‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 99 sur 669 · I.ORtDAV · texte numérisé non relu

I.ORtDAV

Tout mon cœur s'émeut à langage.

M.iis les assassiner sans pitié, sans courage!

PROCIDA

De la pitié pour eux? quoi, pour ces inhumains?

LES VÊPRES SICILIENNES. — ACTE II

Faligaés de nos cris, nous ont-ils jamais plaints?

D'nn pouvoir usurpé leur insolence abuse.

I J force est dans leurs mains; triomphons par la ruse. Ce combat comme A nous peut leur être fatal;

Égaux sont les périls, le courage est égal.

Qu'un simple citoyen, sans appui que lui-même. Dispute à des vainqueurs l'autorilc suprême ; <

Trompant les ennemis dont il marche entouré.

De chaque malheureux qu’il fasse un conjuré ;

Quand sa perte dépend d’un seul mot, d'un seul geste, j Ferme dans scs desseins, foulant aux pieds le reste , Qu’il offre aux coups du sort un cœur exempt d'effroi ; Est-ce un lâche â tes ycnx? prononce, et juge-moi. Dis-moi si le guerrier que le glaive moissonne Mérite mieux riioimcur dont sa mort le couronne ?

Il s'immole à scs rois, j'expire pour le mien. i

Ah ! que mon sacrifice est plus grand que le sien ! I

La gloire prête un charme aux liorreurs qu’il affronte; Et peut-être demain je meurs chargé de honte, j Traîné sur l'échafaud, lentement déchiré ; |

Et tout ce peuple ingrat pour qui je périrai ,

S'enivrant du plaisir de compter mes blessures. Viendra, la joie au front , sourire à mes tortures, loats.vx.

Ah ! le rocine tombeau nous recevra tous deux ; j Notre sang confondu... I

PBüCID*. j

Que dis-tu, malheureux?

Oùm'emporte un courroux dontjenesuisplus maître?

A ton cœur généreux j'ai trop parlé peut-être.

Pourquoi t’exp«serais-jc aux dangers que je cours?

Ne me condamne pas à trembler pour tes jours; ] Garde-toi d’embrasser, dans l’ardeur de ton zèle.

Le dangereux projet que ma voix te révèle; ,

Qu’il meure dans ton sein, j'en demande ta loi ; t Voilà l'unique effort que j'exige de toi. i

Tu dois tout ignorer, tu n'es pas mon complice;

Tu vivras, que le sort me soit ou non propice.

Tu vivras; pour moi seul, à mes derniers moments. J'ai droit de réclamer l'opprobre et les tourments ; Seul, au fer des bourreaux j'irai porter ma tête.

l.OBÈOXN.

Il n'est plus ni pitié, ni respect qui m’arrête ;

Vos timides conseils ne me retiendront pas.

Faut-il frapper? parlez, et dirigez mon bras.

raociDx.

Non, tu ne démens pas les héros de la race, [brasse ; Viens, mon fils, viens, mon sang, que Ion père l'em- Kspoir de mes vieux jours, viens recueillir des pleurs Que ii’onl pu m'arracher dix-huit ans de malheurs... N'hésite plus... suis-moi...

LOaClIAX.

Sans revoir la princesse ,

Sans l'instruire !

raociDA.

Suis-moi, le dis-je; Iç temps presse.

LoatDAX.

Loin des murs ilti palais, si l'effroi la conduit. Errante, sans secours, dans l’ombre de la nuit...

Si quelque meurtrier...

raociDA.

Nous veillerons sur elle;

Viens, les inslanlssonl chers, et l'honneur nous appelle. LOaXDAX.

Eh bien! c'en est donc fait! le sort en est jeté , Parlons... Adieu, séjour par le crime lubité !

Et vous de mes aïeux vénérables images.

J'en fais serment par vous, témoins de mes outrages ; Du dernier des tyrans ces murs seront purgés.

Et nous n’y rentrerons que vainqueurs cl vengés.

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