DU COBALT
De tous les minéraux métalliques, le cobalt est peut-être celui dont la nature est la plus masquée , les caractères les plus ambigus et l'essénce la moins pure; les mines de cobalt, très-différentes entre elles , n’offent d’abord aucun caractère commun, et ce n’est qu’en les travaillant au feu qu’on peut les reconnaîtré par un effet très-remarquable, unique, et qui consiste à donner auxémaux une belle couleur bleue. Ce n'est aussi que pour obtenir ce beau bleu que l'on recherche le cobalt; il n’a aucune autre propriété dont on puisse faire un usage utile, si ce n'est peut-
être en l'alliant avec d'autres minéraux métalliques (2). Ses mines sont assez rares et band. sa.-à cie dlaciie IRL éoéhuc des iii (1) Histoire naturelle d'Espagne, chupitre de la Platine, (2) M. Baumé dit dans sa Chimie expérimentale avoir fait entrer le cubalt dans un alliage pour des
toujours chargées d'une grande quantité de matcres étrangères ; la plupart contiennent plus d arsénic que de cobalt, et dans toutes le fer est si intimement lié au cobalt qu'on ne peut l'en séparer ; le bismuth se trouve aussi assez souvent interposé dans la substance de ces mines ; on y a reconnu de l'or, del argent, du cuivre, et quelquefois toutes ces maticres et d’autres encore s'y trouvent mêlées ensemble, sans compter les pyrites qui sont aussi souvent intimement unies à la substance du cobalt. Le nombre de ces variétés est donc si grand, non-seulement dans les différentes mines de cobalt, mais aussi dans une seule et même mine , que les nomenclateurs en minéralogie ont gru devoir
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robinets de fontaine, que cet alliage pouvait se mouler parfaitement et u'élail sujet à aucune espèce de rouille.
en faire plusieurs espèces , et même en sé-
parer absolument un autre es qui n'était pas connu avant le travaildes mines de cobalt ; ils ont donné le nom de nickel (1) à cette substance qui diffère en effet du cobalt, quoiqu'elle ne 8e trouve qu'avec lui. Tous deux peuvent se réduire, en un régule dont les propriétés sont assez différentes pour qu'on puisse les regarder comme deux différentes sortes de minéraux métalliques.
Le régule de cobalt r’affecte guère de figure régulière (2), et n’a pas de forme déterminée; ce régule est très-pesant , d'une couleur grise assez brillante ; d'un tissu serré ; d'une substance compacte et d'un grain fin ; sa surface prend en peu de temps par l'impression de l'air une teinte rosacée
5 ou couleur de fleurs de pêcher ; il est asséz
dur et n’est point du tout ductilé; sa densité est néanmoins plus grande que celle de l’étain , du fer et du cuivre ; elle est à très-peu près égale à la densité de l’acier (3). Ce régule du cobalt et celui du nicwkel sont après le bismuth les plus pesantes des matières auxquelles on a donné le nom de demi-métaux , et l'on aurait certainement mis le bismuth, le cobalt et le nickel au rang des métaux s’ils avaient eu de la ductilité; ce n’est qu’à cause de sa très-grande densité que lon a placé le mercure avec les métaux , et parce qu'on a en même temps supposé que sa fluidité pouvait être considérée comme l'extrême de la ductilité.
Les minières de cobalt s’annoncent par des efflorescences à la surface du terrain; ces efllorescences sont ordinairement rougeâtres et assez souvent disposées en étoiles ou.en rayons divergents qui quelquefois se croisent. Nous donnerons ici l'indication du petit nombre de ces mines que no: obseryaseurs ont reconnues en France et dans les Pyrénées aux confins de l'Espagne : mais
(1) Cronstedt a donné le nom de nickel à cette substance, parce qu'elle se trouve dans les mines de cobalt que les Allemands nomment Aupfer-nickel. M. Bergmann observe que, quoiqu'on trouve fréquemment du cobalt natif, il est urs uni au fer, à J'arsénic et au nickel. (Opuscules chimiques tom. 2 , dissertation 24.)
