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Si cette révolution échoue, il s'ensuit une maladie propre à cet âge, connue sous le nom àe pâles couleurs.
Tous ces effets sont plus sensibles dans les jeunes filles, à cause de la contexture molle de tous leurs organes : cependant, ils existent de même dans les garçons.
§ VII
Mais l'homme et la femme jouent un rôle différent dans ce grand acte de la reproduction, dont la nature leuï a fait un besoin pressant et le premier de leurs intérêts.
La femme peut y être contrainte : l'homme ne peut qu'y
être excité.
Par cela seul , leur existence est déterminée ; toutes leurs habitudes morales sont, pour ainsi dire, obligées.
La perfection de l'homme est la vigueur et l'audace ; celle de la femnje est la grâce et l'adresse : et cela est vrai, au jugement de tous deux; car tous deux ont le même but.
Aussi, partout où les appétits brutaux prédominent, la femme est tyrannisée.
Elle parvient à l'égalité, à proportion que les besoins moraux se développent.
Et si ces derniers, en se développant, prennent une di-
rection fausse, l'adresse et la grâce peuvent même, pour le malheur commun et pour le leur propre, faire arriver les femmes jusqu'à la supériorité.
sensibilité vive et la faiblesse musculaire de la femme sont, de plus, nécessaires à ses fonctions ultérieures dans l'association , la conception , la gestation, l'accouchement, la lactation , le soin des enfans ; elles le sont aussi pour qu'elle puisse se prêter aux dérangements perpétuels de sa propre santé.
§ VIII
L'homme agit sur toute la nature par sa force : la femme agit sur l'homme sensible par sa grâce ; elle est propre à remplir ses autres fonctions par son extrême mobilité.
Le développement de l'embryon dans l'utérus, les soins qu'elle donne à l'enfant, au malade, etc., en sont les effets.
§ IX
Le caractère des idées et des sentiments dans les hommes et dans les femmes correspond à leur organisation , et à leur manière de sentir.
Ce qu'ils ont de commun est de la nature humaine; ce qu'ils ont de différent est du sexe.
L'un et l'autre ont également tort de sortir de leur rôle : leurs rapports sont rompus dans l'association , et leurs efforts sans objet,
Ces différences originelles dans l'organisation de l'homme et de la femme sont cause que le premier développement des organes de la génération fait naître dans l'un l'instinct d'audace et de timidité; dans l'autre, celui de pudeur et de coquetterie ; mais dans tous deux une exaltation de la seusibiUté et des facultés intellectuelles qui souvent se ralentit bientôt.
ANALYTIQUE. 48l
C'est aussi à cette époque seulement que commence à se manifester la folie.
Chez les femmes, l'exaltation de la sensibilité se renouvelle souvent dans le temps des règles et dans celui de la gestation. C'est encore une conséquence de leur organisation plus mobile, qui est cause aussi de la plus grande influence qu'ont chez elles les organes de la génération.
§ XI
La puberté est encore l'époque de la cessation de plusieurs maladies et de l'apparition de plusieurs autres ; par suite, elle donne naissance à diverses affections.
La privation, ou l'abus des plaisirs vénériens en peuvent être l'origine. En général, dans ce genre, les femmes suppor- .t«nt moins la privation, et les hommes l'excès.
§XIL
Il y a des rapports entre les affections de la gestation et de la lactation, et celles de la génération.
L'individu entre dans un nouvel ordre de choses quand il perd la faculté d'engendrer, comme quand il l'acquiert. Ces deux passages sont plus marqués chez les femmes.
§ XIII
Chez elles , ce second passage laisse souvent place à des retours pénibles. Quand il s'opère d'une manière naturelle, elles redeviennent, pour les inclinations, ce qu'ont toujours été les filles restées filles.
§ XIV
Chez les hommes, la mutilation, ou le développement imparfait des organes de la génération , dégrade également le physique et le moral. L'un et l'autre engendrent la pusillanimité de tous les genres.
^iSa TABLE
La perte de la faculté d'engendrer, par l'effet de l'âgo, n'entraîne pas les mêmes conséquences, parce que la nature a reçu toute son empreinte.
CONCLUSIOW.
Il n'est pas question ici de ce qu'on appelle communément l'amour; parce que l'amour, tel que le peignent presque toutes les pièces de théâtre , et presque tous les romans, n'entre point dans le plan de la nature. C'est une création de la société compliquée.
Mais, à mesure que la raison s'épure et que la société se perfectionne, l'amour devient plus l'éel et moins fantastique, et par conséquent plus heureux et moins théâtral.