nos fourneaux , on vient à bout d’en séparer tout le plomb et de la rendre pure ; elle ne diffère donc ici de l'or qu’ence qu'étant plus difficile à fondre , elle se coupelle aussi plus difficilement.
En mélant partie égale de platine et de cuivre, on les fond presque aussi facilement que le cuivre seul , et cet alliage est à peu près aussi fusible que celui de l'or et du cuivre ; elle se fond un peu moins facilement avec l'argent, il en faut trois parties sur une de platine , et l'alliage qui résulte de cette fonte , est aigre et dur ; on peut en retirer l'argent par l'acide nitreux , et avoir ainsi la platine sans mélange , mais néanmoins avec quelque perte ; elle peut de même se fondre avec les autres métaux; et ce qui est trèsremarquable ;, c'est que le mélange d'une très-petite quantité d’arsénic , comme d'une vingtième ou d'une vingt-quatrième partie, suflit pour la faire fondre presque aussi aisément que nous fondons le cuivre ; il n'est pas même nécessaire d'ajouter des fondants à l'arsémic, comme lo ‘on le fond avec le fer ou le cuivre, il suflit seul pour opérer très-promptement la fusion de la platine , qui cependant n’en devient que plus aigre et plus cassante : enfin lorsqu'on la mêle avec l'or , il n'y a pas moyen de les séparer sans intermède , parce que la platine et l'or sont également fixes au feu , et ceci prouve encore que la nature de la platine tient de très-près à celle de l'or ; ils se fondent ensemble assez aisément ; leur union est toujours intime et constante ; et de même qu'on remarque des surfaces dorées dans la platine qui nous vient en grenailles , on voit aussi
PR EEE
. (4) L'or le plus pur ne se sépare jamais parfailement du plomb dans la coupelle ; si vous faites passer un gros d'or fin à la coupelle dans une quantité quelconque de plomb, le bouton d'or, quelque brillant qu'il soit, pèsera toujours un peu plus d'un gros. (Remarque communiquée par M. Tillet.)
des filets ou petites veines d'or dans la platine fondue ; quelques chimistes prétendent même que l'or est un dissolvant de la platine, parce qu'en effet , si l’on ajoute de l'or à l'eau régale , la dissolution de la platine se fait beaucoup plus promptement et plus complètement , et ceci , joint à ce que nous ayons dit de sa dissolution par l'acide nitreux , est encore une preuve et un effet de la grande aflinité de la platine avec l'or; on a trouvé néanmoins le moyen de séparer l'or de la platine, en mélant cet alliage avec l'argent (2), et ce moyen est assez sûr pour qu'on ne doive plus craindre de voir le titre de l'or altéré par le mélange de la platine.
L'or est précipité de sa dissolution par le vitriol de fer, et la platine ne l’est pas; ceci fournit un moyen de séparer l'or de la platine s’il sy trouvait artificiellement allié, mais cet intermède ne peut rien sur leur alliage naturel. Le mercure qui s’amalgame Si puissamment avec l'or, ne s'unit point avec la platine ; ceci fournit un second moyen (2) Lorsqu'on a mélé de l'or avec de la platine, il ya un moyen sûr de les séparer, celui du départs en ajoutant au mélange trois fois autant d'argent ou environ qu'il y a d'or; l'acide nitreux dissout, l'argent et Ja platine, et l'or tout entier enest séparé ; on verse ensuile de l'acide marin sur la liqueur chargée de l'argent et de la platine, sur-le-champ on # un précipité de l'argent seul; et comme on a par là une eau régale, la Platine n'en est que mieux maintenue dans la liqueur qui surnage l'argent précipité, Pour obtenir ensuite Ja platine, on fait évaporer sur un bain de sable La liqueur qui la contient, et on traite le résidu par le flux noir de la chaux de cuivre Propre à rassembler ces particules de platine ; on lamine après cela le bouton de cuivre qu'on a retiré de l'opération, et on le fait dissoudre à froid dans de l'esprit de nitre affaibli ; la platine se précipite au fond du matras , et après Mn recuit , elle s'annonce avec ses caractères métalliques mais avec un déchet de moitié où environ, sur la quantité de la platine qu'on a employée. Voilà le procédé que j'ai suivi et par lequel on voit que je u al rien pu perdre par un défaut de soins ; après des opérations réitérées on parvient À réduire la platine à peu de grains , et enfin à la perdre totalement. Ces expériences annoncent que la platine se décompose et nest pas un métal simple; la matière noire et ferrugineuse se montre à chaque opération, et se trouve mélée avec celle qui a conservé l'état métalliques cette matière noirâtre qui n'a pu reprendre ses caractères métalliques, est fort légère et ne se précipite qu'avec peine ; on ne croirait jamais qu’elle eût appartenu à un métal aussi pesant que la platine ; quatre ou cinq grains de cette matière décomposée ont le volume d'une noïsette. (Note de M, Tillet. }
»en y ajoutant
de recomnaître l'or falsifié par le mélange de la platine ; il ne faut que réduire Vellisge en poudre , et. la présenter au mercure qui s'emparera de toutes les particules d or , et ne s’attachera point à celles de la platine.
| Ces différences entre l'or et la platine , sont peu considérables en comparaison des rapports de nature que ces deux substances out l'une avec l’autre ÿ la platine ne s’est trouvée que dans des mines d’or , et seulement dans deux’ endroits particuliers , et quoique tirée de la même mine , sa substance n’est pas toujours la même ; Car en essayant sous le marteau plusieurs grains de platine, telle qu'on nous l'envoie ; j'ai reconnu elques-uus de ces grains s’étendaient assez facilement , tandis que d’autres se brisaient sous une percussion égale ; cela seul suffirait pour faire voir que ce n'est point un métal natif et d'une nature univoque , mais un mélange équivoque , qui se trouve plus ou moins aigre , selon la quantité et la qualité des matières alliées.
Quoique la platine soit blanche à peu près comme l'argent , sa dissolution est jaune , et même plus jaune que celle de l'or ; cette couleur augmente encore à mesure que la dissolution se sature, et devient à-la-fois tout à fait rouge ; cette dernière couleur ne provient-elle pas du fer toujours uni à la platine ( [) ? En faisant évaporer lentement cette dissolution ,; on obtient un sel cristallisé , semblable au sel d’or ; la dissolution noircit de même la peau , et laisse aussi précipiter la platine ; comme l'or, par l’éther et par les autres huiles éthérées ; enfin son sel reprend ; comme celui de For, son état métaMique , sans addition ni secours.