(2) M. l'abbé Mongez ässure néanmoins avoir obtenu un régule de cobalt en cristaux composés de faisceaux réguliers. (Journal de Physique , 1781 5}
(3) La pesanteur spécifique du régule de cobalt est de 78119 ; celle du régule de nickel de 78070 ; et la pesanteur spécifique de l'acier écroui et trempé est de 78180 ; celle du fer forgé n’est que de 77880.
c'est dans la Saxe et dans quelques autres provinces de l'Allemagne qu'on a commencé à travailler, et que l’on travaille e “vec succès et profit les mines de cobalt tce sont les minéralogistes allemands qui nous ont donné le plus de lumières sur les pro:
priétés de ce minéral et sur la manière M on doit le traiter. F3
Le premier et le plus sûr des indices extérieurs (4) qui peuvent annoncer une mine prochaine de cobalt, est donc une efilores cence minérale , couleur de rose, de str ture radiée à laquelle on a donné le nom Jleurs de cobalt ; quelquefois cette matiè n'est point en forme de fleurs rouges , mais en poudre et d’une couleur plus pâle; mais le signe le plus certain et par lequel on pourra reconnaître le véritable cobalt est la terre bleue qui l'accompagne quelquefois , et au défaut de cet indice, ce sera la couleur bleue qu'il donne lorsqu'il est réduit en verre, Car, si la mine qui paraît être de cobalt se convertit en verre noir, ce ne sera que de la pyrite ; si le verre est d’une couleur rousse , ce sera de la mine de cuivre ; au lieu que la mine de cobalt donnera toujours un verre bleu de saphir; c’est probablement par cette ressemblance à la couleur du saphir qu'on a donné à ce verre bleu de cobalt le nom de saphre ou saffre. Au reste ÿ at, aussi appelé saffre la chaux de cobalt qui esten poudre rougeätre et hi ne provient que de la calcination de la mine de cobalt ; le saffre qui est dans le commerce est tou- Jours mêlé de sable quartzeux qu'on ajoute en fraude pour en augmenter la quantité , et ce saffre ou chaux rougeñtre de cobalt donne aussi par la fusion le même bleu que le verre de cobalt, et c’est à ce verre bleu de saffre que l'on donne le nom de salt.
Pour obtenir ce ve avec sa belle couleur , on fait griller la mine de cobalt dans un fourneau où la flamme est réverbérée sur la matière minérale réduite en poudre ou du moins concasste; ce fourneau doit être surmonté de cheminées tortueuses dans lesquelles les vapeurs qui s'élèvent puissent être retenues en s'attachant à leurs parois ; ces vapeurs s'y condensent N. ct s'y accumulent en de quantité Sous la forme
nchâtre que l'on détache
d'une poudre en la raclant ; cétte poudre est de l’arsénic
dont les mines de cobalt æ' toujours méê-
(à) Transactions philosophiques , n° 396, nuvembre 1726. =
nn ut 5
réduire enfin
lées ; elles en fournissent en si grande quantité par la simple torréfaction, que tout l'arsénic blanc qui est dans le commerce vient des fourneaux où l'on grille des mines de cobalt ; et c'est le premier produit qu'on en
atière calcinée qui reste dans le fouru, après l'entière sublimation des vapeurs arsénicales , est une chaux trop réfractaire pour être fondue seule ; il faut y jouter du sable vitrescible, ou du quartz ’on aura fait auparavant torréfier pour les vériser; sur une partie de chaux de coalt, on met ordinairement deux ou trois parties de cette poudre vitreuse à laquelle on ajoute une partie de salin pour accélérer la fusion ; ce mélange se met dans de grands creusets placés dans le fourneau , et pendant les dix ou douze heures de feu qui sont nécessaires pour la vitrification , on. remue souvemt la matière pour en rendre le mélange plus égal et plus intime; et lorsqu'elle est entièrement et parfaitement fondue, on la prend toute ardente et liquide avec des cuillers de fer, et on la jette dans un cuvier plein d’eau , où se refroidissant subitement elle n'acquiert pas autant de dureté qu'à l'air, et devient plus aisée à pulvériser ; elle
forme néanmoins des masses solides qu'il
yer sous les pilons d'un bocard , et
uite passer sous une meule pour la
n poudre très-fine et bien
lavée, qui est alors du plus beau bleu
d'azur , et toute préparée pour entrer dans les émaux.
