‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 100 sur 669 · SCÈNE PREMIÈRE amEije, EEFRÏDE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE amEije, EEFRÏDE

ELFRIDE.

Vüus sortez du lieu saint, ahallue et tremhlanie.

Quel sinistre penser vous glace d épouvante?

Vous frissonnez; vos yeux üxés sur cet écrit Trahissent le désordre où floue voire esprit.

Ah! pour vous quel malheur faut-il que je redoute?

AMÉLIE

Un autre est menacé ; tu vas frémir, écoule :

Le préii'e accomplissait les mystères divins;

Du temple un peuple immense assiégeait les cliemins: J’arrive; prosternée au pied du sanctuaire. J’implorais du Très-Haut la bonté tiitélaiiv;

Je priais : par degrés d’affreux pressentimcnis D’une terreur croissante ont pénétré mes sens. Distraite, malgré moi , soit pitié , soit faiblesse , L’image de Monlfort me poursuivait sans cesse.

Je le voyais trahi, fnyunl, abandonné,

Par l’ange de la mort dans sa fleur moissonne.

J’ai vu, j’en tremble encor, la céleste vengeance Sur les marbres sanglants écrire sa sentence. Peut-être à cet aspect j’avais pâli d’effroi.

Un pontife du ciel s’est incliné vers moi :

< Bannissez, m’a-t-il dit, cette douleur profonde.

» J’en ai l'espoir, ce jour, où le Sauveur du monde » S’éleva triomphant des ombres du tombeau ,

» Ce jour doit éclairer un miracle nouveau.

» Il doit nous sauver tous. > J'écoutais en silence, l.orédan près de nous dans la foule s'avance;

I Lisez ce qu’un ami vous révèle en secret;

» Il y va de vos jours ! > Il dit, et disparaît.

JugcMlc quelle horreur j'ai senti les atteintes ,

Quand ce fatal hillet a confirmé mes craintes :

< Itenfennée au palais, loin des sacrés jiarvis,

» .Vuenflez le lever de la [irochainc aurore.

• Vos amis quoique absents vous protègent encore .

* Et l'un d'eux vous transmet cet important avis.

» Il doit une victime au sang de votre frère :

» L’heure approche où dans l’ombre un châtiment sou- I > Vengera, sur Montfort, et la Sicile entière [dain » El le meurtre de Conradin. i

ELFRIDB.

Kh! qu’importe pour vous qu’un ennemi périsse? Pourquoi dans son trépas vous chercher un supplice? Quel changement! Jadis vos soupirs et vos pleurs Ne demandaient au ciel que du sang, des vengeurs.

I AMÉLIE

I 11 m’a trop écoutée! Alors j’étais barbare...

I Dans quels vœux indiscrets la fureur nous égare !

ELFRIOE.

Quoi! déjà pour Montfort votre cœur désarmé...

AMÉLIE

I Peut-être au repentir le sien n'est pas fermé !

Que de nobles vertus il re^ut en partage!

L'ardente ambition seule en corrompt l'usage.

Ah ! de CCS dons heureux les mains qui l’ont orné A des tourmculs sans fin ne l'ont pas condamné.

I Non, je ne puis le croire, et ma raison tremblante Devant ce châtiment recule d'épouvanlc.

Que n’ai-je interrogé les ministres de Dieu ?

I Comment doit-il périr? à quelle heure? en quel lien?

' Quels sont les assassins ? Iiclas ! que dois-jc faire ?

I A ce trépas certain ne puis-je le soustraire?

ELFRIDE.

Le sauver, vous ? Montfort !... Qu'osez-vous désirer ?

AMÉLIE

S'il quille ce palais, c’est pour n’y plus rentrer...

I Non , tu ne prévois pas quel danger le menace.

Leurs bras pourrie fi ap|u?r cherchent déjà la place...

^ On l'aUcnd... ils sont là?.,.

I ELFBIOE.

Cachez mieux vos frayeurs.

1 Ouehjtrim vers nous s’avance...

LES VÊPRES SICILIENNES. — ACTE III

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