Le produit de la dissolation de la platine parait différer de l'or dissous, en ce que le précipité de platine fait par l’alkali volatil , ne devient pas fulminant comme For ; mais
(1) La platine se dissout daus l'eau régale , qui doit être composée de parlies égales d'acide nitreux et d'acide marin. Il en faut environ seize parties pour une partie de platine , et il faut qu'elle soit aidée de lv chaleur. ... La dissolution prend une couleur jaune qui passe au rouge-brun foncé ; il reste au. fond du vaisseau des matières étrangères qui étaient mélées à la platine , et particulièrement du sable magnétique. La dissolution de la platine fournit par le refroidissement, de petits cristaux opaques de couleur jaune et d'une saveur âcre ; ces cristaux se fondent imparfaitement au feu, l'acide se dissipe, et il reste une chaux grise obscure. (Eléments de Chimie , par M, de Morveau, tom. 2, peg. 266 et 267.)
aussi peut-être que si l’on joignaitume petite quantité de fer à la dissolution d'or, le précipité ne serait pas fulminant ; j ; « de même que c'est par une c le que le précipité de la platine pa in ne se colore pas de pourpre comme celui de l'or ; et dans le vrai , ces différences sont si légères en comparaison des grands et vrais rapports que la platine a constamment avec l'or, qu'elles ne suflisent pas à beaucoup près pour faire un métal à part et indépendant , d’une matière qui n’est très-vraiséemblablement qu'altérée par le mélange du fer et de quelques vapeurs arsénicales ; ear , quoïque notre art ne puisse rendre à ces deux métaux altérés leur première essence , il ne faut pas conclure de son impuissance à l'impossibilité ; ce serait prétendre que la nature n’a pu faire ce que nous ne pouvons défaire, ei nous devrions plutôt nous attacher à l'imiter qu'à la contredire.
Aucun acide simple , ni même le sublimé corrosif ni le soufre n’agissent pas plus sur la platine que sur l'or, mais le foie de soufre les dissout également ; toutes les substances métalliques la précipitent comme For, et son précipité conserve de même sa couleur et son brillant métallique; elle s'allie comme l'or avec tous les métaux et les demimétaux.
La différence la plus sensible qu'il y ait entre les propriétés secondaires de l'or et de la platine, c’est la facilité avec laquelle il s’amalgame avec le mercure, et la résistance que la platine oppose à cette union ; il me semble que c’est par le fer et par l’arsénic , dent Ja platine est intimement pénétrée, que l'or aura perdu son attraction avec ke mercure qui, comme lon sait , ne peut s'amalgamer avec le fer, et encore moins avec larsénic; je suis donc persuadé qu'on Pourra toujours donner la raison de toutes ces différences , en convenant avec moi que la platine est un or dénaturé par le mélange intime du fer et d’une vapeur d’arsénic.
La platine mêlée emparties égales avec l'or, exige un feu violent pour se fondre; l’alliage est blanchôtre , dur, aigre et cassant ; néanmoins en le faisant recuire, il s'étend um peu sous le marteau ; si on met quatre par ties d’or sur une de platine , il ne faut pas un si grand degré de feu pour les fondre , l’alliage conserve à peu près la couleur de l'or et l’on a observé qu'en général l'argent blanchit l’or beaucoup plus que la platine ;
cet alliage de quatre parties d'or sur une de platine, peut s'étendre en lames minces
sous le marteau.
P our fase la platine et l'argent mêlés UE gales , il faut un feu très-vio-
lent, et cet alliage est moins brillant et plus dur que l'argent pur, il n’a que pe“ de ductilité , sa substance est grenue ; les grains en sont assez gros, et paraissent mal liés, et lors même que l'on met sept on huit parties d'argent sur une de platine , le grain de l'alliage est toujours grossier ; On peut par ce mélange faire cristalliser très-aisément l'argent en fusion (1), ce qui démontre le peu d’aflinité de ce métal avec la platine, puisqu'il ne contracte avec elle qu'une union imparfaite.
H n’en est pas de même du mélange de la platine avec le cuivre, c’est de tous les métaux celui avec lequel elle se fond le plus facilément ; mêlés à parties égales, l'alliage en est dur et cassant; mais si l'on ne met qu'une huitième ou une neuvième partie de platine, l'alliage est d’une plus belle couleur que celle du cuivre; il est aussi plus dur, et peut recevoir un plus beau poli, il résiste beaucoup mieux à l'impression des éléments humides , il ne donne que peu où point de vert-de-gris , et il est assez ductile pour être travaillé à peu près comme le cuivre ordinaire. On pourrait donc , en alliant le cuivre et la platine dans cette proportion , essayer d'en faire des vases de cuisines, qui pourraient se passer d’étamage , et qui n'auraient aucune des mauvaises qualités du cuivre , de l’étain et du plomb.
La platine, mélée avec quatre ou cinq fois autant de fonte de fer , donne un alliage plus dur que cette fonte, et encore moins sujet à la rouille, il prend un beau poli; mais il est trop aigre pour pouvoir être mis en œuvre comme l'alliage du cuivre. M. Lewis, auquel on doit ces observations , dit aussi que la platine se fond avec l'étain en
ES EE “a
(1) Les cristallisations constantes de l'argent où il est entré de la platine, semblent indiquer réellement le peu d'affinité qu'il y a entre ces deux métaux, il paraît que l'argent tend à se séparer de la platine. On à infailliblement des cristallisations d'argent bien prononcées , en fondant huit parties d'argent pur avec une partie de platine et en les passant à lo coupelle. J'ai remis pour le Cabinet du Roï des boutons de deux gros ainsi cristallisés à leur surface ; la loupe la moins forte d’un microscope fait distinguer nettement les petites pyramides de l'argent. (Remarque commur niquée par M. Tillet.)
toutes proportions, depuis parties égales jusqu'à vingt-quatre parties d'étain sur une de platine , et que ces alliages sont d'autant plus durs et plus aigres, que la platine est en plus grande quantité, en sorte qu'il ne paraît pas qu'on puisse les travailler : ilen est de même des alliages avec le plomb, qui même exigent un feu plus violent que ceux avec l'étain. Cet habile chimiste a encore observé que le plomb et l'argent ont tant de peine à s'unir avec la platine, qu'il tombe toujours une bonne partie de la platine au fond du creuset, dans sa fusion avec ces deux métaux, qui de tous ont par conséquent le moins d'aflinité avec ce minéral.