Comme les mines de cobalt sont fort mélangées et très-différentes les unes desautres, et que même l’on donne vulgairement le nom de cobalt à toute mine mêlée de matières nuisibles {1), surtout d'arsénic; on est forcé de les cage pour les reconnaitre, et s'assurer si elles contiennent en effet le vrai cobalt qui donne au verre le beau bleu.
Il faut dans ces essais rendre les scories fort sié de très-nettes , pour juger de l'inten-
sité er - bleue que fournit la mine
(1) La langue allemande a même attaché au mot de cobalt ou co u esprit terrain , malfaisant et nr do àe et à tourmenter les mineurs ; et comme le érai de cobalt , à raison de l'arsénic il contient , ronge les pieds et les mains des ouvriers qui le travaillent, on a appelé ca général a mines dont l'arsénic fuit la partie inante. { Mémoire sur le Cobalt, par M. 5 ns ceux des Savants étrangers, tom. 1.)
convertie d'abord en chaux et ensuite en verre ; on doit,donc commencer par la griller et calcineér, pour la mettre dans l'état de chaux ; il se trouve, à la vérité, quelques morceaux de minérai où le cobalt est assez pur pour n'avoir pas besoin d’être grillé, et. qui donnent leur bleu sans cette préparation; mais ces morceaux sont trèsrares, et communément le minérai de cobalt se trouve mêlé d'une plus ou moins grande quantité d'arsénic qu'il faut enlever par la sublimation. Cette opération, quoique très-simple, demande cependant quelques attentions; car il arrive assez souvent que par un feu de grillage trop fort, le minérai de cobalt perd quelques nuances de sa belle couleur bleue ; et de même il arrive que ce minérai ne peut acquérir cette couleur, s’il n’a pas été assez grillé pour l'exalter, et ce point précis est difficile à saisir. Les unes de ces mines exigent beaucoup plus de temps et de feu que les autres ; ce ne peut donc être que par des essais réitérés et faits avec soin, que l’on peut s'assurer à peu près de la manière dont on doit traiter en grand telle ou telle mine particulière (2).
(2) On pèse deux quintaux qu'on réduit en poudre grossière ; on les met dans un me Ji sous la moufle du fourneau ; on leur donne le degré de chaleur modéré dans le commencement , et de demiheure en demi-heure on retire le test pour refroidir la matière et la mettre en Poudre plus fine , ce que l'ou répète trois et quatre fois, ou jusqu'à ce qu'elle ne rende plus aucune odeur d'arsénic,
Le caillou qu'il faut joindre à cette matière pour
en achever l'essai doit étré aussi calciné., On choisit le silex qui devient blanc Par la calcination, et qui n6 prend point de couleur tannée. On peut lui substituer un quartz bien cristallin où un sable bien lavé, qu'il faut aussi calciner, On divise en deux parties égales le cobalt calciné; à une de ces parties on Joint deux quintaux de cailloux ou de sable, et six quintaux de potasse. Après avoir mélé le tout ensèm- * ble, on le met dans un creuset d'essai, que l’on place sur l'aire de la forge devant le soufllet ; aussitôt que le charbon dont on a rempli le foyer formé avec des briques , est affaissé, et que le creuset est rouge, on Peut commencer à soufller, parce qu’on ne risque rien par “ronds soulèvement du flux. Dès qu'on a soufllé près d'une heure , on peut prendre , avec un fil de fer froid , un essai de la matière en fusion, et si l'on trouve que les scories soient tenaces et qu'elles filent, l'essai est achevé... on le laisse encore au feu pendant quelques minutes. Quand on a cassé le creuset, on prend ces scories , on les broie et on les lave avec soin pour voir Ja couleur qu'elles donnent. Si elle est trop intense, on refait un autre essai avec le second quintal de cubalt qu'on a rôti, et l'on
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DES MINÉR AUX. 399
Dans quelques-unes , on trouve une assez forte quantité d'argent , et même d'or; pour mériter un travail particulier par lequel on en extrait ces métaux. Il faut pour cela ne calciner d'abord la mine obalt qu'à un feu modéré ; s’ilrétait viol l'arsénic qui s'en dégagerait brusquement emporterait avec lui une partie de l'argent et de l'or, lequel ne s y trouve qu'allié avec l argent ( L).
