I.ORtDAV
Tout mon cœur s'émeut à langage.
M.iis les assassiner sans pitié, sans courage!
PROCIDA
De la pitié pour eux? quoi, pour ces inhumains?
LES VÊPRES SICILIENNES. — ACTE II
Faligaés de nos cris, nous ont-ils jamais plaints?
D'nn pouvoir usurpé leur insolence abuse.
I J force est dans leurs mains; triomphons par la ruse. Ce combat comme A nous peut leur être fatal;
Égaux sont les périls, le courage est égal.
Qu'un simple citoyen, sans appui que lui-même. Dispute à des vainqueurs l'autorilc suprême ; <
Trompant les ennemis dont il marche entouré.
De chaque malheureux qu’il fasse un conjuré ;
Quand sa perte dépend d’un seul mot, d'un seul geste, j Ferme dans scs desseins, foulant aux pieds le reste , Qu’il offre aux coups du sort un cœur exempt d'effroi ; Est-ce un lâche â tes ycnx? prononce, et juge-moi. Dis-moi si le guerrier que le glaive moissonne Mérite mieux riioimcur dont sa mort le couronne ?
Il s'immole à scs rois, j'expire pour le mien. i
Ah ! que mon sacrifice est plus grand que le sien ! I
La gloire prête un charme aux liorreurs qu’il affronte; Et peut-être demain je meurs chargé de honte, j Traîné sur l'échafaud, lentement déchiré ; |
Et tout ce peuple ingrat pour qui je périrai ,
S'enivrant du plaisir de compter mes blessures. Viendra, la joie au front , sourire à mes tortures, loats.vx.
Ah ! le rocine tombeau nous recevra tous deux ; j Notre sang confondu... I
PBüCID*. j
Que dis-tu, malheureux?
Oùm'emporte un courroux dontjenesuisplus maître?
A ton cœur généreux j'ai trop parlé peut-être.
Pourquoi t’exp«serais-jc aux dangers que je cours?
Ne me condamne pas à trembler pour tes jours; ] Garde-toi d’embrasser, dans l’ardeur de ton zèle.
Le dangereux projet que ma voix te révèle; ,
Qu’il meure dans ton sein, j'en demande ta loi ; t Voilà l'unique effort que j'exige de toi. i
Tu dois tout ignorer, tu n'es pas mon complice;
Tu vivras, que le sort me soit ou non propice.
Tu vivras; pour moi seul, à mes derniers moments. J'ai droit de réclamer l'opprobre et les tourments ; Seul, au fer des bourreaux j'irai porter ma tête.
l.OBÈOXN.
Il n'est plus ni pitié, ni respect qui m’arrête ;
Vos timides conseils ne me retiendront pas.
Faut-il frapper? parlez, et dirigez mon bras.
raociDx.
Non, tu ne démens pas les héros de la race, [brasse ; Viens, mon fils, viens, mon sang, que Ion père l'em- Kspoir de mes vieux jours, viens recueillir des pleurs Que ii’onl pu m'arracher dix-huit ans de malheurs... N'hésite plus... suis-moi...
LOaClIAX.
Sans revoir la princesse ,
Sans l'instruire !
raociDA.
Suis-moi, le dis-je; Iç temps presse.
LoatDAX.
Loin des murs ilti palais, si l'effroi la conduit. Errante, sans secours, dans l’ombre de la nuit...
Si quelque meurtrier...
raociDA.
Nous veillerons sur elle;
Viens, les inslanlssonl chers, et l'honneur nous appelle. LOaXDAX.
Eh bien! c'en est donc fait! le sort en est jeté , Parlons... Adieu, séjour par le crime lubité !
Et vous de mes aïeux vénérables images.
J'en fais serment par vous, témoins de mes outrages ; Du dernier des tyrans ces murs seront purgés.
Et nous n’y rentrerons que vainqueurs cl vengés.