Le bismuth , comme le plomb, ne s'allie
qu'imparfaitement avec la platine, et Pal.
liage qui eu résulte est cassant au point d'être friable : mais de la même manière que dans les métaux , le cuivre est celui avec lequel la platine s’unit le plus facilement, il se trouve que des demi-métaux , c'est le zinc avec lequel elle s’unit aussi le plus parfaitement; cet alliage de la platine et du zinc n@ chañge point de couleur, et ressemble at zinc pur; il est seulement plus ou moins bleuâtre, selon la proportion plus ou moins grande de la platine dans le mélange ; il ne se ternit point à l'air, mais il est plus aigre que le zinc qui, comme l'on sait, s'étend sous le marteau : ainsi cet alliage de la platine et du zinc, quoique facile , n’offre encore aucun objet d'utilité ; mais si l'on mêle quatre parties de laiton ou cuivre jaune avec une partie de platine, l'union parait s’en faire d'une manière intime , la substance de l'alliage est compacte et fort dure, le grain en est très-fin et très-serré, et il prend un vif qui ne se ternit point à l'air; sans être bien ductile , cet alliage peut plant aitié s’étendre assez sous le marteau , pour pouvoir s’en servir à faire des miroirs de télescopes et d’autres petits ouvrages dont le poli doit résister aux impressions de l'air.
J'ai cru pouvoir avancer il y a quelques années (2), et je crois pouvoir soutenir encore aujourd'hui , que la pla n'est point un métal pur, mais seulement un alliage d'or et de fer, produit accidentellement et par des circonstances locales; comme tous n0S chimistes, d’après MM. Schæffer et Lewis ; avaient sur cela pris leur parti, qu'ils en avaient parlé comme d'un nouveau métal parfait , ils ont cherché des raisons contre A SDS D RUES Se LOUE RES
(2) Suppléments, tom, } , in-4°, pag. 301 et suiv.
LR !7
mon opinion , et ces raisons m'ont paru se réduire à une seule objection que Je tâcherai de ne pas laisser sans réponse : « Si la pla- » tine, dit un de nos plus habiles chimis- » tes (1), était un alliage d'or et de fer, elle » devrait reprendre les propriétés de l'or à » proportion quon détruirait et qu'on lui » enlèverait une plus grande quantité de son » fer , et il arrive précisément le contraire ; » loin d'acquérir la couleur jaune , elle n’en » devient que plus blanche > et les propriétés » par lesquelles elle diffère de l'or n’en sont » que plus marquées. » Il est très-vrai que si l’on mêle de l'or avec du fer dans leur état ordivaire , on pourra toujours les séparer en quelque dose qu'ils soient alliés, et qu'à mesure qu’on détruira et enlèvera, le fer, l'alliage reprendra la couleur de l'or, et que ce dernier métal reprendra lui-même toutes ses propriétés dès que le fer en sera séparé ; mais n'ai-Je pas dit et répété que le fer, qui se trouve si intimement uni à la platine , n'est pas du fer dans son état ordinaire de métal, qu’il est au contraire, comme le sablon ferrugineux , qui se trouye mêlé avec 14 platine, presque entièrement dépouillé de ses propriétés métalliques, puisqu'ilest presque infusible ; qu'il résiste-à la rouille, aux acides, et qu'il ne lui reste que la propriété d'être attirable à l’aimant : dès lors lobjection tombe, puisque le feu ne peut rien sur cette sorte de fer; tous les ingrédients , toutes les combinaisons chimiques , ne peuvent ni l’altérer ni le changer, ni lui ôter sa qualité magnétique , ni même le séparer en entier de la platine avec laquelle il reste constamment et intimement uni; et quoique la platine conserve sa blancheur et ne prenne point la couleur de l'or, après toutes les épreuves qu'on lui a fait subir, cela n’en prouve que mieux que l'art ne peut altérer sa nature ; sa substance est blanche et doit l'être en effet en la supposant , comme je le fais, composée d’or dénaturé par l’arsénic, qui lui donne cette couleur blanche, et qui ; Ta très-volatil peut néanmoins y être très-fixement uni, et même plus intimement qu'il ne l’est dans le cuivre dont on sait qu’il est très-difhcile de le séparer.
Plus j'ai combiné les observations générales et les faits particuliers sur la nature de la platine , plus je me suis persuadé que ce n’est qu'un mélange accidentel d'or imbu de vapeurs arsénicales , et d’un fer brûlé autant a ————
(1) M. Macquer,
qu'il est possible , auquel le feu a par conséquent enlevé toutes ses propriétés. métalliques , à l'exception de son ma me; je crois même que les physicien :
ront sans préjugé , sur tous 1 que je
viens d'exposer , seront de mon avis ; et que les chimistes ne s’obstineront pas à regarder
comme un métal pur et parfait , une matière qui est évidemment alliée avec d’autres substances métalliques. Cependant voyons encore de plus près les raisons sur lesquelles ils voudraient fonder leur opinion.
En recherchant les différences de l'or et de la platine jusque dans leur décomposition on a observé , 1° que la dissolution de la platine dans l’eau régale ne teint pas la peau, les os, les marbres et pierres calcaires en couleur pourpre , comme le fait la dissolution de l'or, et que la platine ne se précipite pas en poudre couleur de pourpre, comme For précipité par l'étain ; mais ceci doit-il nous surprendre , puisque la platine est blanche et que l'or est jaune ? 2° L’esprit-de-vin et les autres huiles essentielles, ainsi que le vitriol de fer , précipitent l'or et ne précipitent pas la platine; mais il me semble que cela doit arriver , puisque la platine est mélée de fer avec lequel le vitriol martial et les huiles essentielles ont plus d'aflinité qu’avec l'eau régale, et qu'en ayant moins avec l'or elles le laissent se dégager de sa dissolution. 3° Le précipité de la platine par l'alkali volatil, ne devient pas fulminant comme celui de l'or , cela ne doit pas encore nous étonner ; car cette précipitation produite par Palkali, est plus qu'imparfaite, attendu que la dissolution reste toujours colorée et chargée de‘platine , qui dans le vrai, est plutôt calcinée que dissoute dans l'eau régale : elle ne peut done pas, comme l'or dissous et précipité, saisir l'air que fournit l'alkali volatil, ni par conséquent devenir fulminante. 4° La platine traitée à la coupelle , soit par le plomb , le bismuth ou l'antimoine , ne fait point l'éclair comme l'or , et semble retenir une portion de ces matières, inais cela ne doit-il pas nécessairement arriver , puisque sa fusion n’est pas parfaite, et qu'un mélange avec une matière déjà mélangée, ne peut produire une substance pure, telle que celle de‘l'or quand il fait l'éclair ? Ainsi toutes ces différences , loin de prouver que la platine est un métal simple et différent de l'or, semblent démontrer au contraire , que c’est un or dénaturé par l’alliage intime d'une matière ferrugineuse également
& 2 LA
La ne ni LE, nasal s dE nr fini. À
dénaturée ; et si notre art ne peut rendre à ces métaux leur première forme , il ne faut Pas en conclure que la substance de la platine ne s composée d'or et de fer, Puisque 1 nee du fer y est démontrée Par l'aimant , et celle de l'or par la balance.