Mais ces mines de cobalt qui contiennent une asèez grande quantité de cetargent mêlé d'or, pour mériter d’être ainsi travaillées , sont très-rares , En Comparaison de celles qui ne sont mêlées que d'arsénic, de fer et de bismuth , et avant de faire des essais qui ne laissent pas d'être coûteux , il faut tâcher de reconnaître les vraies mines de cobalt, et de les distinguer de celles qui ne sont que des mipérais d’arsénic, de fer, etc. ; et si l’on ne peut s’en fier à cette connaissance d’inspection , il ne faut faire que des essais en petit (2) , sur lesquels néanmoins on ne peut
—————— me,
y ajoute trois quintaux de cailloux ou de sable, Si la couleur des scories de ce second essai est encore trop foncée, on répète ces essais jusqu'à ce qu'on ait trouvé la juste proportion du sable et Ja couleur qu’on veut avoir, C'est par ce moyen qu'on juge de la bonté du cobalt ; car s'il colore beaucoup de sable ou de cailloux calcinés, il rend par conséquent beaucoup de couleur, et son prix augmente. ( Schlutter, Trailé de lu fonte des mines, tom. 1, pag. 235 et 236. )
(1) On met quatre quintaux de cobalt dans ua vaisseau plat sous Ja moufle ; on l'agite, sans discontinuer, pendant, la calcination; et quand il ne reud plus d'odeur d'arsénic, on le pèse pour connaf. tre ce qu'il a perdu de son poids ; ce déchet va ordiwairement à vingt-cinq ou vingt-six pour cent ; on fait scorifier ce qui reste avec ueuf quintaux de plomb grenaillé dont on eonwaît la richesse en argent; et lorsque les scories sont bien fluides, on verse le tont dans le ereux demi-sphérique d'une planche de cuivre rouge qu'on a frotté de craie. Les scories étant refroidies, on les détache avec le marteau dueulot de plomb, que l'on met à la coupelle ; on connaît par le bouton d'argent qui reste sur la coupelle, et dont on a sonstrait l'argent des neuf quintaux de plomb , si ce cobalt mérite d'être traité pour fin. I] convient aussi de faire le départ de ce bouton de coupelle, parce qu'ordinairement l'argent son ue dans le cobalt recèle un peu d'or. (Idem, 237.)
(2) Pour éviter la dépense des essais en grand il faut prendre upe portion du cobalt, que l'on veut essayer ; on le pulvérise en poudre très-fine; ensuite on le met dans un creuset large d'ouverture que l’on met dans un fourneau. ... 11 faut que le feu soit assez fort pour tenir toujours le creuset d'un rougeobseur; mais dès que la matière paraît rouge, on l'a gite de deux minutes endeux minutes... Entre chaque
pas absolument Compter; car dans la même mine de cobalt , certaines parties du minéral sont souvent très-différentes les u le tres , et. ne contiennent quelquef si petite quantité de cobalt qu'on ne faire usage (3).
La substance da cobalt est plus fixe que ceile des démi-métaux , même qu du fer et des autres métaux imparfaits ; aussi
È En ” agitation on souflle dans le milieu du creuset À pe Coups serrés avec un soufllel à main, comme on so fle sur l’antimoine qu'on emploie à purifier l'or. C'est le moyen le plus pt de chasser la fum blanche arsénicale , su orsqu'on n'a pas dessein d'essayer dans la suite ce cobalt pour le fin ; car sans le soufllet , l'arsénic serait fort long-temps à s'évaporer. Quand il reste un peu de matière volatile dans le creuset , le cobalt qu'on y a mis paraîil s'éteindre , et devientobseur ; maïs il faut continuer à l'agiter jusqu'à ce qu’il ne répande plus de fumée blanche ni d'odeur d'ail; alors la calcination est finie. ... Une once de cobalt ainsi calciné se trouve réduite à environ cinq gros... Ci
On met deux gros de ce cobalt calciné dans un petit matras ; on y verse une once d'eau-forte ; et environ trois gros d'eau commune ; on place le matras sur des cendres très-chaudes, . .. l'eau forte se chargera de la partie colorante , si ce minéral en contient, et prendra en une heure ou deux de digestion, une couleur cramoisi sale; c'est la couleur que lui toujours le cobalt propre à faire 1 tient du bismuth. S'il ne contie lorantes , elle restera blanche; s'i elle prendra une couleur verte...
