‹ Œuvres complètes de Cabanis, membre du senat, de l'institut, de l'école et société de médecine de Paris, ... Tome premier cinquieme Révolutions et réforme de la médecineChapitre 7 sur 67 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

L’ouvrage suivant a été écrit dans l’hiver de l’an III. Garat, aujourd’hui sénateur, . était alors commissaire de l’instruction publique. Lié avec lui d’une amitié dont le » temps , nos goûts , nos travaux , nos vœux communs pour le progrès des lumières et pour l’accroissement du bonheur des hommes, avaient de plus en plus resserré les nœuds, je mettais un intérêt particulier «à l’exécution du plan vaste qu’il avait formé pour l’organisation de toutes les parties de l’enseignement (i). Il jugea que je pouvais y

(1) Les écoles de Médecine, créées en l’an II, reçurent alors un nouveau perfectionnement. Le gouvernement actuel les a consolidées; et il a pris des mesures pour arrêter le brigandage des charlatans. Quoique son but n'ait peut-être pas encore été complètement atteint , c’est un bienfait pour lequel on lui doit d’autant plus de reconnaissance, que tous les efforts tentés auparavant dans fa même vue avaient été toujours infructueux.

xn AVERTISSEMENT,

concourir. Quelques vues que je lui avais communiquées sur l'application des méthodes analytiques à l’étude de la médecine, lui

avaient paru justes et utiles. Ses pressantes invitations m’encouragèrent à les mettre en ordre ; et mon intention était de les publier alors sans retard.

Mais, comme il arrive presque toujours quand on se donne la peine jie considérer un sujet sous toutes ses faces, à mesure que je rassemblais mes idées pour en faire un tout, mon cadre s’agrandissait, et la matière prenait à mes yeux plus d’étendue et d’importance. J’osai concevoir le projet de ramener à des éléments très- simples toutes les •parties de la médecine, en indiquant pour chacune la méthode qui, selon moi, peut seule en diriger avec sûreté l’étude et l’enseignement.

Un si grand travail, destiné à présenter la science sous des points de vue entièrement nouveaux, avait besoin- d’être appuyé d’avance de quelques considérations préliminaires : il aurait été précédé d’une introduc-

AVERTISSEMENT. xifir

tion , dans,.laquelle j’avais jugé convenable d’esquisser rapidement les différentes révolutions de la médecine, et d’exposer <i’une manière sommaire lès principes généraux qui doivent présider à sa réformqL

Cette introduction est la seule partie çfue j’aie pu terminer. Je m’étais refusé jusqu’à ce moment à la rendre publique, dans l’espoir de compléter un jour l’ouvrage entier tel que je l’avais conçu. Mais le dépérissement total de ma santé ne me permet plus de nourrir cet espoir, qui fut toujours peutêtre beaucoup trop ambitieux pour moi. Je finis donc par céder aux vœux de quelques amis, et par livrer au public cette faible esquisse. J’aurais voulu la .rendre plus digne de lui et d’eux: mais la même raison qui m’engage à la tirer de mon portefeuille , m’ôte le courage et les moyens de la perfectionner. Telle quelle est, elfe renferme, je crois, des idées utiles : . c’est assez polir écarter les conseils de. mon amour-propre, qui peut-être la condamneraient à l’oubli : et' si

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nos jeunes élèves, auxquels elle est particu-

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itv % AVERTISSEMENT, lièrement destinée, Retirent quelque fruit de cette lecture, l’avantage de les avoir aidés dans leurs travaux sera pour mon cœur bien au-dessus de tous les succès les plus glorieux. J

Auteuil, re a5 ventôse an XII.

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