Avant que la platine fût connue en Europe, les Espagnols, et même les Amériricains, l'avaient fondue en la mêlant avec des métaux, et particulièrement avec le cuivre et l'arsénic; ils en avaient fait différents petits ouvrages qu'ils donnaient à plus bas prix que de pareils ouvrages en argent; mais avec quelque métal qu’on puisse allier la platine , elle en détruit ou du moins diminue toujours la ductilité ; elle les rend tous aigres et cassants, ce qui semble prouver qu'elle contient une petite quantité d'arsénic, dont on sait qu'il ne faut qu'un grain pour produire cel effet sur une masse considérable de métal: d’ailleurs, il parait que dans ces alliages de la platine avec les métaux, la combinaison des substances ne se fait pas d’une manière intime, : c’est plutôt une agrégation qu'une union parfaite, et cela seul suffit pour produire l'aigreur de ces alliages. Me
M. de Morveau , aussi savant physicien qu'habile chimiste, dit avec raison, que la densité de la platine (1) n’est pas constante, qu'elle varie même suivant les différents procédés qu'on emploie pour la fondre , quoiqu’elle n'y prenne certainement aucun alliage (2); ce fait ne démontre-t-il pas deux choses? la première , que la densité est ici d'autant moindre que la fusion est plus imparfaite , et qu'elle serait peut-être égale à celle de l'or si l'on pouvait réduire la platine en fonte parfaite ; c’est ce que nous avons tâché de faire en en faisant passer quelques livres à travers les charbons dans un fourneau d'aspiration (3) : la seconde, c’est que
(1) Selon M. Brisson, la platine en grenaille ne pèse que 1092 livres 2 onces le pied cube, tandis que la platine fondue et écrouie pèse 1423'livres 9 onces, ce qui surpasse la densité de l'or battu et écroni , qui ne pèse que 1355 livres 5 onces. Si cette détermination est exacte, on doit en iuférer que la platine fondue est susceptible d'une plus grande compression
. que l'or.
(2) Élements de Chimie, tom. 1, pag. 110.
(3) IL est impossible de fondre la platine ou or blanc dans un creuset, sans addition. Il résiste à un feu aussi vif, ét même plus fort que celui qui fond les meilleurs ereusets.... 11 fondrait beaucoup plus aisément sur les charbons , sans creuset ; mais on ne
cet alliage de fer et d'or, produit par un accident de nature , n’est pas, comme les métaux , d’une densité constante, mais d’une densité variable, et réellement différente suivant les circonstances, en sorte que telle
peut le traiter ainsi, quand on n'en a pas une livre, et j'étais dans ce cas. Le phlogistique des charbons ue contribue en aucune manière à Ja fusion de ce métal; mais leur chaleur animée par le soufllet de forge est beaucoup plus forte que celle du creuset. (Description de l'or blanc , etc., par M. Schœfler , Journal étranger, mois de novembre 1757.) — J'ai pensé sur cela comme M. Schæfler, et j'ai cru que je viendrais à bout de fondre parfaitcment la platine en la faisant passer à travers les charbons ardents, et en assez graude quantité pour ponvoir la recueillir en fonte ; M. de Morveau a bien voulu conduire cette opération en ma présence ; pour cela nous avons fait construire, au mois d'août detnier 1761 , une espèce de haut fourneau de treize pieds huit pouces de hauteur totale divisée en quatre parties égales , savoir : la partie inférieure , de forme cylindrique de vingt pouces de haut sur vingt pouces de diamètre , formée de trois dalles de pierre calcaire posées sur une pierre de même nature, creusée légèrement en fond de chaudière ; ce cylindre était percé versie bas de trois ouvertures disposées aux sommets d'un triangle équilatéral inscrit ; chacune de ces ouverlures élait de huit pouces de longueur sur dix de hauteur , et défendue à l'extérieur par des murs en brique , à la manière des Bardes-tirants des fours à porcelaine. :
La seconde partie du fourneau formée de dalles
de même pierre , élait en cône de douze pouces de
hauteur , ayant au bas vingt pouces de diamètre et neuf pouces au-dessus ; les dalles de ces deux parties étaient entretenues par des cercles de fer.
La troïsième partie formant ces de diamètre ét de cinq pi struite en briques.
Un tuyau de tôle de neuf pouces de diamètre et six pieds de hauteur , placé sur le tuyau de briques , formait la quatrième et dernière partie du fourneau ; On avait pratiqué une porte vers le bas pour la commodité du chargement.
Ce fourneau ainsi construit » On mit le feu vers les quatre heures du soir, il tira d'abord assez bien; mais ayant été chargé de charbon jusqu'aux deux tiers du tuyau de briques , le feu s'éteignit, et on eût assez de peine à le rallumer et À faire desde les charbons qui s'engorgeaient; l'humidité eut sans doute aussi quelque part à cet effet; ce ne fut qu'à minuit que le tirage se rétablit, on l'entretint jusqu'à huit heures du matin en chargeant de charbon À la hauteur de cinq pieds seulement , et bouchant alternativement un des tisards pour augmenter l'activité des deux autres.