Pour tirer la matière bleue du smalt, prenez cent grains de ce cobalt calciné, deux cents grains de sable bien lavé, deux cents grains de sel soude purifié, et vingt à vingt-cinq grains de borax calciné. Après avoir bien mêlé ces matières dans .un petit creuset d'essai bien bouché, mettez ce creuset sur ph forge, où encore mieux dans un petit fourneau de fonte quarré, ites agir le soufllet pendant une bonne demi n'y aura aucune effervescence si le cobalt n calciné; laissez ce creuset un demi-quart d'heure dans le feu après la parfaite fusion, sans soufiler, pour donner le temps à la matière vitrifiée de se rasscoir; retirez le cuset et lo mettez refroidir à l'air ; cass quan era froid; vous trouverez toute la itrifée en un verre bleu foncé si ce co une coule rouge à l'eau-forte, où au moins une couleur feuille-morte. es de Schlut-
ité de n 2 ter, tom. 1, pa )
me u bleu , æ'est de la fondre dans son poids de bo-
un cre ou troi rax qui deviendra d'un beau b e cobalt est de
bonne qualité. (Voyez l'Encyclopédie, ‘* Co:
balt.)
vient-on à bout de les séparer du cobalt en les sublimant et en les volatilisant par des feux de grillage réitérés. La fixité de cette substance approche de la fixité de l'or et de l'argent ; car le régule de cobalt n'entre pas
les pores de la coupelle, en sorte que expose à l’action du feu sur une couun mélange de plomb et de cobalt, le plomb seul pénètre les pores de la coupelle en se vitrifiant, tandis que le cobalt réduit scories reste sur la coupelle ou est rejeté ‘ses bords ; ces scories de cobalt étant enite fondues avec des matières vitreuses, ent le bleu qu’ me saffre, el lorsqu’on les mêle à p gales avec l’alkali et le sable vitrescible , elles donnent l'émail
bleu qu'on appelle smalr.
Le régule de cobalt peut s'allier avec la
plupart des substances métalliques ; il s’unit intimement avec l'or et le cuivre qu'il rend aigres et cassants ; on ne l’allie que dificilement avec l'argent (1), le plomb et même avec l’arsénic, quoique ce sel métallique se trouve toujours mêlé par sa nature dans la mine de cobalt ; il en est de même du bismuth quise re fuse à toute union avec le régule de cobalt; et quoiqu'on trouve souvent le Bismuth mêlé dans les mines de cobalt , ilne lui est point uni d’une manière intime , mais implement interposé dans la mine de cobalt la pé r ; et au contraire , lorsque le cobalt es ois joint au soufre par l'in- termède déSalkalis, son union avec le bis-
muth est siintime, qu’on ne peut les séparer
que ' , tandis qu'en même temps
le co contracte avec le soufre qu'une
très-légère union ; et qu'on peut toujours
les séparer l'un de l’autre par un simple feu
de torréfaction qui enlève le soufre qe ré-
duit en vapeurs.
e si bien l'or et l’ar-
Le mercure
gent ne peuts'a au cobalt ni s'y mêler par la trituration aidée même de la chaleur; ainsi la fixité du régule de cobalt, qui est
presque égale à celle de ces métaux, n'influe
(1) Sii'on ensemble deux parties de Cobalt avec une partie d'argent, on trouve l'argent au bas et le ‘cobalt L a , simplement attachés l'un à l'autre ; cepe t l'argent devient plus cassant, il est d'une couleur plus grise set] alt est d'une couleur plus blanche qu'auparava égule de cobalt ne peut point s'unir au et à l'argent en lou oportions, mais seulement en
petite quantité. ( dom pas 184.)
