‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 108 sur 669 · RËDAN · texte numérisé non relu

RËDAN

Et j'ai pu consentir qu'il épargnât mes jours!

PROCIDA

n a proscrit les miens dont il s'est fait l'arbitre. Pourquoi m'a-t-il banni, jxii' quel ordre, à quel titre? i Que lui dois-tu, toi-même ? ô pardon généreux !

\ Cil exil qui, pins juste en devient plus boiUeiix,

I Qui lui livre les biens, ta gloire, ton amante.

lOREOAV.

Comme ils triompheront de ma rage impuissante ! L’hymen va couronner leurs infibnes amours...

^ Qu’ils s'unissent! fuyons... Mais la fuir pour toujours ! I Mais sans l’avoir punie et sans que ma colère...

1 Ah ! perfide , jamais tu ne me fus si clH-a*.

I PROCIDA

i Nous ne partirons pas, modérez ces transports.

LES VÊPRES SICILIENNES, - ACTE 111

VainemeiU le succès veut tromper nos eflorls.

LUHEDÀV.

Ciel!

PROCIDA

Les ressorts cadiés qui m’y doivent conduire Se soutiennent l’un l'autre et ne sauraient se nuire. Tout m’obéit encor et tout marebe animé Dun mouvement commun par mon ordre imprimé. Que je sois prisonnier, que je cesse de vivre,

Ou Fondi me succède, ou son bras me délivre.

Au retour de la nuit il pénètre en ces murs.

Deux cents de nos guerriers, amis fermes cl sûrs.

Et de qui la valeur doit triompher du nombre ,

Oe$ hauteurs d'Alcassar vont se saisir dans Pombre. Oddo s'introduit seul dans le palais du roi :

Ce fort est sans défense, et la garde est à moi.

Tandis que, rassurant tout un peuple qui tremble,

Au cri de liberté Borella le rassemble,

De Malle, avant le jour, cent proscrits attendus Eu vainqueurs sur nos bords sont bientôt descendus. Des portes de la nier leur cohorte s’empare;

Les soldats sont surpris ; Palermc se déclare :

Chaque temple présente aux plus audacieux Des armes que nos soins cachent à tous les yeux...

LOktDA^.

Mais le temps pourra seul consommer votre ouvrage, El le peuple inconstant n'a qu’un jour de courage.

PROCIDA

Il faudra l’arrêter; vain jouet de l’erreur,

Il adore avec crainte, il hait avec fureur.

S’il renverse un despote, il le poursuit encore Dans les plus vils appuis d’un {jouvoir qu’il abhorre; Ses vengeances toujours surpassent ses tourments : L’homme écrase à plaisir ce qu’il a craint longtemps. Saiviaii s'approche...

LOBtOAFr.

Aveuglé par son zèle.

Quel dessein téméraire en ces murs le rappelle? pbocida.

Courtisan de Monlforl, connu dans le palais ,

Du soupçon su faveur doit détourner les traits.

Que vicns-lu m’annoncer?

SCÈKE VIL

DUOCIDA. LOUÉÜAN, SALVIATL

9ALV1ATI. I

Notre perle est ccrlainc. 1

PROCIUA.

Que dis-tu?

RALVIATI.

i Plus d'espoir de i'<jnipre notre chaine.

I Fondi, dans le conseil appelé par Monlforl,

I A trouvé près du troue ou des fers ou la uiorl ;

I 11 n’a point reparu.

I • PROCIUA.

Sa mort sera vengée!

SALVIATI

Mais le fort nous échappe , cl la garde est changée.

I> PROCIUA.

Les aruics à la main il le faut enqiorlcr.

SALVIATI

La mer contre nos vœux semble se révolter.

I Contre nous déclarés, les vents et les orages I Défendent aux proscrits d’approcher des rivage.s.

PROCIUA.

Il faut vaincre sans eux.

SAI.V1ATI.

Les clicfs des conjurés ,

De l'ordre de Monlforl ironlilés, désespérés. N’écoulant qu’à regret ma voix qui les arrête,

Veulent par un aveu détourner la tempête.

PROCIUA.

Tu n’as pas ranimé leur courege abattu?

SALVIATI

L'effroi dans tous les cœurs a glacé la vertu.

Page 1