Alors on jeta dans ce fourneau treize omees de platine mélée avec quatre livres de verre de bouteille pulvérisé et tamisé, et on continua de charger de
un tuyau de neufpoueds de long, fut con-
platine est plus ou moins pesante que telle autre , tandis que, dans tout vrai métal, la densité est égale dans toutes les parties de
sa substance.
es charbon à la même hauteur de cinq pieds au-dessus du fond. r
Deux heures après on #jouta mêmé quantité de platine et de verre pilé. ;
On aperçut vers le midi quelques scories à l'ouverture des tisards; elles étaient d'un verre grossier , tenace, pâteux, et présentaient à leur surface des grains de platine non allaqués; où fit rejeter dans le - fourneau toutes celles que l'on pat Lirer,
On essayu de boucher à-la-fois deux tisards , et l'élévation de la flamme fit voir que le tirage en était réellement augmenté , mais les cendres qui s’amoncelaïent au fond, arrétant le tirage, on prit le parti de faire jouer un très-gros soufllet en introduisant la buse dans un des tisards, les autres bouchés , et pour lors on enleva le tuyau de tôle qui devenait inutile,
On reconnut vers les cinq heures du’ soir que les cendres étaient diminuées ; les scories mieux fondues contenaient uné infinité de petits globules de platine ; mais il ne fut pas possible d'obtenir un laitier assez fluide pour permettre la réuuion des petits culots mé.
talliques ; on arrêla le feu à minuit,
Le fourneau ayant été ouvert après deux jours de refroidissement ; on trouva sur le fond une masse de scories grossières ; formées des cendres vitrifiées et de quelques matières étrangères portées avec le charbon, la platine y était disséminée en globules de différentes grosseurs, quelques-uns du poids de vingt-cinq À trente grains , tous très-attirables à l'aimant : on observa dans quelques parties des scories, une espèce de cristallisation en rayons divergents, comme l'asbeste ou l'hématite striée. La chaleur avait été si wiolente que, dans tout le pourtour intérieur, Ja pierre an fourneau était complètement calcinée detrois pouces et demi d'épaisseur et méme entamée en quelques endroits par la vitrification.
Les scories pulvérisées furent débarrassées par un lavage en grande eau , de toutes les parties de chaux et même d'une portion de la terre. On mit toute la matière restante dans un très-grand creuset de plomb noir avec une addition de six livres d'alkali extemporané; ce creuset fut placé devant les soufllets d'une chaufferie: en moins de six heures le creuset fut percé du côté du vent, et il fallut arrêter le feu parce que Ja matière qui en sortait coulait au-devant des soufllets.
On reconnut le lendemain à l'ouverture du creuset que la masse vitreuse qui avait coulé et qui était encore attachée an creuset, tenait une quantité de petits culots de platine du poids de soixante À quatre-vingts grains chacun, et qui étaient formés de globules refondus ; ces culots étaient de même très-magnéliques , et plusieurs présentaient à leur surface des éléments de cristallisation. Le reste de la platine était à peine agglutiné.
On pulvérisa grossièrement toute la masse, ct en
M: de Morveau a reconnu, Comme moi ct avec MOI, quela platine est en elle même magnétique, indépendamment ! blon fer rugineux dont elle est extérie mêlée et quelquefois environnée ; € cette ob.
servation a été contredite ; et que Schæffer a prétendu qu’en faisant seulement rougir Ja platineelle cessait d'être attirableà l'aimant; que d'autres chimistes en grand nombre ont dit qu'auprès la fonte elle était absolument insensible à l’action magnétique, nous ne Pouvons nous dispensér de présenter ici le résultat des expériences, et les faits relatifs à ces assertions.
MM. Macquer et Baumé assurent avoir reconnu: « qu'en poussant à un très-grand feu » pendant cinquante heures la coupellation » de la platine, elle avait perdu de sôn poids,
. » ce qui prouve que tout le plomb avait passé
» à la coupelle avec quelque matière qu'il » avait enlevée , d'autant que cette platine » passée à cette forte épreuve de coupelle » était devenue assez ductile pour s'étendre » sous le marteau (1). » Mais s'il était bien constant que la platine perdit de son poids à la coupellation, et quelle en perdit d’autant plus que le feu est plus violent et plus long-temps continué; cette coupellation de cinquante heures n'était encore qu'imparfaite , et n’a pasréduit la platine à son état de pureté : « On n'était pas encore parvenu, dit » avec raison M. de Morveau, à achever la » coupellation de la platine lorsque nous » avons fait voir qu'’ilétait possible de la ren- » dre complète au moyen d'un feu de la der- » nière violence. M. de Buffon a inséré dans » ses Suppléments (2) le détail de ces expé- » riences qui ont fourni un bouton de platine ” pure, et absolument privée de plomb et de » tout ce qu’il aurait pu scorifier ; et il faut » observer que cette platine manifesta encore
y promenant le barreau aimanté , on en retira près de onze onces de platine , tant en globules qu'en poussière métallique ; cette expérience fut faite aux forges de Buffon, et en même temps nous répétâmes dans mon laboratoire de Monthard l'expérience de la platine malléable: on fit dissoudre un globule de platine dans l'eau régale, on précipita la dissolution par le sel ammoniac , le précipité, mis dans un creuset au feu d'une petite forge , fut promptement revivifié, quoique sans fusion complète. 11 s'étendit très-bien sous le marteau , et les parcelles atténuées et divisées dans le mortier d’agate se trouvèrent encore sensibles À l'aimant.
(1) Dictionnaire de Chimie , art. Platine,
(2) Tom. 5, pag, 167, in-4°, 4e expérience,
» uu peu de sensibilité à l’action du barreau » aimanté lorsqu'elle fut réduite en poudre ; » ce qui annonce que cette propriété lui est » essentiel puisqu'elle ne peut dépendre » ici de l'alliage d’un fer étranger (1). On ne doit donc pas regarder la platine comme un métal pur, simple et parfait, puisqu'en la purifiant autant qu'il est possible, elle contient toujours des parties de fer qui la ren-
‘dent sensible à l’aimant. M. de Morveau a
fonda la platine, sans addition due matière métallique , par un fondant composé de huit parties de verre pulvérisé , d'une partie de borax calciné, et d'une demi-partie de poussière de charbon. Ce fondant vitreux et salin fond également les mines de fer et
celles de tous les autres métaux (2) ; et après
cette fasion où il n'entre ni fer ni aucun autre métal , la platine broyée dans un mortier
(1) Éléments de Chimie, tom. 1, pag. 219. « 11 » n’est pas possible, dit ailleurs M. de Morveau, de » supposer que la portion de platine d'abord traitée » par le nitre et ensuite par l'acide vitriolique, fâtun » fer étranger à la platine elle-mème, puisqu'il est » évident qu'il aurait été calciné à la première déto- » nation , et que nous avions eu l'attention de ne » soumettre à la seconde opéralion que la platine qui » avait reçu le brillant métallique ; cette réflexion » nous a engagés à traiter une troisième fois les cinq » cents grains restants, et le résultat a été encore » plus satisfaisant. Le creuset ayant été Lenu plus » long-temps au feu , la platine était comme agglu- » linée au-dessous de la matière saline, la lessive » était plus colorée et comme verdâtre ; et la pous- » sière noire plus abondante, l'acide vitriolique , » bouilli sur ce qui était resté sur le filtre , était sen- » siblement plus chargé, et la platine en état de mé- » tal , réduite à trente-cinq grains, compris quelques » étailles qui avaient l'apparence de fer Lrülé , et qui » étaient beaucoup plus larges qu'aucun des grains » de platine. Une autre circonstance bien digne de » remarque, c'est que dans ces trente-cinq grains on » découvrait aisément , à la seule vue, nombre de » paillettes de couleur d'or, tandis qu'auparavant » nous n'en avions aperçu aucune, même avec le » secours de la loupe...