LS
point sur son attraction mutuelle avec le mercure.
Tous les acides minéraux attaquent ou dissolvent le cobalt à l'aide de la chaleur, et ils produisent ensemble différents sels dont quelques-uns sont en cristaux transparents ; l'alkali volatil dissout aussi la chaux du cobalt , et cette dissolution est d’un rougepourpre ; mais en général les couleurs, dans toutes les dissolutions du cobalt, varient nonseulement selon la différence des dissolvants, mais encore suivant le plus ou le moins de pureté du cobalt , qui n'est presque jamais exempt de minéraux étrangers , et surtout de fer et d'arsénic, dont on sait qu'il ne faut qu’une très-petite portion pour altérer ou même ehanger absolument la couleur de la dissolution,
En France, on a reconnu plusieurs indices de mines de cobalt, et on n’aurait pas dû négliger ces minières ; par exemple, les mines d'argent d’Almont en Dauphiné contiennent beaucoup de mines de cobalt qu'on pourrait séparer de l'argent. M. de Grignon assure qu'on a jeté dans les décombres de ces mines, peut-être plus de cobalt qu'il n'en faudrait pour fournir toute l'Europe de saffre. Le cobalt se trouve mêlé de même avec la mine d'argent rouge à Sainté-Marie-aux- Mines en Lorraine (2), etily en a aussi dans une mine de cuivre azurée au village d'Ossenback dans les Vosges (3); on n'a fait aucun usage de ces mines de cobalt. M. de Gensanne dit à ce sujet que comme ce minéral devient rare, même en Allemagne, il serait avantageux Pour nous de mettre en valeur une mine considérable, qui se srouve entre la Minera et Notre-Dame-de-Coral en Roussillon (4) ; il y en a une autre très-abon- EE LE Eu EE
(2) Les mines de Sainte - Marie - aux - Mines ont donné, il y a quelques années, de la mine de cobalt en sigrande quantité qu'on avait fait des dépenses nécessaires pour en fabriquer le smalt; mais celte mine de cobalt s'est appauvrie à mesure que celle d'argent a paru, de maniére qu'on n'en trouve ps aujourd'hui assez pour fabriquer cette couleur. (Mé-
moire sur le t, par M. Saur, dans ceux des Savants étrang tom. 1.) (3) Auprès du village d'Ossenback dans les Vos-
ges, il ÿ a une mine de cuivre azur; le filon contient peu de mine en cuivre, mais il rend beaucoup de plomb; ce filon est un quartz noir extrémemeut dur, parsemé de mine couleur de lapis, avec” quantité de cobalt. (Sur l'exploitation des mines, par M. de Gensanne, Mémoires des Savants étrangers, tom. 4 ;
imie métallurgique de Geller, pag. 141 et suiv.)
(4) Cette mine est située auprès du ruisseau qui
Ler bi Li à Mt, 2 à 1 TT AR L2- 186 2
dante et de bonne qualité, que les Espagnols ont fait exploiter avec quelques succés , elle est située dans la vallée de Gistau (1). M. Bowles dit que cette mine n’a été découverte qu'au commencement de ce siècle (2), et qu’elle n’a encore été travaillée qu'à une petite profondeur, qu'on en a tiré annuellement cinq à six cents quintaux (3); il ajoute qu'en examinant cette mine de Gistau, il a reconnu difrérents morceaux d'un cobalt qui avait le grain plus fin et la couleur d'u gris-bleu plus clair que celui de Saxe; que la plupart de ces morceaux étaient contigus à une sorte d'ardoise dure et luisante avec des taches de couleur de rose sèche, et qu'iln'y avait point de taches semblables sur les morceaux de cobalt (4).
