‹ Œuvres complètes de Cabanis [electronic resource]Chapitre 47 sur 65 · I.a législation de l'orfèvrerie, et surtout du · texte numérisé non relu

I.a législation de l'orfèvrerie, et surtout du

notariat, sont des objets d'une haute importance; mais les considérations qu'elles présentent ne rentrent point immédiatement dans mon sujet, déjà trop vaste par lui-même-

Quant à la médecine, la chirurgie, la pharmacie, et tout ce qui tient à l'art de guérir, c'est la partie la plus considérable des études que la loi doit surveiller, et des travaux dont le magistrat ne peut abandoimer l'exercice au hasard ; j'ai dû principalement insister sur ce point. Dans toutes les autres parties de l'éducation nationale, on pourrait, à la rigueur, s'en rapporter à l'intérêt des maîtres , à l'émulation des élèves , à la surveillance des parents , à la censure publique. Il suffirait d'encourager et le maître qui donne à son enseignement plus d'étendue et de perfection, et l'élève qui se distingue par des progrès rapides, par des succès multipliés. Dans celle-ci, le législateur a des abus criminels à prévoir, des formes régulières à leur opposer, la police des lois à maintenir en vigueur, des négligences à prévenir, des fraudes à châtier; et les partisans les plus zélés des franchises de l'industrie admettent ici des règlements, après les avoir bannis de partout ailleurs.

Vous ne serez donc point étonnés, messieurs, que la médecine occupe une place considérable dans mon plan d'instruction publique. Les motifs sur lesquels je me fonde, et les vues que je vais vous soumettre, n'exigent aucune connaissance

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du positif de cet art , qui m'est presque entièrement étranger. En me bornant à des considérations générales et philosophiques , j'ai pu croire que le raisonnement sévère guiderait mes pas avec quelque fidélité. Mais je ne m'en suis pas reposé sur moi seul ; j'ai sollicité la censure de juges plus compétents; et c'est leurs Opinions autant que les miennes dont j'énonce ici le résultat.

La médecine, la chirurgie, la pharmacie, s'apprennent par une suite d'observations et d'opérations qu'il faut faire soi-même. Si leur pratique, ou du moins les formes par lesquelles on acquiert le droit de s'y livrer , doivent être attentivement surveillées par le pouvoir public ; leur enseignement, pour lequel il serait coupable de témoigner de l'indifférence, doit être encouragé , facilité par tous les moyens que l'expérience et la raison suggèrent.

L'emploi du pharmacien est de préparer les remèdes; il a besoin de les bien connaître et de n'ignorer aucune des manipulations auxquelles on les soumet. Or, pour connaître les remèdes, il faut les avoir vus souvent, les avoir comparés, s'être fait des tableaux de tous les caractères extérieurs qui les distinguent. Pour bien savoir et pour bien pratiquer toutes les manipulations, il faut en avoir été fréquemment témoin, et s'être exercé soi-même à les répéter.

Tve sujet de la médecine et de la chirurgie est

rétude du corps humain, sain et malade. Leur but est la guérison de la maladie , ou la conservation de la santé. Toutes les connaissances nécessaires pour remplir ce but s'acquièrent également par l'observation. C'est surtout au lit des malades qu'on les puise. Il est plusieurs sciences naturelles qui paraissent liées à l'art de guérir, mais qui n'y sont pas d'une grande utilité. Est-il raisonnable de leur donner plus d'importance qu'à celles qui le constituent essentiellement? Nous voulons faire des médecins utiles, et non des médecins propres à briller dans les cercles ou sur les bancs.

D'après cela , l'assemblée nationale ordonnera sans doute qu'il soit formé des écoles - pratiques partout où la médecine s'enseigne; c'est-à-dire, des écoles dont les leçons se donneront dans des infirmeries. Elle constituera les collèges de médecine sur les principes d'encouragement qui peuvent seuls les perfectionner : elle les rapprochera , comme les corps administratifs et les tribunaux , de tous les individus à qui leur voisinage est nécessaire pour en profiter.

Il est injuste et absurde de forcer les jeunes gens à s'expatrier pour aller au loin chercher l'instruction.

L'homme , les maladies et les remèdes , sont la matière première de l'éducation du médecin , du chirurgien et du pharmacien. Or, l'homme et les maladies se trouvent partout; les remèdes, dont

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