» Nous avons fait digérer dans l'eau régale la pous- » sière noire qui avait été séparée par les lavages; elle » a fourni une dissolution passablement chargée, qui » avait tous les caractères d'une dissolution de pla- » tine , qui a donné sur-le-champ un beau précipité » jaune pâle , par l'addition de Ja dissolution du sel » ammoniac, ce qui n'arrive pas à la dissolution de » fer dans le même acide mixte; la liqueur prussienne » saturée l'a colorée en vert, et la fécule bleue a été » plusieurs jours À se rassembler. » (Éléments de Chimie, par M. de Morveau , tom, 2, pag. 155 et suiv.).
(2) Jdem , tom, 1, pag. 227.
d'agate était encore attirable à l'aimant. Ce même habile chimiste est le premier qui soit venu à bout d’allier la platine avec le fer forgé, au moyen du fondant que nous venons d'indiquer : cet alliage du fer forgé avec la platine est d’une extrême dureté, il reçoit un très-beau poli qui ne se ternit point à l'air, et ce serait la matière la plus propre de toutes à faire des miroirs de télescope (3)-
Je pourrais rapporter ici les autres expé-
riences par lesquelles M. de Morveau s'est,
assuré que le fer existe toujours dans la platine la plus purifiée ; on les lira avec satisfaction dans son excellent ouvrage (4); on y trouvera entre autres choses utiles, l'indication d’un moyen sûr et facile de reconnaitre si l'or a été falsifié par le mélange de la platine ; il suflit pour cela de faire dissoudre dans l’eau régale une portion de cet or sus-
pect, et d'y jeter quelques gouttes d'une
dissolution de sel ammoniac , il n'y aura aucun précipité si l'or est pur, et au contraire. il se fera un précipité d’un beau jaune S'il est mêlé de platine ; on doit seulement avoir attention de ne pas étendre la dissolution Se: beaucoup d’eau (5); c’est en traitant le
ipité dé la platine , par une dissolution concentrée de sel ammoniac, et en lui faisant subir un feu de la dernière violence , qu'on peut la rendre assez ductile pour s'étendre sous le marteau , mais dans cet état de plus grande pureté, lorsqu'on la réduit en poudre: elleest encore attirable à l'aimant; la platine est donc toujours mélée de fer, et dès lors on ne doit pas la regarder comme un métal simple : cette vérité, déjà bien constatée, se confirmera encore par toutes les expérierw ces qu'on voudra tenter pour s'en assurer- M. Marcgraff a précipité la platine par plusieurs substances métalliques; aucune de ces précipitations ne lui a donné la platine en état de métal, mais toujours sous la forme d’une poudre brune ; ce fait n’est pas le moins important de tous les faits qui mettent ce minéral hors de la classe des métaux simples. POP ROMANE PR SRE Me EEE €
(3) La platine est de tous les métaux le plus propre à faire les miroirs des télescopes , puisqu'elle résiste, aussi bien que l'or, aux vapeurs de l'air, qu'elle est compacte, fort dense, sans couleur et plus dure que l'or , que le défaut de ces deux propriétés rend inutile pour cet usage. ( Discription de l'or blanc , par M. Schæœffer , Journal étranger, mois de novembre 1757. )
(4) Voyez les Éléments de Chimie, tom. 2, pag. 54 et suiv.
(5)1 dém ,ibid., pag. 269 et 314.
OT
M. Lewis assure que l'arsénic dissout aiscment la platine ; M. de Morvean ; plus exact dans ses expériences, a reconmu que celte dissolution n’était qu'imparfaite , etquel'arséuic corrodait plutôt qu'il ne dissolyait la platine, et de tous les essais qu il a faits sur ces deux minéraux , joints ensemble, il conclut qu'il y a entre eux une très-grande afnité, «ce qui ajoute , dit-il, aux faits qui » établissent déjà tant de rapports entre la » platineet le fer; » mais ce dernier fait ajoute aussi un degré de probabilité, à mon idée, sur l'existence d’une petite quantité d'arsénic dans cette substance composée defer et d'or.
A tous ces faits qui me semblent démontrer que la platine n'est point un métal pur et simple, mais un mélange de fer et d'or tous deux altérés , et dans lequel ces deux métaux sont intimement unis ; je dois ajouter une observation quine peut que les confirmer : il y a des mines de fer, tenant or et argent , qu'il estimpossible même avec seize parties de plomb de réduire en scories fluides ; elles sont toujours pâteuses et filantes, et par conséquent l'or et l'argent qu'elles contiennent ne peuvent s'en séparer pour se
joindre au plomb. On trouve en une infinité d’endroits des sables ferrugineux tenant de l'or ; mais jusqu’à présent on n’a pu, par la fonte en grand, en séparer assez d'or pour payer les frais ; le fer quise ressuscite retient l'or, ou bien l'or reste dans les scories (1) 3 cette union intime de l'or avec le fer dans ces sablons ferrugineux , qui tous sont très-magnétiques et semblables au sablon de la platine , indique que cette même union peut bien être encore plus forte daus la platine où l'or a souffert , par quelques vapeurs arsénicales , une altération qui l’a privé de sa ductilité : etcette union est d'autant plus diflicile à rompre, que ni l'un ni l'autre de ces métaux n'existe dans la platine en leur état de nature, puisque tous deux y sont dénués de la plupart de leurs propriétés métalliques.