C'est de la Saxe qu'on a jusqu'ici, tiré Ja plus grande partie dusaffre qui se consomme en Europe , pour les émaux , la porcelaine, les faïences, et aussi pour peindre à froid et relever par l'empois la blancheur des toiles. La principale mine est celle de Schnéeberg, elle est très-abondante et peu profonde ; on assure que le produit annuel de cette mine est fort considérable , il n'est, pas permis
d’exporter le cobalt en nature, et c'est après l'avoir réduit en saffre, qu'on le vend à un prix d'autant plus haut qu'il y a moins de concurrence dans le commerce de cette sorte de denrée , dont l'Allemagne a pour ainsi dire le privilége exclusif (5).
descend de la côte qui fait face au village de la Minera. La veine a plus de deux toises d'épaisseur, et paraît au jour sur plus d'une lieue de longueur; cette mine est de la même nature que celle de San- Giomen en Catalogne. (Histoire naturelle du Lan-
edoc, par M. de Gensanne, tom. 2, pag. 161.)
(1) L'Espagnol qui est propriétaire de cette mine a traité de son produit avec des négociants de Strasbourg, qui l'envoient aux fonderies de Wirtemberg:.…, J1 est étonnant qu'aucun particulier des frontières du royaume n'ait pensé jusqu'à présent à enlever aux Allemands la main-d'œuvre de la préparation de l’a zur. (Traité de la fonte des mines de Schlutter, tom. 1, pag.4 8et 49.) ‘
(2) Histoire naturelle d'Espagne , pag. 398 et suiv.
(3) 1! y aune mine dans la vallée de Gistau aux Pyrénées espagnoles, dont le cobalt s'est vendu sortant de Ja terre jusqu'à quarante livres le quintal pour la fabrique d'azur du Wirtemberg. (Idem , ibidem.)
(4) Histoire naturelle d'Espagne , par M. Bowles, pag. 299. é
(5) On trouve beaucoup de cobalt en Misnie, en Bohéme , dans la vallée de Joachim-Stal; ily en à
THÉORIE DE LA TERRE. Z'ome III.
Cependant il se trouve des mines de cobalt en Angleterre , dans le comté de roct:
en Suède , la mine de Tannaberg est d’un cobalt blanc qui , selon M. Demes d par quintal trente-cinq livres de Eee livres de fer, cinquante-cmq livres d’arsé.
nic , et huit livres de soufre (6).
Nous sommes aussi presque assurés cobalt se trouve en Asie, et sans dout toutes les parties du monde, comme les autres matières produites par la nature ; car le très-beau bleu des porcelaines du Jap et de la Chine démontre que très-ancienn ment on y a connu et travaillé ce minéral (7
Dans les morcea mine de cobalt que l'on rassemble dans les cabinets, il s’en trouve de toutes couleurs et de tout mélange , et l'on ne connaît aucun cobalt pur dans sa mine; il est souvent mêlé de bismuth, et toujours la mine contient du fer quelquefois mélangé de zinc, de cuivre, et même d'argent tenant or , et presque toujours encore la mine est combinée avec des pyrites et beaucoup d'arsénic. De toutes ces matières , la plus difficile à séparer du cobalt est celle du fer ; leur union est si intime , qu’on est obligé de volatiliser le fer en le faisant sublimer plusieurs fois par le sel ammoniac qui l’enlève plus facilement que le cobalt ; mais ce travail ne peut se faire en grand.
On voit des morceaux de minérai dansles quels le cobalt est décomposé en unes de céruse ou de chaux : on aussi quelquefois de l’argent pur en petits filets ou en poudre palpable dans la mine de cobalt; mais le plus souvent ce métal n’y est point apparent, et d’ailleurs n’y est qu’en trop petite quantité pour qu'on puisse l’extraire avec profit. On connait aussi une mine noire vitreuse de cobalt , dans laquelle ce minéral est en céruse ou en , qui paraît être minéralisée par l’ac ie de soufre dans lequel le cobalt se dissout aisément.
dans le dnché de Wirtemberg , dans le Hartz et dans plusieurs endroits de l'Allemagne. +£
(6) Lettres de M. Demeste, tom, 2, Un 7
(7) Quelques personnes que c'est par un mélange du lapislazuli que les Chinoïs donnent à lenrs porcelaines la belle couleur bleue. M. de Bomare est dans cette opinion. (Voyez sa Minéralogie , tom. 2 , pag. 36 et suiv.) Mais je ne la crois pas fondée , car le lapis en se vitrifiant ne conserve pas sa couleur. T
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