EE
(1) Traité de la fonte des mines de Schlutter, tom. 1, pages 183 et 184. — Nota. On doit néanmoins observer que le procédé indiqué par M. Hellot, d'après Schlulter , n'est peut-être pas le meilleur qu'on puisse employer pour tirer l'or et l'argent du fer, M. de Grignon dit qu'il faut scorifier par le soufre , rafraîchir par le plomb et coupeler ensuite; il assure que le sieur Vatrin a tiré l'or du fer avec quelque bénéfice, et qu'il en a traité dans un an quarante milliers qui venaient des forges de M. de la Blouze en Nivernois et Berry , d'une veine de mine de fer qui a cessé de fournir de ce minéral aurifère,
TAÉORIE DE LA TERRE. Z'ome III.
« Toutes les expériences que j'ai faites sur » la platine, m'écrit M. Tillet, me condui-
» sent à croire qu'elle n'est point un métal » simple, que le fer y domine e : qu'elle » ne contient point d'or.» Q que confiance que j'aie aux lumières de ce savant académicien , je ne puis me persuader que la partie dense de la platine ne soit pas es-
sentiellement de l'or, mais de l'or altéré., et au- *
quel notre art n’a pu jusqu’à présent rendre sa première forme : ne serait-il pas plus qu'étonnant qu'il existàt en deux seuls endroits du monde une matière aussi pesante que l'or , qui ne serait pas de l'or? et que cette matière si dense qu'on voudrait supposer différente de l'or, ne se trouvât néanmoins que dans des mines d’or ? Je le répète , si la platine se trouvait, comme les autres métaux, daus toutes les parties du monde , si elle se trouvait en mines particulières, et dans d'autres mines que celles d'or, je pourrais peuser alors avec M. Tillet qu'elle ne contient point d'or, et qu'il existe en effet une autre matière à peu près aussi dense que l'or dont elle serait composée avec un mélange de fer , et dans ce cas, on pourrait la regarder comme un septième métal , surtout si l'on pouvait parvenir à en séparer le fer; mais jusqu'à ce jour , tout me semble démontrer ce que j'ai osé avancer le premier , que ce minéral n'est point un métal simple, mais seulement un alliage de fer et d'or. 11 me paraît même qu'on peut prouver par un seul fait , que cette substance dense de la platine n'est pas une matière particulière essentiellement différente de l'or ; puisque le soufre ou sa vapeur agit sur tous les métaux, à l'exception de l'or, et que n'agissant point du tout sur la platine, on doit en
conclure que la substance dense de ce miné-
ral est de même essence que celle de l'or, et l'on ne peut pas objecter que par la mème raison la platine ne contienne pas du fer , sur lequel l'on sait que le soufre agit avec grande énergie , parce qu'il faut toujours se souvenir que le fer contenu dans la platine n'est point dans son état métallique, mais réduit en sablon magnétique, et que dans cet état le soufre ne l'attaque pas plus qu'il attaque l'or.
M. le baron de Sickengen , homme aussi recomnandable par ses qualités personnelles et ses dignités que par ses grandes connaissances en chimie, a communiqué à l'Académie des sciences , en 1778, les observations et les expériences qu'il avait faites sur
la platine; et je fais ici volontiers l'éloge de son travail , quoique je ne sois pas d'accord avec lui sur quelques points que nous avons probablement vus d'une manière différente.
Par exemple, il annonce par son expérience 21, que le nitre en fusion n'altère pas la platine; je ne puis m'empêcher de lui faire vbserver que les expériences des autres chimistes, et en particulier celles de M. de Morveau , prouvent le contraire; puisque Ja platine, ainsi traitée , se laisse attaquerpar l'acide vitriolique et par l'eau-forte (1).
L'expérience 22 de M. le baron de Sickengen paraît confirmer le soupçon que j'ai toujours eu que la platine ne nous arrive pas telle qu'elle sort de la mine , mais seulementaprès avoir passé sous la meule , et très-probablement après avoir été soumise à l'amalgame ; les globules de mercure que M. Schæffer et M. le comte de Milly ont remarqué dans celle qu'ils traitaient, viennêént à l'appui de celte présomption que je crois fondée.
J'observerai au sujet de l'expérience 55 de M. le baron de Sickengen, qu'elle avait #té faite auparavant, et publiée dans une lettre qui m'a été adressée par M. de Morveau , et qui est insérée dans le Journal de Physique , tome 6 , page 193 ; ce que M. de Sickengen a fait de plus que M. de Morveau, c'est qu'ayant opéré sur une plas grande quantité de platine, il a pu former un barfeau d’un culot plus gros que celui que M. de Moryeau n’a pu étendre qu'en une petite lame.
Jé ne peux me dispenser de remarquer aussi que le principe posé pour servir de base aux conséquences de l'expérience 56, ne me parait pas juste; car un alliäge même fait par notre art peut avoir ou acquérir des propriétés différentes dans les substances alliées, et par conséquent la platine pourrait s’allier au mercure, sans qu'on pût en conclure qu'elle ne contient pas de fer, et même cette expérience 56 est peut-être tout ce qu'il ya de plus fort pour prouver au moins l'impossibilité de priver la platine de tout fer , puisque cette platine revivifiée que l'on nous donne pour la plus pure, et qui éprouve une sorte de décomposition par le mercure, produit une poudre noire martiale , attirable à l'aimant, et avec laquelle on peut faire le bleu de Prusse : or, pour conclure, comme le fait l'illustre auteur (1) Voyez les Éléments de Chimie, pur M. de Morveau , tom. 2, pag. 152 et suiv.
LS DS SL 7 SL, D ds
(expérience 59) , que l'analyse n’a point de prise sur la platine, il aurait fallu répéter sur le produit de l'expérience 59 les épreu-
°ves sûr le produit de l'expérience 56, et démontrer qu'il ne donnait plus ni poudre noire ni atomes magnétiques, ni bleu de Prusse ; sans cela , le procédé qui fait l’amalgame à chaud n’est plus qu'un procédé approprié qui ne décide rien.
J’observeencore que l'expérience 64 donne un résultat qui est plus d'accord avec mon opinion qu'avec celle de l’auteur; car, par l'addition du mercure, le fer , comme la platine, se sépare en poudre noire, et cela seul suflit pour infirmer les conséquences qu'on.
voudrait tirer de cette expérience : enfin, si nous rapprochons les aveux de cet habile chimiste qui ne laisse pas de convenir : «que » la platine ne peut jamais être privée de » tout fer... qu'il n’est pas prouvé qu'elle » soit homogène... qu’elle contient cinq » treizièmes de fer qu'on peut retirer pro- » gressivement par des procédés très-com+ » pliqués; qu'enfin il faut, avant de rien » décider , répéter sur la platine réduite » toutes les expériences qu'il a faites sur la »"platine brute. » Il nous paraît qu'il ne devait pas prononcer contre ses propres présomplions, en assurant, comme il le fait, que la platine n'est pas un alliage, mais un métal simple.
M. Bowles , dans son Histoire naturelle de l'Espagne a inséré les expériences et les observations qu'il était plus à portée que personne de faire sur cette matière , puisque le gouvernement Jui avait fait remettre une grande quantité de platine pour l'éprouver ; néanmoins il nous apprend peu de choses, til attaque mon opinion par de petites râisons : « En 1753, ditil, le ministre me fit » livrer une quantité suflisante de platine , » avec ordre de soumettre cette matière à
mes expériences et de donner mon avis sut
le bon et le mauvais usage qu'on pourrait
en faire ; cette platine qu'on me remit était
accompagnée de la note suivante : Dans
l'évêché de Popayan suffragant de Lima , il y a beaucoup de mines d'or, et une entre autres nommée Choco ; dans une partie de la montagne se trouve en grande quantité une espèce de sable que ceux du pays appellent platine ou or blanc; en-exami- » nant cette matière , je trouvai qu'elle était » fort pesante et mêlée de quelques grains » d'or couleur de suie.... Après avoir séparé » les grains d’or; j'ai trouvé que la platine
V5, 5. S DS SO s
» était plus pesante que l'or à 20 karats; en
» ayant fait battre quelques |" ir sous » le marteau, je vis qu'ils $ ndaient de » cinq ou six fois leur diametre , et qu'ils res- » taient blancs comme l'argent; mais les » ayant envoyés # un batteur d’or , ils se bri- » sèrent sous les pilons..… Je voulus fondre » cette platine à un feu très-violent ; mais les » grains nefirent que s’agglutiner....J ’essayai » de la dissoudre par les acides; le vitrioli- » que et le nitreux ne l'attaquèrent point, » mais l'acide marin parut l'entamer, et ayant » versé une bonne dose de sel ammoniac sur » cet acide, je vis toute Ja platine se précipiter » en une matière couleur de brique ; enfin, » après un grand nombre d'expériences rai- » sonnées , je suis parvenu à faire, avec la » platine, du véritable bleu de Prusse. Ayant » reconnu par ces mêmes expériences que la » platine contenait un peu de fer ,; et m'étant » souyenu que dans mes premières opéra- » tious, les grains de platine exposés à un » feu violent avaient contracté entre euxune » adhérence très-superficielle , puisqu'il ne » fallait qu'un coup assez léger pour les sé- » parer, je conclus que cette adhérence était » l'effet de la fusion d'une couche déliée de » fer qui les | yes et que la substance » métallique intérieure n'y avait aucune part » et ne contenait point de fer.» Nous ne croyons pas qu'il soit nécessaire de nous arrêter ici pour faire sentir le faible de ce raisonnement, et le faux de la conséquence qu'en tire M. Bowles ; cependant il insiste, et se munissant de l'autorité des chimistes qui ont regardé la platine comme un nouveau métal simple et parfait , il argumente assez longuement contre moi : « Si la pla- » tine, dit-il, était un composé d'or et de fer, » comme le dit M. de Bufon, elle devrait » conserver toutes les propriétés qui résul- » tent de cette composition, et cependant » une foule d'expériences prouve le con- » traire. » Cet habile naturaliste n’a pas fait attention que j'ai dit expressément que .le fer et l'or de la platine n'étaient pas dans leur état ordinaire, comme dans un alliage artificiel, et s'il eût considéré sans préjugé ses propres expériences , il eût reconnu que toutes prouvent la présence et l'union intime du sablon ferrugineux et magnétique avec la platine , et qu'aucune ne peut démontrer le contraire. Au reste, comme les expériences de M. Bowles , sont presque toutes les mêmes que celles des autres chimistes, et
que je les aï exposées et discutées ci-devant ,
je ne le suivrai plus loin que pour observer que , malgré ses objections contre mon opiunion, il avoue néanmoins : « que ; quoiqu'il » soit persuadé que la platine est un métal » sui generis , et non pas un simple mélange » d'or et de fer, il n'ose, malgré cela, pros » noncer afirmativement ni lun ni l'autre, » et que, quoique la platine ait des proprié- » tés différentes de celles de tous les autres » métaux connus , il sait trop combien nous » sommes éloignés de connaitre sa véritable » nature. » \
Au reste, M. Bowles termine ce chapitre sur la platine, par quelques observations intéressantes. « La platine, dit-il, que je » dois au célèbre don Antonia de Ulloa , est » une matière qui se rencontre dans des » mines qui contiennent de l'or; elle est » unie si étroitement avec ce métal qu'elle » lui sert comme de matrice ; et que ce n'est » qu'avec beaucoup d'efforts, et à grands » coups; qu'on parvient à les séparer; en » sorte que si la platine abonde à un certain » point dans une miue , on est forcé de l'a- » bandonner, parce que les frais et les tra- » vaux nécessaires pour faire la séparation » des deux métaux , absorberaient le profit.
» Les seules mines d’où l'on tire la pla.
» line sont celles de la Nouvelle-Grenade , » et-en particulier celles de Choco et de Bar- » bacoa sont les plus riches. IL est remar- » quuble que cette matière ne se trouve dans » aucune autre mine , soit du Pérou, soit du » Chili, soit du Mexique. Au reste , la pla- » tine se trouve dans les susdites mines » non-seulement en masse, mais aussi en » grains séparés comme des grains de sable.
» Enfin , il faut être réservé à tirer des con- » séquences trop générales des expériences » qu'on aurait faites sur une pareille quan- » tité de platine tirée d'un seul endroit de » la mine, expériences qui pourraient êtro » démenties par d’autres expériences faites » sur celles d'un autre endroit des mêmes » mines... remarquant, continue M. Bowles, » que la platine contenait du fer, et que le » cobalt en- contient aussi, qu'on trouve » beaucoup de grains d'or de couleur de suie » mélés avec la platine , que cette espèce » nouvelle de ss métallique est unique » dans le monde, qu'elle se trouve en abon- » dance dans une montagne aux environs » d’une mine d'or, ct qu'il y a beaucoup de » volcans dans ce pays ; je me suis persuadé » que la montagne renferme du cobalt, » comme celle de la vallée de Gistan , duns
mn: tn RE ee nn 4 sn à Sn EN RS É — CAN" : Lie sin s Le L Le
LA
‘dir